3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Identifiez et déprogrammez ces pensées toxiques.
Vous venez de finir une journée épuisante. Vous avez donné, écouté, encaissé. Et ce soir, seul(e) face à vous-même, une petite voix intérieure vous répète : « Tu n’es pas à la hauteur », « Les autres y arrivent, pas toi », « Si tu échoues, tu es nul(le) ». Cette voix, vous la connaissez bien. Elle est là depuis des années, parfois plus forte, parfois en sourdine. Mais elle vous sabote, jour après jour, dans votre travail, dans vos relations, dans vos projets.
Ces pensées ne sont pas des vérités absolues. Ce sont des croyances limitantes. Des programmes mentaux que vous avez installés, souvent dans l’enfance, et qui tournent en boucle. Je vois cela tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Un cadre commercial qui se paralyse avant chaque présentation, une mère de famille qui se dit « je ne suis pas intéressante », un jeune sportif qui se répète « je ne mérite pas de gagner ». Ils ne sont pas fous, ni faibles. Ils sont simplement prisonniers de croyances qu’ils ont prises pour des faits.
Nous allons les démasquer ensemble. Pas avec des mantras bidon ou de la pensée positive de surface. Mais avec des mécanismes concrets, issus de l’hypnose ericksonienne, de l’IFS (Internal Family Systems) et de l’intelligence relationnelle. Vous allez comprendre comment ces croyances se sont formées, pourquoi elles résistent, et surtout comment les déprogrammer pour retrouver une estime de vous-même solide et authentique.
Une croyance limitante n’est jamais née par hasard. Elle est le fruit d’une expérience, souvent douloureuse, que votre cerveau a transformée en leçon de survie. Imaginez un enfant qui, à l’école, lève la main pour répondre et se fait ridiculiser par le professeur ou ses camarades. Son cerveau enregistre : « Si je m’exprime, je suis en danger. » Pour le protéger, il crée une croyance : « Je suis nul(le) en public. » Cette croyance devient un filtre. L’enfant devenu adulte ne verra plus que les situations qui confirment cette idée, et ignorera toutes les preuves du contraire.
Ce mécanisme s’appelle la confirmation sélective. C’est comme si vous portiez des lunettes teintées de gris. Vous ne voyez que ce qui est gris, et vous oubliez que le ciel peut être bleu. Dans mon accompagnement, je rencontre souvent des personnes qui disent : « Je suis nul(le) en relations amoureuses. » Quand je leur demande de me raconter une relation réussie, elles répondent : « Ça ne compte pas, c’était facile. » Leur croyance a déjà trouvé une excuse pour ne pas être remise en question.
Les croyances limitantes les plus fréquentes dans l’estime de soi sont :
Ces pensées ne sont pas des faits. Ce sont des généralisations abusives que votre esprit a fabriquées pour vous protéger d’une éventuelle souffrance. Le problème, c’est qu’en vous protégeant, elles vous empêchent de vivre. Elles deviennent des prisons invisibles.
« Une croyance limitante n’est pas une vérité sur vous. C’est une décision que vous avez prise, un jour, pour survivre à une situation. Et ce qui a été décidé peut être redécidé. »
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi, même en connaissant vos croyances limitantes, vous n’arrivez pas à vous en débarrasser ? La réponse se trouve dans le fonctionnement de votre cerveau. Il a deux grandes missions : assurer votre survie et économiser de l’énergie. Les croyances limitantes remplissent parfaitement ces deux missions.
D’un côté, elles vous évitent de prendre des risques. Si vous croyez que « vous n’êtes pas fait(e) pour parler en public », vous ne chercherez pas à prendre la parole lors d’une réunion. Votre cerveau interprète cela comme une réussite : « J’ai évité un danger potentiel (le ridicule, le rejet). » De l’autre côté, ces croyances sont des raccourcis mentaux. Votre cerveau n’a pas besoin de réévaluer chaque situation. Il applique le même programme : « Situation sociale → Danger → Évite. » C’est rapide, économique, et rassurant pour votre système nerveux.
Mais cette sécurité a un prix élevé : vous restez coincé(e) dans une version réduite de vous-même. Vous ne développez pas vos compétences, vous n’explorez pas vos potentiels, vous ne vivez pas pleinement. Et surtout, vous entretenez une souffrance sourde : celle de ne pas être à la hauteur de vos propres aspirations.
Je compare souvent cela à un muscle atrophié. Si vous ne l’utilisez pas, il s’affaiblit. Votre estime de soi, c’est pareil. La croyance limitante vous empêche de faire les expériences qui pourraient la renforcer. Vous restez dans une zone de confort qui est en réalité une zone d’inconfort chronique.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS permettent d’accéder à la partie de vous qui a créé cette croyance. Pas pour la combattre, mais pour comprendre sa bonne intention initiale. Quand vous réalisez que cette partie de vous a voulu vous protéger, vous pouvez la remercier et lui proposer un nouveau rôle, plus adapté à votre vie d’adulte. C’est un changement profond, qui ne passe pas par la volonté mais par la réorganisation interne.
