3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Découvrez ce qui active votre sentiment de fraude au travail.
Tu pianotes nerveusement sur ton téléphone. C’est le quatrième mail que tu relis avant d’oser appuyer sur « envoyer ». Dans cinq minutes, tu as une réunion avec ta cheffe. Rien d’extraordinaire : un point hebdomadaire pour faire le suivi de tes dossiers. Pourtant, cette boule au creux du ventre, tu la connais bien. Elle est là, fidèle, chaque fois que tu dois montrer ce que tu fais.
Tu te dis que tu vas être démasquée. Qu’on va enfin voir que tu n’as pas le niveau. Que tout ce que tu as réussi jusqu’ici, c’était de la chance, un concours de circonstances, une erreur d’appréciation de la part de ceux qui t’ont recrutée.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes, et je reçois des adultes comme toi depuis plus de dix ans. Des gens compétents, reconnus, parfois brillants. Et qui, pourtant, vivent avec cette petite voix intérieure qui leur répète : « Tu vas te faire prendre. Tu n’es pas à ta place. »
Ce sentiment a un nom : le syndrome de l’imposteur. Mais ce n’est pas un diagnostic médical. C’est plutôt une expérience psychologique, une façon de douter de soi qui ne correspond pas à la réalité objective de tes compétences. Et ce qui est frappant, c’est que ce syndrome ne surgit pas au hasard. Il a des déclencheurs précis, quotidiens, souvent invisibles.
Ton cerveau n’invente pas cette peur. Il réagit à des situations spécifiques. Et si tu apprends à les reconnaître, tu cesses d’être une victime de ton propre mental.
Voici les sept déclencheurs les plus fréquents que je vois chez les personnes que j’accompagne. Et surtout, ce que tu peux faire pour qu’ils cessent de diriger ta vie.
Tu viens de finir une présentation devant l’équipe. Ton collègue te dit : « Franchement, c’était super clair, tu gères. » Et toi, au lieu de savourer, tu sens une gêne. Tu détournes le regard. Tu réponds : « Oh, c’était rien, j’ai juste eu de la chance sur les questions. » Ou pire, tu te mets à détailler tout ce qui aurait pu être mieux.
Le feedback positif est un déclencheur puissant du syndrome de l’imposteur. Pourquoi ? Parce qu’il entre en conflit direct avec l’image que tu as de toi. Si tu crois profondément que tu n’es pas compétente, un compliment devient une dissonance cognitive. Ton cerveau doit choisir : soit il remet en question cette croyance (ce qui est inconfortable), soit il trouve une explication pour invalider le compliment (ce qui est plus facile).
Tu vas donc minimiser, attribuer ton succès à des facteurs externes (la chance, l’aide des autres, le contexte favorable). Tu refuse de t’approprier tes réussites. Et ce faisant, tu nourris le syndrome.
Un blocage courant que je vois : des personnes qui ne peuvent pas recevoir un compliment sans ressentir une pression énorme. Comme si chaque reconnaissance augmentait le risque d’être démasquée plus tard.
« Ce n’est pas la modestie qui te pousse à minimiser tes succès. C’est la peur que les autres découvrent que tu n’es pas à la hauteur. »
Ce que tu peux faire maintenant : La prochaine fois qu’on te complimente, entraîne-toi à dire simplement « Merci. » Sans ajouter de justification. Rien d’autre. Tiens trois secondes de silence si besoin. Tu verras, le monde ne s’effondre pas. Tu n’es pas arrogante pour autant. Tu acceptes juste ce qui t’est donné. C’est un petit geste, mais il réécrit une habitude.
Tu ouvres LinkedIn. Tu vois le post d’un ancien camarade de promotion. Il vient de décrocher une certification, il a changé de poste, il publie des articles inspirants. Toi, tu regardes ton propre parcours et tu as l’impression de ramer. Tu te sens en retard, moins légitime.
Les réseaux sociaux sont un amplificateur massif du syndrome de l’imposteur. Mais ce n’est pas tout : au travail aussi, tu compares. Un collègue parle plus en réunion, il a l’air plus confiant, il obtient des projets. Et toi, tu te dis que tu n’es pas à la hauteur.
Ce mécanisme s’appelle la comparaison sociale. Il est naturel, mais il devient toxique quand tu compares ton « intérieur » (tes doutes, tes incertitudes, tes efforts invisibles) à « l’extérieur » des autres (ce qu’ils montrent, leurs réussites visibles). Tu compares un film en coulisses avec un trailer monté.
Un cas typique : Un commercial que j’ai suivi était obsédé par les chiffres de ses collègues. Il voyait leurs ventes, leurs primes, et se sentait nul. Mais il ignorait que l’un d’eux travaillait soixante heures par semaine, que l’autre avait un réseau familial, que le troisième était sur le point de craquer. Il ne voyait que la vitrine.
