3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Évitez ces pièges qui entretiennent le cercle vicieux du stress.
Vous avez probablement déjà vécu ça : une remarque anodine de votre conjoint, un mail professionnel un peu sec, et soudain, c’est l’embrasement. Le cœur s’emballe, la mâchoire se serre, les pensées s’emballent. Vous essayez de vous calmer, mais plus vous luttez, plus la tension monte. Et le soir venu, épuisé, vous vous demandez pourquoi vous réagissez « trop fort » pour ce qui n’était « rien ».
Je vois ce scénario presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Des adultes compétents, lucides, qui ont tout essayé pour reprendre le contrôle de leurs émotions : la respiration, la méditation, les listes de gratitude. Et pourtant, rien ne change vraiment. Parce qu’ils commettent, sans le savoir, les mêmes erreurs qui entretiennent le cercle vicieux du stress.
Laissez-moi vous montrer ces quatre pièges. Je les ai identifiés en accompagnant des centaines de personnes avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. En les reconnaissant, vous pourrez enfin arrêter de vous battre contre vous-même.
Le piège le plus répandu, et de loin. Vous pensez gérer vos émotions, mais en réalité, vous les enterrez vivantes.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je n’arrive pas à gérer ma colère, elle explose toujours au mauvais moment. » Quand je leur demande ce qu’elles font quand la colère monte, la réponse est quasi systématique : « Je serre les dents, je compte jusqu’à dix, et j’essaie de penser à autre chose. » C’est exactement ce que faisait Julien, un commercial de 38 ans, avant de consulter.
Julien vivait dans la peur de ses propres réactions. Au travail, on le décrivait comme un type « intense ». Il avait appris très jeune que montrer ses émotions était un signe de faiblesse. Alors il les enfouissait. Problème : les émotions ne disparaissent pas quand on les ignore. Elles s’accumulent dans le corps, comme des bouteilles sous pression dans une cave. Et un jour, le bouchon saute. Julien explosait pour des broutilles : un collègue qui prenait son stylo, un client qui annulait un rendez-vous.
Ce mécanisme s’appelle la suppression émotionnelle. C’est différent de la régulation. La suppression, c’est dire à une partie de vous : « Tais-toi, tu n’as pas le droit d’exister. » La régulation, c’est dire : « Je te vois, tu es là, et je vais t’accueillir sans me laisser submerger. »
L’émotion n’est pas l’ennemi. C’est votre tentative de la faire taire qui crée l’explosion.
En hypnose ericksonienne, je ne cherche jamais à faire disparaître une émotion. Je guide la personne à l’observer comme une vague : elle monte, elle atteint son pic, elle redescend. Si vous essayez de l’arrêter, vous créez un barrage. Le barrage finit toujours par céder.
Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois qu’une émotion forte surgit (colère, tristesse, peur), au lieu de la repousser, posez-vous cette question simple : « Où est-ce que je ressens ça dans mon corps ? » Pas de jugement, juste une observation curieuse. Dans la poitrine ? La gorge ? Le ventre ? Restez avec cette sensation 30 secondes sans vouloir la changer. Vous venez de faire un pas vers la régulation réelle.
« Il m’a mis en colère. » « Cette situation me stresse. » « Mon patron me rend anxieux. »
Ces phrases, je les entends tous les jours. Elles semblent évidentes, n’est-ce pas ? Pourtant, elles contiennent une erreur fondamentale qui vous maintient dans l’impuissance.
Quand vous dites « X me rend Y », vous faites de votre émotion une réaction mécanique à un stimulus extérieur. Vous devenez une marionnette dont les autres tirent les ficelles. Et tant que vous croirez cela, vous serez condamné à essayer de changer les autres ou d’éviter les situations – deux stratégies qui marchent rarement.
Prenons l’exemple de Sophie, une enseignante de 45 ans. Chaque fois qu’elle devait parler devant le conseil d’administration, elle était submergée par une anxiété paralysante. Elle était convaincue que c’était « la faute » du proviseur qui la regardait d’un air sévère. En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert que cette anxiété n’avait rien à voir avec le proviseur. Elle était liée à une partie d’elle-même que j’appelle une « sentinelle intérieure ». Cette sentinelle s’était formée quand Sophie avait 8 ans, après avoir été humiliée par un professeur devant toute la classe. Depuis, cette partie veillait à ce qu’elle ne soit jamais exposée au jugement. Le proviseur n’était que le déclencheur, pas la cause.
