3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Arrêtez de vous mesurer aux autres.
Vous avez sans doute déjà vécu ça. Vous êtes sur les réseaux sociaux, vous voyez un ancien collègue qui vient d’être promu, un ami qui publie ses vacances de rêve, ou un sportif amateur qui affiche un chrono impressionnant. Et là, en une fraction de seconde, votre humeur bascule. Vous vous sentez soudain moins bien, moins compétent, moins heureux. Vous comparez votre quotidien à leurs highlights, et vous perdez pied.
Je reçois régulièrement des personnes qui viennent me voir en consultation avec cette plainte : « Je n’arrête pas de me comparer aux autres, et ça me pourrit la vie. » Certaines en pleurent, d’autres en sont énervées contre elles-mêmes. Lucas, par exemple, est venu me voir il y a quelques mois. Cadre commercial de 38 ans, il gagnait très bien sa vie, avait une femme et deux enfants. Sur le papier, tout allait bien. Pourtant, il passait ses soirées à scroller les comptes Instagram d’autres commerciaux, à regarder leurs voitures, leurs montres, leurs voyages. « Je sais que c’est idiot, mais je ne peux pas m’en empêcher. Je me sens toujours en retard », m’a-t-il confié.
Ce que Lucas vivait, et que vous vivez peut-être aussi, n’est pas un simple caprice. C’est un mécanisme psychologique profond, souvent lié à notre besoin d’appartenance et à notre estime de soi. La comparaison sociale est humaine, voire nécessaire pour se situer dans un groupe. Mais quand elle devient un réflexe permanent, elle se transforme en piège. Un piège qui vous vole votre énergie, votre confiance et votre capacité à apprécier ce que vous avez.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi ce piège est si attractif, comment il fonctionne dans votre cerveau, et surtout, comment vous pouvez en sortir concrètement. Pas avec des injonctions du type « arrêtez de comparer », mais avec des outils éprouvés – hypnose, IFS, Intelligence Relationnelle – que j’utilise au quotidien avec mes patients.
La comparaison sociale n’est pas un défaut de caractère. C’est un héritage évolutif. À l’époque où nous vivions en tribus, savoir qui était plus fort, plus rapide ou mieux intégré était une question de survie. Si vous étiez trop en retrait, vous risquiez d’être exclu, et l’exclusion signifiait souvent la mort. Votre cerveau a donc développé des circuits neuronaux dédiés à l’évaluation sociale, pour vous permettre de vous ajuster en permanence aux normes du groupe.
Aujourd’hui, ce mécanisme est toujours là, mais le contexte a changé. Vous n’êtes plus entouré de 150 personnes de votre tribu. Vous êtes exposé à des millions d’individus via les écrans. Et surtout, vous ne voyez que ce qu’ils veulent bien montrer : leurs réussites, leurs moments de gloire, leurs corps retouchés. Jamais leurs doutes, leurs échecs, leurs matins difficiles.
C’est ce qu’on appelle le biais de comparaison ascendante : vous vous mesurez à des personnes que vous percevez comme supérieures dans un domaine (carrière, physique, vie sociale). Et presque à chaque fois, vous ressortez perdant. Pourquoi ? Parce que vous comparez votre réalité complète – avec ses zones d’ombre – à une version idéalisée de la réalité des autres.
« La comparaison est le voleur de joie. » – Theodore Roosevelt
Cette phrase célèbre résume tout. Mais le problème, c’est qu’on ne peut pas simplement décider de ne plus comparer. Ce serait comme dire à quelqu’un d’anxieux : « Arrête de t’inquiéter. » Ça ne marche pas. La comparaison est un réflexe. Pour en sortir, il faut comprendre ce qu’elle cache.
Quand je reçois quelqu’un comme Lucas, je ne lui dis pas : « Tu compares ta vie à celle des autres, c’est mal. » Je l’invite plutôt à regarder ce qui se passe en lui au moment où il compare. Et souvent, on découvre une blessure sous-jacente : un sentiment d’insuffisance, une peur de ne pas être à la hauteur, un besoin désespéré de reconnaissance.
La comparaison chronique est presque toujours le symptôme d’une estime de soi conditionnelle. C’est-à-dire que votre valeur personnelle dépend de facteurs extérieurs : votre salaire, votre apparence, le nombre de likes, les performances de vos enfants, etc. Tant que ces critères vous placent au-dessus des autres, vous vous sentez bien. Mais dès que quelqu’un fait mieux, votre estime s’effondre. Vous êtes sur des montagnes russes émotionnelles.
