3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprendre le mécanisme de la perte d’énergie et de motivation.
Vous vous levez le matin, et dès l’ouverture des yeux, cette sensation vous enveloppe. Pas une tristesse franche, pas une colère précise, juste un poids. Un vide. Comme si quelque chose d’essentiel s’était éteint en vous, sans que vous sachiez quoi ni pourquoi. Vous regardez votre téléphone, les notifications, les tâches de la journée, et rien ne provoque d’élan. Vous n’êtes pas déprimé au sens clinique du terme – vous fonctionnez, vous travaillez, vous souriez même parfois – mais il manque quelque chose. Une couleur. Une pulsation. Vous vous sentez vidé, et le pire, c’est que vous ne trouvez pas de cause évidente. Pas de deuil récent, pas de rupture, pas de licenciement. Juste cette fatigue d’être, qui s’installe en silence.
Je vois ce phénomène très souvent dans mon cabinet à Saintes, depuis 2014. Des adultes qui viennent me dire : « Thierry, je n’ai aucune raison d’aller mal, et pourtant je me sens creux. » Certains le formulent comme une perte d’énergie, d’autres comme un manque de motivation, d’autres encore comme un brouillard mental. Derrière ces mots, il y a un mécanisme commun que j’aimerais vous expliquer simplement. Parce que comprendre, c’est déjà commencer à sortir du trou.
La première chose que j’entends, c’est : « Mais je n’ai pas de problème dans ma vie. » Effectivement, quand on regarde de l’extérieur, tout va bien : un travail stable, une famille aimante, une santé correcte. Alors pourquoi cette sensation d’épuisement ? Pourquoi cette difficulté à se lever le matin avec autre chose qu’un sentiment d’obligation ?
Le piège, c’est de chercher une cause extérieure spectaculaire. On pense : « Il faut un drame pour justifier que je me sente mal. » Mais la réalité est plus subtile. Notre énergie ne se perd pas seulement dans les grands bouleversements. Elle s’érode dans les micro-compromissions quotidiennes, dans les « oui » que vous dites quand vous pensez « non », dans les conversations où vous souriez alors que vous êtes fatigué, dans les attentes que vous portez sans même les reconnaître.
Vous avez peut-être appris très tôt à être « fort », à « assurer », à ne pas décevoir. Et cela a marché, jusqu’à un certain point. Mais cette armure a un coût. Elle vous coupe de votre propre vitalité. Vous fonctionnez en mode pilotage automatique, en répondant aux demandes extérieures, sans jamais vérifier ce qui se passe à l’intérieur. Le vide que vous ressentez, c’est le signal que cette stratégie a atteint sa limite. Ce n’est pas un problème à résoudre, c’est un message à écouter.
Prenons un exemple. J’ai reçu un jour un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial, père de deux enfants. Il disait : « Je devrais être heureux, j’ai tout ce que j’ai toujours voulu. » Pourtant, il se levait chaque matin avec une boule au ventre. En explorant son quotidien, on a découvert qu’il passait ses journées à faire des choses qu’il ne voulait pas faire : répondre à des mails le soir, accepter des réunions inutiles, sourire à des collègues qu’il n’appréciait pas. Rien de grave, rien d’inhabituel. Mais accumulé sur des années, cela avait créé un décalage entre ce qu’il montrait et ce qu’il ressentait. Ce décalage, c’est le vide. Pas une dépression, juste une perte de connexion avec lui-même.
« Le vide n’est pas l’absence de vie, mais le silence d’une partie de vous qui n’a pas eu la parole depuis longtemps. »
Pour comprendre ce qui se passe, il faut accepter une idée simple mais puissante : vous n’êtes pas un bloc monolithique. Vous êtes composé de plusieurs « parties » de vous-même, chacune avec ses émotions, ses croyances, ses besoins. C’est le modèle IFS (Internal Family Systems) que j’utilise régulièrement avec les personnes que j’accompagne. L’idée, c’est que nous avons tous en nous une partie qui veut réussir, une partie qui veut se reposer, une partie qui veut plaire, une partie qui a peur, etc. Normalement, ces parties devraient pouvoir dialoguer et coopérer.
Le problème commence quand certaines parties prennent le contrôle total, ou quand d’autres sont mises au silence. Le vide que vous ressentez vient souvent d’une partie de vous qui a été étouffée, ignorée, ou jugée trop dérangeante. Par exemple, votre partie « performante » a pris toute la place, et votre partie « sensible » ou « créative » n’ose plus se manifester. Ou votre partie « responsable » gère tout, tandis que votre partie « spontanée » est enfermée dans un placard.
Ce mécanisme est invisible parce qu’il s’est construit progressivement, souvent depuis l’enfance. Vous avez appris qu’il était plus sûr d’être « comme ci » plutôt que « comme ça ». Vous avez adopté des rôles : le bon élève, le parent parfait, l’employé modèle. Mais ces rôles sont devenus des prisons. Et ce que vous appelez « vide », c’est en réalité la voix étouffée d’une partie de vous qui réclame de l’attention.
