3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Guérir le passé pour mieux vivre le présent.
Je ne me souviens pas d’un seul adulte venu me voir qui n’ait pas, à un moment donné, minimisé ce qu’il avait vécu enfant.
« Ce n’était pas si grave, d’autres ont vécu pire. » « Mes parents faisaient de leur mieux. » « J’ai eu une enfance normale. » Ces phrases, je les entends plusieurs fois par semaine dans mon cabinet à Saintes. Et à chaque fois, je vois la même chose : une personne intelligente, capable, qui s’excuse presque d’avoir souffert.
Le problème, ce n’est pas que vous exagériez. Le problème, c’est que vous avez appris très tôt à ne pas prendre votre propre douleur au sérieux.
Et cette habitude, elle ne vient pas de nulle part. Elle vient de votre enfance.
Quand je dis « blessure d’enfance », vous imaginez peut-être des choses graves : violences physiques, abus, abandon. Oui, ça existe. Mais la majorité des adultes que je reçois à Saintes n’ont pas vécu ça. Ils ont vécu quelque chose de plus insidieux, de plus difficile à nommer.
Ils ont grandi dans des familles où l’amour était conditionnel. Où il fallait être « bien » pour être aimé. Où les notes comptaient plus que les émotions. Où pleurer était « faire du cinéma ». Où exprimer un besoin revenait à « déranger ».
Ces blessures-là, on ne les voit pas sur une radio. Elles n’ont pas laissé de cicatrice visible. Mais elles ont laissé une empreinte sur la façon dont vous vous voyez.
Voici comment ça fonctionne : quand vous êtes enfant, vous êtes totalement dépendant de vos parents pour survivre. Pas seulement physiquement — pour votre sécurité émotionnelle aussi. Votre cerveau d’enfant en déduit une chose très simple : « Si je ne suis pas aimé, je risque de mourir. » Alors vous faites tout pour mériter cet amour.
Et si vos parents ne peuvent pas vous aimer de façon inconditionnelle — parce qu’ils sont eux-mêmes blessés, stressés, dépassés — votre cerveau d’enfant trouve une explication : « C’est de ma faute. Je ne suis pas assez bien. »
Cette conclusion, vous ne la formulez pas en mots. Vous l’incorporez. Elle devient une vérité sur vous-même, enfouie sous des années de compensation, de perfectionnisme, de silence.
« Les blessures d’enfance ne sont pas toujours des traumatismes visibles. Parfois, ce sont juste des moments où vous avez appris que vous n’étiez pas assez bien pour être aimé tel que vous êtes. Et ça suffit pour que votre estime de vous ne s’en remette jamais complètement. »
Le plus dur, c’est que cette vérité, vous la portez encore aujourd’hui. Elle est là quand vous doutez de vous au travail. Quand vous vous excusez d’exister. Quand vous n’osez pas demander une augmentation. Quand vous restez dans une relation qui ne vous nourrit pas.
Et vous vous dites : « Je devrais être plus fort. » Mais ce n’est pas une question de force. C’est une question de réparation.
Je pratique l’hypnose ericksonienne depuis mon installation à Saintes en 2014. Et j’ai appris quelque chose d’important : l’hypnose n’efface pas le passé. Elle ne vous fait pas oublier ce que vous avez vécu. Elle ne transforme pas vos parents en personnes idéales.
Ce qu’elle fait, c’est autre chose. Elle permet de recontacter la partie de vous qui a été blessée et de lui donner ce dont elle avait besoin à l’époque et qu’elle n’a pas reçu.
Milton Erickson, le fondateur de cette approche, disait que chaque personne a déjà en elle les ressources nécessaires pour guérir. L’hypnose, c’est juste un moyen d’y accéder quand votre conscient vous bloque.
Concrètement, voici ce que ça donne dans mon cabinet :
Quand je travaille avec quelqu’un sur une blessure d’enfance, je ne lui demande pas de « se souvenir de tout ». Je ne le fais pas revivre la scène. Je l’invite plutôt à observer la situation depuis une position de sécurité, comme s’il regardait un film. Et dans cet état, on peut faire quelque chose que le conscient ne permet pas : donner à l’enfant qu’il était ce dont il avait besoin.
Parfois, c’est juste une phrase : « Tu as le droit d’exister. » Parfois, c’est une présence : quelqu’un qui reste à côté de lui sans exiger qu’il soit « bien ». Parfois, c’est une permission : celle de ne pas être parfait.
L’hypnose ne change pas la mémoire. Elle change la charge émotionnelle liée à cette mémoire. Le souvenir reste, mais il ne fait plus mal de la même façon. Il n’est plus une blessure ouverte. Il devient une cicatrice, une histoire que vous pouvez raconter sans vous effondrer.
