3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Pourquoi cette peur est normale et comment la dépasser.
Vous êtes allongé dans votre lit, il est trois heures du matin. Soudain, votre cœur s’emballe. Votre poitrine se serre. Une chaleur étrange monte dans votre ventre. Et là, une pensée surgit, brutale comme un éclair : “Et si je perdais complètement le contrôle ? Et si je devenais fou ? Et si je faisais une crise cardiaque ?”
Si vous avez déjà vécu ça, vous savez à quel point cette peur est intense. Elle n’est pas juste désagréable : elle est terrifiante. Elle vous donne l’impression que vous êtes sur le point de basculer, de vous briser, de ne plus jamais revenir à la normale.
Je reçois régulièrement des personnes dans mon cabinet à Saintes qui me disent exactement la même chose : “Thierry, j’ai peur de perdre le contrôle pendant mes crises d’angoisse. Je ne supporte plus cette sensation.” Et à chaque fois, je leur réponds la même chose : cette peur n’est pas un défaut, ni une faiblesse. Elle est même tout à fait normale. Elle est le signe que votre cerveau fonctionne exactement comme il le doit… mais qu’il est en train de vous jouer un tour.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette peur est si courante, ce qui se passe vraiment dans votre corps et votre esprit pendant une crise, et surtout comment vous pouvez apprendre à la dépasser, petit à petit, sans vous forcer à “arrêter d’avoir peur”.
Commençons par une constatation simple : vous n’êtes pas seul. La peur de perdre le contrôle est l’un des symptômes les plus fréquents que je rencontre en consultation. Elle peut prendre plusieurs formes : peur de devenir fou, peur de faire un malaise, peur de crier, de pleurer sans pouvoir s’arrêter, ou même peur de se jeter par la fenêtre (une pensée qui terrifie beaucoup de personnes, mais qui est en réalité un symptôme classique d’hypervigilance, pas une intention réelle).
Mais pourquoi cette peur est-elle si présente ? La réponse se trouve dans le fonctionnement de votre cerveau. Quand une crise d’angoisse se déclenche, votre système nerveux passe en mode “alerte maximale”. C’est ce qu’on appelle l’activation du système sympathique, la partie de votre système nerveux qui gère la réaction de combat ou de fuite. Votre cerveau interprète un danger – parfois réel, souvent imaginaire – et il mobilise toutes ses ressources pour vous protéger.
Le problème, c’est que cette activation est tellement intense qu’elle submerge votre cortex préfrontal, la partie de votre cerveau qui gère la réflexion, la planification et le contrôle de soi. Soudain, vous n’arrivez plus à penser clairement. Vous avez l’impression que vos émotions vous échappent, que votre corps vous trahit. Et cette perte de contrôle cognitif – cette impression que votre esprit “lâche” – est interprétée par votre cerveau comme un danger supplémentaire. Vous entrez dans une boucle : plus vous avez peur de perdre le contrôle, plus votre anxiété monte, et plus vous avez peur.
C’est exactement ce que vivait Paul, un cadre de 42 ans que j’ai accompagné l’année dernière. Il me disait : “Quand ça commence, je sens que je vais exploser. Je me dis que je vais faire une crise cardiaque, ou que je vais me mettre à hurler dans la rue. Et plus je lutte, plus ça empire.” Paul n’était pas en train de devenir fou. Il était simplement en train de vivre ce que des milliers de personnes vivent chaque jour : une réaction normale d’un système nerveux qui s’emballe.
“La peur de perdre le contrôle n’est pas un signe de faiblesse. C’est le signe que votre cerveau fait son travail de protection, mais qu’il le fait trop bien. Un peu comme un détecteur de fumée qui se déclenche parce que vous avez fait griller du pain.”
Pour dépasser cette peur, il est essentiel de comprendre ce qui se passe réellement. Pas avec des termes médicaux compliqués, mais avec des images simples.
Imaginez que votre cerveau est un ordinateur. En temps normal, il fonctionne avec plusieurs programmes en parallèle : vous réfléchissez, vous respirez, vous digérez, vous vous souvenez de votre liste de courses. Mais quand une crise d’angoisse se déclenche, c’est comme si un programme prioritaire s’activait : le programme “danger immédiat”. Ce programme a accès à toutes les ressources de l’ordinateur. Il ralentit ou stoppe les autres programmes (digestion, réflexion logique, mémoire à court terme) pour vous préparer à fuir ou à combattre.
Concrètement, voici ce qui se passe dans votre corps :
Tout cela est normal. C’est même parfaitement adapté si vous devez échapper à un tigre. Mais le problème, c’est que dans une crise d’angoisse, il n’y a pas de tigre. Il n’y a qu’une pensée, un souvenir, une sensation physique qui déclenche l’alarme.