Ce que tu peux faire maintenant : Pendant une semaine, note chaque fois que tu te compares. Avec qui ? Dans quel contexte ? Et surtout, demande-toi : « Est-ce que j’ai accès à toutes les informations sur cette personne ? » La réponse est presque toujours non. Ensuite, recentre-toi sur tes propres progrès. Tu n’es pas en compétition avec eux. Tu es sur ton propre chemin.
Tu dois présenter un rapport devant cinq personnes. La nuit précédente, tu dors mal. Le matin, tu as la nausée. Pendant la présentation, tu parles vite, tu bredouilles, tu vérifies toutes les trois secondes si tes slides sont correctes. Après, tu passes en revue chaque phrase, chaque hésitation, chaque question à laquelle tu as mal répondu.
L’exposition de ton travail, surtout quand il est visible et évalué, est un déclencheur direct. Parce que tu mets ta compétence sous les yeux des autres. Et pour quelqu’un qui se sent imposteur, c’est une mise en danger. Tu as l’impression que chaque regard est un examen, chaque question une tentative de te démasquer.
Ce qui est paradoxal, c’est que plus tu es compétente, plus tu es exposée à ce déclencheur. Les personnes qui avancent dans leur carrière ont davantage de responsabilités, donc davantage de moments où leur travail est scruté.
Un point important : Ce n’est pas l’exposition en soi qui est le problème. C’est la signification que tu lui donnes. Tu interprètes le regard des autres comme un jugement sur ta valeur globale. Pas sur ton travail, mais sur toi en tant que personne.
Ce que tu peux faire maintenant : Avant ta prochaine présentation, prends cinq minutes pour te dire : « Je vais montrer mon travail. Certaines personnes vont l’apprécier, d’autres non. Ce n’est pas un reflet de qui je suis. C’est juste un instant. » Reviens à l’objectif concret : informer, partager, avancer. Pas être parfaite.
Tu passes des heures à peaufiner un email. Tu relis chaque phrase. Tu changes un mot, puis tu le remets. Tu vérifies l’orthographe trois fois. Et quand tu finis par envoyer, tu trouves encore quelque chose à redire. Ce n’est jamais assez bien.
Le perfectionnisme est l’un des moteurs les plus puissants du syndrome de l’imposteur. Il te pousse à des standards irréalistes. Et comme tu ne les atteins jamais complètement, tu te sens toujours en défaut. Tu crois que la perfection est la norme attendue. Mais elle n’existe pas.
Un mécanisme sournois : Le perfectionnisme te donne une illusion de contrôle. Si tu fais tout parfaitement, tu penses que personne ne pourra te critiquer. Mais en réalité, ce que tu fais, c’est t’épuiser. Et tu valides l’idée que tu n’es pas légitime tant que tu n’as pas atteint cette perfection imaginaire.
Un exemple concret : Un ingénieur que j’ai accompagné passait deux fois plus de temps que ses collègues sur chaque tâche. Il pensait que c’était la preuve de son sérieux. En réalité, c’était la peur qu’on découvre qu’il n’était pas aussi compétent qu’il le paraissait. Il compensait par la quantité de travail, au détriment de sa vie personnelle et de sa santé.
« Le perfectionnisme n’est pas une quête d’excellence. C’est une tentative désespérée d’éviter l’humiliation. »
Ce que tu peux faire maintenant : Choisis une tâche aujourd’hui où tu vas délibérément viser le « suffisant » plutôt que le « parfait ». Envoie un email sans le relire dix fois. Accepte qu’il y ait une coquille. Observe ce qui se passe. Rien de grave, en général. Et tu libères de l’énergie pour ce qui compte vraiment.
Tu viens d’être promu. Ou on t’a confié un nouveau projet. Au lieu de la fierté, tu ressens une peur panique. Tu te dis : « Ils ont dû se tromper. Je ne vais pas y arriver. Je vais échouer et tout le monde va voir que je ne méritais pas cette place. »
C’est classique. Une nouvelle responsabilité est un terrain fertile pour l’imposteur. Parce qu’elle te sort de ta zone de confort. Tu passes d’un territoire où tu maîtrisais à un territoire inconnu. Et ton cerveau interprète cette incertitude comme un danger.
Un piège fréquent : Tu compares ton niveau actuel (débutant dans ce nouveau rôle) à celui des autres qui ont de l’expérience. Tu oublies qu’ils ont aussi été débutants. Tu te focalises sur ce que tu ne sais pas encore, plutôt que sur ta capacité à apprendre.
Ce que tu peux faire maintenant : Quand une nouvelle responsabilité te stresse, pose-toi cette question : « Qu’est-ce que je sais déjà faire qui me servira ici ? » Listes trois compétences que tu as déjà utilisées avec succès. Ton cerveau a besoin de preuves concrètes pour sortir du mode panique. Ensuite, accepte que l’apprentissage prend du temps. Personne n’attend de toi que tu sois parfait immédiatement.
