PsychologieConfiance Et Estime De Soi

Témoignage : j'ai retrouvé l'estime de moi grâce à l'IFS

L'histoire d'une reconstruction intérieure émouvante.

TSThierry Sudan
26 avril 202613 min de lecture

Tu te souviens de ce moment où tu as regardé ton reflet dans un miroir et que tu as eu envie de détourner le regard ? Pas à cause d’un détail physique, mais à cause de cette voix intérieure qui te disait : « Tu n’es pas assez. Pas assez compétent, pas assez aimable, pas assez légitime. »

Moi, je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui viennent avec une douleur sourde, celle d’une estime de soi qui s’est effondrée un jour, sans qu’ils sachent exactement quand ni pourquoi. Et souvent, ils me disent : « Je voudrais juste me sentir bien dans ma peau. » Mais c’est plus profond que ça. C’est comme si une partie d’eux-mêmes refusait de se laisser aimer, apprécier, voir.

Aujourd’hui, je vais te raconter l’histoire de Julie. Ce n’est pas son vrai prénom, mais son parcours est authentique. Elle est venue me voir il y a deux ans, après des années à se sentir « à côté de sa vie ». Elle a retrouvé une estime d’elle-même qu’elle croyait perdue à jamais. Et ce n’est pas un miracle. C’est le résultat d’un travail précis, parfois inconfortable, mais profondément libérateur : l’IFS, ou Internal Family Systems.

Je vais te montrer comment ça fonctionne, pas avec des concepts savants, mais avec des exemples concrets, des moments de bascule, et des outils que tu peux toi-même commencer à explorer dès aujourd’hui.

Pourquoi l’estime de soi peut-elle devenir un champ de bataille intérieur ?

Quand Julie est arrivée dans mon cabinet, elle avait 34 ans. Cadre dans une banque, reconnue par ses collègues, une vie extérieure qui semblait « réussie ». Pourtant, elle me disait : « Je me sens vide. Je fais tout bien, mais je ne ressens rien. Et quand quelqu’un me fait un compliment, je me dis qu’il se trompe ou qu’il va forcément découvrir que je suis une fraude. »

Ce syndrome de l’imposteur, tu le connais peut-être. Il est souvent le symptôme d’une estime de soi qui ne repose pas sur une base solide à l’intérieur, mais sur des performances extérieures. Julie avait passé des années à construire une façade : la fille parfaite, la collègue irréprochable, l’amie toujours disponible. Mais à l’intérieur, c’était le chaos.

La particularité de l’estime de soi, c’est qu’elle n’est pas un trait de caractère fixe. Ce n’est pas quelque chose que tu as ou que tu n’as pas. C’est une relation que tu entretiens avec toi-même. Et comme toute relation, elle peut être abîmée, négligée, ou même toxique.

Dans le modèle IFS, on considère que notre psyché est composée de plusieurs « parties ». Ces parties sont comme des personnalités internes, chacune avec son rôle, ses croyances, ses émotions. Certaines parties sont protectrices : elles veulent t’éviter la souffrance. D’autres sont blessées, et portent des souvenirs douloureux. Et il y a un « Soi » central, une essence calme, curieuse, confiante, qui est présente en chacun de nous, même si elle est parfois recouverte par le bruit des autres parties.

Pour Julie, l’estime de soi était devenue un champ de bataille entre une partie « exigeante » qui la poussait à en faire toujours plus, et une partie « honteuse » qui lui rappelait sans cesse qu’elle n’était pas à la hauteur. Et au milieu, il y avait une petite fille silencieuse, celle qui avait appris très tôt que pour être aimée, il fallait être parfaite.

« L’estime de soi n’est pas une destination à atteindre, mais une conversation intérieure à réparer. »

Comment l’IFS m’a appris à écouter mes parties au lieu de les combattre

La première fois que j’ai parlé à Julie de ses « parties », elle a eu un mouvement de recul. « Tu veux dire que j’ai plusieurs personnalités ? » Non, pas du tout. L’IFS ne parle pas de trouble dissociatif. Il parle de cette expérience que tout le monde connaît : quand une partie de toi veut sortir avec des amis, et qu’une autre veut rester chez soi à travailler. Ou quand une partie veut te dire « je t’aime », et qu’une autre te dit « tu vas être rejeté ».

Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles sont des stratégies de survie que ton psychisme a développées, souvent dans l’enfance, pour te protéger. Le problème, c’est qu’avec le temps, elles continuent à appliquer des solutions qui ne sont plus adaptées à ta vie d’adulte.

Prenons la partie « exigeante » de Julie. Elle lui disait : « Tu dois être la meilleure. Si tu n’es pas parfaite, tu vas être rejetée. » Cette partie n’était pas méchante. Elle était terrifiée à l’idée que Julie puisse revivre la douleur de l’enfance : celle de ne pas se sentir vue, aimée, acceptée pour ce qu’elle était. Alors elle la poussait sans relâche.

