3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un récit inspirant de transformation personnelle.
Tu as probablement déjà ressenti cette petite voix intérieure qui te souffle que tu n’es pas à ta place. Que tu as réussi par chance, que tes compétences sont surestimées, et qu’un jour ou l’autre, quelqu’un va « découvrir » que tu es une fraude. Je reçois des personnes avec ce sentiment presque tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Et aujourd’hui, je vais te raconter l’histoire de Clara – un prénom modifié pour préserver son anonymat – dont le parcours illustre parfaitement comment on peut se libérer du syndrome de l’imposteur. Mais avant de plonger dans son récit, laisse-moi te dire ceci : ce que tu vis n’est pas une faiblesse, c’est un mécanisme que ton cerveau a mis en place pour te protéger. Et comme tout mécanisme, il peut être compris, puis désamorcé.
Clara est arrivée un mardi matin de novembre 2023. Cadre dans une entreprise de logistique, trente-sept ans, deux enfants. Elle avait tout pour réussir – un poste à responsabilités, une équipe de douze personnes sous sa responsabilité, des résultats qui parlaient pour elle. Pourtant, elle se décrivait comme « une usurpatrice en costume ». Chaque réunion était une performance, chaque décision un acte de funambule sur le fil de la peur d’être démasquée. « Je passe des nuits entières à préparer mes présentations, me confia-t-elle, parce que je suis convaincue que quelqu’un va poser une question à laquelle je ne saurai pas répondre, et que tout s’écroulera. » Elle avait déjà envisagé de démissionner à plusieurs reprises, préférant partir avant d’être « découverte ».
Ce que Clara vivait n’avait rien d’exceptionnel. Le syndrome de l’imposteur touche environ 70 % des personnes à un moment de leur vie, selon une étude de la revue International Journal of Behavioral Science. Il ne discrimine pas : hommes, femmes, étudiants, PDG, artistes, sportifs de haut niveau – personne n’est à l’abri. La particularité de Clara, c’est qu’elle avait développé une stratégie d’adaptation qui fonctionnait en apparence, mais qui la vidait de son énergie. Elle compensait par un travail acharné, une préparation excessive, et un perfectionnisme qui la poussait à vérifier chaque détail cinq fois. Ce faisant, elle alimentait la boucle : plus elle travaillait dur pour « ne pas se faire prendre », plus elle renforçait la croyance qu’elle n’était pas légitime sans cet effort surhumain.
Comment l’hypnose ericksonienne a changé la donne
Je vais être honnête avec toi : l’hypnose n’efface pas les croyances comme on efface un tableau blanc. Ce n’est pas une baguette magique. Mais ce qu’elle fait, c’est qu’elle permet d’accéder à la partie de ton cerveau où ces croyances se sont formées, souvent bien avant que tu en aies conscience. Dans le cas de Clara, nous avons commencé par explorer l’origine de ce sentiment d’imposture. Ce n’était pas son travail actuel. C’était une scène de son enfance, à l’école primaire, où son institutrice avait dit devant toute la classe : « Clara, tu as eu de la chance sur cette évaluation, mais ce n’est pas représentatif de ton vrai niveau. » Une phrase banale, sans doute dite sans méchanceté, mais qui avait planté une graine. À partir de ce jour, chaque réussite était attribuée à la chance, et chaque échec à son incompétence. Le pattern était en place.
L’hypnose ericksonienne, développée par Milton Erickson, utilise le langage indirect et les métaphores pour contourner les résistances conscientes. Je n’ai pas dit à Clara : « Tu es compétente, arrête de douter. » Ça n’aurait servi à rien. Son cerveau conscient aurait rejeté cette affirmation comme une consolation vide. À la place, je lui ai raconté l’histoire d’un jardinier qui, chaque printemps, voyait ses fleurs pousser sans comprendre pourquoi certaines étaient plus hautes que d’autres. Ce jardinier, qui travaillait pourtant avec la même terre, le même soleil, la même eau, ne savait pas que ses fleurs puisaient leurs forces dans des racines invisibles. Clara a souri à la fin de l’histoire. Elle avait compris, sans que je le lui explique, que ses compétences étaient ces racines – invisibles, mais bien réelles.
