3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Le fonctionnement doux pour atteindre l'inconscient.
Vous êtes peut-être en train de lire ces lignes parce que vous avez déjà essayé de changer quelque chose en vous. Un comportement qui revient en boucle, une émotion qui vous submerge au mauvais moment, une décision que vous n’arrivez pas à prendre. Et vous avez tenté de raisonner, de vous parler, de vous convaincre. Vous avez peut-être même passé des heures à analyser pourquoi vous faites ce que vous faites, avec une lucidité parfois impressionnante sur vos propres mécanismes.
Pourtant, le lendemain, rien n’a changé. La peur est toujours là. La colère reprend le dessus. La procrastination vous rattrape.
Ce n’est pas que vous manquiez de volonté ou d’intelligence. C’est que votre mental critique, cette partie logique et rationnelle de votre esprit, fait très bien son travail : il vous protège du changement. Il analyse, compare, juge, et dès qu’une proposition lui semble risquée ou inconnue, il la rejette. Et c’est exactement là que l’hypnose ericksonienne change la donne. Elle ne combat pas ce gardien. Elle lui propose une porte de sortie si discrète qu’il ne la voit même pas.
Imaginez un instant que vous ayez une peur viscérale de parler en public. Vous savez intellectuellement que ce n’est pas dangereux. Vous avez répété votre discours, vous maîtrisez votre sujet. Pourtant, quand vous vous levez, votre cœur s’emballe, votre voix tremble, et une partie de vous cherche une issue de secours. Vous vous dites : « Mais pourquoi ? Je sais que ça va bien se passer. »
Ce décalage entre ce que vous savez et ce que vous ressentez est la signature d’un blocage entre votre mental conscient et votre mental inconscient. Le conscient, c’est la partie de vous qui raisonne, qui planifie, qui utilise le langage et la logique. L’inconscient, c’est le siège de vos automatismes, de vos émotions, de vos croyances profondes, de vos souvenirs corporels. C’est lui qui active cette réaction de stress quand vous devez parler en public, parce qu’à un moment de votre histoire, il a associé cette situation à un danger ou une humiliation.
Votre mental critique est le gardien de la porte entre ces deux mondes. Il filtre tout ce qui vient du monde extérieur ou de votre propre conscience. Son rôle est louable : il vous évite de changer trop vite, de vous exposer à des risques inutiles, de remettre en cause des schémas qui, même s’ils sont douloureux, ont permis votre survie jusqu’ici. Mais ce gardien est aussi un censeur. Quand vous venez en consultation et que vous me dites : « Je veux arrêter de fumer », votre mental critique entend immédiatement : « Tu vas me priver d’une de mes stratégies de régulation émotionnelle. » Il oppose donc une résistance.
Cette résistance n’est pas de la mauvaise volonté. Elle est automatique, involontaire. C’est pourquoi les injonctions du type « arrête-toi », « positive », « pense autrement » ont si peu d’effet. Vous parlez à un gardien qui a verrouillé la porte et qui a les clés. L’hypnose ericksonienne ne cherche pas à lui prendre les clés. Elle l’invite à une promenade, le temps que vous passiez par une autre entrée.
« Le mental critique n’est pas un ennemi à abattre, c’est un gardien fatigué qui a besoin qu’on lui montre qu’il peut baisser sa garde un instant, sans que rien de grave ne se produise. »
C’est sans doute la plus grande idée reçue sur l’hypnose. On imagine un pendule, un regard fixe, une perte de conscience, un état de sommeil où l’on serait manipulé. Je comprends cette crainte. Elle est légitime. Mais l’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, n’a rien à voir avec un spectacle ou un contrôle de l’esprit.
Milton Erickson, le psychiatre américain qui a développé cette approche, partait d’un principe simple : chaque personne possède en elle les ressources nécessaires pour résoudre ses problèmes. Mon rôle n’est pas de vous dire ce que vous devez faire, ni de vous imposer un changement. Mon rôle est de créer les conditions pour que vous puissiez accéder à vos propres ressources, souvent bloquées par le mental critique.
