3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des bases solides pour avancer pas à pas.
Vous arrive-t-il de vous réveiller le matin avec cette sensation désagréable de ne pas être à la hauteur ? Cette petite voix intérieure qui vous dit que vous auriez dû faire mieux, que vous n'êtes pas assez compétent, pas assez intéressant, pas assez aimable ? Je reçois régulièrement dans mon cabinet à Saintes des adultes qui viennent avec cette plainte : « Je n'ai pas confiance en moi », ou plus profondément : « Je ne m'estime pas. »
Prenons l'exemple de Claire, 42 ans, cadre dans une entreprise de logistique. Elle est performante, reconnue par ses pairs, mais elle vit dans l'angoisse permanente de l'échec. Chaque réunion est une épreuve, chaque feedback est interprété comme une confirmation de son imposture. Elle passe ses soirées à ressasser des conversations, à chercher ce qu'elle aurait dû dire autrement. Son estime de soi est un château de cartes qui menace de s'effondrer au moindre commentaire.
Ou encore Marc, 35 ans, artisan. Techniquement irréprochable, mais incapable de facturer ses prestations à leur juste valeur. Il baisse ses tarifs, accepte des délais irréalistes, et se sent exploité sans oser dire non. Il confond humilité et sacrifice de soi.
Ces histoires vous parlent peut-être. L'estime de soi n'est pas un concept abstrait réservé aux livres de développement personnel. C'est une construction intérieure qui influence chaque décision, chaque relation, chaque opportunité que vous saisissez ou laissez passer. Et la bonne nouvelle, c'est que cette construction peut être réparée, consolidée, ou même reconstruite de zéro.
Voici les trois piliers sur lesquels je travaille avec les personnes que j'accompagne. Ils ne sont pas magiques, ils demandent du temps et de la pratique. Mais ils sont solides.
Le premier levier que j’observe systématiquement chez les personnes qui souffrent d’une faible estime de soi, c’est la confusion entre leur identité et leurs actions. Quand vous ratez quelque chose, vous dites-vous « j’ai échoué » ou « je suis un échec » ? La nuance est tout sauf anodine.
Quand vous êtes en réunion, que vous avez du mal à trouver vos mots, ou quand vous oubliez un rendez-vous, la tendance naturelle est de faire un raccourci catastrophique : « Je suis nul(le) », « Je suis incapable », « Je ne vaux rien ». Ce glissement mental transforme une action imparfaite en une condamnation définitive de votre valeur personnelle.
C’est ce que j’appelle la fusion identité-performance. Vous collez votre valeur à vos résultats. Et comme personne n’est parfait, vous vous retrouvez dans un cycle où chaque erreur vous renvoie une image négative de vous-même. Ce mécanisme s’installe souvent dès l’enfance, dans des environnements où l’amour et la reconnaissance étaient conditionnés à la performance : « Tu es un bon garçon si tu as une bonne note », « Tu es une fille formidable quand tu aides ta mère ».
Le travail que je propose avec l’hypnose ericksonienne et l’approche IFS (Internal Family Systems) commence ici. Il s’agit d’abord de repérer ces moments où vous confondez votre être avec votre faire. Ce n’est pas une simple prise de conscience intellectuelle. Il faut descendre dans le corps, ressentir cette contraction, cette boule au ventre qui accompagne la pensée « je suis nul(le) ».
Un exercice simple pour commencer : prenez un carnet et notez pendant une semaine les moments où vous vous dites quelque chose de négatif sur vous-même. Ne cherchez pas à changer ces pensées tout de suite. Observez-les simplement. Notez la situation précise. Puis demandez-vous : « Est-ce que je parle de ce que j’ai fait, ou de ce que je suis ? »
Exemple : « J’ai mal géré mon temps sur ce projet » (action) vs « Je suis un incapable » (identité). La première formulation est un constat. Elle ouvre une possibilité d’amélioration. La seconde est une condamnation. Elle ferme toute porte.
« Ce que vous faites n’est jamais toute votre histoire. Vous êtes bien plus que la somme de vos actions. Séparer l’acteur de son rôle, c’est la première étape pour retrouver une estime de soi stable. »
Quand vous commencez à faire cette distinction, quelque chose se détend. Vous pouvez échouer sans vous effondrer. Vous pouvez décevoir sans vous détruire. Vous devenez capable d’apprendre de vos erreurs au lieu de les utiliser comme des preuves contre vous-même.
Dans mon cabinet, je guide les personnes à repérer les « parties » d’elles-mêmes qui ont pris cette habitude de jugement. Avec l’IFS, on découvre souvent une partie critique qui s’est formée très tôt pour vous protéger, pour vous pousser à être parfait(e) afin d’éviter le rejet. Cette partie n’est pas votre ennemie. Elle a une bonne intention. Mais son fonctionnement est devenu toxique. L’objectif est de la remercier pour son service, puis de lui montrer qu’aujourd’hui, vous pouvez avancer sans elle.
