3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Ne plus confondre ces deux piliers essentiels.
Tu as probablement déjà vécu cette situation : tu réussis un truc important – une présentation au boulot, une course à pied, une conversation difficile – et pourtant, quelques heures plus tard, tu te sens vide. Comme si cette réussite ne t’appartenait pas vraiment. Ou alors, tu as l’impression que la prochaine fois, tu ne seras pas à la hauteur.
J’accompagne des adultes comme toi depuis 2014 à Saintes. Et c’est l’une des plaintes les plus fréquentes dans mon cabinet : « Je n’ai pas confiance en moi. » Pourtant, quand on creuse un peu, on découvre souvent que le problème n’est pas là où on le croit. Beaucoup confondent confiance en soi et estime de soi. Et cette confusion peut te faire tourner en rond pendant des années.
Alors, quelle est la vraie différence ? Et surtout, comment arrêter de confondre les deux pour avancer concrètement ?
Prenons un exemple. Je reçois Antoine, 42 ans, commercial dans une grande entreprise. Il vient me voir parce qu’il « n’a pas confiance en lui ». Pourtant, en discutant, je découvre qu’il est excellent dans son métier. Il décroche des contrats, ses clients l’apprécient, son supérieur le félicite régulièrement. Mais dès qu’il rentre chez lui, il se dit qu’il a eu de la chance, que ça ne durera pas, qu’il va se faire démasquer.
Antoine a de la confiance en lui – il sait faire son travail – mais son estime de soi est en berne. La confiance en soi, c’est la croyance en ta capacité à agir, à produire un résultat. L’estime de soi, c’est la valeur que tu t’accordes en tant que personne, indépendamment de ce que tu fais.
Tu peux être un champion dans ton domaine et te sentir indigne. Tu peux être aimé et penser que tu ne mérites pas cet amour. C’est le syndrome de l’imposteur dans toute sa splendeur.
La confiance en soi se construit par l’action et l’expérience. L’estime de soi, elle, se construit par un regard bienveillant sur toi-même, en dehors de toute performance.
Beaucoup de mes clients passent des années à essayer de « gagner » leur estime d’eux-mêmes en accumulant des réussites. Mais ça ne marche jamais. Pourquoi ? Parce que l’estime de soi n’est pas un trophée qu’on remporte. C’est une relation qu’on tisse avec soi-même.
« J’ai passé dix ans à gravir des échelons pour me prouver que je valais quelque chose. Un jour, j’ai réalisé que même au sommet, je ne me sentais pas mieux. » – un client, après plusieurs séances d’hypnose et d’IFS.
La confiance en soi est contextuelle. Tu peux avoir confiance en toi pour conduire une voiture, mais pas pour parler en public. Tu peux être à l’aise en réunion avec tes collègues, mais paralysé devant un inconnu.
Elle se construit par l’expérience directe et l’apprentissage. Quand tu apprends à faire du vélo, tu tombes, tu recommences, tu tombes encore, puis un jour tu pédales sans y penser. La confiance en soi naît de cette répétition et de la mémorisation de tes succès.
Mais voici le piège : la confiance en soi peut être fragile si elle repose uniquement sur des résultats extérieurs. Si tu as confiance parce que tu as toujours réussi, que se passe-t-il quand tu échoues ? La confiance s’effondre. Et tu te retrouves à douter de tout.
Les sportifs que j’accompagne en préparation mentale vivent ça en permanence. Un coureur qui a gagné cinq courses peut perdre toute confiance après une contre-performance. Son cerveau enregistre l’échec et oublie les victoires. C’est le biais de négativité : notre cerveau est programmé pour retenir ce qui menace notre survie, pas ce qui la conforte.
Pour construire une confiance en soi solide, il faut :
Mais même avec une confiance en soi robuste, si ton estime de toi est faible, tu vivras dans une insécurité constante. Parce que tu dépendras toujours de preuves extérieures pour te sentir bien.
L’estime de soi, c’est ce que tu ressens quand tu es seul, sans rien à prouver, sans public, sans résultat. C’est la voix intérieure qui te dit que tu es « OK » même quand tu échoues, même quand tu fais une erreur, même quand tu n’es pas à la hauteur de tes propres attentes.
C’est une notion centrale dans l’IFS (Internal Family Systems) que j’utilise beaucoup. L’IFS considère que nous sommes composés de différentes « parties » en nous – des voix intérieures qui portent des croyances, des peurs, des protections. L’estime de soi est liée à la présence de notre « Self », cette essence calme, curieuse, confiante et bienveillante qui existe en chacun de nous.
