3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des indices concrets pour reconnaître un déséquilibre émotionnel.
Vous êtes peut-être en train de lire ces lignes parce que vous vous sentez, depuis quelque temps, comme une cocotte-minute sur le point d’exploser. Ou à l’inverse, vous avez l’impression d’être en pilote automatique, les émotions en berne, presque anesthésié. Ces deux extrêmes – la tempête intérieure ou la glace – sont souvent les deux faces d’une même pièce : la dysrégulation émotionnelle.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et depuis 2014 j’accompagne des adultes qui viennent me voir avec ce qu’ils appellent « un truc qui cloche » sans toujours savoir le nommer. Ils me disent : « Je suis trop sensible », « Je pète les plombs pour rien », « Je n’arrive pas à me calmer », ou encore « Je ne sais même plus ce que je ressens ». Derrière ces phrases, il y a presque toujours un système nerveux qui a perdu son équilibre.
La dysrégulation émotionnelle, ce n’est pas un diagnostic médical officiel au sens d’une maladie, mais c’est un concept extrêmement utile pour comprendre ce qui se joue en vous. Elle décrit une difficulté à moduler vos émotions, à les accueillir sans qu’elles vous submergent ou vous paralysent. Et le premier pas pour en sortir, c’est de reconnaître les signes. Pas pour vous étiqueter, mais pour vous outiller.
Voici cinq signes concrets, tirés de mon expérience en cabinet, qui peuvent vous indiquer que votre système émotionnel a besoin d’un peu d’attention.
C’est probablement le signe le plus visible, et celui qui amène le plus de personnes dans mon cabinet. Vous vivez une situation banale : votre conjoint laisse traîner une chaussette, un collègue vous fait une remarque anodine, ou vous êtes coincé dans un embouteillage. Et là, en quelques secondes, une vague d’irritation, de rage ou de tristesse vous submerge. Vous dites ou faites des choses que vous regrettez immédiatement après. Vous vous entendez crier, ou vous sentez les larmes monter sans pouvoir les contrôler, alors que « ce n’est pas si grave ». La honte et la culpabilité suivent souvent, comme un deuxième round.
Je pense à Paul, un commercial de 42 ans que j’ai reçu il y a quelques mois. Il était connu dans son équipe pour « péter un câble » dès qu’un client annulait une réunion. Il disait : « Je deviens fou, je sais que ce n’est pas la fin du monde, mais mon corps réagit comme si on venait de m’annoncer une catastrophe. Mon cœur s’emballe, je sens une chaleur dans la poitrine, et je dois me retenir de balancer mon téléphone contre le mur. »
Ce que vous devez comprendre, c’est que cette disproportion n’est pas un défaut de caractère ou un manque de volonté. C’est le signe que votre système nerveux a été conditionné à percevoir certaines situations comme des menaces pour votre survie, même quand elles ne le sont pas objectivement. Votre cerveau limbique, cette partie ancienne et rapide, prend le contrôle avant que votre cortex préfrontal, plus rationnel, n’ait eu le temps de dire « doucement, ce n’est qu’une chaussette ».
Le mécanisme est simple : quand vous avez vécu des stress répétés ou intenses dans le passé (parfois dans l’enfance, parfois dans une relation toxique, parfois simplement une accumulation de micro-stress), votre système nerveux se cale sur un mode « hypervigilance ». Il est constamment prêt à réagir, comme un détecteur de fumée trop sensible qui se déclenche pour une vapeur de douche.
« La disproportion n’est pas un défaut de caractère. C’est le signe que votre système nerveux a été conditionné à percevoir des menaces là où il n’y en a plus. »
Si vous vous reconnaissez, sachez que ce n’est pas une fatalité. Avec des outils comme l’hypnose ericksonienne ou l’IFS (Internal Family Systems), on peut apprendre à « re-calibrer » ce détecteur, à lui donner une conscience, à ralentir le temps entre le stimulus et la réponse. Mais déjà, le simple fait d’identifier ce signe est un premier pas.
Un autre signe, moins bruyant mais tout aussi handicapant, c’est la difficulté à mettre des mots sur vos émotions. Vous savez que vous « allez mal », ou que « ça ne va pas », mais vous êtes incapable de dire si c’est de la tristesse, de la colère, de la peur, de la honte, ou un mélange. On appelle cela l’alexithymie, un terme savant pour dire « pas de mots pour les émotions ». Mais ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un trouble définitif, c’est souvent une adaptation.
Je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « Je ne sais pas ce que je ressens. Je sais juste qu’il y a une boule ici (en montrant le ventre ou la gorge), et que ça me gêne. » Certaines passent des années à consulter pour de l’anxiété, alors qu’en creusant, on découvre une colère rentrée ou une tristesse non digérée.
Pourquoi cette difficulté ? Parce que dans certaines histoires de vie, exprimer ses émotions était dangereux ou interdit. « Arrête de pleurer, ce n’est pas grave », « Ne sois pas en colère, tu es ingrat », « Tu n’as pas peur, tu es un grand ». À force d’entendre ça, on apprend à couper le signal. Le problème, c’est qu’on ne coupe pas seulement l’expression, on coupe aussi la perception. Les émotions continuent d’exister dans le corps, mais sans étiquette, elles deviennent un brouhaha incompréhensible. Et ce brouhaha, on le traduit souvent par des symptômes physiques : fatigue chronique, tensions musculaires, maux de tête, troubles digestifs.
