3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comment la préparation mentale change tout.
Tu n’as jamais vraiment aimé ton corps. Ou peut-être que tu te sens souvent « pas à la hauteur », que ce soit dans ton travail, en couple ou même avec tes amis. Ce sentiment, tu le connais bien : tu doutes, tu compares, tu te juges durement. Et si je te disais que la solution ne se trouve pas dans un énième livre de développement personnel ou une thérapie longue, mais… sur un terrain de sport, un tapis de course ou un ballon de foot ?
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois beaucoup d’adultes qui viennent avec une estime de soi en berne. Souvent, ils ont tout essayé : les affirmations positives, les coachings, les régimes. Mais il y a un levier qu’ils sous-estiment presque toujours : le corps en mouvement. Pas pour la performance, pas pour le « body positive » artificiel, mais pour un vrai travail de fond sur la confiance en soi.
Dans cet article, je vais te montrer comment la préparation mentale sportive – celle que j’utilise avec des coureurs et des footballeurs – peut transformer ton rapport à toi-même. Pas de promesses magiques, juste des mécanismes concrets, des exemples de la vie réelle, et un chemin que tu peux commencer à arpenter dès aujourd’hui.
Quand tu te lances dans un effort physique, tu ne peux pas tricher. Tu es seul(e) face à toi-même. Pas de filtre, pas de masque social. Si tu as l’habitude de te dire « je suis nul(le) », ton corps va te le renvoyer immédiatement : la fatigue, la douleur, l’envie d’abandonner. Mais c’est là que tout se joue.
Prenons un exemple concret. Je reçois un homme, appelons-le Thomas, la quarantaine, cadre commercial. Il vient me voir parce qu’il a l’impression de « ne jamais être à la hauteur ». Au boulot, il décroche des contrats, mais il se sent comme un imposteur. Dans sa vie personnelle, il évite les conflits. Il a commencé la course à pied pour « se vider la tête », mais il arrête au bout de 10 minutes, en se traitant de « grosse merde ». Le sport, pour lui, devient une preuve supplémentaire de son incapacité.
Ce que Thomas ne voit pas, c’est que son discours intérieur est le vrai problème, pas son souffle ou ses jambes. Quand il court, il ne s’entraîne pas à aller plus vite, il s’entraîne à se juger. La préparation mentale sportive, c’est justement l’inverse : on utilise le sport comme un terrain d’entraînement pour reprogrammer ce dialogue intérieur.
Le mécanisme est simple : l’estime de soi se construit sur des preuves. Pas des preuves intellectuelles (« je devrais être fier de moi »), mais des preuves vécues, corporelles. Quand tu tiens 30 secondes de plus sur une planche, quand tu finis un 5 km sans t’arrêter, quand tu marques un but en match, ton cerveau enregistre : « J’ai fait ce que j’ai dit que j’allais faire. » C’est une micro-preuve de compétence. Et ces micro-preuves, accumulées, changent la structure de ta confiance.
Blockquote : « L’estime de soi ne se décrète pas. Elle se gagne, une répétition à la fois, dans le silence de l’effort. Le sport n’est pas une punition, c’est un laboratoire où tu deviens ton propre témoin bienveillant. »
Mais attention : ce n’est pas automatique. Si tu te forces avec violence (« allez, tu es nul, tu dois souffrir »), tu vas simplement renforcer ta honte. La clé, c’est de changer de rapport à l’effort. Avec Thomas, on a travaillé sur une chose : remplacer « je suis nul » par « je suis en train d’apprendre à mieux respirer ». Le souffle est devenu son ancre. Petit à petit, il s’est mis à courir 15 minutes, puis 20, sans se détester. Il a commencé à se dire : « Tiens, aujourd’hui j’ai réussi à gérer la montée sans m’arrêter. » Ce n’est pas la performance qui a changé, c’est son regard sur lui-même.
Tu as peut-être déjà vécu ça : tu commences une séance de sport, tu as à peine commencé que tu sens une boule au ventre, une envie de tout arrêter, ou une voix qui te dit « à quoi bon ? ». C’est ce que j’appelle l’auto-sabotage émotionnel. Et c’est souvent là que les gens abandonnent.
Dans mon approche, je combine l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) pour dénouer ces blocages. L’IFS, c’est l’idée que nous avons tous des « parties » en nous – des protecteurs, des exilés, des managers – qui réagissent à des situations. Quand tu sens cette boule au ventre avant une course, ce n’est pas « toi » qui es faible, c’est une partie de toi qui a peur de l’échec, ou qui a été humiliée dans le passé pendant un cours de gym.