La différence est cruciale. La cause est en vous – dans une partie de vous qui s’est adaptée à un danger passé. Le déclencheur, lui, est extérieur. Quand vous comprenez cela, vous pouvez arrêter de vouloir contrôler le monde et commencer à dialoguer avec la partie qui a peur.
Ce que vous pouvez faire maintenant : La prochaine fois qu’une émotion vous submerge, remplacez mentalement la phrase « Cette personne/cette situation me fait ressentir… » par « Une partie de moi ressent… en réponse à cette situation. » Exemple : au lieu de « Mon fils me rend furieux », dites « Une partie de moi est furieuse en voyant mon fils agir ainsi. » Essayez-le. Sentez la différence dans votre corps. Vous passez du statut de victime à celui d’observateur de votre propre monde intérieur.
Celle-ci est particulièrement douloureuse, car elle est souvent portée par une valeur que nous admirons : l’autonomie. « Je dois gérer ça tout seul. » « Je ne veux pas déranger les autres avec mes problèmes. » « Je suis adulte, je devrais savoir me contrôler. »
Je comprends cette tentation. Moi-même, avant de me former à l’Intelligence Relationnelle, je pensais que demander de l’aide était un aveu de faiblesse. Mais la neuroscience est formelle : notre cerveau est un organe social. La régulation émotionnelle ne se fait pas uniquement à l’intérieur de notre crâne ; elle se co-régule, en relation avec d’autres humains.
Regardez un bébé : quand il pleure, il ne se dit pas « Je vais respirer un bon coup et me calmer tout seul ». Non, il cherche le regard, le toucher, la voix apaisante d’un adulte. Et grâce à cette connexion, son système nerveux se régule. Chez l’adulte, c’est exactement pareil, mais nous avons oublié comment faire.
Je me souviens de Marc, un entrepreneur de 52 ans. Il était venu me voir pour des crises d’angoisse qui le réveillaient la nuit. Il avait tout essayé : applications de méditation, compléments alimentaires, course à pied. Rien ne marchait. Quand je lui ai demandé à qui il parlait de ses angoisses, il m’a répondu : « À personne. Je ne veux pas inquiéter ma femme. »
Nous avons travaillé sur cette croyance. Petit à petit, Marc a appris à partager, non pas pour se plaindre, mais pour se connecter. Il a commencé par des phrases simples : « Ce matin, je me sens un peu vulnérable, j’ai besoin que tu sois là sans chercher à me sauver. » Le simple fait d’être entendu, sans jugement et sans conseil, a suffi à faire baisser son anxiété de moitié en quelques semaines.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Identifiez une personne de confiance dans votre vie (ami, conjoint, famille). Cette semaine, prenez 5 minutes pour lui dire : « Je n’ai pas besoin de solution, j’ai juste besoin de dire ce que je ressens. » Et dites-le. Observez ce qui se passe dans votre corps quand l’autre vous écoute sans intervenir. Vous sentirez peut-être une détente musculaire, une respiration plus ample. C’est la co-régulation à l’œuvre.
C’est ce que j’appelle le syndrome du « plus de la même chose ». Vous avez trouvé une technique qui a fonctionné une fois – disons, la respiration en carré – et vous vous y accrochez désespérément, même quand elle ne marche plus. Vous vous dites : « Je n’ai pas assez essayé », « Je dois faire plus d’efforts », « Je ne suis pas assez discipliné ».
Mais la régulation émotionnelle n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de flexibilité. Votre système nerveux est complexe. Ce qui fonctionne un jour peut être inefficace le lendemain, selon votre état de fatigue, votre contexte, votre histoire.
