3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Visualisez clairement la différence pour agir.
Vous ne lisez pas cet article par hasard. Vous êtes là parce qu’au fond de vous, quelque chose coince. Peut-être que vous vous répétez : « je ne suis pas légitime », « je n’y arriverai jamais », « les autres sont meilleurs que moi ». Ou alors vous voulez aider quelqu’un qui se dévalorise sans cesse. Ces phrases, vous les connaissez. Elles reviennent comme un disque rayé, surtout dans les moments importants : avant une prise de parole, une négociation, ou même en vous regardant dans le miroir le matin.
Je travaille avec des adultes comme vous depuis 2014 à Saintes. Et je vois tous les jours le poids de ces croyances qui semblent si réelles, si vraies, qu’on finit par les prendre pour des faits. Mais voici la vérité que j’aimerais partager avec vous aujourd’hui : une croyance n’est jamais un fait. C’est une hypothèse que votre esprit a adoptée, souvent pour vous protéger. Et comme toute hypothèse, elle peut être testée, ajustée, voire remplacée.
Dans cet article, je vais vous proposer un tableau comparatif clair entre croyance limitante et croyance aidante. Pas de théorie abstraite : des exemples concrets, des mécanismes expliqués simplement, et des pistes que vous pouvez appliquer maintenant. L’objectif n’est pas de vous transformer en super-héros du jour au lendemain, mais de vous donner une boussole pour reconnaître ce qui vous freine et ce qui vous porte.
Une croyance limitante, c’est comme des lunettes teintées qu’on porte depuis si longtemps qu’on a oublié qu’on les avait. Elles colorent tout ce qu’on voit, sans qu’on s’en rende compte. Quand vous vous dites « je suis nul en public », ce n’est pas une description objective de la réalité. C’est une généralisation que votre cerveau a construite à partir d’une ou deux expériences difficiles.
Prenons un exemple. Je reçois souvent des personnes qui viennent pour de l’anxiété sociale. L’une d’elles, appelons-la Sophie, était convaincue qu’elle « dérangeait toujours les autres ». Cette croyance s’était installée après une enfance où on lui répétait de ne pas faire de bruit. À l’âge adulte, elle évitait de poser des questions en réunion, refusait des invitations, et se sentait coupable de demander de l’aide. Pourtant, quand on analysait les faits, ses collègues étaient contents de l’avoir dans leur équipe. Mais sa croyance filtrait toutes les informations qui la contredisaient.
Voici les signaux d’alerte d’une croyance limitante :
Je vous invite à faire un petit exercice mental. Pensez à une situation qui vous stresse actuellement. Notez la phrase qui vous vient spontanément. Est-ce une phrase qui ouvre des possibles, ou une phrase qui ferme des portes ? Si elle ferme, vous tenez une croyance limitante.
« Une croyance limitante n’est pas une vérité absolue, c’est une habitude de pensée que vous pouvez désapprendre. »
La différence clé tient en un mot : la flexibilité. Une croyance aidante est souple, contextualisée, ouverte au changement. Une croyance limitante est rigide, généralisée, souvent déconnectée des faits.
Prenons deux exemples parallèles.
Croyance limitante : « Je ne suis pas doué pour les relations. » Croyance aidante : « Je peux apprendre à mieux communiquer avec les autres. »
Dans le premier cas, la personne se définit comme « pas douée » – une identité fixe, sans issue. Dans le second, la personne reconnaît une compétence à développer – une capacité, pas une essence.
En hypnose ericksonienne et en IFS (Internal Family Systems), on travaille beaucoup avec cette distinction. On considère que les croyances limitantes sont souvent portées par des « parties » de nous qui ont voulu nous protéger dans le passé. Par exemple, un enfant qui s’est fait humilier en classe a développé la croyance « il vaut mieux ne pas parler pour ne pas être ridicule ». Cette croyance l’a protégé à l’époque. Mais à l’âge adulte, elle devient un boulet.
Une croyance aidante, elle, est construite à partir d’observations nuancées. Elle reconnaît les difficultés sans les figer. Par exemple : « Parfois je stresse en public, mais j’ai déjà réussi des présentations. Je peux m’améliorer avec de la pratique. » Cette phrase n’ignore pas la réalité (le stress existe), mais elle ne condamne pas la personne à l’échec.