L’état hypnotique que je vous propose est un état de conscience modifiée, naturel, que vous expérimentez déjà plusieurs fois par jour sans le savoir. Quand vous êtes absorbé dans un film, que vous oubliez l’heure et votre environnement. Quand vous conduisez sur une route familière et que vous arrivez à destination sans vous souvenir du trajet. Quand vous lisez un livre captivant et que vous ne répondez pas quand on vous appelle. Ce sont des états de focalisation intérieure, où le mental critique s’efface un peu, où l’inconscient devient plus perméable.
En séance, je ne vous « fais » donc pas entrer en hypnose. Je vous guide vers un état que vous savez déjà produire. Je parle doucement, j’utilise des images, des métaphores, des suggestions indirectes. Je ne vous dis pas : « Vous allez vous détendre. » Je décris une scène, une sensation, une possibilité. Votre inconscient, qui aime les symboles et les histoires bien plus que les ordres, capte ces suggestions et commence à les intégrer.
L’approche ericksonienne est particulièrement douce, permissive, indirecte. Là où d’autres formes d’hypnose peuvent être directives (« votre bras devient léger »), l’hypnose ericksonienne utilise des formulations ouvertes (« peut-être que vous commencez à ressentir une légèreté dans une partie de votre corps, je ne sais pas laquelle »). Cette souplesse laisse une grande liberté à votre inconscient. Il choisit lui-même comment, quand et à quel rythme intégrer le changement.
C’est pour cela que cette approche est si efficace avec les personnes qui ont un mental critique très développé, comme les hyper-analytiques, les perfectionnistes, les personnes anxieuses. Votre mental critique ne se sent pas attaqué. Il n’a rien à rejeter, puisqu’on ne lui impose rien. Il se met simplement en retrait, parce que l’invitation est trop subtile, trop ouverte pour qu’il puisse la combattre.
Alors concrètement, comment fait-on pour contourner ce gardien sans le brusquer ? Plusieurs outils sont à ma disposition, et je les choisis en fonction de la personne que j’ai en face de moi.
Le langage indirect est le premier d’entre eux. Au lieu de dire « vous allez vous sentir calme », je peux dire : « certaines personnes, quand elles commencent à se sentir plus calmes, remarquent que leur respiration change, et peut-être que vous aussi, vous commencez à observer ce phénomène. » Cette formulation contourne la résistance parce qu’elle ne vous ordonne rien. Elle parle de « certaines personnes », ce qui permet à votre mental critique de ne pas se sentir visé. Puis elle utilise le « peut-être » et le « commencer », qui sont des mots permissifs. Votre inconscient, lui, capte l’idée de calme et de respiration et commence à l’explorer.
Les métaphores et les histoires sont un autre outil puissant. Je raconte souvent l’histoire d’un jardinier qui voulait à tout prix faire pousser un chêne en tirant sur ses branches. Plus il tirait, plus l’arbre résistait. Un jour, il a compris qu’il devait plutôt ameublir la terre, apporter de l’eau, de la lumière, et laisser l’arbre pousser à son rythme. Votre mental critique écoute une histoire, il n’a rien à analyser, rien à contredire. Mais votre inconscient comprend immédiatement la leçon : le changement ne se force pas, il se cultive.
L’utilisation des résistances est sans doute ce qu’il y a de plus contre-intuitif et de plus brillant dans l’approche ericksonienne. Au lieu de lutter contre la résistance, on l’accepte, on la valide, on l’utilise. J’ai eu en consultation un sportif qui me disait : « Je n’arrive pas à me détendre avant une compétition, je suis trop tendu. » Si j’avais insisté sur la détente, j’aurais renforcé sa résistance. Je lui ai plutôt dit : « Très bien, gardez cette tension. Elle vous a peut-être déjà servi. Mais pendant que vous la gardez, vous pouvez remarquer qu’une petite partie de votre corps, un doigt, un orteil, pourrait être légèrement moins tendue. Juste un tout petit peu. » En validant sa résistance, j’ai désamorcé son besoin de la défendre. Et une fois qu’il a accepté de la garder, il a pu, de lui-même, commencer à la relâcher.