Et la partie « honteuse » ? Celle qui lui murmurait : « Tu es nulle, tu ne mérites pas d’être aimée. » Cette partie portait la douleur. Elle était comme un enfant qui a été blessé et qui continue à croire qu’il est « mauvais » parce que c’est la seule explication qu’il a trouvée pour donner un sens à ce qui lui est arrivé.

Avec l’IFS, on ne cherche pas à éliminer ces parties. On ne leur dit pas « tais-toi ». On les invite à parler. On les écoute avec curiosité, sans jugement. Et progressivement, on découvre que derrière leur comportement extrême, il y a une intention positive : protéger le système.

Pour Julie, le tournant est venu le jour où elle a pu « dialoguer » avec sa partie exigeante. Au lieu de la combattre, elle lui a demandé : « Qu’est-ce que tu crains qu’il m’arrive si je ralentis ? » Et la réponse l’a bouleversée : « Si tu ralentis, tu risques de ressentir la douleur de ne pas être aimée. Et je ne veux pas que tu souffres. »

À ce moment-là, Julie a compris que cette partie n’était pas son ennemie. Elle était une protectrice maladroite, mais profondément aimante.

Les étapes concrètes pour sortir du cercle vicieux de l’autocritique

Si tu te reconnais dans cette histoire, tu te demandes peut-être : « Comment je fais, concrètement ? » Voici les étapes que j’ai proposées à Julie, et que tu peux commencer à explorer, même seul, en toute sécurité. Attention : si tu es dans une période très difficile, avec des idées noires ou des crises d’angoisse fréquentes, je te recommande de faire ce travail avec un praticien formé. L’IFS est puissant, et parfois il remue des choses qui ont besoin d’être contenues.

Étape 1 : Identifier une partie qui te critique.

Prends un moment calme. Ferme les yeux. Rappelle-toi une situation récente où tu t’es senti(e) jugé(e) par toi-même. Peut-être après une erreur au travail, ou après avoir dit quelque chose de maladroit en société. Laisse émerger cette voix intérieure. Elle peut être dure, moqueuse, ou même silencieuse. Note-la. Donne-lui un nom si tu veux : « Le juge », « La critique », « Le perfectionniste ».

Étape 2 : Curiosité, pas combat.

Au lieu de te fâcher contre cette voix, essaie de t’y intéresser. Demande-lui : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? » ou « Qu’est-ce que tu crains qu’il m’arrive si je t’écoutais moins ? » Écoute la réponse sans l’analyser. Souvent, la première réponse est une défense. Par exemple : « Je veux que tu sois parfait(e). » Creuse un peu : « Et si je ne suis pas parfait(e), qu’est-ce qui pourrait arriver ? » La réponse plus profonde pourrait être : « Je pourrais être rejeté(e) et me retrouver seul(e). »

Étape 3 : Ressentir dans le corps.

Les parties ne sont pas que des pensées. Elles vivent dans ton corps. Où sens-tu cette critique ? Dans la poitrine ? La gorge ? Le ventre ? Julie sentait sa partie exigeante comme une pression dans la nuque, comme si quelqu’un lui tenait la tête pour l’obliger à regarder droit devant. Prends le temps de respirer vers cet endroit. Pas pour le changer, juste pour l’accueillir.

Étape 4 : Différencier la partie du Soi.

C’est l’étape la plus subtile. Tu n’es pas cette partie. Tu es celui/celle qui l’observe. Il y a une différence entre « je suis nul(le) » et « une partie de moi pense que je suis nul(le) ». Cette distinction est cruciale. Elle te permet de prendre du recul. Julie a commencé à dire : « Je remarque qu’une partie de moi est en train de me critiquer. » Rien que cette phrase a changé son rapport à elle-même.

Étape 5 : Reconnecter avec la partie blessée.

Sous la critique, il y a presque toujours une partie plus jeune, blessée, qui porte une douleur ancienne. Quand Julie a pu s’asseoir avec sa partie exigeante sans vouloir la chasser, celle-ci s’est un peu calmée. Et alors, une autre partie est apparue : une petite fille d’environ 8 ans, assise seule dans une cour d’école, qui se sentait invisible. C’était la source. Cette petite fille n’avait pas besoin de perfection. Elle avait besoin d’être vue, écoutée, aimée.

Ce que Julie a vraiment retrouvé : le Soi derrière les parties

Après plusieurs séances, Julie a commencé à expérimenter quelque chose qu’elle n’avait jamais ressenti : un espace de calme à l’intérieur d’elle. Elle l’a décrit comme « une présence silencieuse, comme une lumière tamisée dans une pièce où il y avait toujours eu du bruit ». C’est ce qu’on appelle le Soi, dans l’IFS.

Le Soi n’est pas une partie. C’est ton essence fondamentale. Il est caractérisé par 8 C : Calme, Curiosité, Compassion, Confiance, Courage, Clarté, Créativité, Connexion. Quand tu es dans le Soi, tu n’as pas besoin de te prouver quoi que ce soit. Tu te sens simplement entier.

Pour Julie, le changement ne s’est pas fait du jour au lendemain. Il y a eu des rechutes, des moments où la critique revenait en force. Mais elle avait désormais une boussole intérieure. Elle savait que ces moments n’étaient pas « elle », mais des parties qui avaient besoin d’attention.

