3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un voyage vers l'auto-compassion.
Vous arrive-t-il de vous regarder dans le miroir et de penser : « Je ne suis pas à la hauteur » ? Peut-être après une erreur au travail, une dispute avec un proche, ou simplement en vous comparant à quelqu’un qui semble avoir tout réussi. Cette petite voix intérieure, celle qui juge, critique et minimise, est souvent plus forte que celle qui encourage. Vous n’êtes pas seul. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois régulièrement des adultes qui, derrière une apparence solide, portent une blessure silencieuse : celle de ne pas s’aimer assez. Certains sont des cadres performants, d’autres des parents dévoués ou des sportifs acharnés. Tous partagent ce même sentiment diffus : « Je ne mérite pas d’être aimé tel que je suis. »
Pourtant, l’auto-compassion n’est pas un luxe ou une faiblesse. C’est une compétence qui se cultive, un muscle que l’on peut renforcer. Aujourd’hui, je vous propose d’explorer quatre pistes concrètes pour comprendre pourquoi cette estime de soi semble si fragile, et comment vous pouvez commencer à inverser la tendance. Pas de recettes miracles, mais des chemins que j’emprunte avec mes patients en hypnose ericksonienne, en IFS (Internal Family Systems) ou en intelligence relationnelle.
1. Pourquoi la voix critique est-elle si bruyante ?
Avant de chercher à vous aimer davantage, il faut comprendre d’où vient ce juge intérieur. Chez la plupart des gens que j’accompagne, cette voix n’est pas une ennemie. Elle est née pour vous protéger. Imaginez un enfant qui, après avoir été grondé pour avoir renversé son verre, apprend à se dire : « Je suis maladroit, je dois faire attention ». Cette phrase, répétée des centaines de fois, devient une croyance. L’enfant grandit, mais la voix reste. Elle devient ce que les psychologues appellent le « critique intérieur ».
En IFS, on appelle cela une « partie » du système psychique. Une partie qui a pris un rôle de protection, souvent excessif. Elle vous empêche de prendre des risques, de montrer vos faiblesses, de vous exposer au rejet. Son but initial est noble : éviter la souffrance. Mais à force, elle étouffe votre spontanéité, votre créativité, votre capacité à vous sentir digne d’amour.
Prenons un exemple anonyme. Un patient, appelons-le Marc, cadre commercial, venait me voir car il se sentait « nul » après chaque échec commercial. Sa voix intérieure lui disait : « Tu n’es pas assez bon, tu aurais dû mieux faire ». En explorant avec l’hypnose, nous avons découvert que cette voix était celle de son père, disparu quand Marc avait 12 ans. Pour ne pas décevoir ce père absent, Marc s’était forgé un standard irréaliste de perfection. La critique n’était pas une vérité, mais un fantôme.
La voix critique n’est pas la vérité. C’est une partie de vous qui a appris à vous protéger, mais qui aujourd’hui vous emprisonne.
Ce que vous pouvez faire maintenant : la prochaine fois que vous vous entendez penser « Je suis nul », arrêtez-vous une seconde. Demandez-vous : « À quel âge cette voix a-t-elle commencé à parler ? À qui ressemble-t-elle ? » Souvent, elle appartient à un parent, un enseignant, ou à une version plus jeune de vous-même. Prenez un carnet, notez cette phrase critique, puis écrivez à côté : « Cette voix a essayé de me protéger de quoi ? » Cet exercice simple crée un début de distance. Vous n’êtes pas cette voix ; vous êtes celui ou celle qui l’écoute.
2. L’auto-compassion n’est pas de l’auto-apitoiement
Beaucoup de mes patients confondent auto-compassion et faiblesse. « Si je suis gentil avec moi-même, je vais me laisser aller, devenir paresseux, ne plus rien accomplir ». C’est un mythe tenace, surtout chez les sportifs et les professionnels exigeants que je reçois. En réalité, des études en psychologie positive (notamment les travaux de Kristin Neff) montrent que l’auto-compassion augmente la résilience, la motivation et la capacité à rebondir après un échec.
L’auto-compassion, c’est la capacité à se traiter avec la même bienveillance que vous offririez à un ami cher. Quand un ami échoue, vous ne lui dites pas « T’es nul, t’aurais dû mieux faire ». Vous dites plutôt : « C’est dur, je suis là, tu as fait de ton mieux ». Pourquoi ne pas s’offrir ce même langage ?
En intelligence relationnelle, on travaille sur la qualité de la relation à soi. Si vous êtes constamment dur avec vous-même, vous créez une relation toxique intérieure. L’auto-compassion, ce n’est pas se plaindre. C’est reconnaître sa souffrance sans la juger, et agir ensuite. Par exemple, si vous avez raté une présentation importante, au lieu de vous flageller, vous pouvez dire : « Je suis déçu, c’est normal. Maintenant, qu’est-ce que j’apprends de cette expérience ? »
L’auto-compassion n’est pas un baume passif, c’est un carburant actif pour avancer.
Chez les coureurs que j’accompagne comme préparateur mental, ceux qui pratiquent l’auto-compassion récupèrent mieux après une blessure. Pourquoi ? Parce qu’ils ne se mettent pas une pression inutile qui bloque la guérison. Ils écoutent leur corps, respectent leurs limites, et reviennent plus forts.
Ce que vous pouvez faire maintenant : ce soir, avant de vous endormir, posez votre main sur votre cœur (oui, physiquement). Respirez profondément trois fois. Puis dites à voix haute ou dans votre tête : « Je me permets d’être imparfait. Je me permets de ressentir ce que je ressens. » Cela peut sembler artificiel au début. C’est normal. La répétition crée de nouveaux chemins neuronaux. Essayez pendant une semaine. Observez si votre relation à vos imperfections change.
