3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
L'IFS pour apaiser votre critique intérieur.
« Je n’arrive pas à me lancer. Je me dis que je suis nul, que je vais échouer, que les autres vont se moquer. »
Quand Maxime s’assoit dans mon cabinet pour la première fois, il a 38 ans, un poste à responsabilités, une famille qu’il aime. Et pourtant, il m’explique que chaque matin, avant même d’ouvrir son ordinateur, une voix intérieure lui répète la même litanie : « Tu n’es pas assez compétent. Tu vas te faire griller. Tu mérites à peine ta place. »
Il n’est pas seul. Vous aussi, peut-être, vous reconnaissez ce personnage intérieur. Celui qui commente vos moindres faits et gestes, qui vous juge, vous compare, vous rappelle vos échecs passés. On l’appelle souvent le critique intérieur, et il peut être impitoyable.
Pendant longtemps, la psychologie classique nous a dit qu’il fallait le faire taire, le combattre, le remplacer par des pensées positives. Mais vous avez peut-être essayé, et vous savez ce que ça donne : on se force à sourire dans le miroir en se répétant « je suis capable, je suis formidable », et la voix intérieure répond, plus fort : « Tu te mens, tu sais bien que tu n’y arriveras pas. » Ce n’est pas une guerre que l’on gagne en écrasant l’ennemi. C’est une négociation avec des parties de nous-mêmes.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) change la donne. Cette approche, que j’utilise quotidiennement avec les personnes que j’accompagne, ne cherche pas à éliminer votre critique intérieur. Elle vous propose de le comprendre, de l’écouter, et de découvrir qui se cache derrière lui. Et souvent, la surprise est totale.
Dans cet article, je vais vous raconter comment l’IFS vous permet de reconnaître les trois voix principales qui habitent votre tête — l’enfant, le parent et l’adulte — et comment apaiser cette partie critique qui vous pourrit la vie.
Avant de parler d’IFS, posons une question simple : pourquoi avez-vous un critique intérieur ? Pourquoi certaines personnes l’entendent-elles à peine, alors que d’autres, comme Maxime, vivent avec un véritable procureur en permanence ?
La réponse est moins complexe qu’elle n’y paraît. Votre critique intérieur est une partie de vous qui a été créée pour vous protéger. Oui, vous avez bien lu : vous protéger. À un moment de votre vie, généralement dans l’enfance ou l’adolescence, vous avez vécu une situation où être jugé, critiqué ou rejeté était dangereux. Peut-être un parent exigeant, un enseignant sévère, des camarades qui se moquaient. Pour éviter de revivre cette douleur, votre esprit a créé un gardien : une partie qui vous critique en premier, pour que les autres ne le fassent pas. Ou une partie qui vous pousse à la perfection, pour que personne ne puisse vous reprocher quoi que ce soit.
Le problème, c’est que cette partie a pris le pouvoir. Elle a oublié qu’elle n’était qu’un gardien temporaire. Elle est devenue le chef d’orchestre de votre vie intérieure, et elle utilise des méthodes qui vous épuisent.
Prenons un exemple concret. Imaginez un enfant qui grandit dans une famille où l’on valorise la performance scolaire. Chaque note en dessous de 18/20 est accueillie par un silence ou une remarque : « Tu peux mieux faire. » L’enfant apprend vite que sa valeur dépend de ses résultats. Pour éviter la déception parentale et la honte, il développe une partie intérieure qui le pousse à travailler toujours plus, à ne jamais se contenter de « bien », à viser la perfection. Cette partie devient son critique intérieur. À l’âge adulte, même si les parents sont bienveillants ou absents, la partie continue son travail. Elle n’a pas reçu l’ordre de s’arrêter.
Voilà le premier enseignement de l’IFS : votre critique intérieur n’est pas votre ennemi. C’est une partie de vous qui a fait un boulot difficile, peut-être trop zélé, mais qui cherchait à vous protéger. Et si vous voulez l’apaiser, vous devez d’abord la remercier pour son intention, avant de lui demander de changer de méthode.
« Votre critique intérieur n’est pas votre ennemi. C’est un gardien fatigué qui a oublié que la menace a disparu. »
L’IFS nous apprend que notre psychisme n’est pas monolithique. Nous ne sommes pas un « moi » unique, mais une famille de parties qui cohabitent, parfois en paix, parfois en conflit. Parmi elles, trois rôles reviennent systématiquement chez les personnes que j’accompagne.