Prenons l’exemple d’Isabelle, une infirmière de 41 ans. Elle avait appris la pleine conscience et l’utilisait avec succès pour gérer son stress au travail. Mais après un deuil difficile, sa pratique ne fonctionnait plus. Plus elle essayait de se concentrer sur sa respiration, plus l’anxiété montait. Elle se sentait « nulle en méditation ». En réalité, son système nerveux était en état de stress post-traumatique léger. La pleine conscience (qui augmente la conscience du corps) pouvait même aggraver les choses en la mettant en contact avec des sensations trop douloureuses.
Nous avons changé d’approche. Au lieu de rester immobile, Isabelle a commencé à marcher en pleine conscience. Au lieu de se concentrer sur le souffle, elle a utilisé la visualisation (imaginer un lieu sûr). Au lieu de faire seule, elle a rejoint un groupe de marche. En diversifiant ses stratégies, elle a retrouvé une régulation efficace.
La rigidité est l’ennemi de la régulation. La flexibilité, c’est la clé.
L’hypnose ericksonienne est particulièrement puissante pour cela, car elle utilise le langage et l’imagination pour créer de nouvelles voies neuronales, contournant les blocages des stratégies habituelles.
Ce que vous pouvez faire maintenant : Faites l’inventaire de vos stratégies de régulation actuelles. Vous avez probablement 2 ou 3 « favorites ». Maintenant, ajoutez-en une qui est radicalement différente. Si vous êtes plutôt « calme et immobile » (méditation, respiration), essayez une stratégie « active et expressive » : danser sur une chanson, taper dans un coussin, crier dans un oreiller. Si vous êtes plutôt « cérébral » (analyse, écriture), essayez une stratégie « corporelle » : étirements, douche chaude, auto-massage. Le but n’est pas que ça marche du premier coup. Le but est d’entraîner votre cerveau à être flexible.
Quand vous venez me voir à Saintes, je ne vous donne pas une liste de techniques à appliquer comme des recettes de cuisine. Ce serait vous renvoyer à l’erreur n°4. Je vous propose plutôt un espace sécurisé pour explorer pourquoi vous tombez dans ces pièges.
Avec l’IFS, nous rencontrons les parties de vous qui insistent pour supprimer les émotions (erreur n°1), qui blâment l’extérieur (erreur n°2), qui refusent l’aide (erreur n°3), ou qui s’acharnent sur les mêmes stratégies (erreur n°4). Chacune de ces parties a une bonne intention, souvent une protection. Quand vous comprenez cela, la lutte intérieure s’apaise.
Avec l’hypnose ericksonienne, nous créons des expériences correctives. Je ne vous dis pas « calmez-vous ». Je vous guide dans un état de conscience modifié où votre inconscient peut trouver ses propres solutions. Parfois, les changements surviennent sans que vous sachiez comment – c’est le génie de l’hypnose.
Avec l’Intelligence Relationnelle, nous travaillons sur la qualité de vos liens. Comment demander de l’aide sans se sentir faible ? Comment écouter l’autre sans vouloir le réparer ? Comment créer des relations qui soutiennent votre régulation émotionnelle au quotidien ?
Si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs de ces erreurs, sachez que vous n’êtes pas seul. La plupart des adultes que je reçois les ont commises. Le piège, c’est de se juger pour cela. « Je suis nul en régulation émotionnelle. » « Je n’y arriverai jamais. »
Ce jugement est une nouvelle tentative de suppression. Il aggrave le cercle vicieux.
Alors, voici ce que je vous propose pour terminer : posez la main sur votre cœur, respirez doucement, et dites-vous, à voix haute si possible : « Je fais de mon mieux avec ce que j’ai. Et je peux apprendre autrement. »
C’est tout. Pas de technique complexe. Juste une permission de recommencer, plus doucement.
Si vous sentez que ces erreurs sont devenues des schémas trop ancrés, si vous avez essayé de changer seul sans y parvenir, je vous invite à prendre rendez-vous. Nous pouvons explorer ensemble ce qui se joue pour vous, dans un cadre confidentiel et sans jugement. Je reçois à Saintes, et je propose aussi des séances en visio pour ceux qui sont plus éloignés.
Vous n’avez pas à traverser cela seul. Et c’est précisément en lâchant cette exigence que vous retrouverez une régulation émotionnelle apaisée et durable.
Prenez soin de vous.
Thierry Sudan, praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle – Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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