Je me souviens d’une coureuse, Sarah, qui venait de reprendre le jogging après une grossesse difficile. Elle pleurait à chaque séance, sans comprendre pourquoi. Son corps la « trahissait », disait-elle. En travaillant avec l’IFS, on a découvert qu’une partie d’elle, une petite fille intérieure, associait l’effort physique à la punition. Quand elle était enfant, on la forçait à faire du sport pour « maigrir ». Chaque foulée réveillait cette mémoire. Le travail n’a pas été de courir plus vite, mais d’accueillir cette partie, de la rassurer. « Je ne te force plus, je t’accompagne. » Résultat : elle a commencé à courir avec douceur. Son estime de soi n’a pas grimpé en flèche du jour au lendemain, mais elle a arrêté de se battre contre elle-même.
L’intelligence relationnelle, que j’utilise aussi, entre en jeu ici. Il s’agit de développer une relation saine avec toi-même. Quand tu es en train de faire un effort, tu as le choix : soit tu te parles comme un parent exigeant et froid (« allez, encore un effort, tu peux mieux faire, tu es trop mou »), soit tu te parles comme un coach bienveillant (« ok, ça tire, c’est normal, tu progresses, écoute ton corps »). Le sport devient un entraînement à cette nouvelle relation.
Concrètement, la prochaine fois que tu fais du sport, pose-toi cette question : quelle est l’émotion dominante ? Est-ce de la colère ? De la peur ? De la honte ? Ou de la joie ? La plupart des gens qui ont une faible estime d’eux-mêmes ressentent de la honte pendant l’effort. Ils ont honte de leur corps, honte de ne pas y arriver, honte d’être vus. La préparation mentale, c’est apprendre à transformer cette honte en curiosité. « Tiens, je ressens de la honte. Qu’est-ce que cette partie de moi essaie de me dire ? » Ce simple déplacement de perspective change tout.
Beaucoup de gens pensent que la préparation mentale, c’est pour les athlètes de haut niveau. Faux. C’est pour tous ceux qui veulent arrêter de subir leur vie. Et le sport est un terrain idéal parce qu’il offre un feedback immédiat.
Un soir, un footballeur amateur, Marc, est venu me voir. Il jouait en club depuis 20 ans, mais il avait une peur panique de rater un penalty. À chaque fois qu’il devait tirer, son cœur s’emballait, ses jambes tremblaient, et il ratait. Il s’était construit une identité de « looser » sur ce point. En séance, on a utilisé l’hypnose pour l’aider à revivre mentalement un penalty réussi. On a aussi travaillé sur une routine de préparation : avant de tirer, il devait prendre trois respirations et se dire une phrase précise : « Je suis ici pour jouer, pas pour prouver. » La première fois qu’il a réussi, il m’a dit : « J’ai eu l’impression de reprendre le pouvoir sur ma propre histoire. »
C’est ça, le cœur du sujet. L’estime de soi, c’est la sensation que tu as une prise sur ta vie. Quand tu te sens impuissant(e), tu te dévalorises. Le sport, avec ses objectifs clairs (courir 1 km, faire 10 pompes, marquer un but), te redonne un sentiment de contrôle. Mais attention : ce n’est pas le résultat qui compte, c’est le processus. Si tu te fixes un objectif irréaliste (« je vais courir un marathon en un mois »), tu vas te casser la figure et renforcer ton sentiment d’échec. La préparation mentale, c’est apprendre à fixer des objectifs qui sont juste assez difficiles pour te faire progresser, mais pas trop pour te briser.
Je travaille souvent avec des coureurs sur ce qu’on appelle la « zone proximale de développement ». C’est un concept de la psychologie du sport : le défi doit être à la limite de tes capacités, mais pas au-delà. Par exemple, si tu cours 10 minutes, ne vise pas 30 minutes tout de suite. Vise 12 minutes. Puis 15. Chaque palier est une victoire. Et chaque victoire est une brique dans l’édifice de ton estime de toi.
Blockquote : « Ne cherche pas à être le meilleur. Cherche à être meilleur que la version de toi d’hier. Le sport t’apprend que la seule compétition qui vaille la peine, c’est celle contre ton propre découragement. »
Tu as probablement une relation compliquée avec ton corps. Soit tu le détestes, soit tu l’ignores, soit tu le forces. La plupart des gens qui ont une faible estime d’eux-mêmes vivent dans leur tête, coupés de leurs sensations corporelles. Ils sont en pilotage automatique. Le sport, bien fait, te reconnecte à ton corps. Mais pas n’importe comment.
Je reçois beaucoup de personnes qui ont fait des régimes, des opérations esthétiques, ou qui se sont épuisées en salle de sport pour « se réparer ». Le problème, c’est qu’elles traitent leur corps comme un objet à corriger. Cela ne marche jamais pour l’estime de soi, parce que l’estime de soi ne vient pas de l’apparence, mais de la relation que tu entretiens avec ton corps.