Je me souviens de Sarah, une jeune maman de 32 ans. Elle venait de reprendre le travail après son congé maternité et passait son temps à comparer son corps à celui des influenceuses fitness. « Je me déteste. Je n’arrive pas à perdre le poids de la grossesse, et elles, elles ont déjà un ventre plat deux semaines après l’accouchement », me disait-elle. En réalité, Sarah était en bonne santé, son bébé allait bien, et elle avait un travail qu’elle aimait. Mais son cerveau avait verrouillé son estime sur un seul critère : l’apparence physique post-partum. Et ce critère, elle ne pouvait pas le gagner contre des images retouchées.
Ce qui se joue ici, c’est ce que j’appelle un contrat implicite avec soi-même. Vous vous dites : « Je vaudrai quelque chose si j’atteins ce niveau. » Le problème, c’est que ce niveau est souvent défini par la société, les médias, ou votre entourage, pas par vous. Et il bouge constamment. Vous atteignez un objectif ? La barre se déplace. Vous comparez ? Vous trouvez toujours quelqu’un de mieux.
En hypnose ericksonienne, je travaille avec mes patients pour défaire ces contrats. On ne cherche pas à supprimer la comparaison, mais à changer le terrain sur lequel elle se joue. Plutôt que de vouloir être « meilleur que les autres », on apprend à être « aligné avec soi-même ». Et ça, c’est un changement de paradigme radical.
L’un des outils les plus puissants que j’utilise en consultation est l’IFS (Internal Family Systems), ou Systèmes Familiaux Intérieurs. C’est une approche qui considère que notre psyché est composée de multiples « parties » ou sous-personnalités. Chacune a une intention positive, même si ses comportements peuvent être problématiques.
Imaginez que vous ayez en vous une petite voix qui vous dit : « Regarde ce qu’il a fait, toi tu n’y arriveras jamais », ou « Elle est tellement mieux que toi, tu devrais faire plus d’efforts. » Cette voix, c’est une partie. En IFS, on ne la combat pas. On l’accueille. On lui demande : « Qu’est-ce que tu essaies de protéger ? »
Et souvent, la réponse est surprenante. La partie qui compare cherche à vous protéger de l’exclusion, de l’échec, de la honte. Elle pense qu’en vous mettant la pression, vous allez vous améliorer et être accepté. Mais son fonctionnement est maladroit. Elle crée exactement ce qu’elle veut éviter : vous vous sentez exclu et honteux.
Prenons un exemple concret. Julien, 45 ans, coureur amateur, venait me voir pour un accompagnement en préparation mentale. Il était obsédé par les temps des autres sur Strava. Il se levait à 5h du matin pour s’entraîner, mais chaque fois qu’il voyait un meilleur chrono, il se démotivait. En IFS, on a identifié sa « partie compétitrice ». Elle était née à l’adolescence, quand son père lui disait : « Tu n’es pas assez bon, regarde le fils des voisins. » Cette partie avait pris le relais. Elle croyait sincèrement qu’en le poussant à se comparer, elle l’aiderait à obtenir enfin la reconnaissance paternelle.
En dialoguant avec cette partie, Julien a pu la remercier pour son intention, mais aussi lui montrer qu’elle n’avait plus besoin de jouer ce rôle. Aujourd’hui, il court pour son plaisir, pas pour battre les autres. Ses performances ont même progressé, parce qu’il est moins tendu.
« Quand on cesse de se battre contre ses parties, on découvre qu’elles voulaient simplement notre bien. »
Voici comment vous pouvez commencer à appliquer l’IFS seul chez vous, face à une situation de comparaison :
Ce simple exercice change la relation à la comparaison. Vous passez de victime à observateur bienveillant.
La troisième clé que j’enseigne est issue de l’Intelligence Relationnelle, un cadre qui m’aide à travailler sur la qualité des relations – avec soi-même d’abord, avec les autres ensuite. L’idée centrale est que la plupart de nos souffrances relationnelles viennent d’une confusion : nous confondons ce que nous ressentons avec ce que l’autre est.