Ce pilier est fondamental. Sans lui, les deux autres risquent de reposer sur du sable mouvant. Si vous confondez votre identité avec vos actions, toute tentative d’amélioration personnelle devient une course à la perfection, épuisante et sans fin.
Le deuxième pilier découle naturellement du premier. Une fois que vous avez commencé à distinguer qui vous êtes de ce que vous faites, vous pouvez aborder la figure la plus tenace de votre paysage mental : ce que j’appelle le critique intérieur. Cette voix qui commente, juge, compare, et rarement pour dire du bien.
Je vois des personnes brillantes, talentueuses, qui sont littéralement paralysées par ce critique. Il peut prendre des formes différentes selon les moments : tantôt un parent sévère, tantôt un professeur exigeant, parfois même une version idéalisée de vous-même que vous n’atteindrez jamais.
Prenons l’exemple de Sophie, 38 ans, coach sportive. Elle aide ses clients à dépasser leurs limites, mais elle-même ne supporte pas la moindre critique. Son critique intérieur est un véritable tyran. Si elle reçoit un commentaire constructif sur un exercice, sa voix intérieure enchaîne : « Tu vois, tu n’es pas légitime », « Tu aurais dû mieux préparer cette séance », « Les autres coachs sont bien meilleurs que toi ».
Le problème, c’est que lutter contre ce critique en l’ignorant ou en le combattant ne fonctionne pas. C’est comme essayer d’éteindre un feu en soufflant dessus. Plus vous vous dites « Je ne devrais pas penser ça », plus la pensée s’installe. La résistance alimente ce qu’elle combat.
L’hypnose ericksonienne offre une autre voie. Au lieu de lutter, on apprend à observer cette voix avec une certaine distance. On l’appelle la position méta : vous êtes celui ou celle qui entend la voix, vous n’êtes pas la voix elle-même.
Voici un exercice que vous pouvez essayer dès maintenant, sans matériel, sans préparation. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux si vous le souhaitez. Imaginez que votre critique intérieur est assis sur une chaise en face de vous. Donnez-lui une forme, une couleur, une texture. Observez-le. Vous n’êtes pas obligé de l’aimer. Vous n’êtes pas obligé de le faire taire. Vous êtes juste là, en train de l’observer.
Puis, doucement, demandez-lui : « Qu’essaies-tu de me protéger ? » Vous serez surpris de la réponse. Souvent, le critique dit : « Je veux que tu évites la honte », « Je veux que tu sois accepté(e) », « Je veux que tu ne souffres pas ».
Ce n’est pas un ennemi. C’est une partie de vous qui a mal et qui utilise les seuls outils qu’elle connaît pour vous protéger. Le travail, c’est d’apprendre à dialoguer avec elle, pas à la soumettre. Avec l’IFS, on parle de « décharger » les fardeaux que porte cette partie. On l’aide à se détendre, à prendre sa place sans dominer tout le système.
Dans la pratique quotidienne, cela se traduit par des micro-gestes. Par exemple, quand votre critique vous dit « Tu es nul(le) », vous pouvez répondre intérieurement : « Merci pour ton intention de me protéger, mais aujourd’hui, je gère. » C’est étrange au début. Ça sonne faux. Mais à force de répétition, cela crée un espace.
Cet espace, c’est celui de l’estime de soi. Pas une confiance aveugle et triomphante, mais une capacité à accueillir vos pensées sans vous y identifier. Vous pouvez entendre la critique sans vous effondrer. Vous pouvez reconnaître vos limites sans vous mépriser.
L’estime de soi n’est pas l’absence de doutes. Elle est la capacité à douter sans se détruire.
Le troisième pilier est celui qui ancre les deux premiers dans le réel. Les prises de conscience et les dialogues intérieurs sont essentiels, mais sans expériences concrètes, ils restent des concepts. L’estime de soi a besoin de preuves, de petites victoires que vous pouvez vous rappeler quand le doute revient.
Attention : je ne parle pas de réalisations spectaculaires. Je parle de micro-preuves. Des actions quotidiennes qui vous montrent, à vous-même, que vous êtes capable, fiable, digne de respect.
Je reçois souvent des personnes qui ont des attentes démesurées envers elles-mêmes. « Je devrais être plus confiant », « Je devrais oser prendre la parole en public sans stress », « Je devrais être capable de dire non sans culpabiliser ». Ces « devrais » sont des jugements qui viennent du critique intérieur. Ils ne construisent rien.
La reconstruction de l’estime de soi passe par des objectifs minuscules, ridicules presque, mais atteignables. Pourquoi minuscules ? Parce que quand votre estime est basse, votre cerveau a besoin de preuves immédiates et répétées pour commencer à modifier ses croyances. Un grand succès, vous allez l’attribuer à la chance ou aux circonstances. Une petite réussite répétée, vous ne pouvez pas la nier.
