3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des étapes concrètes pour sortir progressivement de la fatigue.
Tu n’arrives pas à sortir du lit le matin, ou alors tu passes tes journées avec cette sensation d’avoir un poids sur les épaules. Pourtant, tu n’as pas fait d’effort particulier. Tu dors, tu manges à peu près correctement, mais l’énergie ne revient pas. Ce n’est pas de la flemme, tu le sais au fond. C’est autre chose. Une fatigue qui s’installe, parfois sournoise, parfois franchement lourde. Et tu te demandes : « Par où commencer ? »
J’accompagne des adultes comme toi depuis plus de dix ans. Que ce soit en cabinet ou en visio, je vois souvent ce motif : une fatigue qui n’est pas seulement physique. Elle est émotionnelle, mentale, relationnelle. On l’appelle parfois « fatigue nerveuse » ou « épuisement accumulé ». Le problème, c’est que les conseils classiques – « dors plus », « mange mieux », « fais du sport » – ne suffisent pas. Parce que ce n’est pas un problème de batterie vide. C’est un problème de circuit.
Alors voici un protocole en sept jours. Ce n’est pas une baguette magique. C’est une série de petites choses concrètes, testées avec des personnes que j’ai suivies, qui ont permis de redémarrer un cycle vertueux. Tu n’es pas obligé de tout faire parfaitement. L’idée, c’est de commencer là où tu es.
Avant de poser des actions, il faut comprendre ce qui se joue. Quand tu es fatigué depuis des semaines ou des mois, ton cerveau a appris un schéma. Un schéma de survie. Il est en mode « économie d’énergie », mais il le fait mal. Il coupe les mauvais circuits.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un homme d’une quarantaine d’années, commercial. Il me dit : « Je dors neuf heures par nuit, mais je me réveille aussi fatigué qu’en me couchant. » On explore ensemble. Ce qu’il découvre, c’est que son sommeil est agité, plein de micro-réveils liés à des ruminations nocturnes. Son cerveau ne se repose pas, il essaie de résoudre des problèmes pendant la nuit. Résultat : il se lève avec un cortisol déjà haut, et la journée démarre avec un déficit.
Ce que tu vis peut être similaire. La fatigue chronique n’est souvent pas un manque de sommeil, mais une impossibilité à récupérer vraiment. Pourquoi ? Parce que ton système nerveux est resté en alerte. Peut-être à cause d’un stress professionnel, d’une relation qui te pompe de l’énergie, ou d’un état d’anxiété diffus. Ce n’est pas ta faute. C’est une réponse adaptative.
« La fatigue n’est pas un problème de batterie vide, mais un circuit qui reste allumé en permanence. Le repos ne suffit pas si le système ne s’éteint jamais vraiment. »
Le premier pas, c’est de reconnaître que ton corps essaie de te protéger. Il te freine pour que tu ne t’effondres pas complètement. Mais ce frein est devenu trop fort. Le protocole que je te propose va t’aider à relâcher ce frein progressivement, sans forcer.
Le premier jour, tu ne vas pas changer tes habitudes. Tu vas juste observer. Sans jugement.
Prends un carnet, ou une note sur ton téléphone. À trois moments de la journée – matin, midi, soir – tu notes ton niveau d’énergie de 0 à 10. Et à côté, tu notes ce que tu ressens émotionnellement. Pas des pensées longues. Juste des mots : « fatigué », « tendu », « vide », « irritable », « triste », « calme ».
Ce que tu cherches, ce n’est pas une cause. C’est une corrélation. Beaucoup de personnes découvrent que leur fatigue n’est pas constante. Elle est plus forte après certaines interactions, ou après des moments d’inactivité prolongée.
Un exemple : une femme que j’ai suivie, professeure, se plaignait d’être épuisée le soir. En notant, elle s’est rendu compte que sa fatigue montait en flèche après les repas, pas après ses cours. Ce n’était pas le travail, c’était un inconfort digestif lié à son stress. Elle a ajusté son alimentation, et son énergie a remonté de 30 % en une semaine.
Pour toi, l’objectif est simple : repérer les moments où l’énergie chute. Et ceux où elle remonte un peu. Tu vas peut-être découvrir que tu as des fenêtres de vitalité minuscules le matin, ou en fin d’après-midi. Ces fenêtres, tu vas les utiliser plus tard.
Ce soir, avant de dormir, relis tes notes. Ne cherche pas à tout comprendre. Juste observe. Demain, tu passeras à l’action.
Le deuxième jour, tu vas bouger. Mais pas comme on te l’a toujours dit. Pas de course à pied, pas de séance intense. Tu vas faire ce que j’appelle le « mouvement minimal ».