Quand vous comparez, vous ne voyez pas vraiment l’autre. Vous voyez un miroir déformant de vos propres insécurités. La personne que vous enviez n’est souvent qu’un écran sur lequel vous projetez ce que vous croyez vous manquer. Et cette projection vous empêche de voir deux choses essentielles :
L’Intelligence Relationnelle propose un déplacement radical : passer de la comparaison verticale (mieux/moins bien) à la comparaison horizontale (différent/semblable). Au lieu de vous demander « Est-ce que je suis mieux ou moins bien que lui ? », demandez-vous : « Qu’est-ce qui est différent dans nos chemins ? » ou « Qu’est-ce que j’apprends de cette situation ? »
Concrètement, quand vous sentez la morsure de la comparaison, faites cet exercice en trois temps :
Cette approche vous recentre sur votre propre chemin. Vous n’avez pas besoin d’avoir ce que l’autre a. Vous avez besoin de répondre à vos besoins, à votre manière, à votre rythme.
Impossible de parler de comparaison sans évoquer le rôle des écrans. Les réseaux sociaux sont des machines à comparaison. Leur modèle économique repose sur votre attention, et ils ont découvert que la comparaison sociale est l’un des carburants les plus efficaces pour vous maintenir scotché. Moins vous vous sentez bien, plus vous scrollez pour chercher une validation. Plus vous scrollez, plus vous vous sentez mal. C’est un cercle vicieux.
Je ne vais pas vous dire de supprimer vos comptes. Ce n’est pas réaliste pour tout le monde, et ce n’est pas nécessaire. Mais je vous propose une expérience : devenir un utilisateur actif plutôt que passif. Actuellement, vous consommez probablement les contenus comme une éponge. Vous absorbez sans filtre. L’idée est de reprendre la main.
Voici quelques pistes concrètes que j’ai testées avec mes patients, y compris Lucas et Sarah :
Lucas a appliqué ces consignes. Il a désactivé ses notifications et s’est désabonné de trois comptes de commerciaux qui le faisaient souffrir. Il m’a dit, quatre semaines plus tard : « Je ne pensais pas que ça aurait un tel effet. Je regarde encore parfois, mais je ne me laisse plus aspirer. Je vois la différence entre une inspiration et une comparaison toxique. »
« L’attention est la monnaie de votre vie. Ne la dépensez pas dans des comparaisons qui ne vous enrichissent pas. »
Je ne vais pas vous promettre que vous ne vous comparerez plus jamais. Ce serait illusoire. La comparaison fait partie de notre fonctionnement. Mais vous pouvez changer votre relation avec elle. Au lieu d’être une source de souffrance, elle peut devenir un signal, un indicateur.
Voici comment je l’explique à mes patients : la comparaison est comme un voyant rouge sur le tableau de bord de votre voiture. Si vous le voyez s’allumer, vous ne jetez pas la voiture. Vous vous arrêtez et vous regardez ce qui se passe. Est-ce que le réservoir est vide ? La pression des pneus est-elle basse ? Le voyant vous informe d’un besoin.
De la même manière, quand vous ressentez de la jalousie ou de l’envie en comparant, posez-vous cette question : « Qu’est-ce que cette personne a ou fait qui réveille quelque chose en moi ? » Souvent, la réponse est un besoin non satisfait ou une valeur profonde que vous avez négligée. Par exemple, si vous enviez quelqu’un qui ose changer de carrière, ce n’est pas son job que vous voulez, c’est le courage de prendre des risques. Et ça, vous pouvez le cultiver en vous.
L’IFS nous apprend que chaque émotion difficile est une porte d’entrée vers une partie de nous qui a besoin d’attention. La comparaison n’est pas une faiblesse. C’est une invitation à mieux vous connaître.
Alors, la prochaine fois que vous vous surprendrez à comparer, au lieu de vous en vouloir, dites-vous : « Ah, tiens, quelque chose en moi cherche à me parler. Écoutons-le. » Vous verrez, cette simple reformulation change tout.
Je ne veux pas vous laisser avec une théorie sans pratique. Voici donc une action concrète que vous pouvez réaliser dans les prochaines 24 heures. Elle ne prendra que cinq minutes, mais elle peut amorcer un changement profond.
L’exercice des trois colonnes.
Prenez une feuille et un stylo (oui, écrire à la main, c’est plus puissant que taper). Dessinez trois
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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