L’hypnose ericksonienne est un outil puissant pour travailler sur les croyances limitantes, car elle s’adresse directement à la partie inconsciente de votre esprit, là où ces programmes sont stockés. Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’hypnose n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifiée, très focalisée, où votre esprit critique est mis en veille et où votre imagination devient plus réceptive aux nouvelles suggestions.
Dans mon cabinet, je ne vous dirai pas : « Vous allez croire que vous êtes formidable. » Cela ne marche pas. Votre conscient refusera. En revanche, je vais utiliser des métaphores, des histoires, des suggestions indirectes qui contournent vos défenses. Par exemple, pour une personne qui croit « je ne suis pas à la hauteur », je peux raconter l’histoire d’un arbre qui se croyait trop petit pour donner de l’ombre, jusqu’au jour où il découvre que ses racines sont profondes et que sa taille est parfaite pour les oiseaux qui nichent en lui.
L’hypnose ericksonienne permet de :
Ce qui est fascinant, c’est que beaucoup de mes clients constatent des changements sans même se souvenir de ce qui a été dit pendant la séance. Leur cerveau a intégré les nouvelles suggestions et leur comportement change naturellement. Un coureur que j’accompagne en préparation mentale avait la croyance : « Je ne peux pas tenir un rythme élevé longtemps. » Après quelques séances d’hypnose, il a battu son record personnel sur 10 km sans forcer. Son corps avait intégré une nouvelle possibilité.
L’IFS (Internal Family Systems) est une approche que j’utilise de plus en plus, car elle offre une carte précise de votre monde intérieur. L’idée de base est simple : votre esprit n’est pas monolithique. Il est composé de différentes « parts » ou sous-personnalités, chacune avec ses propres émotions, croyances et rôles.
Si vous avez une croyance limitante comme « je ne suis pas assez intelligent(e) », il y a une part de vous qui porte cette croyance. Cette part n’est pas votre ennemie. Elle a un rôle protecteur. Peut-être a-t-elle pris cette croyance pour vous éviter de vous lancer dans des projets trop risqués et de souffrir d’un échec. Ou peut-être protège-t-elle une part plus vulnérable, une part « exilée » qui porte une blessure plus ancienne (par exemple, avoir été humilié(e) par un parent).
Le travail en IFS consiste à :
Je me souviens d’un client, footballeur amateur, qui se paralysait avant chaque penalty. Sa croyance était : « Je vais rater, je ne suis pas un bon tireur. » En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert une part de lui, très jeune, qui avait été critiquée par son premier entraîneur. Cette part était terrifiée à l’idée de décevoir à nouveau. En l’accueillant, en la rassurant, la peur a diminué. Et les penaltys sont devenus un moment de concentration, non de terreur.
L’IFS ne vous demande pas de supprimer vos croyances limitantes, mais de les comprendre et de les transformer en alliées. C’est un travail d’une grande douceur, et d’une grande efficacité.
Vos croyances limitantes ne vivent pas seulement dans votre tête. Elles se jouent aussi dans vos relations. Si vous croyez que vous n’êtes pas intéressant(e), vous allez vous comporter de manière à confirmer cette croyance : vous parlerez peu, vous vous effacerez, vous éviterez les regards. Et les autres, en retour, interagiront moins avec vous. Vous recevez alors une confirmation sociale : « Personne ne s’intéresse à moi. » C’est un cercle vicieux.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à comprendre et à gérer les dynamiques relationnelles pour qu’elles servent votre bien-être, pas votre enfermement. Elle vous apprend à :
Un exemple concret : une de mes clientes, cadre dans une entreprise, avait la croyance « je ne suis pas légitime pour demander une augmentation ». Elle se taisait lors des entretiens, acceptait des missions sous-payées. En travaillant sur son intelligence relationnelle, elle a appris à préparer ses arguments, à les exprimer calmement, et à tolérer le silence de son supérieur. Elle a obtenu une augmentation de 15 % en trois mois. Le changement n’était pas magique : il était le fruit d’une nouvelle manière de se positionner.
Votre environnement relationnel peut être un miroir de vos croyances, mais il peut aussi être un levier pour les transformer. Vous avez le droit de choisir les miroirs dans lesquels vous vous regardez.
Comment savoir si le travail que vous faites commence à porter ses fruits ? Le changement n’est pas toujours spectaculaire. Il est souvent subtil, progressif. Voici quelques signes que vos croyances limitantes perdent de leur emprise :
Un client sportif m’a dit un jour : « Avant, je courais avec une ceinture de plomb. Maintenant, j’ai l’impression d’avoir enlevé le sac à dos. Je vais au même rythme, mais c’est tellement plus léger. » C’est exactement cela. Les croyances limitantes ne disparaissent pas toujours complètement, mais elles perdent leur pouvoir. Vous devenez plus grand(e) qu’elles.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer à agir. Voici une pratique simple, inspirée de l’hypnose et de l’IFS, que vous pouvez faire chez vous, seul(e).
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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