Ce que l’hypnose ne fait pas non plus : elle ne vous transforme pas en quelqu’un de « confiant » du jour au lendemain. L’estime de soi, ça se reconstruit. Ça prend du temps. Mais l’hypnose crée les conditions pour que cette reconstruction soit possible, en débloquant ce qui était gelé depuis des années.
L’IFS, c’est l’autre approche que j’utilise le plus souvent pour les blessures d’enfance. Et elle repose sur une idée qui change tout : vous n’êtes pas un bloc monolithique. Vous êtes composé de plusieurs « parties » de vous-même, qui ont parfois des objectifs contradictoires.
Je vais prendre un exemple concret, anonymisé, d’une personne que j’ai accompagnée.
Imaginons un homme, appelons-le Antoine. Antoine est un cadre commercial à Saintes. Il performe bien, mais il vit dans une anxiété constante. Chaque présentation client est une épreuve. Il prépare ses dossiers trois fois, vérifie ses mails dix fois avant d’envoyer. Il n’arrive pas à lâcher prise.
Quand on explore avec l’IFS, on découvre qu’il y a en lui une partie perfectionniste qui le pousse à tout contrôler. Cette partie est épuisante, mais elle a une bonne raison d’exister. Elle s’est formée quand Antoine avait 8 ans. Son père lui disait : « Si tu veux qu’on soit fier de toi, il faut que tu donnes le meilleur de toi-même. » Et Antoine a compris : « Si je ne suis pas parfait, je ne mérite pas d’être aimé. »
Cette partie perfectionniste a protégé Antoine pendant des années. Elle lui a permis d’avoir de bonnes notes, d’être apprécié. Mais aujourd’hui, elle l’empêche de respirer.
L’IFS ne cherche pas à « supprimer » cette partie. On ne la combat pas. On la remercie. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si tu te relâchais un peu ? » Et souvent, la réponse est : « Si je me relâche, je vais échouer, et tout le monde va voir que je ne suis pas à la hauteur. »
Cette peur, elle vient de l’enfance. Elle vient d’un moment où Antoine a appris que sa valeur dépendait de sa performance. Et cette croyance est devenue une « partie » de lui, une voix intérieure qui le pousse sans cesse.
Le travail avec l’IFS, c’est d’entrer en dialogue avec cette partie, de comprendre sa mission, et de lui montrer qu’aujourd’hui, Antoine est un adulte. Il n’a plus 8 ans. Il n’a plus besoin de cette protection aussi extrême. On peut la remercier, lui donner une place, mais lui permettre de se reposer un peu.
« Chaque partie de vous qui vous semble problématique — le perfectionnisme, la critique intérieure, la méfiance — a été formée pour vous protéger à un moment où vous en aviez besoin. Le problème, c’est qu’elle utilise encore des stratégies d’enfant dans un corps d’adulte. »
L’IFS, couplé à l’hypnose, permet de faire ce travail en douceur. Sans violence. Sans vous forcer à « lâcher prise » si vous n’êtes pas prêt. On va à la vitesse de la partie la plus vulnérable.
L’Intelligence Relationnelle, c’est le troisième pilier de mon travail à Saintes. Et c’est sans doute le plus concret pour votre vie quotidienne.
Voici ce que j’observe chez les personnes qui ont des blessures d’enfance non réparées : elles répètent les mêmes schémas relationnels sans le savoir.
Vous avez grandi avec un parent critique ? Vous allez inconsciemment attirer des partenaires ou des collègues qui vous critiquent. Vous avez grandi avec un parent qui vous ignorait ? Vous allez vous retrouver dans des relations où vous vous sentez invisible. Vous avez grandi avec un parent imprévisible ? Vous allez développer une hypervigilance dans vos relations.
Ce n’est pas de la malchance. C’est votre cerveau qui cherche à réparer le passé en recréant les mêmes situations, dans l’espoir inconscient que cette fois, le résultat sera différent. C’est ce qu’on appelle la compulsion de répétition.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de repérer ces schémas et d’apprendre à en sortir. Pas en les combattant, mais en développant une conscience de ce qui se joue.
Prenons un exemple. Une femme, appelons-la Sophie, vient me voir parce qu’elle n’arrive pas à s’affirmer dans son couple. Elle se tait, elle accepte tout, puis elle explose. Elle se dit : « Je suis trop sensible. »
En explorant, on découvre que Sophie a grandi avec une mère dépressive. Très tôt, Sophie a appris qu’exprimer ses besoins faisait « souffrir » sa mère. Alors elle s’est tue. Elle s’est rendue « petite » pour ne pas déranger.