Tu as fait une erreur dans un email. Tu as oublié une pièce jointe. Tu as mal évalué un délai. Rien de grave. Mais pour toi, c’est la preuve irréfutable que tu es une imposture. Tu rumines, tu ressasses, tu te dis que tout le monde va se rendre compte que tu n’es pas fiable.
Le syndrome de l’imposteur transforme les petits échecs en confirmations massives. Ton cerveau cherche des preuves pour valider la croyance que tu n’es pas légitime. Et il trouve toujours de quoi se nourrir. Une erreur devient une généralité : « Je suis nul. »
Un mécanisme à connaître : C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation. Tu prêtes attention aux informations qui confirment ta croyance (l’erreur) et tu ignores celles qui la contredisent (toutes les fois où tu as réussi). Tu deviens aveugle à tes propres compétences.
Un exemple : Une responsable marketing que j’ai suivie avait oublié une réunion. Elle en a conclu qu’elle était incompétente et désorganisée. Pourtant, elle gérait des campagnes complexes avec des budgets importants depuis des années. Mais cette erreur unique a pris toute la place.
Ce que tu peux faire maintenant : Quand tu fais une erreur, arrête-toi et note trois choses que tu as bien faites aujourd’hui. Même petites. Ce n’est pas pour nier l’erreur, mais pour rééquilibrer ton regard. Ensuite, demande-toi : « Si un collègue faisait la même erreur, est-ce que je penserais qu’il est nul ? » La réponse est non. Alors pourquoi le penser pour toi ?
Tu as réussi. Gros projet, résultat positif, reconnaissance. Tu devrais être heureuse. Mais au lieu de ça, tu ressens une angoisse diffuse. Une pression. Parce que maintenant, il va falloir maintenir ce niveau. Et tu es sûre que tu ne pourras pas. Le succès devient une menace.
C’est peut-être le déclencheur le plus vicieux. Parce qu’il est contre-intuitif. Tu as réussi, donc tu es légitime, non ? Pas pour l’imposteur. Pour lui, le succès est une anomalie. Une exception. Et il augmente la peur d’être démasquée, parce que les attentes sont plus hautes.
Un mécanisme fréquent : La peur du succès, ou plutôt la peur de ne pas pouvoir le répéter. Tu vis dans la terreur de la régression. Et pour te protéger, tu peux saboter inconsciemment les opportunités suivantes, ou minimiser ton succès pour ne pas attirer l’attention.
« Le syndrome de l’imposteur ne disparaît pas avec le succès. Il change juste de cible. »
Ce que tu peux faire maintenant : Quand tu réussis quelque chose, prends le temps de t’arrêter. Vraiment. Pas juste une seconde. Assieds-toi, ferme les yeux, et respire pendant trente secondes en te disant : « J’ai fait ça. C’est à moi. Je l’accepte. » Tu peux même l’écrire dans un carnet. Le succès a besoin d’être intégré, pas seulement accompli.
Tu l’as peut-être remarqué : tous ces déclencheurs ont un point commun. Ils activent une voix intérieure qui te dit que tu n’es pas légitime. Cette voix n’est pas la réalité. C’est une habitude de pensée, construite au fil du temps, souvent depuis l’enfance ou l’adolescence.
Peut-être qu’on t’a trop comparée. Peut-être qu’on t’a mise sur un piédestal en te disant que tu étais « la meilleure », ce qui a créé une peur de décevoir. Peut-être que tu as grandi dans un environnement où l’erreur était mal vue. Ou peut-être que tu as intériorisé un message selon lequel tu dois prouver ta valeur en permanence.
Le syndrome de l’imposteur n’est pas une fatalité. Il se travaille. Et la première étape, c’est de repérer ces déclencheurs dans ton quotidien. Les nommer, c’est déjà leur enlever une partie de leur pouvoir.
Je ne vais pas te dire que tu peux faire disparaître ce sentiment du jour au lendemain. Ce serait mentir. Mais tu peux apprendre à le reconnaître, à le regarder en face, et à ne plus le laisser décider pour toi.
Les personnes que j’accompagne me disent souvent : « Je pensais être la seule à ressentir ça. » C’est faux. Tu es loin d’être seule. Et ce n’est pas un défaut de caractère. C’est juste une partie de toi qui a appris à douter pour se protéger.
Si tu veux aller plus loin, je te propose une chose simple : choisis un seul de ces sept déclencheurs. Celui qui résonne le plus avec toi aujourd’hui. Et pendant une semaine, observe-le. Note à quel moment il apparaît, ce que tu ressens, ce que tu fais. Sans chercher à le changer tout de suite. Juste l’observer.
C’est le premier pas.
Et si tu sens que tu as besoin d’un accompagnement pour aller plus loin, pour comprendre d’où vient cette voix et comment l’apprivoiser, je suis là. À Saintes, en consultation, ou à distance. On peut en parler ensemble, sans pression. Parce que tu mérites de te sentir légitime, pas seulement de le paraître.
Tu as déjà franchi la première étape en lisant jusqu’ici. C’est déjà un acte de courage
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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