3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Libérez-vous du regard extérieur pour retrouver confiance.
Tu es sur le canapé, téléphone à la main, et tu fais défiler les posts d’un collègue ou d’un concurrent. Lui, il a décroché un nouveau contrat. Elle, elle vient de publier un article qui cartonne. Lui encore, il a terminé un marathon en moins de trois heures. Toi, tu es là, avec ta tasse de café tiède, et cette petite voix qui dit : « Tu n’es pas à la hauteur. »
Cette scène, je la vois souvent dans mon cabinet à Saintes. Des adultes brillants, compétents, qui viennent me voir parce qu’ils se sentent « en retard », « pas assez bons », « dépassés ». Le problème, ce n’est pas leur manque de compétences. C’est la comparaison qu’ils font avec les autres. Une habitude mentale qui bouffe l’énergie, érode la confiance et fausse le regard sur soi.
Je suis Thierry Sudan, praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle. Je travaille avec des sportifs de haut niveau, des cadres, des artisans. Tous, à un moment, tombent dans ce piège : mesurer leur valeur à l’aune de celle des autres. Et tous peuvent en sortir. Pas en devenant « meilleurs » que les autres, mais en arrêtant de se comparer.
Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi tu compares, ce que ça te coûte vraiment, et surtout comment poser des actes concrets pour t’en libérer. Pas de théorie vague. Des mécanismes, des exemples, et une porte de sortie.
La comparaison sociale n’est pas un défaut moral. C’est un mécanisme cérébral hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. À l’époque, savoir qui était plus fort ou plus rapide que toi pouvait déterminer ta survie dans la tribu. Le cerveau a gardé cette habitude : il scanne en permanence l’environnement pour évaluer ta position relative.
Le problème, c’est que ce mécanisme, utile dans une petite communauté de cinquante personnes, devient toxique dans un monde hyperconnecté. Tu ne compares plus ton territoire de chasse avec celui du voisin. Tu compares ta vie entière avec les highlights soigneusement sélectionnés de milliers d’inconnus.
Prenons un exemple. Paul, 38 ans, commercial dans une boîte d’informatique, vient me voir. Il est bon dans son métier, ses chiffres sont corrects. Mais chaque lundi matin, il ouvre LinkedIn et voit les publications de son ancien camarade de promotion : nouveau poste, voyage à Dubaï, photo avec un prix. Paul passe le reste de la semaine à ruminer : « J’aurais dû accepter cette mutation. Je stagne. Lui, il a réussi. »
Paul ne se rend pas compte que ce qu’il voit, c’est un récit. Pas la réalité complète. Son ancien camarade ne publie pas ses nuits blanches, ses échecs, ses moments de doute. Le cerveau de Paul, lui, prend ce récit pour une donnée objective. Et il en conclut : « Je suis inférieur. »
Ce biais s’appelle le biais de négativité : tu accordes plus de poids aux informations qui confirment ton insécurité qu’à celles qui la contredisent. Tu vas retenir le post LinkedIn qui te fait sentir petit, et oublier les trois clients satisfaits que tu as eus hier.
La première étape pour arrêter de comparer, c’est de reconnaître que ce n’est pas un choix conscient. C’est un réflexe. Et un réflexe, ça se désapprend.
La comparaison n’est pas juste désagréable. Elle a un impact mesurable sur ta psychologie et ta physiologie. Quand tu compares et que tu te juges en dessous, ton cerveau active les mêmes circuits que la douleur physique. Des études en neurosciences montrent que l’exclusion sociale et la sensation d’être « moins bien » activent le cortex cingulaire antérieur, la même zone qui s’allume quand tu te brûles le doigt.
Concrètement, ça donne quoi ? De la fatigue chronique, une baisse de motivation, de l’anxiété sociale. Tu commences à éviter certaines situations : tu ne postules pas à ce poste parce que « d’autres sont plus qualifiés », tu ne proposes pas ton tarif parce que « untel le fait moins cher », tu ne lances pas ton projet parce que « ça a déjà été fait ».
Je pense à Claire, 45 ans, coach sportive à La Rochelle. Elle était venue me voir pour un accompagnement en préparation mentale. Elle avait des compétences solides, une clientèle fidèle, mais elle passait ses soirées à regarder les comptes Instagram d’autres coachs. « Regarde, elle a 50 000 abonnés, elle fait des collaborations avec des marques, elle a un corps parfait. Moi, je suis nulle. »
Claire avait commencé à réduire ses tarifs, à copier les posts des autres, à se sentir imposteur. Son chiffre d’affaires stagnait, son sommeil se dégradait. La comparaison lui coûtait de l’argent, de l’énergie et de la joie.
Ce que Claire ne voyait pas, c’est que la comparaison la poussait à jouer un jeu où elle était sûre de perdre. Parce que tu compares toujours tes coulisses (tes doutes, tes galères, tes imperfections) avec la vitrine des autres (leurs réussites, leurs moments choisis). C’est un combat truqué.
