3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Apprenez à distinguer une peur d'une vérité absolue.
Tu es en train de lire cet article, et quelque part en toi, une petite voix te dit : « Je ne suis pas assez compétent pour ça », « Les autres y arrivent mieux que moi », ou encore « De toute façon, ça ne marchera jamais ». Peut-être que tu te reconnais dans l’une de ces phrases. Peut-être qu’elles te paraissent tellement évidentes que tu les prends pour des faits, des vérités sur toi-même ou sur le monde.
Mais si je te disais que ces phrases ne sont pas des réalités objectives, mais des constructions mentales que tu as apprises à répéter ? Et si je te disais que la frontière entre une croyance limitante et une réalité est souvent bien plus floue que ce que tu imagines ?
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des personnes intelligentes, sensibles, compétentes, qui vivent avec des certitudes qui les freinent depuis des années. Et la première étape pour s’en libérer, c’est d’apprendre à faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est juste une peur déguisée en évidence.
Alors comment savoir si ce que tu penses est une croyance limitante ou une simple réalité ? C’est ce que nous allons voir ensemble, pas à pas, avec des exemples concrets et des outils pratiques que tu pourras utiliser dès maintenant.
Prenons un exemple. Tu arrives dans une nouvelle équipe de travail. Dès les premières semaines, tu te dis : « Je ne suis pas à ma place ici. » Cette pensée te semble évidente, presque physique. Tu ressens un malaise, une boule au ventre, et tu interprètes ça comme une preuve que tu n’es pas légitime.
Mais est-ce une réalité ? Ou est-ce une interprétation de ta réalité ?
La plupart de nos croyances limitantes naissent d’expériences passées, souvent douloureuses, que notre cerveau a généralisées pour nous protéger. C’est un mécanisme de survie : si une situation t’a fait souffrir une fois, ton cerveau enregistre un schéma pour t’éviter de revivre cette souffrance. Le problème, c’est qu’il ne fait pas bien la différence entre une menace réelle (un lion dans la savane) et une menace sociale (un regard désapprobateur de ton chef).
Prenons l’exemple de Julien, un coureur que j’accompagne en préparation mentale. Il est persuadé qu’il n’est pas capable de finir un marathon sous les 4 heures. Pour lui, c’est une réalité : il a essayé deux fois, et deux fois il a craqué au 30ème kilomètre. Son cerveau a donc créé la croyance : « Je ne suis pas fait pour ça. » Sauf qu’en travaillant ensemble, on s’est rendu compte que ses deux échecs étaient liés à des facteurs précis : une hydratation insuffisante la première fois, un départ trop rapide la deuxième. Ce n’était pas une incapacité profonde, mais des erreurs techniques corrigeables.
Une croyance limitante, c’est une vérité provisoire que tu as prise pour définitive. Une réalité, c’est un fait qui résiste à l’épreuve des faits contraires.
Le piège, c’est que ces croyances deviennent des évidences parce qu’elles sont répétées. Plus tu te dis « je n’y arriverai pas », plus ton cerveau cherche des preuves pour confirmer cette affirmation. C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation : tu ne vois que ce qui va dans le sens de ta croyance, et tu ignores tout ce qui la contredit.
Alors, comment sortir de ce cercle vicieux ? La première étape, c’est d’apprendre à poser une question simple : « Est-ce que cette pensée est un fait ou une interprétation ? »
Quand tu es en pleine tempête intérieure, il est difficile de prendre du recul. Les émotions sont fortes, les pensées s’emballent, et tout te paraît vrai. C’est normal. Mais il existe des outils pour t’aider à faire le tri.
Voici une méthode que j’utilise souvent avec les personnes que je reçois à Saintes. Je l’appelle la méthode des 3 filtres. À chaque fois qu’une pensée te traverse et te semble être une vérité absolue, passe-la au crible de ces trois questions :
Filtre n°1 : Est-ce que cette pensée est vérifiable objectivement ?
Une réalité, c’est un fait observable par n’importe qui. Par exemple : « Il pleut dehors » est un fait. Tu peux regarder par la fenêtre, ou consulter un radar météo. En revanche, « Je suis nul » n’est pas vérifiable objectivement. Personne ne peut mesurer ta valeur avec un thermomètre ou une règle. C’est un jugement, pas un fait.
Prenons un exemple concret. Sophie, une de mes patientes, était convaincue que son collègue ne l’aimait pas. Elle me disait : « C’est évident, il ne me regarde jamais quand je parle. » Je lui ai demandé : « Est-ce que tu peux prouver ça à quelqu’un d’autre ? Est-ce que tu as des enregistrements vidéo ? » Elle a dû admettre que non. En réalité, elle interprétait le comportement de son collègue à travers le filtre de sa propre insécurité.
Filtre n°2 : Quelles sont les preuves du contraire ?
