3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Repérez les indices dans vos pensées quotidiennes.
Vous n’avez pas besoin d’un diagnostic pour savoir que quelque chose coince. Ce n’est pas une maladie, ce n’est pas un trouble répertorié dans le DSM. C’est juste une petite voix, un réflexe mental, une sensation familière qui revient dans les mêmes situations. Vous vous dites peut-être : « Je ne suis pas fait pour ça », « Les gens comme moi n’y arrivent pas », « De toute façon, ça va mal tourner ». Et vous passez à autre chose. Sauf que cette petite voix, elle a un poids. Elle oriente vos choix, elle freine vos élans, elle choisit pour vous des portes fermées.
Je m’appelle Thierry Sudan, je reçois des adultes à Saintes depuis 2014 pour les aider à comprendre et à desserrer l’étreinte de ces croyances. Dans mon cabinet, je vois des gens intelligents, compétents, sensibles, qui butent toujours sur le même mur invisible. Ce mur, ce sont souvent des croyances limitantes. Et le premier pas pour les dépasser, c’est de les repérer. Pas de les combattre, pas de les nier. Juste de les voir. Alors voici cinq signes qui montrent que vous avez probablement une croyance limitante active dans votre vie.
Vous avez déjà eu cette impression désagréable de revivre la même scène ? Une relation qui finit toujours de la même façon, un job où vous vous faites systématiquement marcher sur les pieds, une prise de parole en réunion qui tourne au fiasco alors que vous avez préparé vos arguments. Vous vous dites : « C’est encore pareil. » Et vous avez raison. Le décor change, les visages changent, mais le scénario reste identique.
Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas une malédiction non plus. C’est le symptôme d’une croyance qui tourne en boucle. Une croyance limitante, c’est comme un programme informatique qui tourne en arrière-plan. Il ne vous demande pas votre avis. Il interprète chaque situation nouvelle à travers le même filtre déformant. Et il vous pousse à agir exactement comme vous avez toujours agi.
Prenons un exemple. Je reçois un jour un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial. Il change de boîte tous les trois ans, systématiquement en conflit avec son N+1. Chaque fois, il commence avec de bonnes intentions, puis rapidement il sent que son chef « ne le comprend pas », « ne lui fait pas confiance », « le met à l’écart ». Il finit par claquer la porte, amer. À force d’explorer, on a mis le doigt sur une croyance qui datait de l’adolescence : « Les figures d’autorité sont contre moi. » Cette croyance, elle lui faisait lire chaque regard, chaque remarque de son chef comme une attaque personnelle. Et il réagissait en conséquence : défense, contre-attaque, retrait. Le patron suivant, même bienveillant, tombait dans le même piège.
Le signe, ici, c’est la répétition. Si vous remarquez que vous vivez toujours le même type de difficulté, même dans des contextes différents, il y a de fortes chances qu’une croyance limitante soit aux commandes. Vous n’êtes pas victime des circonstances. Vous êtes victime d’un filtre que vous appliquez aux circonstances.
Une croyance limitante, c’est comme des lunettes teintées que vous auriez oublié d’enlever. Vous ne voyez pas les lunettes, vous croyez que le monde est de cette couleur.
Ce signe est peut-être le plus répandu. Vous avez une opportunité, une idée, une envie. Et presque immédiatement, une voix intérieure vous dit : « Ça ne marchera pas. » Parfois, elle est plus subtile : « C’est compliqué », « Il faut être réaliste », « Tu n’as pas les compétences », « Les autres sont meilleurs que toi ». Vous n’avez même pas encore essayé, et vous êtes déjà en train de préparer votre repli.
Dans mon travail de préparateur mental avec des coureurs et des footballeurs, je vois ça tout le temps. Un athlète arrive sur la ligne de départ avec un chrono en tête. Mais au fond de lui, il pense : « Je ne tiendrai pas le rythme. » Et son corps suit l’ordre. Il ralentit avant même d’être fatigué. Il s’arrête au premier point de côté. Pourquoi ? Parce que la croyance a déjà pris la décision à sa place. L’échec n’est pas une possibilité future, c’est une certitude intérieure.
Dans la vie quotidienne, ça se traduit par des comportements d’évitement. Vous ne postulez pas à ce poste qui vous fait envie. Vous ne proposez pas votre projet à votre chef. Vous ne demandez pas ce rendez-vous qui vous tient à cœur. Vous vous dites que vous le ferez « quand vous serez prêt ». Mais le « quand » n’arrive jamais. Parce que la croyance vous maintient dans une zone de confort où vous ne risquez pas l’échec… mais où vous ne risquez pas non plus la réussite.
Ce qui est intéressant, c’est que cette anticipation de l’échec est souvent associée à une croyance plus profonde : « Je ne suis pas assez bien. » Pas assez compétent, pas assez légitime, pas assez aimable, pas assez fort. Et cette croyance vous protège d’une certaine façon. Si vous n’essayez pas, vous ne pouvez pas échouer. Vous ne pouvez pas confirmer que vous n’êtes pas assez bien. C’est un mécanisme de défense, mais il vous coûte cher.