La partie Enfant – C’est celle qui porte les blessures anciennes. Elle a été créée dans l’enfance ou l’adolescence, lors d’un moment de vulnérabilité. Elle peut se manifester par de la tristesse, de la peur, de la honte, de la colère. Elle a besoin d’être vue, entendue, réconfortée. Mais souvent, on l’ignore ou on la réprime. On se dit : « Je suis adulte, je n’ai plus à pleurer pour ça. » Alors la partie Enfant reste coincée dans le passé, et ses émotions refont surface sans qu’on comprenne pourquoi.
La partie Parent – C’est celle qui a pris le relais des figures d’autorité. Elle a intégré les messages parentaux, scolaires, sociaux. Elle sait ce qui est « bien » et « mal », ce qu’il faut faire pour être accepté, performant, aimable. Le problème, c’est qu’elle est souvent excessive : elle est devenue un parent intérieur qui critique, exige, punit. Elle utilise les mêmes mots que les adultes qui vous ont blessé, mais en version amplifiée. « Tu es nul. Tu n’y arriveras jamais. Regarde les autres, ils y arrivent, eux. »
La partie Adulte – C’est votre Self, votre centre calme, votre capacité à observer, à comprendre, à choisir. L’IFS dit que le Self est toujours là, même quand il est recouvert par le bruit des parties. Il est curieux, compatissant, confiant, créatif, connecté. C’est la partie de vous qui peut prendre soin de l’Enfant et calmer le Parent.
Quand vous êtes en crise, c’est que le Parent critique a pris le contrôle, et que l’Enfant blessé est submergé. L’Adulte, lui, est aux abonnés absents. L’objectif de l’IFS est de restaurer l’autorité de l’Adulte, pour qu’il puisse dialoguer avec les deux autres.
Prenons un cas fréquent : vous devez prendre la parole en réunion. Votre cœur s’emballe, vos mains tremblent, vous avez envie de disparaître. La partie Enfant est là, avec sa peur d’être jugé, humilié, rejeté. La partie Parent, elle, vous dit : « Allez, ressaisis-toi, ne sois pas ridicule, tu vas te planter. » Résultat : vous êtes paralysé. L’Adulte, lui, pourrait dire : « Je ressens de la peur, c’est normal. Je peux respirer un coup, et choisir ce que je veux faire. » Mais pour ça, il faut que l’Adulte soit présent.
Vous avez peut-être déjà tenté de « chasser » votre critique intérieur. Vous avez lu des livres sur l’estime de soi, essayé des affirmations positives, tenté de vous parler comme à un ami. Et vous avez constaté que ça ne marchait pas. Parce que vous essayez de raisonner une partie qui ne répond pas à la logique.
L’IFS propose autre chose : l’écoute active. Au lieu de dire à votre critique : « Tais-toi, tu es toxique », vous lui dites : « Je t’entends. Qu’est-ce que tu veux me dire ? »
Voici un exercice simple que je propose souvent. La prochaine fois que vous entendez votre critique intérieur, arrêtez-vous. Prenez une respiration. Et posez-lui ces questions, mentalement ou par écrit :
Vous serez surpris des réponses. Souvent, la partie critique répond : « Je veux que tu sois parfait pour que personne ne te rejette. » Ou : « J’ai peur que si tu te relâches, tu deviennes paresseux et que tu rates ta vie. » Et elle a souvent un âge : 8 ans, 12 ans, 15 ans. C’est une partie qui s’est formée à un moment précis de votre vie, et qui continue à appliquer les mêmes stratégies, même si vous avez 40 ans.
Je me souviens d’une patiente, Claire, qui avait un critique intérieur extrêmement violent. Elle se disait : « Je suis nulle, je ne mérite pas d’être aimée, je suis une imposture. » Quand elle a dialogué avec cette partie, elle a découvert qu’elle avait 9 ans. À cet âge, son père lui avait dit, après une mauvaise note : « Tu n’arriveras jamais à rien si tu continues comme ça. » La partie avait pris ce message au pied de la lettre, et depuis, elle travaillait sans relâche pour que Claire prouve le contraire. Mais elle utilisait la même violence que le père. En comprenant cela, Claire a pu dire à cette partie : « Je vois que tu veux mon bien. Mais ta méthode me fait souffrir. J’ai grandi, je peux me protéger autrement. »
Ce n’est pas magique. Cela ne se fait pas en un jour. Mais c’est un chemin qui fonctionne, parce qu’il ne nie pas la réalité de votre expérience. Il la valide, et il vous redonne du pouvoir.
L’IFS ne s’arrête pas au dialogue intérieur. Il ouvre aussi la voie à ce que j’appelle l’Intelligence Relationnelle, c’est-à-dire la capacité à reconnaître, comprendre et réguler les interactions entre vos parties, mais aussi entre vous et les autres.