Une croyance limitante a tendance à ignorer les faits qui la contredisent. Alors, fais un effort conscient pour chercher des preuves que ta pensée est fausse. Par exemple, si tu penses « je suis nul en public », cherche des souvenirs où tu as réussi une intervention, même minime. Un compliment qu’on t’a fait, un moment où tu as fait rire quelqu’un, une fois où tu as réussi à t’exprimer clairement.
Je me souviens de Marc, un footballeur que j’accompagne. Il était persuadé qu’il n’avait pas le mental pour les matchs importants. « Je craque toujours », disait-il. Je lui ai demandé de lister les matchs où il avait bien joué sous pression. Après quelques minutes, il a trouvé trois exemples. Pas énorme, mais suffisant pour montrer que sa croyance n’était pas absolue.
Filtre n°3 : Comment est-ce que je me sentirais si je ne croyais pas cette pensée ?
C’est la question la plus puissante. Elle te permet de prendre conscience que ta croyance n’est pas une fatalité, mais une option. Si tu pouvais laisser tomber cette pensée, comment te sentirais-tu ? Soulagé ? Plus libre ? Plus léger ?
Si la réponse est oui, c’est un signe que cette pensée n’est pas une réalité incontournable, mais un fardeau que tu portes. Et les fardeaux, ça se pose.
Un fait te libère. Une croyance limitante te pèse. Si une pensée te rend plus petit, plus lourd, plus triste, il y a de fortes chances que ce soit une croyance, pas une réalité.
Tu te demandes peut-être : « Mais parfois, j’ai une intuition très forte que quelque chose est vrai. Est-ce que je dois ignorer cette sensation ? »
Non, bien sûr. Les émotions sont des messagères précieuses. Elles te renseignent sur ton état intérieur. Mais elles ne sont pas des preuves de réalité. La peur, en particulier, a tendance à se déguiser en lucidité.
Quand tu es dans une situation nouvelle ou stressante, ton système nerveux s’active. Tu peux ressentir de l’anxiété, des palpitations, une tension dans les épaules. Et ton cerveau, pour donner un sens à cette activation, va chercher une explication. Il va te dire : « Tu as peur parce que tu n’es pas capable », « Tu as peur parce que cette situation est dangereuse », etc.
Mais parfois, la peur est juste une réaction à l’inconnu, pas un indicateur de danger réel. C’est ce que j’appelle la peur du « pas encore connu » plutôt que la peur du « vraiment dangereux ».
Je travaille avec des sportifs qui ressentent une énorme appréhension avant une compétition. Ils interprètent souvent cette peur comme un signe qu’ils ne sont pas prêts. Pourtant, cette même peur, bien canalisée, peut devenir une source d’énergie et de concentration. Leur croyance limitante, c’est de penser que la peur est un ennemi. La réalité, c’est que la peur est une information, pas un verdict.
Alors, comment faire la différence entre une peur utile (alerte sur un vrai danger) et une peur limitante (croyance qui te freine) ?
Voici un indicateur simple : demande-toi si cette peur te pousse à agir ou à te figer. Une peur liée à une réalité (par exemple, traverser une rue sans regarder) te pousse à faire attention, à t’adapter. Une peur liée à une croyance limitante (par exemple, « je vais me ridiculiser ») te pousse à éviter, à renoncer, à te replier sur toi-même.
Si ta peur te fait rétrécir ta vie, c’est probablement une croyance limitante. Si elle te fait ajuster ton comportement de manière constructive, c’est peut-être juste une alerte à prendre en compte.
Une autre façon de distinguer une croyance limitante d’une réalité, c’est d’observer si elle s’applique à tous les contextes ou seulement à certains.
Les réalités sont généralement stables. Par exemple, la loi de la gravité s’applique partout sur Terre. Les croyances limitantes, elles, sont souvent contextuelles. Tu peux te sentir nul en public, mais être très à l’aise avec tes amis. Tu peux te sentir incompétent dans ton travail, mais être un expert dans un domaine qui te passionne.
Prenons l’exemple d’Élodie, une patiente qui se disait : « Je suis incapable de prendre la parole en réunion. » Pour elle, c’était une réalité absolue. Mais en explorant, on a découvert qu’elle était capable de parler pendant des heures avec ses collègues à la pause café, et qu’elle animait même des ateliers de cuisine avec ses amis. Sa croyance n’était pas universelle : elle était liée à un contexte spécifique (les réunions formelles) et à une interprétation de ce contexte (peur du jugement).
Le travail, ici, n’est pas de nier la difficulté d’Élodie en réunion, mais de l’aider à voir que sa croyance n’est pas une identité. Ce n’est pas « Je suis incapable de parler en public », mais « Dans ce contexte précis, avec ces enjeux, je ressens de l’anxiété ». La nuance est capitale.