« Le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas un défaut de compétence. C’est une incohérence entre ce que tu as accompli et la façon dont tu perçois ces accomplissements. L’hypnose ne te rend pas plus compétent, elle te permet de voir ce qui est déjà là. »
Pourquoi l’IFS (Internal Family Systems) a été le tournant décisif
Si l’hypnose a ouvert la porte, c’est l’IFS qui a permis à Clara de traverser le seuil. L’IFS, ou Système Familial Intérieur, est une approche qui considère que notre psyché est composée de différentes « parties » – des sous-personnalités qui portent des croyances, des émotions et des rôles spécifiques. Tu as peut-être une partie de toi qui te pousse à travailler sans relâche, une autre qui te critique, une autre encore qui cherche à te protéger en t’empêchant de prendre des risques. Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles ont souvent été formées pour t’aider à survivre dans un contexte qui n’est plus le tien.
Clara a découvert qu’elle avait une partie qu’elle a appelée « La Gestionnaire de Crise ». Cette partie était constamment en alerte, anticipant les désastres, préparant des plans B, C et D pour chaque situation. « Sans elle, m’a dit Clara, je serais probablement restée au même poste pendant dix ans. C’est elle qui m’a poussée à postuler pour ce poste de manager. » Mais cette même partie était aussi celle qui la faisait douter. Pourquoi ? Parce que son rôle était de la protéger de l’humiliation. Si elle doutait, elle restait sur ses gardes. Si elle restait sur ses gardes, elle ne serait pas prise au dépourvu. Logique, non ?
Le travail avec l’IFS ne consiste pas à éliminer ces parties, mais à les comprendre, à les remercier pour leur service, et à leur montrer que tu es désormais un adulte capable de gérer les situations sans leur protection excessive. Clara a passé plusieurs séances à dialoguer avec sa Gestionnaire de Crise. Au début, cette partie était méfiante. « Si j’arrête de te protéger, tu vas tout gâcher », disait-elle. Mais progressivement, en lui montrant les preuves de ses compétences réelles – les retours positifs de ses collègues, les projets réussis, les promotions obtenues –, la partie a accepté de prendre du recul. Elle n’a pas disparu. Elle est toujours là, mais elle s’est transformée en une alliée silencieuse plutôt qu’en une sentinelle hurlante.
L’intelligence relationnelle : le chaînon manquant
L’un des déclics majeurs pour Clara est venu quand nous avons abordé l’intelligence relationnelle. Le syndrome de l’imposteur est souvent renforcé par la façon dont tu interagis avec les autres. Si tu passes ton temps à comparer ta « coulisse » (tes doutes, tes imperfections) à la « scène » des autres (leur confiance affichée, leurs réussites), tu es sûr de te sentir inférieur. Clara avait tendance à ne jamais parler de ses difficultés à ses collègues, de peur de paraître faible. Elle se présentait comme quelqu’un de sûr d’elle, alors qu’à l’intérieur, c’était le chaos.
L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à naviguer dans les relations humaines avec authenticité et efficacité. Cela inclut la conscience de soi, la gestion des émotions, l’empathie et la communication. Pour Clara, le premier pas a été de reconnaître que ses collègues n’étaient pas des juges, mais des êtres humains avec leurs propres insécurités. Elle a commencé à poser des questions, à demander de l’aide sur des sujets qu’elle maîtrisait moins, à partager ses doutes de manière mesurée. Et devine quoi ? Non seulement personne ne l’a jugée, mais ses relations se sont améliorées. Ses collègues ont apprécié son authenticité. L’un d’eux lui a même dit : « Je pensais que tu étais la seule à ne jamais douter. Ça me soulage de savoir que toi aussi, tu te poses des questions. »
Ce n’est pas une coïncidence. Le syndrome de l’imposteur prospère dans l’isolement et le silence. Dès que tu commences à en parler, tu brises son pouvoir. L’intelligence relationnelle t’offre les outils pour le faire sans te mettre en danger. Tu n’as pas besoin de tout révéler à tout le monde. Mais tu peux choisir des personnes de confiance avec qui partager tes vulnérabilités. Tu verras que la plupart du temps, elles te tendront la main plutôt que de pointer du doigt.
Le rôle de la préparation mentale dans la sortie du syndrome
Je travaille aussi comme préparateur mental sportif, et j’ai remarqué un parallèle fascinant entre les sportifs de haut niveau et les personnes souffrant du syndrome de l’imposteur. Les sportifs apprennent à gérer la pression, à visualiser la réussite, à rebondir après un échec. Ces compétences sont directement transférables à la vie professionnelle. Clara n’était pas une athlète, mais elle avait des « compétitions » tous les jours : réunions, présentations, décisions sous pression.