3. Votre histoire familiale peut être la clé
Je ne peux pas parler d’estime de soi sans évoquer le poids de l’histoire familiale. Dans mon cabinet, je vois régulièrement des adultes qui portent des blessures d’enfance non résolues. Ce n’est pas une fatalité, mais une piste à explorer. L’IFS (Internal Family Systems) est particulièrement puissant pour cela. Cette approche, développée par Richard Schwartz, postule que notre psyché est composée de multiples « parties », souvent en conflit. Une partie blessée, une partie protectrice, une partie critique.
Prenons l’exemple de Sophie, 42 ans, enseignante. Elle venait pour une « incapacité à recevoir des compliments ». Chaque fois qu’on la félicitait, elle se sentait mal à l’aise, voire honteuse. En séance d’hypnose, nous avons rencontré une partie d’elle, une petite fille de 7 ans, qui avait appris que « se faire remarquer était dangereux ». Dans sa famille, l’attention était synonyme de critique. Pour survivre, elle avait développé la croyance : « Si je suis invisible, je suis en sécurité ». Aujourd’hui, cette partie continuait à la protéger, mais l’empêchait de s’épanouir.
L’IFS ne cherche pas à éliminer ces parties, mais à les comprendre et à les apaiser. La guérison vient quand on entre en dialogue avec elles, avec curiosité et bienveillance. C’est un travail profond, qui peut être émouvant, mais qui libère.
Votre histoire ne vous condamne pas. Elle vous donne des clés pour comprendre pourquoi vous êtes devenu qui vous êtes.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Prenez un moment calme. Fermez les yeux. Imaginez une situation récente où vous vous êtes senti indigne ou pas assez bien. Ressentez l’émotion dans votre corps (oppression dans la poitrine, nœud dans le ventre ?). Puis, demandez intérieurement : « Quelle partie de moi est blessée ici ? Quel âge a-t-elle ? » Vous n’avez pas besoin de réponse immédiate. L’important est d’ouvrir une porte. Si une image ou une sensation émerge, accueillez-la sans jugement. Dites-lui : « Je te vois, je t’entends. » C’est le premier pas vers la réconciliation intérieure.
4. Le piège de la comparaison sociale permanente
Nous vivons dans une époque où la comparaison est omniprésente. Réseaux sociaux, publicités, collègues, amis… Chaque jour, nous sommes exposés à des vies « parfaites ». Sauf que ces vies sont des vitrines, pas des réalités. En tant que praticien, je vois des patients qui se comparent à des versions idéalisées d’eux-mêmes ou des autres, et qui en souffrent profondément.
Le mécanisme est simple : quand vous vous comparez à quelqu’un qui semble avoir plus, être plus, réussir plus, votre cerveau active une zone liée à la menace sociale. Cela déclenche du stress, de l’anxiété, et une baisse de l’estime de soi. C’est un cercle vicieux.
En intelligence relationnelle, on apprend à distinguer la comparaison saine (qui peut être source d’inspiration) de la comparaison toxique (qui alimente le sentiment d’insuffisance). La clé est de recentrer l’attention sur votre propre chemin. Un patient coureur, par exemple, se comparait constamment aux temps des autres sur Strava. Il en ressortait démoralisé. Nous avons travaillé sur un objectif personnel : améliorer son propre record, pas celui des autres. Il a retrouvé le plaisir de courir.
La comparaison est un voleur de joie, mais seulement si vous lui donnez les clés de votre maison.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Cette semaine, chaque fois que vous vous surprenez à vous comparer, faites une pause. Demandez-vous : « Est-ce que cette comparaison me sert ? M’inspire-t-elle ou me diminue-t-elle ? » Si elle vous diminue, redirigez votre attention sur une chose que vous avez accomplie récemment, même petite. Tenez un journal des « petites victoires ». Cela peut être : « J’ai écouté un collègue sans l’interrompre », « J’ai fait une promenade de 10 minutes », « J’ai refusé une tâche supplémentaire pour préserver mon énergie ». Célébrez ces micro-actions. Elles construisent une estime de soi solide, ancrée dans le réel.
Conclusion : Le chemin vers vous-même commence par un pas doux
Vous l’aurez compris, « ne pas s’aimer assez » n’est pas un défaut de caractère, mais le résultat de mécanismes appris, de protections anciennes, de blessures non explorées. La bonne nouvelle, c’est que cela peut changer. Pas en un claquement de doigts, mais par une pratique régulière, douce et patiente.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, je vous invite à ne pas rester seul avec ce sentiment. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui, comme vous, cherchent à apaiser cette voix intérieure et à retrouver une relation plus douce avec eux-mêmes. L’hypnose ericksonienne permet d’accéder à des ressources inconscientes souvent ignorées. L’IFS offre un cadre pour dialoguer avec vos parties blessées. L’intelligence relationnelle vous donne des outils concrets pour améliorer la qualité de votre relation à vous-même et aux autres.
Vous n’avez pas besoin d’être parfait pour mériter de l’amour, surtout le vôtre. Vous avez juste besoin de commencer, là où vous êtes, avec ce que vous avez.
Si cet article a résonné en vous, si vous sentez que le moment est venu d’explorer ces pistes plus en profondeur, je vous invite à prendre contact. Un simple message, un appel. Pas d’engagement, juste une conversation. Peut-être que c’est le premier pas que vous attendiez.
Prenez soin de vous.
Thierry Sudan
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
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Parlons-en — premier échange, sans engagement.