Pour visualiser la différence, imaginez une balance. D’un côté, la croyance limitante pèse avec des mots lourds : « toujours, jamais, incapable, nul ». De l’autre, la croyance aidante utilise des mots légers et précis : « parfois, souvent, je peux apprendre, dans ce contexte ».
Voici un tableau que j’utilise souvent avec mes patients. Il n’est pas exhaustif, mais il donne une idée concrète du passage d’une croyance à l’autre. Lisez-le comme un menu : choisissez la ligne qui résonne le plus avec votre situation.
| Croyance limitante | Croyance aidante | |-------------------|------------------| | « Je ne suis pas légitime pour prendre la parole. » | « J’ai le droit de m’exprimer, même si je ne suis pas expert. Mon expérience personnelle a de la valeur. » | | « Je n’y arriverai jamais, c’est trop dur. » | « Ce projet est exigeant, mais je peux le découper en petites étapes. J’ai déjà surmonté des défis par le passé. » | | « Les autres sont meilleurs que moi, je suis en retard. » | « Chacun a son propre rythme. Je peux m’inspirer des autres sans me comparer. » | | « Si j’échoue, les gens vont me juger. » | « L’échec fait partie de l’apprentissage. La plupart des gens sont concentrés sur eux-mêmes, pas sur moi. » | | « Je suis trop vieux / trop jeune pour changer. » | « L’âge n’est pas un obstacle à l’évolution. J’ai des ressources que je n’avais pas plus jeune. » |
Ce tableau n’est pas un gadget. Il vous aide à repérer le langage intérieur qui vous dessert. La prochaine fois que vous vous surprenez à penser « je suis nul en… », demandez-vous : est-ce que cette phrase m’aide à avancer ou à rester coincé ?
Un détail important : une croyance aidante ne doit pas être une phrase positive forcée, du genre « je suis le meilleur » si vous ne le ressentez pas. L’hypnose et l’IFS ne sont pas du développement personnel superficiel. Une croyance aidante crédible doit être réaliste et vérifiable. « Je peux m’améliorer » est plus puissant que « je suis parfait ».
C’est une question que mes patients me posent souvent : « Je sais que ma croyance est fausse, mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’en défaire ? » La réponse est dans le fonctionnement de notre cerveau.
Notre cerveau est une machine à économiser de l’énergie. Il préfère les chemins déjà tracés, même s’ils sont douloureux, plutôt que d’en créer de nouveaux. C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation : nous cherchons inconsciemment des preuves qui confirment nos croyances, et nous ignorons celles qui les contredisent.
Si vous croyez que « les gens ne m’écoutent pas », votre cerveau va mémoriser les fois où quelqu’un a regardé son téléphone pendant que vous parliez, et oublier les fois où on vous a remercié pour votre intervention. C’est un filtre puissant.
En IFS, on dit que la « partie » qui porte la croyance limitante a une bonne intention. Elle veut vous protéger de la déception, de l’humiliation, de la douleur. Mais elle utilise une stratégie obsolète. Quand vous essayez de changer une croyance, cette partie se sent menacée et peut renforcer la croyance. C’est pourquoi les simples affirmations positives (« je suis fort, je suis capable ») fonctionnent rarement seules. La partie intérieure n’y croit pas et les rejette.
L’hypnose ericksonienne offre une autre voie. Elle contourne la résistance en utilisant des métaphores et des suggestions indirectes. Par exemple, plutôt que de dire « vous allez réussir », on peut raconter l’histoire d’une personne qui a appris à marcher après une chute. Le cerveau fait le lien tout seul, sans se sentir attaqué.
« La résistance n’est pas un ennemi. C’est un signal que votre inconscient vous protège. L’écouter, c’est le premier pas vers le changement. »
Je vais vous donner une méthode que j’enseigne à mes patients. Elle n’est pas magique, mais elle est efficace si vous la pratiquez régulièrement. Prenez un carnet ou un document numérique, et suivez ces étapes.
Étape 1 : Identifiez la croyance et son origine
Choisissez une croyance limitante qui vous gêne. Notez-la exactement comme elle vient. Par exemple : « Je suis nul en chiffres, je ne peux pas comprendre la compta. »
Puis, posez-vous ces questions :
Cette étape est cruciale. Elle permet de passer d’une identification à la croyance (« je suis nul ») à une observation distanciée (« j’ai une partie de moi qui pense que je suis nul en chiffres depuis le collège »). La différence est énorme.