Quand l’estime de soi est faible, c’est souvent parce qu’une ou plusieurs parties de toi ont pris le contrôle. Par exemple :
Ces parties ne sont pas mauvaises. Elles ont été créées pour te protéger, souvent dans l’enfance. Mais elles deviennent toxiques quand elles dominent.
L’estime de soi se reconstruit en apprenant à dialoguer avec ces parties, à les comprendre, à les rassurer. Ce n’est pas de l’auto-suggestion. C’est un travail profond qui demande du temps et de la douceur.
Contrairement à la confiance en soi, l’estime de soi ne dépend pas de ce que tu fais. Elle dépend de comment tu te traites toi-même dans les moments difficiles.
Voici un indicateur simple : quand tu rates quelque chose, quelle est ta première réaction ? Si tu te dis « je suis nul », ton estime est fragile. Si tu te dis « j’ai raté, mais je peux apprendre et recommencer », ton estime est plus solide.
Dans mon cabinet, je vois souvent des personnes qui viennent travailler « la confiance en soi » alors que le vrai problème est l’estime. Et inversement.
Prenons Claire, 34 ans, enseignante. Elle vient me voir car elle doute constamment de ses compétences. Elle prépare ses cours des heures, vérifie tout trois fois. Elle a une faible confiance en elle dans son travail. Pourtant, elle a une bonne estime d’elle-même : elle sait qu’elle est une personne bienveillante, honnête, et elle s’accepte globalement. Son problème est un manque d’expérience et de feedback positif dans un contexte nouveau. Elle a besoin de renforcer sa confiance en elle par l’action et la validation.
À l’inverse, Marc, 50 ans, chef d’entreprise, est très confiant dans ses capacités professionnelles. Il négocie, dirige, prend des décisions. Mais il ne se sent jamais « assez bien ». Il compense par le travail et la réussite financière. Son estime de lui est conditionnée à ses résultats. Quand son entreprise traverse une crise, il s’effondre. Il a besoin de travailler son estime.
Dans les deux cas, confiance et estime interagissent. Une confiance fragile peut éroder l’estime si tu interprètes chaque échec comme une preuve de ta valeur nulle. Une estime faible peut saboter ta confiance en te faisant douter de tes compétences même quand tu les possèdes.
Le piège le plus courant : croire que la confiance en soi va guérir l’estime de soi. Tu passes des années à t’entraîner, à réussir, à accumuler des preuves extérieures. Mais sans travail sur l’estime, tu restes dépendant de ces preuves. Dès que la réussite s’arrête, tu te sens perdu.
L’inverse est vrai aussi : une bonne estime de soi peut te donner une base pour construire une confiance solide, mais elle ne remplace pas l’expérience. Si tu n’as jamais conduit, même avec une estime solide, tu n’auras pas confiance au volant avant d’avoir pratiqué.
Je ne suis pas un magicien. L’hypnose ericksonienne et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Mais ce sont des outils puissants pour comprendre et agir sur ces mécanismes.
Avec l’hypnose ericksonienne, on peut travailler directement sur les automatismes. Par exemple, si ta confiance en toi est bloquée par une peur irrationnelle (parler en public, prendre des décisions), l’hypnose peut t’aider à reconnecter ton cerveau à des ressources que tu possèdes déjà. Elle permet de contourner le mental critique et d’accéder à des états de calme, de compétence, d’assurance.
Un coureur que j’accompagne avait une peur panique des départs en compétition. En hypnose, on a travaillé sur la visualisation de départs réussis, sur l’ancrage d’une sensation de confiance qu’il avait déjà ressentie lors d’entraînements. En quelques séances, sa confiance en lui sur ce point précis a changé.
Avec l’IFS, on va plus profond. On va dialoguer avec les parties de toi qui sabotent ton estime ou ta confiance. Par exemple, une partie perfectionniste peut être remerciée pour son intention protectrice (éviter l’échec et la honte), puis invitée à lâcher prise progressivement.
L’IFS est particulièrement efficace pour l’estime de soi, car il permet de distinguer qui tu es vraiment (ton Self) des croyances que tu as héritées ou construites. Beaucoup de mes clients découvrent avec soulagement que leur voix critique intérieure n’est pas « eux », mais une partie qui a essayé de les protéger.