Et c’est là que la peur de perdre le contrôle s’installe. Parce que vous ne comprenez pas pourquoi votre corps réagit aussi fortement à quelque chose qui n’est pas un danger objectif. Vous vous dites : “Si je réagis comme ça, c’est que je suis en train de craquer. C’est que je ne vais pas tenir.”
Mais ce raisonnement est erroné. Votre corps ne vous trahit pas. Il vous protège, même si c’est maladroit. Et cette impression de perdre le contrôle n’est qu’une sensation, pas une réalité. Vous n’allez pas devenir fou, vous n’allez pas faire une crise cardiaque (sauf si vous avez un problème cardiaque préexistant, et dans ce cas, un médecin vous l’aura dit), vous n’allez pas vous jeter par la fenêtre. Ce sont des pensées, pas des actes.
Je me souviens de Claire, une enseignante de 35 ans. Elle était persuadée que pendant ses crises, elle allait “péter un câble” et faire quelque chose d’irréparable. Un jour, je lui ai demandé : “Est-ce que ça t’est déjà arrivé ?” Elle m’a répondu : “Non, jamais.” Et je lui ai dit : “Alors qu’est-ce qui te fait penser que ça arriverait aujourd’hui ?” C’est une question simple, mais elle a ouvert une brèche. Parce que la peur de perdre le contrôle est souvent une peur qui se nourrit d’elle-même, pas d’un danger réel.
Quand une crise d’angoisse commence, votre premier réflexe est probablement de lutter. Vous vous dites : “Il faut que ça s’arrête. Je dois me calmer. Je dois reprendre le contrôle.” Et c’est compréhensible. Personne n’aime se sentir submergé par la panique.
Mais voici le paradoxe : plus vous luttez, plus vous alimentez la crise. Pourquoi ? Parce que la lutte est une forme de résistance. Et la résistance, dans le contexte de l’anxiété, est interprétée par votre cerveau comme une confirmation qu’il y a un danger. Vous vous dites “Je dois me calmer” et votre cerveau entend “Il y a une urgence, sinon pourquoi aurais-je besoin de me calmer ?” Résultat : il active encore plus le système d’alarme.
C’est ce que j’appelle le “piège de la lutte”. Vous essayez de contrôler quelque chose qui, par nature, est incontrôlable à court terme. Une crise d’angoisse, c’est comme une vague. Vous ne pouvez pas l’arrêter en lui donnant des ordres. Vous ne pouvez pas lui dire “vague, arrête-toi”. En revanche, vous pouvez apprendre à surfer dessus.
Prenons l’exemple de Marc, un sportif de 28 ans que j’accompagne en préparation mentale pour le football. Il avait des crises d’angoisse avant les matchs importants. Il me disait : “Je veux que ça s’arrête. Je veux être zen.” Et plus il le voulait, plus il était tendu. Je lui ai proposé un changement de stratégie : au lieu de chercher à éliminer l’angoisse, il allait l’accueillir. Il allait reconnaître sa présence, sans la juger. “D’accord, je sens que mon cœur s’emballe. C’est désagréable, mais ce n’est pas dangereux. Je vais respirer avec cette sensation, pas contre elle.”
Au début, Marc était sceptique. Mais après quelques semaines de pratique, il a constaté que les crises devenaient moins intenses et plus courtes. Il n’avait pas “vaincu” l’angoisse, mais il avait cessé de l’alimenter.
Alors, que faire à la place de la lutte ? Voici une approche en trois étapes, que j’utilise souvent avec les personnes que je reçois :
Reconnaître sans jugement : Dites-vous intérieurement “Je sens que j’ai peur de perdre le contrôle. C’est une sensation désagréable, mais ce n’est qu’une sensation.” Vous ne dites pas “c’est horrible”, vous ne dites pas “je dois arrêter”. Vous constatez simplement.
Ancrer votre attention dans le présent : La peur de perdre le contrôle vous projette toujours dans le futur (“et si… ?”). Revenez au moment présent. Regardez un objet autour de vous. Touchez une surface. Sentez vos pieds sur le sol. Dites-vous “Je suis ici, maintenant. Rien de grave ne se passe à cet instant précis.”
Respirer avec la sensation : Au lieu de chercher à calmer votre respiration par la force, laissez-la être ce qu’elle est. Accompagnez-la. Si elle est rapide, respirez rapidement. Si elle est superficielle, respirez superficiellement. L’idée n’est pas de la contrôler, mais de l’observer. Petit à petit, votre système nerveux comprendra qu’il n’y a pas de danger et la respiration se calmera d’elle-même.
“La lutte contre l’angoisse, c’est comme nager à contre-courant dans une rivière. Vous vous épuisez, et le courant ne faiblit pas. En revanche, si vous arrêtez de lutter et que vous vous laissez porter, vous découvrez que le courant finit toujours par vous déposer sur une berge.”