« Comparer tes coulisses à la vitrine des autres, c’est comme juger la qualité d’un film uniquement sur sa bande-annonce. Tu vois ce qu’on veut que tu voies, pas ce qui est vraiment. »
Le coût le plus lourd, c’est la perte de ta propre direction. À force de regarder où vont les autres, tu ne sais plus où tu veux aller toi-même. Tu deviens un suiveur, pas un créateur. Et ça, c’est la porte ouverte à la démotivation profonde.
Toute comparaison n’est pas mauvaise. Il y a une différence fondamentale entre la comparaison qui t’inspire et celle qui te détruit. Encore faut-il savoir les reconnaître.
La comparaison saine, je l’appelle la comparaison-repère. Tu regardes quelqu’un qui a un niveau au-dessus du tien dans un domaine précis, et tu te dis : « OK, il a fait ça, comment il a fait ? Qu’est-ce que je peux apprendre de son parcours ? » C’est une comparaison qui te pousse à l’action, sans te dévaloriser. Elle est spécifique (un domaine, pas la personne entière), et elle débouche sur un plan concret.
Exemple : un coureur amateur que j’accompagne regarde le temps d’un athlète sur un 10 km. Il ne se dit pas « je suis nul », il se dit : « Il a couru en 35 minutes, moi en 42. Quels sont ses entraînements spécifiques ? Puis-je intégrer une séance de fractionné par semaine ? » C’est de l’inspiration opérationnelle.
La comparaison toxique, c’est la comparaison-identité. Tu compares non pas une compétence, mais ta valeur globale en tant que personne. Tu regardes quelqu’un et tu conclus : « Il est mieux que moi. Point. » C’est global, vague, et ça ne débouche sur rien d’autre que de la rumination.
Reprends Paul, le commercial. Quand il voit le post de son ancien camarade, il ne se dit pas : « Il a bien négocié sa mutation, qu’est-ce que je peux apprendre de sa stratégie de carrière ? » Non. Il se dit : « Il a réussi, moi non. Je suis un raté. » La première est une question sur les moyens, la seconde est un jugement sur l’être.
Pour faire la différence, pose-toi ces deux questions quand tu sens la comparaison monter :
Est-ce que cette comparaison me donne envie d’agir ou de me replier ? Si elle te donne une impulsion, même petite, pour faire un pas concret, c’est peut-être sain. Si elle te glace, te vide, te donne envie de tout arrêter, c’est toxique.
Est-ce que je compare une compétence précise ou une vie entière ? Si tu compares ton chiffre d’affaires de ce mois avec celui d’un concurrent, c’est précis, tu peux agir. Si tu compares ta vie (maison, couple, loisirs, carrière) avec le fil Instagram de quelqu’un, tu compares des ensembles non comparables.
La clé, c’est de réduire la focale. Au lieu de regarder la personne entière, regarde un point technique, un comportement, une stratégie. Et surtout, ne fais pas de la réussite des autres un miroir de ton échec.
Sous la comparaison, il y a toujours une croyance. Une phrase que tu répètes, souvent depuis l’enfance, et qui te pousse à te mesurer aux autres. Si tu veux sortir du piège, il faut identifier ces croyances et les démanteler.
La croyance la plus fréquente, c’est : « Ma valeur dépend de ma performance par rapport aux autres. » Tu as appris, à l’école, en famille, dans le sport, que tu valais quelque chose si tu étais dans le top 3, si tu avais la meilleure note, si tu marquais le but. Ce conditionnement est puissant. Il transforme chaque interaction en compétition.
Je l’ai vu chez Marc, 52 ans, artisan électricien. Il était venu pour un burn-out. Dans son métier, il se comparait sans cesse aux plus jeunes : « Ils travaillent plus vite, ils maîtrisent les nouvelles technologies, je suis dépassé. » Marc ne voyait pas que ses clients le choisissaient pour son expérience, sa fiabilité, sa capacité à résoudre des problèmes complexes. Il était prisonnier de la croyance que « mieux » = « plus rapide et plus jeune ».
Autre croyance : « Il y a une quantité limitée de succès. » C’est la mentalité de la pénurie. Si l’autre gagne, toi tu perds. Si l’autre a le contrat, toi tu n’as rien. Cette croyance crée de l’anxiété et de la jalousie. Elle t’empêche de collaborer, de célébrer les réussites des autres, de voir que le succès des autres peut t’ouvrir des portes.
En réalité, le succès n’est pas un gâteau qu’on se partage. C’est un océan. Il y a de la place pour tout le monde, mais pas pour tout le monde au même endroit. Quand tu arrêtes de vouloir être à la place de l’autre, tu commences à creuser ta propre place.