La préparation mentale sportive, dans ce cadre, c’est apprendre à écouter ton corps comme un partenaire, pas comme un esclave. Un exercice simple que je propose : quand tu fais du sport, au lieu de te focaliser sur la douleur ou la performance, porte ton attention sur une sensation agréable. Par exemple, la fraîcheur de l’air sur ta peau, le rythme de ton souffle, la sensation de puissance dans tes jambes. Cela paraît anodin, mais c’est un puissant ancrage. Tu entraînes ton cerveau à chercher le positif, même dans l’effort.
Un patient, que j’appellerai Jean, était un ancien rugbyman. Il avait une carrure imposante, mais il se sentait « vide » à l’intérieur. Il était toujours en train de se comparer aux autres. On a travaillé sur une séance d’hypnose où il a visualisé son corps comme une forteresse, pas pour dominer, mais pour se protéger. Puis on a intégré ça dans sa pratique sportive : quand il courait, il imaginait que chaque foulée plantait ses racines dans le sol. Son corps est devenu un ancrage de stabilité, pas un objet de comparaison. Résultat : son estime de soi a commencé à grimper, non pas parce qu’il était plus fort, mais parce qu’il s’est senti plus solide.
Le corps est un feedback immédiat. Si tu es fatigué, il te le dit. Si tu es stressé, il te le montre. Apprendre à lire ces signaux sans les juger, c’est apprendre à s’écouter avec bienveillance. Et cette bienveillance, tu finis par l’étendre à tous les domaines de ta vie.
L’estime de soi, ce n’est pas juste une affaire individuelle. Elle se construit aussi dans le regard des autres. Beaucoup de mes patients ont des difficultés relationnelles parce qu’ils ne s’aiment pas assez. Ils cherchent constamment l’approbation, ou au contraire, ils s’isolent. Le sport collectif ou même individuel, quand il est pratiqué en groupe, offre un terrain d’entraînement unique pour l’intelligence relationnelle.
Prenons le football. J’accompagne des joueurs amateurs. L’un d’eux, Lucas, était un très bon technicien, mais il s’effondrait mentalement dès qu’il faisait une erreur. Il se mettait à crier sur lui-même, puis sur ses coéquipiers. Il avait une estime de soi conditionnée à la performance parfaite. En travaillant sur l’intelligence relationnelle, on a vu que cette partie de lui (le « manager » intérieur) avait été formée par un père très exigeant. Lucas reproduisait ce schéma en match.
On a mis en place un exercice : à chaque fois qu’il faisait une erreur, au lieu de s’insulter, il devait se tourner vers un coéquipier et dire « ma faute, je rectifie ». Ce simple geste change tout. Il passe d’un état de honte à un état de responsabilité relationnelle. Il ne se cache plus, il s’expose, mais avec humilité. Et le groupe, souvent, répond par de la bienveillance. Ce feedback social est un puissant reconstructeur d’estime.
Même pour les sports individuels comme la course à pied, tu peux travailler l’intelligence relationnelle. Comment ? En courant avec un partenaire, ou en rejoignant un club. Le simple fait de partager un effort crée une connexion. Tu vois que les autres aussi souffrent, doutent, trébuchent. Tu n’es plus seul(e) avec ton juge intérieur. La compétition devient coopération.
Un de mes coureurs, Paul, détestait les courses organisées. Il avait peur du regard des autres. On a travaillé sur une visualisation : il s’imaginait que tous les coureurs étaient des alliés, pas des concurrents. Il a commencé à saluer les gens, à les encourager. Et là, quelque chose a changé. Il s’est senti appartenir à une communauté. Son estime de soi a fait un bond, non pas parce qu’il a gagné, mais parce qu’il s’est senti accepté.
Blockquote : « Le sport en groupe te rappelle que tu n’es pas seul à lutter. Chaque souffle est une preuve que l’humain est fait pour s’entraider, pas pour se comparer. »
Attention : je ne veux pas que tu croies que le sport est une baguette magique. Il y a un piège majeur, que je vois souvent : transformer le sport en une nouvelle source de pression. Si tu te mets à courir uniquement pour « être fier de toi », tu risques de tomber dans le même travers. L’estime de soi ne se mérite pas par la performance. Elle se construit par la régularité et la bienveillance.
J’ai vu des gens arrêter le sport parce qu’ils n’atteignaient pas leurs objectifs, et se détester encore plus. « Je suis nul, je n’ai même pas réussi à courir 20 minutes. » C’est le piège. La préparation mentale, c’est justement d’apprendre à dissocier l’effort du résultat. Tu n’es pas une meilleure personne parce que tu as couru un marathon. Tu es une personne qui a choisi de se mettre en mouvement, et ça, en soi, c’est un acte d’amour.
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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