Ce que je viens de décrire, c’est une approche que vous pouvez commencer à mettre en place seul. Mais si la peur de perdre le contrôle est très ancrée, ou si elle revient régulièrement, il peut être utile d’aller plus loin. C’est là que des approches comme l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) peuvent faire une vraie différence.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise dans mon cabinet à Saintes, n’a rien à voir avec l’image du spectacle où on fait dormir les gens. C’est un état de conscience modifié, très naturel, dans lequel votre esprit critique se met en veille et votre inconscient devient plus réceptif. Pendant une séance, je ne vais pas vous “programmer” pour arrêter d’avoir peur. Je vais plutôt vous aider à accéder à vos ressources intérieures, à celles que vous avez déjà mais que vous n’utilisez pas pleinement.
Par exemple, je peux vous guider pour revisiter une crise d’angoisse en toute sécurité, dans votre imagination. Vous allez revivre la sensation, mais cette fois avec un état d’esprit différent : curieux, détaché, observateur. Votre cerveau va ainsi apprendre que vous pouvez être en contact avec cette peur sans être submergé. C’est comme un entraînement. Plus vous répétez cette expérience en hypnose, plus votre système nerveux intègre une nouvelle réponse.
L’IFS, quant à elle, part d’une idée simple : notre esprit est composé de plusieurs “parties”. Il y a une partie de vous qui a peur de perdre le contrôle. Mais il y a aussi une partie qui essaie de vous protéger de cette peur. Et une autre encore qui juge cette peur comme étant “anormale”. L’IFS vous apprend à dialoguer avec ces parties, à les comprendre, à les remercier pour leur protection, et à libérer la partie centrale de vous-même – ce que l’on appelle le “Self” – qui est calme, confiante et capable d’accueillir toutes les émotions.
J’ai travaillé avec Sophie, une mère de deux enfants qui vivait dans la peur constante de “craquer” devant ses enfants. Elle se disait : “Si je perds le contrôle, je vais leur faire du mal. Je ne suis pas une bonne mère.” En IFS, nous avons découvert qu’il y avait une partie d’elle, très jeune, qui avait été terrorisée par les colères de ses propres parents. Cette partie avait peur de reproduire le même schéma. En l’écoutant, en la rassurant, Sophie a pu apaiser cette peur profonde. Aujourd’hui, elle vit toujours des moments d’anxiété, mais elle ne les vit plus comme des menaces. Elle les vit comme des signaux, des invitations à prendre soin d’elle.
Ces approches ne sont pas des “solutions miracles”. Elles demandent un engagement, une régularité. Mais elles offrent quelque chose de puissant : une transformation durable, pas seulement un soulagement temporaire.
Je veux terminer cet article par quelque chose que vous pouvez faire maintenant, sans attendre une séance, sans matériel, sans rien. Parce que le changement commence souvent par un tout petit pas.
Voici trois actions simples, que vous pouvez intégrer à votre quotidien :
1. Tenez un journal des “presque crises” : Notez les moments où vous sentez que l’angoisse monte, mais où elle ne se transforme pas en crise complète. Que s’est-il passé ? Qu’avez-vous ressenti ? Qu’avez-vous fait ? Ce journal vous montrera que vous avez déjà des ressources pour gérer ces moments. Vous découvrirez peut-être que vous êtes plus fort que vous ne le croyez.
2. Pratiquez la “respiration du carré” : C’est une technique simple que j’enseigne à beaucoup de sportifs. Inspirez sur 4 temps, retenez sur 4 temps, expirez sur 4 temps, retenez sur 4 temps. Répétez 5 fois. Cela ne va pas “arrêter” une crise, mais cela va envoyer un signal à votre système nerveux : “tout va bien, tu peux ralentir”. Faites-le une fois par jour, même quand vous n’êtes pas anxieux, pour que cela devienne un réflexe.
3. Parlez à votre peur : Oui, je sais, ça peut sembler étrange. Mais essayez. La prochaine fois que vous sentez la peur de perdre le contrôle arriver, dites-lui intérieurement : “Je te vois, peur. Tu es là pour me protéger. Merci, mais je n’ai pas besoin de toi pour l’instant.” Vous n’êtes pas en train de la chasser, vous êtes en train de la reconnaître. Et souvent, cette simple reconnaissance suffit à réduire son intensité.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que cette peur de perdre le contrôle vous parle. Peut-être que vous la vivez en ce moment même, ou que vous l’avez vécue par le passé. Je veux vous dire une chose, avec toute la sincérité que je peux avoir : vous n’êtes pas brisé. Vous n’êtes pas faible. Vous n’êtes pas en train de devenir fou.
Cette peur est une réaction normale d’un système nerveux qui essaie de vous proté
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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