Un exemple concret : elle a eu une réunion importante où elle a fait une erreur. Avant l’IFS, elle se serait démolie pendant des jours. Cette fois, elle a senti la montée de la critique, elle a reconnu la partie, lui a dit : « Je te vois, je sais que tu veux me protéger. Merci. Mais pour l’instant, je vais respirer. » Et elle est passée à autre chose. L’erreur a été corrigée, personne n’en a fait une histoire, et elle a réalisé que sa valeur n’était pas liée à sa performance.

« Le plus grand cadeau que l’IFS m’a fait, c’est de comprendre que toutes mes parties étaient bienvenues. Même les plus bruyantes. »

Les limites honnêtes de cette approche (et ce qu’elle ne fait pas)

Je veux être clair : l’IFS n’est pas une baguette magique. Il ne va pas effacer les traumatismes du passé ou te transformer en une personne constamment confiante et souriante. Julie a dû faire face à des moments de tristesse profonde en reconnectant avec des souvenirs d’enfance douloureux. Elle a pleuré, elle a douté, elle a eu envie de tout laisser tomber.

L’IFS ne promet pas de « réparer » qui tu es. Parce que tu n’es pas cassé(e). Il promet plutôt de t’aider à entrer en relation avec toi-même d’une manière plus douce et plus vraie.

Certaines personnes me demandent : « Est-ce que je vais arrêter d’avoir peur ? » Non, la peur peut rester. Mais elle ne te contrôlera plus. Tu pourras la ressentir, l’écouter, et décider en conscience de ce que tu fais ensuite.

D’autres me disent : « Je n’ai pas de traumatisme, est-ce que ça peut quand même m’aider ? » Oui, absolument. L’IFS n’est pas réservé aux grands traumatismes. Il est utile à quiconque a des parties intérieures qui s’affrontent. Et c’est le cas de tout le monde, à un degré ou un autre.

Comment commencer à explorer tes parties dès aujourd’hui, seul(e)

Si tu te sens prêt(e) à faire un premier pas, voici un petit rituel que tu peux essayer, seul, chez toi, sans pression.

  1. Installe-toi confortablement, dans un endroit calme. Prends trois respirations profondes. Pose une main sur ton cœur. Sens le contact de ta main, la chaleur, le rythme de ton cœur.

  2. Pose-toi cette question : « En ce moment, quelle partie de moi a le plus besoin d’attention ? » Ne force pas la réponse. Laisse venir une image, un mot, une sensation. Ça peut être une partie anxieuse, une partie triste, une partie en colère, ou même une partie qui s’ennuie.

  3. Accueille cette partie sans vouloir la changer. Dis-lui mentalement : « Je te vois. Je suis là. » Reste avec elle quelques instants. Si elle a quelque chose à te dire, écoute. Sinon, c’est déjà suffisant.

  4. Remercie cette partie pour son rôle. Même si son comportement te paraît problématique, remercie-la d’avoir essayé de te protéger. Tu peux dire : « Merci d’avoir pris soin de moi. »

  5. Reviens doucement en bougeant les doigts, en ouvrant les yeux. Note ce que tu as ressenti sur un carnet, si tu veux.

Ce petit exercice est un premier pas vers une relation plus apaisée avec toi-même. Il ne remplace pas un accompagnement thérapeutique, mais il te donne un avant-goût de ce que l’IFS peut offrir.

Conclusion : une invitation à prendre soin de toi

Julie est venue me voir il y a deux ans avec une estime d’elle-même en miettes. Aujourd’hui, elle ne se réveille pas chaque matin en s’aimant inconditionnellement. Personne ne fait ça. Mais elle a cessé de se faire la guerre. Elle a appris à s’écouter, à reconnaître ses parties, et à leur faire une place. Elle a retrouvé une forme de paix intérieure qu’elle croyait réservée aux autres.

Elle m’a dit un jour : « Je ne suis plus en train de courir après une version idéale de moi-même. Je suis juste en train de vivre. Et c’est tellement plus léger. »

Si tu te reconnais dans ce témoignage, si cette voix intérieure te fatigue, si tu as l’impression de porter un poids que tu ne peux pas déposer, sache que tu n’es pas seul. Ce chemin est possible. Il demande du courage, de la patience, et souvent un guide pour t’accompagner dans les zones d’ombre.

Je suis Thierry, praticien à Saintes. Je reçois des adultes qui veulent retrouver une relation apaisée avec eux-mêmes, via l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle. Je travaille aussi avec des sportifs pour les aider à libérer leur potentiel mental.

Si cet article t’a parlé, si une partie de toi voudrait explorer tout ça plus loin, je t’invite à me contacter. On peut échanger par téléphone, par mail, ou autour d’un café si tu es dans le coin de Saintes. Pas d’engagement, pas de pression. Juste une conversation humaine, pour voir si ce que je propose peut t’être utile.

Parce que tu mérites de vivre en paix avec toi-même. Et cette paix, elle est déjà là, quelque part, à t’attendre.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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