Ce que ces approches ne font pas : elles ne te donnent pas une confiance ou une estime « toute faite ». Elles créent les conditions intérieures pour que tu puisses les développer par toi-même. Tu restes acteur de ton changement.
À force d’accompagner des adultes comme toi, j’ai identifié trois erreurs récurrentes. Les reconnaître peut te faire gagner des mois, voire des années.
Erreur n°1 : Chercher la solution dans la performance. Tu penses que si tu réussis assez, tu finiras par te sentir bien. C’est un piège. La performance peut nourrir la confiance, mais rarement l’estime. Tu risques de t’épuiser en quête de validation extérieure. Ce que tu peux faire : Prends 5 minutes chaque soir pour noter une chose que tu as faite et une chose que tu es. Exemple : « Aujourd’hui, j’ai terminé ce dossier. Et je suis quelqu’un de persévérant. »
Erreur n°2 : Confondre critique et lucidité. Beaucoup croient que se critiquer est une forme d’honnêteté. En réalité, la critique intérieure est souvent déformée et toxique. Elle ne t’aide pas à progresser, elle te paralyse. Ce que tu peux faire : Quand tu t’entends penser « je suis nul », demande-toi : « Est-ce que je parlerais ainsi à un ami ? » Si non, reformule avec bienveillance.
Erreur n°3 : Vouloir changer tout, tout de suite. La confiance et l’estime se construisent sur la durée. Vouloir les transformer en une semaine, c’est comme vouloir muscler un bras en une séance. Ça ne marche pas. Ce que tu peux faire : Choisis UN domaine précis. Par exemple, ta confiance pour parler en réunion. Ou ton estime dans tes relations amoureuses. Travaille sur ça pendant 30 jours. Un pas après l’autre.
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici trois actions concrètes, accessibles immédiatement.
1. Fais le test des deux colonnes. Prends une feuille. Dessine deux colonnes : « Ce que je sais faire » (confiance) et « Qui je suis » (estime). Dans la première, liste tes compétences : conduire, cuisiner, parler anglais, gérer un budget, etc. Dans la seconde, liste tes qualités humaines : patient, loyal, curieux, sensible, honnête, etc. Observe la différence. Si la première colonne est pleine et la seconde vide, ton estime a besoin d’attention. Si c’est l’inverse, ta confiance en action est à renforcer.
2. Expérimente une micro-déconnexion. Quand tu réussis quelque chose (même petit : un email bien écrit, un appel difficile), au lieu de chercher la validation extérieure, arrête-toi 30 secondes. Respire. Dis-toi intérieurement : « J’ai fait ça. Je suis capable. » Ancre cette sensation. C’est un exercice d’hypnose simple que tu peux faire seul.
3. Dialogue avec ta partie critique. La prochaine fois que tu te juges sévèrement, arrête-toi. Demande à cette voix : « Qu’est-ce que tu essaies de protéger ? » Écoute la réponse sans jugement. Souvent, c’est une peur : peur de l’échec, peur du rejet, peur de ne pas être aimé. Remercie cette partie pour son intention, même si sa méthode est dure.
Ces trois gestes sont des portes d’entrée. Ils ne remplacent pas un accompagnement, mais ils te donnent un avant-goût de ce qui est possible.
Si tu lis ces lignes, c’est probablement que cette question de confiance ou d’estime te touche personnellement. Peut-être que tu te reconnais dans les exemples. Peut-être que tu as essayé des choses, lu des livres, et que tu tournes encore en rond.
Je ne vais pas te promettre que trois séances vont tout changer. Ce serait mentir. Ce que je peux te dire, c’est qu’en 10 ans de pratique à Saintes, j’ai vu des adultes comme toi transformer leur rapport à eux-mêmes. Pas en devenant « parfaits », mais en devenant plus libres. Plus légers. Plus alignés.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils que je propose pour t’accompagner là où tu es, sans jugement, sans pression. Que tu souhaites travailler ta confiance pour un défi professionnel, ton estime pour des relations plus saines, ou les deux, je suis là pour t’écouter.
Tu peux me contacter via mon site thierrysudan.com pour un premier échange, sans engagement. Juste pour parler de toi, de ce que tu traverses, de ce que tu espères.
Parfois, le premier pas le plus difficile, c’est de reconnaître qu’on a besoin d’aide. Et c’est aussi le plus courageux.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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