Si vous vous surprenez à dire « Oui, mais… » dès qu’une opportunité se présente, arrêtez-vous une seconde. Ce « oui, mais » est souvent la signature d’une croyance limitante. Il vous empêche d’explorer la possibilité que ça puisse marcher. Il verrouille la porte avant même que vous l’ayez poussée.
Un autre signe, plus discret, c’est l’incapacité à savourer vos victoires. Vous réussissez un examen, vous obtenez une promotion, vous terminez un projet difficile. Et vous dites : « C’était de la chance », « N’importe qui aurait pu le faire », « Le sujet était facile », « Les autres étaient moins bons que d’habitude ». Vous attribuez votre succès à des facteurs externes, jamais à vos compétences ou à votre travail.
Ce mécanisme s’appelle la minimisation. Il est typique des personnes qui portent une croyance du type : « Je ne mérite pas le succès » ou « Je suis un imposteur ». C’est un classique chez les gens compétents, souvent ceux qui ont des exigences élevées envers eux-mêmes. Ils ne se reconnaissent pas le droit d’être fiers. Parce qu’être fier, ce serait admettre qu’ils sont capables. Et si ils sont capables, alors ils n’ont plus d’excuse pour ne pas essayer plus grand chose.
Je pense à une femme que j’ai suivie, enseignante de métier. Elle avait monté un projet pédagogique remarquable, primé au niveau académique. Quand elle m’en a parlé, elle a dit : « C’est surtout grâce aux élèves, ils ont bien travaillé. » C’était vrai en partie, mais elle avait passé des nuits à concevoir les séquences, à négocier avec l’administration, à motiver son équipe. Quand je lui ai fait remarquer, elle a eu un geste de la main : « Oh, c’est rien. » Et elle est passée à autre chose.
Cette incapacité à intégrer ses succès est épuisante. Elle vous prive de la satisfaction qui vous permettrait de construire une estime de vous-même solide. Et elle alimente la croyance que vous êtes en dessous des autres, que vous devez sans cesse prouver votre valeur. Le piège, c’est que vous ne prouvez jamais assez. Parce que la preuve n’est jamais acceptée par votre propre tribunal intérieur.
Si vous recevez un compliment et que votre première réaction est de le contrer, ou de vous sentir mal à l’aise, posez-vous la question : quelle croyance se cache derrière cette gêne ? Peut-être « Je ne dois pas me vanter », ou « Si on me félicite, on va attendre encore plus de moi ensuite ». Ces croyances ne sont pas anodines. Elles vous volent vos victoires.
La comparaison sociale est naturelle. On le fait tous, parfois même sans s’en rendre compte. Mais quand la comparaison devient systématique et qu’elle aboutit toujours à la même conclusion — « je suis en dessous » — alors c’est un signe que vous fonctionnez avec une croyance limitante.
Vous regardez le post LinkedIn de quelqu’un qui a réussi, et vous vous dites : « Lui, il a réussi, moi non. » Vous voyez un collègue qui parle en public avec aisance, et vous pensez : « Je n’arriverai jamais à faire ça. » Vous observez un couple heureux dans la rue, et vous sentez un pincement : « Eux, ils ont de la chance. Pas moi. »
Ce qui est intéressant, c’est que vous ne comparez jamais votre intérieur à l’extérieur des autres. Vous comparez votre parcours, avec ses doutes, ses échecs, ses jours sans, à la version aseptisée et souvent idéalisée de la vie des autres. Vous prenez le pire de vous-même et le meilleur d’eux. Et vous concluez que vous êtes inférieur.
Dans mon cabinet, je vois souvent cette dynamique chez des personnes qui ont une croyance du type : « Il n’y a pas assez de place pour tout le monde » ou « Les autres sont mieux que moi par nature ». C’est une croyance de rareté. Elle vous pousse à voir le monde comme une compétition où vous êtes déjà en retard. Et elle vous empêche de reconnaître votre propre valeur, vos progrès, votre singularité.
Un jour, un patient m’a dit : « Je compare ma vie à celle de mes amis sur Instagram, et je me sens nul. » Je lui ai demandé : « Est-ce que tes amis publient leurs moments de doute, leurs échecs, leur fatigue ? » Il a ri. « Non, évidemment. » La comparaison est biaisée par nature. Si elle vous mène toujours à la même conclusion négative sur vous-même, c’est que la croyance est au travail.
Le vrai problème, ce n’est pas la comparaison en elle-même. C’est le verdict automatique : « Je suis moins bien. » Si vous voulez repérer une croyance limitante, écoutez ce que vous vous dites après avoir comparé. Si c’est toujours une dévalorisation, vous tenez un indice sérieux.