Alors, regarde tes propres croyances. Est-ce qu’elles s’appliquent à tous les domaines de ta vie ? Si tu te sens nul dans un domaine, est-ce que tu l’es vraiment dans tous ? Probablement pas. Et cette exception, même petite, est une preuve que ta croyance n’est pas une réalité absolue.
Une croyance limitante est un général qui se prend pour un roi. Une réalité est un fait qui ne change pas selon l’heure ou l’endroit.
C’est l’étape la plus concrète, et la plus difficile. Une fois que tu as identifié une croyance limitante potentielle, le meilleur moyen de savoir si c’en est vraiment une, c’est de la mettre à l’épreuve par l’action.
Je propose souvent à mes patients un petit exercice que j’appelle « l’expérience de la semaine ». Tu choisis une croyance que tu soupçonnes d’être limitante, et tu décides de vivre une semaine comme si elle était fausse. Pas pour prouver que tu as raison ou tort, mais juste pour observer ce qui se passe.
Exemple : tu penses « Je ne suis pas quelqu’un de spontané ». Pendant une semaine, tu t’autorises à faire une chose spontanée par jour. Ça peut être petit : prendre un chemin différent pour aller au travail, dire oui à une invitation sans réfléchir, ou même juste changer l’ordre de tes actions du matin.
Tu observes ce qui se passe. Est-ce que le monde s’effondre ? Est-ce que tu te sens ridicule ? Ou est-ce que, parfois, tu te surprends à apprécier cette nouvelle liberté ?
Je l’ai fait avec un patient qui se croyait « incapable de gérer l’imprévu ». Il a passé une semaine à ne pas planifier ses soirées. Résultat ? Il a découvert qu’il aimait l’improvisation, et que ses peurs étaient largement exagérées. Sa croyance n’était pas une réalité, mais une habitude de pensée.
Attention, ce test n’est pas une baguette magique. Il ne va pas effacer des années de conditionnement en une semaine. Mais il va te donner des informations précieuses. Il va te montrer que ta croyance n’est pas aussi solide que tu le pensais. Et chaque petite fissure dans une croyance limitante est une ouverture vers plus de liberté.
Tu te demandes peut-être comment je travaille tout cela avec les personnes que je reçois à Saintes. Je vais être honnête avec toi : je ne vais pas te promettre que tu vas te lever demain matin sans aucune croyance limitante. Ce n’est pas comme ça que ça marche.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise beaucoup, est un outil pour accéder à la partie de ton esprit qui est à l’origine de ces croyances. Elle ne les efface pas, mais elle permet de les revisiter, de les relativiser, de leur donner une nouvelle perspective. C’est un peu comme si tu regardais un film d’horreur que tu as vu cent fois, et que soudain, tu découvrais que c’est une comédie. Les images sont les mêmes, mais le sens change.
L’IFS (Internal Family Systems), ou système familial intérieur, est une autre approche que j’utilise. Elle part du principe que nous sommes tous composés de différentes « parties » en nous. Il y a la partie qui a peur, la partie qui juge, la partie qui protège, etc. Les croyances limitantes sont souvent portées par des parties qui ont été blessées dans le passé et qui essaient de nous protéger en nous empêchant de prendre des risques.
Le travail avec l’IFS, c’est d’entrer en dialogue avec ces parties, de comprendre ce qu’elles craignent, et de leur montrer que nous sommes désormais adultes et capables de gérer les situations autrement. C’est un travail de réconciliation intérieure.
Ces approches ne vont pas transformer ta vie du jour au lendemain. Mais elles vont t’aider à faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est juste une vieille histoire que tu te racontes. Et cette différence, c’est le début de tout changement.
Tu es arrivé jusqu’ici, et peut-être que tu reconnais certaines de tes propres croyances dans ce que je viens de décrire. Peut-être que tu as déjà une petite idée de celle qui te freine le plus en ce moment.
Voici ce que tu peux faire dès maintenant, seul, chez toi.
Prends une feuille de papier. Dessine deux colonnes. Dans la colonne de gauche, écris la croyance qui te semble la plus limitante dans ta vie actuelle. Par exemple : « Je ne mérite pas de réussir. » Dans la colonne de droite, écris une phrase qui la contredit, même si tu n’y crois pas encore. Par exemple : « J’ai le droit d’avoir une vie épanouie et de réussir ce qui est important pour moi. »
Maintenant, pour chaque colonne, note les preuves que tu as. Dans la colonne de gauche, note tous les souvenirs, les échecs, les critiques qui soutiennent ta croyance. Dans la colonne de droite, note tous les moments où tu as réussi, où tu as été fier de toi, où quelqu’un t’a fait un compliment sincère.
Regarde les deux colonnes. Laquelle est la plus longue ? Laquelle est la plus solide ? Laquelle est basée sur des faits objectifs, et laquelle sur des interprétations ?
Ce simple exercice ne va pas tout résoudre, mais il va te donner un début de clarté. Il va te montrer que ta croyance n
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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