Prenons un exemple concret. Un patient que j’ai accompagné, Julien, 45 ans, était convaincu de ne pas mériter de prendre du temps pour lui. Il se levait tôt, travaillait tard, et s’occupait de tout le monde sauf de lui-même. Nous avons commencé par un objectif minuscule : s’asseoir cinq minutes chaque matin avec un café, sans téléphone, sans écran, sans culpabilité. Juste être là.
Les premières fois, c’était insoutenable. Son critique intérieur hurlait : « Tu perds ton temps », « Tu es égoïste », « Tu devrais être en train de travailler ». Mais il a tenu. Au bout de deux semaines, quelque chose a changé. Il a commencé à anticiper ces cinq minutes. Il s’est rendu compte qu’il avait le droit d’exister sans produire.
Ces cinq minutes sont devenues une preuve. La preuve qu’il pouvait respecter ses besoins. La preuve qu’il n’était pas uniquement défini par son travail. La preuve que sa valeur ne dépendait pas de son rendement.
Dans mon travail de préparateur mental sportif, je vois exactement le même mécanisme chez les coureurs et les footballeurs. Un athlète qui doute de lui ne va pas retrouver confiance en gagnant une compétition du jour au lendemain. Il va la reconstruire en tenant un engagement d’entraînement, en respectant un temps de récupération, en exécutant un geste technique correctement dix fois de suite. Chaque répétition est une brique.
Le piège, c’est de vouloir aller trop vite. On veut des résultats visibles, on veut que les autres nous reconnaissent, on veut une transformation radicale. Mais l’estime de soi ne se commande pas. Elle se cultive, comme un jardin. Vous ne pouvez pas tirer sur les pousses pour les faire grandir plus vite.
Voici une proposition concrète pour cette semaine. Prenez un engagement envers vous-même, un seul, très simple. Par exemple :
Tenez cet engagement pendant sept jours. Sans faute. Même si vous n’en avez pas envie. Même si ça semble insignifiant. À la fin de la semaine, regardez ce que ça vous a appris sur vous-même. Vous avez tenu parole. Vous avez été fiable pour vous-même. C’est ça, le fondement de l’estime de soi : la fiabilité intérieure.
« Chaque petit engagement tenu est une lettre d’amour que vous vous écrivez à vous-même. À force, ces lettres deviennent une bibliothèque de preuves que vous pouvez consulter quand le doute frappe à votre porte. »
Quand vous accumulez ces micro-preuves, votre cerveau commence à réécrire son histoire. La croyance « je suis incapable » est remplacée par « je suis capable de tenir mes engagements ». Et de fil en aiguille, cette confiance s’étend à d’autres domaines de votre vie.
Ces trois piliers – distinguer votre identité de vos actions, dialoguer avec votre critique intérieur, et construire des preuves tangibles – ne sont pas des formules magiques. Ce sont des directions. Un cap à tenir quand la tempête intérieure se lève.
Je ne vous promets pas qu’en appliquant ces principes, vous allez vous réveiller demain transformé(e) en une personne débordante de confiance. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Ce que je vous promets, c’est qu’en pratiquant régulièrement, vous allez créer un espace intérieur plus grand, plus doux, plus accueillant. Un espace où vous pourrez exister sans vous justifier sans cesse.
Dans mon cabinet, je vois des personnes qui arrivent avec une estime de soi en miettes. Elles ont souvent passé des années à se maltraiter intérieurement, à croire qu’elles ne méritaient pas d’être heureuses, à s’excuser d’exister. Et pourtant, elles reconstruisent. Pas en un claquement de doigts, mais pas à pas, séance après séance, engagement après engagement.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS sont des outils puissants pour accompagner ce processus. Ils permettent d’aller toucher les racines des croyances limitantes, de libérer des mémoires anciennes, de réorganiser la façon dont votre esprit fonctionne. Mais le travail quotidien, celui des micro-engagements et des nouvelles habitudes mentales, il vous appartient.
Je vous invite à choisir un seul des trois piliers aujourd’hui. Pas les trois. Un seul. Le plus accessible pour vous. Peut-être est-ce l’observation de votre critique intérieur. Peut-être est-ce la distinction entre ce que vous êtes et ce que vous faites. Peut-être est-ce le petit engagement quotidien.
Essayez-le pendant une semaine. Notez ce qui se passe. Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus structuré, d’un espace sécurisé pour explorer ces mécanismes en profondeur, je suis là.
Nous pouvons travailler ensemble, à Saintes ou à distance, pour reconstruire cette estime de vous-même sur des bases solides. Pas de promesses de miracle, juste un chemin praticable, un pas après l’autre. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, si vous sentez que le moment est venu de changer votre relation avec vous-même, prenez contact. Nous trouverons le rythme qui vous convient.
En attendant, commencez par ce petit geste. Celui que vous vous étiez promis et que vous remettez toujours à demain. Faites-le maintenant. Et quand vous l’aurez fait, dites-vous simplement : « Je l’ai fait. » C’est une preuve. La première d’une longue série.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.