Celui-ci est peut-être le plus bruyant. Vous avez une voix intérieure qui commente tout ce que vous faites, et elle n’est pas tendre. Elle vous dit que vous êtes nul, que vous auriez dû faire mieux, que vous êtes en retard, que vous manquez de talent, que vous ne méritez pas ce que vous avez. Cette voix, elle est souvent ancienne. Elle ressemble à celle d’un parent, d’un enseignant, d’un ancien chef. Elle est devenue votre propre voix.
Ce qui est frappant, c’est à quel point ce discours est accepté. On ne le remet pas en question. On le prend pour la vérité. « Je suis nul en maths », « Je ne suis pas doué pour les relations », « Je suis trop sensible ». Ces phrases, vous les répétez depuis des années. Elles sont devenues des évidences. Mais sont-elles vraies ? Ou sont-elles devenues vraies à force d’être répétées ?
Une croyance limitante, c’est une phrase que vous avez entendue ou déduite, et que vous avez répétée tellement souvent qu’elle est devenue une certitude. Elle n’est pas née d’une analyse objective de la réalité. Elle est née d’une interprétation, souvent dans l’enfance ou dans un moment difficile. Et depuis, elle s’est installée sans être jamais remise en question.
Je me souviens d’un patient qui disait systématiquement : « Je suis nul en relations humaines. » Il évitait les soirées, les réunions informelles, les conversations de couloir. Quand on a exploré, on a découvert qu’à 8 ans, un instituteur lui avait dit : « Tu es trop dans ton monde, tu ne sais pas parler aux autres. » Il avait pris cette remarque comme une vérité définitive. Trente ans plus tard, il organisait encore sa vie autour de cette phrase.
Une croyance limitante, c’est souvent une phrase qu’on a cru une fois, et qu’on n’a jamais vérifiée depuis.
Si vous avez un discours intérieur qui revient en boucle avec les mêmes critiques, notez-le. Écrivez les phrases exactes. « Je suis incapable de… », « Je ne mérite pas… », « Je suis trop [quelque chose] pour… ». Ces phrases sont les portes d’entrée de vos croyances. Elles ne sont pas la vérité. Elles sont des interprétations figées que vous pouvez apprendre à déconstruire.
Avant d’aller plus loin, une précision importante. Repérer ces signes ne signifie pas que vous êtes faible, que vous avez un problème grave, ou que vous devez tout changer du jour au lendemain. Avoir des croyances limitantes, c’est humain. On en a tous. Certaines sont plus actives, d’autres plus discrètes. Certaines viennent de notre éducation, d’autres d’expériences douloureuses, d’autres encore de la culture dans laquelle on baigne.
Le but n’est pas de les éradiquer. Les croyances limitantes ont parfois une fonction protectrice. Elles vous ont aidé à survivre dans des contextes difficiles. Elles vous ont évité des déceptions. Elles vous ont permis de rester dans une zone où vous étiez en sécurité. Le problème, c’est qu’elles ne s’adaptent pas. Ce qui était utile à 15 ans peut devenir un frein à 40 ans.
Ce que je vous propose, c’est simplement de les regarder. Pas de les juger. Pas de les combattre. Juste de les reconnaître. Parce que c’est le premier pas vers plus de liberté.
Vous avez lu ces cinq signes. Peut-être vous êtes-vous reconnu dans plusieurs. Peut-être dans un seul. C’est déjà beaucoup. La prise de conscience est le premier levier de changement.
Voici ce que vous pouvez faire maintenant, tout de suite, sans rendez-vous, sans matériel, sans technique compliquée :
Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone. Pendant les trois prochains jours, notez les phrases que vous vous dites dans les moments de doute, d’hésitation, d’auto-critique. Ne les jugez pas. Notez-les telles qu’elles viennent. « Je suis nul », « Ça va rater », « Je ne suis pas à la hauteur », « Les autres sont meilleurs ».
À la fin des trois jours, relisez vos notes. Vous allez probablement voir des motifs. Les mêmes phrases reviennent. Ce sont vos croyances limitantes en action. Ne cherchez pas à les changer tout de suite. Contentez-vous de les reconnaître.
Choisissez une phrase qui revient souvent. Et posez-vous cette question : « Est-ce que je suis absolument certain que cette phrase est vraie ? » Pas « est-ce que je la ressens comme vraie », mais « est-ce que je peux prouver objectivement qu’elle est vraie dans toutes les situations ? » Vous allez probablement découvrir que non. Que c’est une généralisation, une peur, une habitude.
C’est tout pour l’instant. Pas de reprogrammation massive, pas de mantras forcés. Juste un regard honnête sur ce qui se passe dans votre tête. Vous serez surpris de voir à quel point ces phrases vous dirigent sans que vous le sachiez.
Je ne crois pas aux solutions miracles. Je ne crois pas qu’on change une croyance limitante en un claquement de doigts. Mais je crois qu’on peut apprendre à les voir, à les nommer, à les relativiser. Et qu’à force, elles perdent de leur pouvoir.
Si vous sentez que ces schémas sont trop lourds, trop anciens, trop ancrés pour les dénouer seul, sachez que vous n’êtes pas obligé de le faire. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des personnes qui ont passé des
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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