Étape 2 : Collectez des preuves contraires
Votre cerveau a un biais de confirmation. Vous devez activement chercher des exceptions. Notez au moins trois situations où cette croyance n’a pas été vraie. Elles peuvent être petites. Par exemple :
Si vous ne trouvez rien, demandez à un proche de confiance. Parfois, les autres voient nos compétences alors que nous les ignorons.
Étape 3 : Construisez une croyance aidante crédible
À partir des preuves collectées, formulez une nouvelle croyance. Elle doit être :
Exemple : « J’ai des difficultés avec certains concepts comptables, mais j’ai déjà réussi à gérer des chiffres simples. Je peux progresser avec une formation adaptée. »
Notez cette croyance et lisez-la à voix haute chaque matin pendant une semaine. Ne vous attendez pas à y croire immédiatement. Le changement est progressif.
Ces deux méthodes sont mes outils de prédilection, parce qu’elles s’attaquent aux racines des croyances, pas seulement aux symptômes.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis 2014, permet d’accéder à l’inconscient sans passer par la résistance consciente. En état de transe légère, votre esprit critique se met en veille, et les suggestions peuvent être acceptées plus facilement. Par exemple, je peux vous guider vers un souvenir où vous vous êtes senti compétent et confiant, et ancrer cette sensation dans votre corps. Ensuite, quand la croyance limitante surgit, votre inconscient active automatiquement la ressource.
L’IFS (Internal Family Systems) va plus loin en identifiant les « parties » qui portent les croyances. Une partie peut être un « pompier » qui vous pousse à éviter les situations par peur, ou un « manager » qui vous critique pour vous motiver. En dialoguant avec ces parties avec curiosité et compassion, vous découvrez leur intention positive. Par exemple, la partie qui vous dit « tu es nul » veut en fait vous pousser à vous améliorer, mais elle utilise une méthode contre-productive.
Un patient que j’ai accompagné, appelons-le Marc, était convaincu qu’il « n’était pas fait pour les relations amoureuses ». Cette croyance l’empêchait de faire des rencontres depuis des années. En IFS, nous avons découvert une partie de lui qui avait été très blessée après une rupture douloureuse. Cette partie voulait le protéger en l’isolant. Quand Marc a reconnu la souffrance de cette partie et lui a offert de la compassion, la croyance a commencé à se dissoudre. Il a pu formuler une croyance aidante : « Je peux apprendre à faire confiance progressivement. »
Ces approches ne remplacent pas un travail personnel, mais elles accélèrent le processus. Elles vous donnent des clés pour dialoguer avec vous-même plutôt que de lutter contre vous-même.
Je ne veux pas vous laisser avec de la théorie. Voici trois actions concrètes à mettre en place dès aujourd’hui.
Action 1 : Le journal des croyances
Pendant une semaine, chaque soir, notez une croyance limitante qui a émergé dans la journée. Puis, à côté, écrivez une croyance aidante alternative. Ne cherchez pas la perfection. L’important est de créer l’habitude d’observer vos pensées.
Action 2 : L’expérience de la petite exception
Choisissez une croyance limitante qui vous freine dans un domaine précis (travail, relations, santé). Fixez-vous un mini-défi qui la contredit. Par exemple, si vous croyez « je n’ose pas parler en réunion », levez la main pour poser une question simple lors de la prochaine réunion. L’objectif n’est pas de réussir, mais de collecter une preuve que vous pouvez agir différemment.
Action 3 : La respiration de la croyance
Quand une croyance limitante surgit, arrêtez-vous. Prenez trois respirations profondes. À l’inspiration, dites-vous : « Je remarque que j’ai cette pensée. » À l’expiration : « Je choisis de ne pas m’y identifier. » C’est un petit geste, mais il crée un espace entre vous et la croyance. Avec le temps, cet espace grandit.
Si vous sentez que le travail est trop lourd à porter seul, sachez que je suis là. Je propose des séances d’hypnose, d’IFS et d’intelligence relationnelle à Saintes et en visio. On peut explorer ensemble les croyances qui vous limitent, sans jugement, à votre rythme. Vous n’avez pas à traverser cela seul.
Prenez soin de vous, et souvenez-vous : une croyance n’est qu’une histoire que vous vous racontez. Vous avez le droit d’en écrire une nouvelle.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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