Nous avons travaillé sur des techniques de visualisation. Pas une visualisation naïve où tout se passe parfaitement – ça, elle l’avait déjà essayé, et ça ne marchait pas parce que son cerveau savait que c’était irréaliste. À la place, nous avons visualisé des scénarios difficiles : une question piège lors d’une présentation, un conflit avec un subordonné, une décision impopulaire. Dans chaque scénario, Clara s’entraînait à répondre avec calme et assertivité. Elle a découvert que ce n’était pas l’absence de difficultés qui faisait la confiance, mais la capacité à traverser les difficultés sans s’effondrer.
« La confiance ne vient pas de l’absence de doute, mais de la certitude que tu peux faire face à ce doute sans te désintégrer. »
Un jour, Clara est arrivée avec un sourire que je ne lui avais jamais vu. Elle venait de vivre une situation qui, six mois plus tôt, l’aurait fait paniquer. Son patron avait remis en question une de ses décisions lors d’une réunion, devant toute l’équipe. Avant, elle aurait rougi, balbutié, et passé la nuit à ressasser. Ce jour-là, elle a pris une inspiration, écouté son patron, reconnu qu’il soulevait un point intéressant, et proposé une contre-argumentation basée sur des données. La réunion s’est poursuivie normalement. Personne n’a remarqué son trouble intérieur. Et surtout, elle ne s’est pas effondrée.
Ce que l’approche ne fait pas (et c’est important à savoir)
Je veux être clair : ces approches ne transforment pas ta vie du jour au lendemain. Clara a mis environ huit mois pour sentir un changement significatif. Il y a eu des rechutes, des jours où la Gestionnaire de Crise reprenait le dessus. Mais ce qui a changé, c’est le rapport à ces rechutes. Avant, une rechute était une confirmation de son imposture : « Tu vois, tu n’y arriveras jamais. » Après, une rechute était un signal : « Ah, la Gestionnaire de Crise s’active. Qu’est-ce qui s’est passé ? De quoi a-t-elle besoin ? »
L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’intelligence relationnelle ne sont pas des solutions miracles. Elles demandent un engagement. Tu ne vas pas à une séance et tu ressors guéri. C’est un processus d’apprentissage, comme apprendre une langue ou un instrument. Mais contrairement à d’autres approches qui te demandent de « penser positif » ou de « te répéter que tu es compétent », ces méthodes travaillent à un niveau plus profond. Elles ne nient pas la réalité de ton sentiment d’imposture. Elles t’aident à comprendre d’où il vient, à le relativiser, et à construire une nouvelle relation avec toi-même.
Comment commencer dès maintenant
Si ces lignes résonnent en toi, si tu te reconnais dans le parcours de Clara, voici ce que tu peux faire aujourd’hui, sans attendre une séance :
Identifie ta partie « imposteur ». Donne-lui un nom. Est-ce le Critique, la Sentinelle, la Perfectionniste ? Observe-la sans jugement. Quand est-elle apparue pour la première fois ? Que cherche-t-elle à te protéger ?
Rassemble les preuves. Prends un carnet et note trois réussites concrètes que tu as eues cette semaine. Pas des trucs énormes. Des petites choses. Un email bien rédigé, une décision prise, une conversation difficile menée avec tact. Relis-les ce soir.
Parle à une personne de confiance. Choisis quelqu’un en qui tu as confiance et dis-lui : « Parfois, j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur. » Observe sa réaction. Tu verras, la plupart du temps, l’autre personne te dira qu’elle aussi a ressenti ça.
Un geste d’ancrage. Quand tu sens le syndrome de l’imposteur monter, presse ton pouce et ton index ensemble pendant quelques secondes, en respirant profondément. C’est un ancrage que tu peux installer avec un praticien, mais même seul, le geste peut t’aider à revenir au moment présent.
Conclusion : un chemin, pas une destination
Clara est aujourd’hui en paix avec sa Gestionnaire de Crise. Elle ne l’a pas éliminée, mais elle a appris à vivre avec elle. Elle a même accepté une nouvelle promotion, chose qu’elle aurait refusée il y a un an de peur de ne pas être à la hauteur. « Je sais maintenant que le doute fait partie du jeu, m’a-t-elle dit lors de notre dernière séance. Mais il ne me dirige plus. C’est moi qui décide. »
Si tu es à Saintes ou dans les environs, sache que mon cabinet est ouvert à ceux qui veulent entreprendre ce chemin. On ne vainc pas le syndrome de l’imposteur en un claquement de doigts, mais on peut apprendre à le connaître, à le domestiquer, et à vivre une vie plus légère, plus alignée avec ce que tu es vraiment. Un simple coup de fil ou un email suffit pour commencer. Pas d’engagement, pas de pression. Juste une conversation pour voir si l’approche peut te correspondre.
Prends soin de toi. Tu es bien plus légitime que tu ne le crois.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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