Pourquoi ? Parce que quand tu es fatigué, ton cerveau associe l’effort à une dépense d’énergie. Il te freine pour te protéger. Mais en réalité, l’immobilité prolongée aggrave la fatigue. Elle diminue la circulation, augmente la tension musculaire et renforce la sensation d’inertie.
L’idée, c’est de bouger sans déclencher l’alarme. Tu choisis une activité que tu peux faire pendant exactement 5 à 10 minutes. Pas plus. Marche lente, étirements doux, balancements des bras, ou même quelques mouvements de yoga très simples (la posture de l’enfant, le chat-vache). Tu fais ça à un moment où tu as noté un petit creux d’énergie la veille.
Un patient sportif, ancien marathonien, refusait de bouger parce qu’il se comparait à ses performances passées. Il avait honte de marcher doucement. Je lui ai proposé de faire « comme s’il avait 80 ans » pendant 5 minutes. Il a ri, puis il a essayé. Le lendemain, il m’a dit : « Je me suis senti vivant pour la première fois depuis des mois. »
L’important, c’est de ne pas viser la performance. Tu ne cherches pas à brûler des calories. Tu cherches à dire à ton système nerveux : « On peut bouger sans danger. » C’est un petit message de sécurité.
Répète ça demain. Idéalement à la même heure. Tu construis un rituel.
Tu as peut-être remarqué que ta fatigue est liée à quelque chose que tu fais sans t’en rendre compte. Le troisième jour, tu vas identifier et couper une source d’épuisement invisible.
Qu’est-ce que ça peut être ? Voici les plus fréquentes :
Les notifications. Chaque notification active une micro-réponse de stress. Tu vérifies ton téléphone, tu vois un message, ton cerveau se met en alerte. Même si c’est juste un like. Fais l’expérience : désactive toutes les notifications non essentielles pendant 24 heures. Pas de son, pas de vibration, pas de badge. Tu regardes ton téléphone quand tu décides, pas quand il te le demande.
Les relations coûteuses. Une conversation avec une personne qui se plaint constamment, qui te demande de l’écoute sans jamais te rendre la pareille. Tu ne peux pas toujours les éviter, mais tu peux limiter le temps. Un patient m’a dit : « J’ai réduit mes appels avec mon frère à 10 minutes, et j’ai récupéré deux heures d’énergie par jour. » C’est radical, mais c’est vrai.
Les décisions inutiles. Choisir quoi manger, quoi porter, quel film regarder. À force, ça épuise. Le troisième jour, tu simplifies. Tu manges la même chose au petit-déjeuner, tu portes un vêtement confortable sans te demander si ça va, tu ne scrolles pas pour choisir une série.
Choisis une seule source à couper. Pas trois. Une seule. Et observe ce que ça fait. Tu vas peut-être ressentir un vide, ou au contraire un soulagement immédiat.
« L’épuisement invisible vient souvent de ce que tu ne remarques même plus. Couper une seule source, c’est comme ouvrir une fenêtre dans une pièce étouffante. »
Le quatrième jour, tu vas apprendre à faire des pauses qui fonctionnent vraiment. Pas des pauses où tu scrolles sur ton téléphone – ça ne repose pas, ça surcharge. Des pauses qui régulent ton système nerveux.
Le principe : tu prends 3 minutes, 3 fois dans la journée. Tu t’assois confortablement, tu fermes les yeux, et tu portes ton attention sur ta respiration. Mais pas n’importe comment. Tu allonges légèrement l’expiration. Par exemple, inspire sur 4 temps, expire sur 6. Tu fais ça 10 fois.
Pourquoi ça marche ? Parce que l’expiration longue active le nerf vague, qui est le chef d’orchestre du repos et de la digestion. En quelques minutes, ton rythme cardiaque ralentit, ta tension baisse, et ton cerveau reçoit le signal : « On peut lâcher prise. »
Un patient, ingénieur, trouvait ça trop simple. Il disait : « Je vais pas régler ma fatigue avec de la respiration. » Je lui ai proposé de tester un jour. Le soir, il m’a écrit : « C’est débile, mais j’ai eu moins de maux de tête. » C’est ça le truc : ce n’est pas spectaculaire, mais c’est cumulatif.
Tu peux aussi ajouter une micro-pause sensorielle : regarder par la fenêtre pendant 2 minutes, toucher un objet texturé, boire une tasse de thé en pleine conscience. L’idée, c’est de sortir du mode « pilotage automatique » qui épuise.
À ce stade, tu as déjà posé des bases. Tu as observé, bougé doucement, coupé une source de fatigue, et fait des pauses régulatrices. Le cinquième jour, on va plus loin : on va chercher du plaisir sensoriel.
Pourquoi ? Parce que la fatigue chronique s’accompagne souvent d’une perte de connexion avec les sensations agréables. Tout devient terne, fade. Le corps n’envoie plus de signaux de plaisir, seulement des signaux de douleur ou d’inconfort. C’est un cercle vicieux : moins de plaisir → plus de fatigue → moins d’envie de chercher du plaisir.