Enfin, il y a la croyance que « si je ne me compare pas, je vais stagner. » Beaucoup de mes clients ont peur de lâcher la comparaison parce qu’ils pensent que c’est leur seul moteur. « Si je ne me compare pas, je vais devenir paresseux, je vais me laisser aller. »
C’est faux. La comparaison n’est pas un moteur, c’est un frein déguisé. Elle te pousse à courir après une cible mouvante, jamais satisfait. Le vrai moteur, c’est l’alignement avec tes propres valeurs, tes propres objectifs. Tu progresses parce que tu veux devenir la meilleure version de toi-même, pas parce que tu veux battre quelqu’un.
Pour travailler ces croyances, je propose souvent un exercice simple en séance : prends une feuille, écris la croyance qui te vient quand tu te compares. Par exemple : « Je dois être meilleur que les autres pour être respecté. » Ensuite, cherche trois preuves du contraire dans ta vie. Trois moments où tu as été respecté sans être le meilleur, ou où quelqu’un de moins performant que toi était respecté. Ça fissure la croyance.
On entre dans le pratique. Voici des outils que j’utilise avec mes clients à Saintes, que ce soit en hypnose, en IFS ou en préparation mentale. Ils marchent si tu les pratiques, pas si tu les lis.
1. La technique des 3 cercles
Dessine trois cercles concentriques. Dans le cercle central, écris ce sur quoi tu as un contrôle direct : ton entraînement, ta formation, ton temps, tes réactions. Dans le deuxième cercle, ce sur quoi tu as une influence, mais pas de contrôle : l’opinion des autres, les résultats d’un match, les décisions de ton chef. Dans le troisième cercle, ce sur quoi tu n’as aucun contrôle : ce que fait ton concurrent, la météo, l’économie mondiale.
Quand tu sens la comparaison monter, demande-toi : « Dans quel cercle est-ce que je suis ? » 90 % de la comparaison toxique se situe dans le troisième cercle. Tu passes ton temps à t’inquiéter de ce que tu ne peux pas changer. Recentre-toi sur le premier cercle. Qu’est-ce que tu peux faire, maintenant, pour avancer ?
2. L’ancrage de ta propre valeur
En hypnose, je travaille souvent l’ancrage. C’est un outil qui associe un geste ou un mot à une sensation de confiance. Par exemple, tu fermes les yeux, tu te rappelles un moment où tu t’es senti compétent, fier, aligné. Tu revis la scène : les images, les sons, les sensations dans le corps. Puis tu presses ton pouce et ton index ensemble au moment où la sensation est la plus forte. Tu répètes plusieurs fois.
Ensuite, quand tu sens le besoin de comparer arriver, tu fais ce geste. Tu actives la sensation de ta propre valeur, indépendamment des autres. Ce n’est pas magique, c’est un conditionnement. Le cerveau a besoin de répétition.
3. Le journal de progression personnelle
Arrête de noter ce que tu n’as pas fait. Note ce que tu as fait. Chaque soir, écris trois petites victoires de ta journée, en lien avec tes objectifs, pas avec ceux des autres. « J’ai envoyé ce devis. J’ai couru 20 minutes sans m’arrêter. J’ai dit non à une réunion inutile. »
Ce journal recalibre ton attention. Au lieu de scruter les réussites des autres, tu regardes tes propres avancées. Et tu vois que tu progresses, même lentement. La comparaison prospère dans l’ignorance de tes propres progrès.
« Tu ne peux pas comparer ton chapitre 3 avec le chapitre 15 de quelqu’un d’autre. Chaque histoire a son propre rythme. »
4. La règle des 24 heures
Quand tu vois quelque chose qui déclenche la comparaison, donne-toi 24 heures avant d’agir ou de ruminer. Pendant ce temps, tu observes ta réaction sans la juger. Tu notes ce que tu ressens. Souvent, après 24 heures, l’émotion redescend et tu vois la situation avec plus de recul. Tu évites les décisions impulsives : ne pas postuler, envoyer un message passif-agressif, abandonner un projet.
Ces outils ne suppriment pas la comparaison du jour au lendemain. Mais ils te donnent des prises pour ne plus être le jouet de ce mécanisme.
Je travaille beaucoup avec l’IFS (Internal Family Systems), un modèle qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » ou sous-personnalités. La partie qui compare, ce n’est pas toi. C’est une partie de toi qui essaie de te protéger, souvent d’une blessure plus ancienne.
Quand tu compares, demande-toi : « Quelle est l’intention positive de cette partie ? » Souvent, elle veut t’éviter l’échec, l’humiliation, le rejet. Elle te pousse à être meilleur pour être accepté. Mais sa méthode est toxique.
Avec l’IFS, on entre en dialogue avec cette partie. On la remercie pour son travail, on lui montre qu’elle peut se détendre, parce que tu es adulte maintenant, capable de gérer les critiques et l’échec. On libère la partie blessée (souvent un enfant intérieur qui a reçu le message « tu n’es pas assez bien ») et on restaure le Self, cette partie de toi calme, curieuse, confiante.
L’hypnose ericksonienne, elle, travaille sur l’inconscient. Elle permet de modifier les automatismes mentaux. Par exemple, je peux guider quelqu’un à associer le geste de scroller sur LinkedIn à une
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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