Je me souviens d’une consultante en marketing, brillante, qui venait de décrocher une promotion. Au lieu de la joie, elle ressentait un effondrement. Elle me disait : « Je devrais être au sommet, mais je me sens comme une coquille vide. » En travaillant avec l’IFS, on a découvert une partie d’elle-même, très jeune, qui avait été mise de côté : celle qui aimait dessiner, rêver, ne rien faire. Cette partie avait été sacrifiée sur l’autel de la réussite. Le vide, c’était son appel au secours.
Si vous vous reconnaissez, sachez que ce n’est pas une faiblesse. C’est un signe de santé. Votre système intérieur essaie de rétablir un équilibre. Le problème, c’est que vous avez peut-être appris à ne pas écouter ces signaux, à les qualifier de « paresse » ou de « manque de volonté ». Mais ce vide n’est pas un manque. C’est une présence silencieuse qui attend d’être reconnue.
Quand on se sent vide, la première réaction est souvent de se forcer. On se dit : « Allez, bouge-toi, fais du sport, sors, vois des amis, ça va passer. » Et parfois, ça marche un temps. Mais souvent, ça ne fait qu’aggraver la sensation. Pourquoi ? Parce que la motivation n’est pas une question de volonté. C’est une question de sens.
Si vous forcez un muscle fatigué, vous le blessez. Si vous forcez votre esprit à « aller bien », vous l’épuisez davantage. Le vide que vous ressentez n’est pas un ennemi à combattre, c’est un symptôme à comprendre. En voulant le faire disparaître à coups de positivisme ou d’injonctions à « voir le verre à moitié plein », vous ajoutez une couche de pression sur une mécanique déjà fragile.
Prenons l’exemple de la préparation mentale sportive, que j’utilise aussi avec des coureurs et des footballeurs. Un athlète qui perd sa motivation ne va pas s’améliorer en se criant dessus. Il va d’abord chercher pourquoi il a perdu le goût de l’effort. Parfois, c’est un surentraînement. Parfois, c’est une peur de l’échec. Parfois, c’est simplement le besoin d’une pause. C’est pareil pour vous. Si votre motivation s’éteint, ce n’est pas un signe de faiblesse morale. C’est un indicateur qu’un rééquilibrage est nécessaire.
Vous avez peut-être essayé les méthodes classiques : tenir un journal de gratitude, méditer, faire du sport. Et si rien ne marche, vous vous sentez encore plus coupable. Vous vous dites : « Je n’y arrive même pas à aller mieux. » C’est normal. Parce que ces outils sont utiles, mais ils ne traitent pas la cause profonde. Ils agissent sur les symptômes. Or, le vide demande autre chose : de l’écoute, pas de l’action.
Je ne dis pas qu’il faut rester passif. Je dis que l’action doit venir d’un endroit différent. Pas d’un « je dois », mais d’un « j’ai besoin de ». La nuance est cruciale. Quand vous agissez parce que vous vous sentez obligé, vous renforcez le vide. Quand vous agissez parce que vous avez identifié un besoin authentique, vous commencez à le combler.
« Forcer la motivation, c’est comme vouloir arroser une plante en la tirant vers le haut. Ça ne marche pas. Il faut d’abord vérifier la terre, l’eau et la lumière. »
Il y a un lien souvent méconnu entre le vide intérieur et l’anxiété. On imagine l’anxiété comme une agitation, des palpitations, des pensées qui tournent en boucle. Mais l’anxiété peut aussi se manifester par une forme d’engourdissement. Quand votre système nerveux est en alerte constante, il finit par s’épuiser. Et cet épuisement prend la forme du vide.
Vous vivez peut-être dans une hypervigilance silencieuse. Vous scrutez les réactions des autres, vous anticipez les problèmes, vous vous préparez au pire. Tout cela consomme une énergie énorme, sans que vous vous en rendiez compte. Le résultat, c’est que vous n’avez plus de ressources pour les choses qui comptent vraiment pour vous. Votre motivation s’éteint, non pas parce que vous êtes paresseux, mais parce que votre batterie est à plat.
L’anxiété peut aussi être une forme de contrôle déguisé. Vous essayez de tout maîtriser pour éviter l’inconfort. Mais cette tentative de contrôle vous coupe de l’imprévu, de la spontanéité, de la vie. Le vide, c’est ce qui reste quand vous avez éliminé tout risque, mais aussi toute joie.
J’ai accompagné une enseignante qui se sentait vide chaque dimanche soir, avant la semaine de travail. Elle pensait que c’était de la déprime liée au travail. En réalité, c’était une anxiété anticipatoire. Son corps se préparait déjà à la charge mentale de la semaine, et cette préparation la vidait. En travaillant sur cette anxiété – pas pour la faire disparaître, mais pour l’accueillir – elle a retrouvé de l’énergie le week-end. Le vide n’était pas un manque de motivation pour son métier, mais un signal d’alerte de son système nerveux.