Aujourd’hui, tu vas faire une chose qui te fait du bien, mais avec une intention précise. Tu ne fais pas ça pour « te détendre », mais pour réactiver les capteurs sensoriels. Par exemple :
Le piège, c’est de vouloir ressentir immédiatement du bonheur. Ce n’est pas le but. Le but, c’est juste de remarquer une sensation. Que ce soit agréable ou neutre. Tu réapprends à ton cerveau que le corps peut envoyer des signaux qui ne sont pas des alertes.
Une patiente, mère de deux enfants, m’a dit : « J’ai mangé une fraise en fermant les yeux. J’ai senti l’acidité. C’était bizarre, mais pour la première fois, j’ai eu l’impression d’être dans mon corps. » C’est exactement ça.
Le sixième jour, on aborde le sommeil. Mais pas comme un problème à résoudre. Plutôt comme un terrain à préparer.
Si tu es fatigué, tu as probablement déjà tout essayé : tisanes, méditation, horaires fixes. Parfois ça marche, parfois non. Ce que je te propose, c’est une approche plus douce : arrêter de lutter contre le sommeil.
Le secret, c’est de créer une « fenêtre de sommeil » plutôt qu’une heure de coucher stricte. Par exemple, tu te mets au lit entre 22h et 23h, mais tu ne forces pas. Si tu n’as pas sommeil, tu lis un livre (pas un écran), ou tu écoutes une musique douce. Tu ne restes pas au lit à ruminer. Si après 20 minutes tu ne dors pas, tu te lèves, tu vas dans une autre pièce, tu fais quelque chose de calme, et tu reviens quand tu sens le sommeil.
Pourquoi ? Parce que l’anxiété de performance autour du sommeil – « il faut que je dorme, sinon demain sera horrible » – est un des plus grands perturbateurs. Ton cerveau associe le lit à un lieu de stress. En te levant, tu brises cette association.
« Le sommeil ne se commande pas. Il s’accueille. Plus tu forces, plus il fuit. »
Tu peux aussi ajouter un rituel de 10 minutes avant le coucher : écrire trois choses qui se sont bien passées dans la journée (même minuscules), ou faire une visualisation courte où tu imagines un lieu sûr. Ça calme le mental.
Le dernier jour, tu ne commences rien de nouveau. Tu fais le point sur ce qui a fonctionné pour toi. Tu n’as pas à tout garder. Choisis une ou deux pratiques que tu peux intégrer dans ta routine quotidienne ou hebdomadaire.
Par exemple :
L’idée, c’est de ne pas retomber dans l’ancien schéma. Tu construis un « filet de sécurité » pour les moments où la fatigue reviendra – car elle reviendra, c’est normal. Mais tu sauras quoi faire.
Un patient m’a dit : « J’ai gardé trois choses : marcher 5 minutes le matin, couper mon téléphone à 21h, et respirer avant de manger. Ça a changé ma vie. » Pas besoin de plus.
Pour toi, ça peut être différent. L’important, c’est que ce soit réaliste. Si tu te fixes des objectifs trop ambitieux, tu vas t’épuiser à nouveau. La fatigue se guérit par la régularité, pas par l’intensité.
Tu as peut-être senti une amélioration, ou juste un petit changement. Les deux sont valables. Ce protocole n’est pas une solution miracle. C’est un premier pas pour sortir de l’ornière.
Parfois, la fatigue cache quelque chose de plus profond : une dépression masquée, un burn-out, un trouble du sommeil non diagnostiqué, ou un stress post-traumatique. Si après ces 7 jours, tu te sens toujours aussi épuisé, sans aucun progrès, alors il est peut-être temps de consulter un professionnel. Un médecin pour écarter une cause organique (thyroïde, carence, etc.), ou un psychothérapeute pour explorer ce qui se joue dans ton histoire.
Je ne suis pas médecin, je suis praticien en hypnose et en thérapie intégrative. Ce que je vois en cabinet, c’est que beaucoup de fatigues sont liées à des schémas émotionnels bloqués. Des parties de toi qui portent des croyances comme « je dois tout gérer », « je n’ai pas le droit de ralentir », ou « si je m’arrête, tout va s’effondrer ». Ces parties-là, on peut les écouter, les comprendre, et les apaiser.
Si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement personnalisé, je suis là. On peut travailler ensemble, en cabinet à Saintes ou en visio. L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) sont particulièrement efficaces pour dénouer les tensions invisibles qui pompent ton énergie. On ne va pas te demander de faire plus d’efforts. On va plutôt t’aider à lâcher ce qui te retient.
Tu n’es pas seul dans cette fatigue. Elle n’est pas une fatalité. Et parfois, le plus grand acte de courage, c’est de commencer par un
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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