Quand votre critique intérieur est actif, il influence vos relations. Vous devenez peut-être défensif, agressif, ou au contraire effacé. Vous projetez sur les autres ce que votre Parent intérieur vous dit. Par exemple, si votre critique vous répète que vous êtes incompétent, vous allez interpréter chaque regard de votre chef comme un jugement négatif. Vous allez lire de la critique là où il n’y a peut-être que de la neutralité.
L’Intelligence Relationnelle, c’est d’abord la capacité à repérer quand une partie prend le contrôle. Vous pouvez vous entraîner à poser une question simple : « Qui parle en moi en ce moment ? » Est-ce l’Enfant qui a peur ? Le Parent qui juge ? Ou l’Adulte qui observe ?
Un exemple concret. Un sportif que j’accompagne, footballeur amateur, me racontait qu’il perdait tous ses moyens avant les matchs importants. Il se mettait à douter, à imaginer le pire. Son critique intérieur lui disait : « Tu vas te planter, tu es moins bon que les autres, tu vas faire honte à l’équipe. » En travaillant avec l’IFS, il a découvert que cette partie était liée à un souvenir d’enfance : à 12 ans, il avait raté un penalty décisif, et son entraîneur l’avait humilié devant tout le monde. La partie s’était formée pour le protéger de la honte, en le poussant à se préparer excessivement. Mais elle le paralysait. En dialoguant avec elle, en reconnaissant son intention, il a pu lui dire : « Je comprends que tu veux m’éviter la honte. Mais aujourd’hui, je suis adulte, je gère. Tu peux te reposer. » Il a retrouvé sa fluidité.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à communiquer avec les autres en étant conscient de vos parties. Quand vous êtes en conflit avec votre conjoint, votre collègue, votre enfant, demandez-vous : « Est-ce que je parle depuis mon Adulte, ou depuis une partie blessée ? » La plupart du temps, nous répondons depuis l’Enfant ou le Parent. Et ça ne marche pas.
« L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à reconnaître qui parle en vous avant de répondre à l’autre. »
Je ne vais pas vous promettre que vous allez vous réveiller demain matin sans critique intérieur. Ce serait mentir. Mais je peux vous donner un point de départ concret, que vous pouvez expérimenter dès ce soir.
Asseyez-vous cinq minutes, seuls, dans le calme. Prenez un carnet et un stylo. Fermez les yeux, respirez trois fois profondément. Puis, posez-vous cette question : « Quelle est la critique que je m’adresse le plus souvent en ce moment ? » Notez-la, sans la juger.
Ensuite, lisez cette phrase à voix haute. Et demandez-vous : « Si cette critique était une personne, à quoi ressemblerait-elle ? Quel âge aurait-elle ? Quel serait son ton de voix ? » Notez ce qui vient.
Puis, adressez-vous à elle. Dites-lui : « Je te vois. Je t’entends. Merci de vouloir me protéger. Mais pourrais-tu baisser le volume, juste pour un instant ? J’ai besoin de respirer. »
Vous n’allez pas la faire disparaître. Mais vous allez créer un espace entre vous et elle. Et cet espace, c’est votre Adulte qui commence à reprendre sa place. C’est là que tout commence.
Si vous sentez que ce dialogue est trop difficile à mener seul, ou que votre critique intérieur est trop envahissant, sachez que vous n’êtes pas obligé de le faire en solitaire. Beaucoup de personnes que je reçois ont besoin d’un cadre, d’un guide, pour apprendre à écouter leurs parties sans se faire submerger. C’est normal. Nous avons tous des zones où notre Adulte a besoin d’un coup de main pour reprendre le gouvernail.
Je reçois à Saintes, en présentiel, mais je propose aussi des séances en visio pour ceux qui sont plus loin ou qui préfèrent la distance. L’IFS se prête très bien à la visioconférence, car le travail se fait essentiellement dans votre espace intérieur.
Si cet article vous a parlé, si vous vous êtes reconnu dans les exemples de Maxime, de Claire, du footballeur, si vous en avez assez de vivre avec ce procureur intérieur qui vous épuise, prenez contact. On peut échanger un quart d’heure, sans engagement, pour que vous voyiez si cette approche peut vous convenir.
Vous n’êtes pas obligé de traverser ça seul. Et vous n’êtes pas obligé de faire taire cette voix par la force. Vous pouvez simplement apprendre à l’écouter, à la comprendre, et à lui redonner sa juste place : celle d’un gardien fatigué, pas d’un dictateur.
Thierry Sudan
Praticien à Saintes (17)
Séances en présentiel et en visio
Contact : [email protected] (remplacez par votre vrai contact)
Si vous lisez ces lignes et que vous sentez une petite lueur d’espoir, ou même juste de la curiosité, c’est votre Adulte qui pointe le bout de son nez. Vous pouvez lui faire confiance.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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