Si vous vous sentez vide, demandez-vous : « Est-ce que je vis dans un état d’alerte permanent ? Est-ce que je me sens obligé de tout anticiper ? Est-ce que je peux me permettre de lâcher prise ne serait-ce qu’une minute ? » Les réponses à ces questions peuvent éclairer une partie de ce qui se joue.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à comprendre et à gérer vos relations, avec les autres mais aussi avec vous-même. Et c’est là que se joue une grande partie du vide intérieur. Vous avez peut-être perdu le lien avec ce qui est important pour vous, parce que vous êtes trop occupé à répondre aux attentes extérieures.
L’Intelligence Relationnelle vous invite à faire deux choses. D’abord, clarifier vos besoins et vos valeurs. Ensuite, apprendre à les exprimer et à les négocier dans vos relations. Le vide vient souvent d’un déséquilibre : vous donnez trop, vous recevez trop peu, ou vous ne savez pas ce que vous voulez vraiment.
Un exercice simple que je propose à certaines personnes : prenez une feuille et écrivez les domaines de votre vie (travail, famille, amis, couple, loisirs, santé). Pour chacun, notez sur une échelle de 1 à 10 à quel point vous vous sentez aligné. Puis, à côté, notez ce qui manque. Pas ce que vous devriez faire, mais ce dont vous avez besoin. Parfois, le vide vient d’un besoin non satisfait de reconnaissance, de liberté, de créativité ou de repos.
Ensuite, il s’agit de voir comment ces besoins peuvent être adressés, même modestement. Vous n’allez pas changer de vie du jour au lendemain. Mais vous pouvez, par exemple, décider de dire « non » à une sollicitation qui vous vide, ou de dire « oui » à une activité qui vous nourrit. L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à poser des limites. Et poser des limites, c’est un acte de respect envers vous-même qui peut réduire considérablement la sensation de vide.
Je pense à un artisan qui venait me voir, épuisé par son activité. Il adorait son métier, mais il avait accumulé trop de clients, trop de demandes, trop de pression. Le vide qu’il ressentait venait du fait qu’il avait sacrifié son besoin de calme et de créativité sur l’autel de la performance. En apprenant à dire non à certains contrats, il a retrouvé de l’espace pour lui, et avec lui, la motivation est revenue.
Je pratique l’hypnose ericksonienne depuis des années, et c’est un outil précieux pour travailler sur le vide intérieur. Mais il faut être clair sur ce qu’elle fait et ne fait pas. L’hypnose n’est pas une baguette magique qui efface le problème. C’est un moyen de contourner les résistances conscientes pour accéder à des ressources inconscientes.
Quand vous êtes dans le vide, votre conscient tourne en rond. Vous vous dites : « Je devrais être motivé, pourquoi je ne le suis pas ? » Cette boucle mentale vous enferme. L’hypnose permet de sortir de ce cercle, de calmer le mental, et d’accéder à des parties de vous qui savent ce dont vous avez besoin, mais qui n’ont pas la parole.
Concrètement, une séance d’hypnose pour le vide intérieur va chercher à créer un espace de sécurité intérieure, à renouer avec une partie de vous qui a été mise de côté, ou à réactiver des ressources de motivation et d’énergie qui sont enfouies. Cela peut passer par des métaphores, des visualisations, ou des suggestions indirectes.
Mais attention : l’hypnose ne va pas vous donner une motivation artificielle. Elle va vous aider à lever les blocages qui empêchent votre motivation naturelle de circuler. C’est comme déboucher un tuyau : l’eau est là, elle a juste besoin de pouvoir passer. Si vous attendez de l’hypnose qu’elle vous transforme en personne hyperactive et joyeuse du jour au lendemain, vous serez déçu. En revanche, si vous l’abordez comme un outil pour explorer et libérer ce qui est déjà là, vous pouvez faire des pas significatifs.
« L’hypnose ne vous donne pas ce que vous n’avez pas. Elle vous aide à retrouver ce que vous avez oublié. »
Je ne vais pas vous laisser avec une simple explication. Voici trois choses que vous pouvez faire dès aujourd’hui, sans pression, sans attente de résultat immédiat.
1. Accordez-vous cinq minutes de « non-action ». Asseyez-vous quelque part, sans téléphone, sans livre, sans musique. Fermez les yeux ou regardez un point fixe. Et ne faites rien. Laissez venir ce qui vient : pensées, émotions, sensations physiques. Ne cherchez pas à les changer. Juste observez. Le vide que vous ressentez a besoin d’être autorisé à exister, pas combattu. Ces cinq minutes sont un premier pas pour dire à votre système : « Je te vois, je t’écoute. »
2. Identifiez un « oui » et un « non » de la journée. Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone. Notez une chose à laquelle vous avez dit « oui » aujourd’hui, même mentalement, alors que vous pensiez « non ». Cela peut être répondre
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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