« La résistance au changement n’est pas un obstacle, c’est une information précieuse sur la manière dont la personne s’est organisée pour survivre. L’accepter, c’est déjà commencer à la transformer. »
Je veux être clair avec vous. L’hypnose ericksonienne n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer vos problèmes, vous rendre quelqu’un d’autre, ou vous faire atteindre vos objectifs sans aucun effort de votre part. Elle ne vous fera pas non plus faire quoi que ce soit contre votre volonté. L’état hypnotique est un état de conscience élargie, pas une soumission. Votre inconscient reste votre allié, il n’accepte que ce qui est bon pour vous.
Ce qu’elle peut faire en revanche, c’est vous aider à :
Ce qu’elle ne fait pas, c’est remplacer un suivi médical ou psychiatrique. Si vous souffrez de dépression sévère, de troubles psychotiques ou de traumatismes complexes non stabilisés, l’hypnose peut être un complément, mais elle ne doit pas être le seul outil. Je suis formé pour reconnaître ces situations et vous orienter vers les professionnels compétents si nécessaire.
Je reçois souvent des personnes qui viennent avec une demande très rationnelle. « Je veux arrêter de stresser au travail. » « Je veux avoir confiance en moi. » « Je veux dormir sans me réveiller la nuit. » Leur mental critique a déjà analysé le problème, trouvé des solutions logiques, et constaté leur échec. Ils arrivent avec une certaine méfiance, parfois un sourire gêné.
Prenons le cas de ce coureur venu me voir. Il était bloqué sur son temps, incapable de passer sous la barre des 40 minutes au 10 km. Il s’entraînait dur, il analysait ses séances, il lisait des articles sur la physiologie. Plus il en faisait, plus il stagnait. Son mental critique était en surrégime : « Tu n’es pas assez fort, tu dois courir plus, tu dois mieux gérer ton effort. »
En séance, je n’ai pas parlé de course. J’ai parlé de rivières. Je lui ai raconté l’histoire d’un cours d’eau qui, pour traverser une montagne, ne la heurtait pas de front, mais trouvait le chemin le plus fluide, parfois en ralentissant, parfois en creusant, parfois en contournant. Je lui ai suggéré que son corps savait déjà courir, qu’il avait en mémoire des milliers de foulées, et qu’il pouvait laisser ce savoir faire son travail sans que la tête vienne le contrôler à chaque instant.
À la fin de la séance, il n’avait aucune instruction précise. Juste une sensation. Quelques jours plus tard, il m’a envoyé un message : 38 minutes 45 secondes. Il n’avait rien changé à son entraînement. Il avait juste laissé son mental critique s’asseoir sur le bord du chemin, pour une fois.
Ce qui a changé, ce n’est pas sa condition physique. C’est la relation entre son conscient et son inconscient. Le mental a accepté de ne pas tout contrôler. L’inconscient a pu déployer ses ressources. Et la performance a suivi.
Je ne peux pas vous proposer une séance complète par écrit, mais je peux vous donner un petit exercice pour goûter à ce que l’hypnose ericksonienne fait : contourner votre mental critique.
Installez-vous confortablement, là où vous êtes. Lisez ces lignes une fois, puis fermez les yeux.
Cet exercice ne remplace pas un accompagnement, mais il vous montre une chose : vous avez déjà en vous la capacité d’entrer en contact avec votre inconscient, sans passer par la logique, sans forcer. Votre mental critique peut être invité à se mettre en retrait, même un tout petit peu.
Si vous sentez que vous avez besoin d’aller plus loin, que vos blocages sont tenaces, que vous avez déjà beaucoup essayé sans succès, je vous reçois à Saintes. Mon approche est douce, respectueuse de votre rythme, et profondément ancrée dans votre propre histoire. Nous ne travaillerons pas contre vous, mais avec tout ce que vous êtes.
Prenez soin de vous. Et si un jour vous voulez voir ce qui se passe quand le gardien accepte de s’asseoir un peu plus longtemps, vous savez où me trouver.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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