Aujourd’hui, dans son couple, cette partie d’elle est toujours active. Dès qu’elle sent un conflit potentiel, elle s’efface. Mais cette stratégie, qui l’a protégée enfant, la fait souffrir adulte.
L’Intelligence Relationnelle, c’est apprendre à reconnaître cette partie, à lui dire : « Je te vois. Tu as fait ton travail. Mais aujourd’hui, je peux protéger autrement. » C’est aussi apprendre à communiquer différemment : exprimer un besoin sans l’excuser, poser une limite sans agressivité.
C’est un apprentissage. Ça ne vient pas du jour au lendemain. Mais c’est un des leviers les plus puissants pour que votre estime de vous ne dépende plus du regard des autres.
J’entends souvent : « Il faut que j’apprenne à me pardonner. » Ou : « Je dois lâcher prise sur le passé. »
Ces phrases sont bien intentionnées, mais elles cachent un piège. Elles sous-entendent que vous devriez déjà y arriver. Que si vous n’y arrivez pas, c’est que vous ne faites pas assez d’efforts.
Quand on a une blessure d’enfance, « se pardonner » peut être vécu comme une injonction de plus. Une façon de dire à la partie blessée : « Arrête de souffrir, je veux passer à autre chose. » Et ça, ça ne marche pas. La partie blessée se sent ignorée, rejetée. Elle s’accroche encore plus.
Ce qui marche à la place, c’est la reconnaissance. C’est la validation. C’est le deuil de ce qu’on n’a pas eu.
Je ne demande jamais à quelqu’un de pardonner à ses parents ou de pardonner à son enfant intérieur. Je demande : « Qu’est-ce que tu aurais eu besoin d’entendre à ce moment-là ? » Et on commence par dire cette phrase. Juste la dire. Sans exiger que ça change tout.
Parfois, la phrase est : « Tu n’as pas à être parfait pour être aimé. » Parfois : « Tu as le droit de prendre de la place. » Parfois : « Ce n’est pas de ta faute. »
Et on répète. Pas comme un mantra vide, mais comme une vérité qu’on installe progressivement dans le corps, pas seulement dans la tête.
Le deuil, c’est accepter que vous n’aurez jamais l’enfance que vous auriez méritée. C’est arrêter d’espérer que vos parents changent ou reconnaissent ce qu’ils vous ont fait. C’est renoncer à cette attente pour pouvoir avancer.
Ce n’est pas triste. C’est libérateur.
« Pardonner, c’est renoncer à l’espoir d’un passé différent. Et parfois, c’est la chose la plus difficile à faire. Mais c’est aussi la seule porte de sortie. »
Avant de conclure, je veux vous donner des repères concrets. Voici des signes que votre estime de vous est encore impactée par des blessures d’enfance, même si vous fonctionnez bien dans la vie :
Si vous reconnaissez plusieurs de ces signes, sachez une chose : ce n’est pas un défaut de caractère. C’est une adaptation. Une stratégie que vous avez développée pour survivre émotionnellement. Et cette stratégie peut évoluer.
Voici ce que vous pouvez faire dès maintenant, seul, chez vous :
Prenez un carnet. Écrivez une lettre à l’enfant que vous étiez, à un âge précis où vous vous souvenez avoir souffert. Ne cherchez pas à être élégant. Écrivez ce que vous auriez eu besoin d’entendre. Lisez-la à voix haute. Pleurez si ça vient. Ne jugez pas.
C’est un premier geste. Un geste de reconnaissance. Et c’est par là que tout commence.
Je ne vais pas vous promettre que tout va changer en une séance. Ce serait mentir. Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai vu des centaines de personnes à Saintes depuis 2014, et que celles qui guérissent ne sont pas celles qui « oublient » leur passé. Ce sont celles qui apprennent à le regarder différemment et à donner à leur enfant intérieur ce qu’il n’a pas reçu.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils puissants pour ça. Mais l’outil le plus important, c’est votre volonté de vous tourner vers vous-même avec curiosité, pas avec jugement.
Si vous sentez que le moment est venu de ne plus porter seul ce poids, je suis là. Mon cabinet est à Saintes, à deux pas de la place Bassompierre. On peut se rencontrer, sans engagement, juste pour que vous puissiez poser des mots sur ce qui vous habite.
Parce que vous avez assez attendu. Parce que vous avez assez minimisé votre propre souffrance. Parce que vous méritez, enfin, de vous prendre au sérieux.
Thierry Sudan Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle Saintes [Contact via thierrysudan.com]
PS : Si vous n’êtes pas prêt à venir me voir, commencez par cette lettre dont je vous ai parlé. C’est un pas. Et chaque pas compte.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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