Un exemple concret : imaginez que vous êtes au volant, et que quelqu’un vous fait une queue de poisson. Vous sentez une poussée d’adrénaline, votre cœur bat plus vite, vos mâchoires se serrent. Si vous êtes capable de vous dire « je suis en colère », vous pouvez choisir de klaxonner, de respirer, ou de lâcher prise. Mais si vous ne savez pas nommer cette émotion, vous allez peut-être rester tendu toute la journée, sans comprendre pourquoi vous êtes irritable avec vos collègues ou votre famille.
L’hypnose, et surtout l’IFS, permet de rétablir ce lien avec votre monde intérieur. On apprend à écouter le corps, à associer des sensations à des émotions, à donner une voix à ces parties de vous qui ressentent. C’est un apprentissage, comme une langue étrangère, mais ça se réapprend.
Celui-ci est plus sournois. Vous ne vous sentez pas forcément « explosif » ou « vide ». Vous êtes plutôt « prudent », « raisonnable », peut-être même « fiable ». Mais en y regardant de plus près, vous organisez votre vie pour éviter toute confrontation émotionnelle. Vous refusez les promotions parce qu’elles impliquent plus de pression sociale. Vous évitez les relations amoureuses sérieuses, ou vous les sabotez dès qu’elles deviennent intimes. Vous ne regardez pas les films tristes aux informations. Vous dites « oui » à tout pour éviter les conflits, même si ça vous épuise.
Cette stratégie d’évitement est une tentative de régulation émotionnelle, mais elle est coûteuse. À force d’éviter, votre monde se rétrécit. Vous vous privez de la joie, de l’amour, de l’excitation, parce que ces émotions positives sont aussi intenses que les négatives, et votre système nerveux ne fait plus la différence : toute intensité est perçue comme une menace.
Je pense à Claire, une enseignante de 38 ans. Elle venait pour des crises d’angoisse, mais en parlant, on a découvert qu’elle ne sortait pratiquement plus le week-end. « Je préfère rester chez moi, au calme. De toute façon, sortir est une source de stress : le bruit, les gens, les imprévus… » Elle avait tellement organisé sa vie autour de l’évitement qu’elle se sentait seule et déprimée, mais elle ne faisait pas le lien avec sa peur des émotions.
L’évitement est un piège. Plus vous évitez, plus votre cerveau enregistre que ces situations sont dangereuses, et plus l’anxiété augmente. C’est un cercle vicieux. La clé, ce n’est pas de vous forcer à tout affronter d’un coup – ce serait de la dysrégulation inverse – mais d’apprendre à tolérer progressivement l’inconfort, en étant accompagné. L’hypnose ericksonienne peut vous aider à créer un état de sécurité intérieure, une base stable depuis laquelle vous pouvez vous aventurer, un pas après l’autre.
Le quatrième signe concerne la récupération. Tout le monde peut s’énerver ou avoir peur. La différence entre une personne régulée et une personne dysrégulée, c’est le temps de retour à l’équilibre. Vous, peut-être, après une dispute ou une situation stressante, vous restez tendu pendant des heures, voire des jours. Vous ruminez, vous ressassez, votre corps reste en état d’alerte : difficultés à dormir, mâchoires serrées, estomac noué, épaules hautes.
Votre système nerveux a deux branches principales : le système sympathique (accélérateur, pour l’action et le stress) et le parasympathique (frein, pour le repos et la digestion). Dans la dysrégulation, le frein est faible ou grippé. Vous appuyez sur l’accélérateur, mais il reste bloqué. Le stress devient chronique, même quand la source est partie.
Un patient, Marc, 50 ans, dirigeait une PME. Il me disait : « Le soir, je rentre, je m’assois dans le canapé, ma femme me parle, mais je suis encore dans ma journée. Mon corps ne s’arrête pas. Je mets deux heures à décompresser, si j’y arrive. Parfois je bois un verre pour forcer l’arrêt, mais le lendemain je suis encore plus fatigué. »
Ce signe est épuisant, parce que vous n’avez jamais de vraie pause. Vous fonctionnez en mode survie permanent, ce qui use le corps et l’esprit. Les conséquences sont multiples : épuisement, irritabilité, baisse de l’immunité, troubles du sommeil.
Ce que j’aime dans l’hypnose ericksonienne, c’est qu’elle permet de réactiver ce frein parasympathique. En séance, on apprend à votre système nerveux à ralentir, à descendre en dessous du seuil de stress. Et avec la pratique, vous pouvez reproduire cet état chez vous, sans ma présence. C’est comme réapprendre à un enfant à faire du vélo : au début, on tient le guidon, puis il part seul.
Le dernier signe, c’est l’instabilité. Vos émotions changent comme le vent, sans que vous compreniez pourquoi. Vous pouvez être joyeux le matin, et au bord des larmes à midi, pour une raison que vous ne saisissez pas. Ou alors, vous passez de la colère à l’apathie en un claquement de doigts. Cette labilité émotionnelle est très déstabilisante, parce qu’elle vous donne l’impression de ne pas vous connaître, de ne pas pouvoir compter sur vous-même.
C’est souvent le résultat d’un système nerveux fragmenté. En IFS, on dirait qu’il y a des « parties » de vous qui réagissent de manière indépendante, sans communication entre elles. Une partie qui a été blessée dans le passé peut s’activer soudainement, et prendre le contrôle de toute votre personnalité. Une minute vous êtes adulte et rationnel, la minute d’après vous êtes un enfant terrifié ou un adolescent en révolte.
Sophie, 34 ans, infirmière, décrivait ça comme « vivre dans un manège émotionnel » : « Un rien me fait pleurer, puis je suis en colère contre moi-même de pleurer, puis je me sens vide, puis je rigole nerveusement. Je ne sais jamais qui je vais être en me levant. » Elle avait l’impression de ne pas avoir de « personnalité stable », ce qui la faisait souffrir dans ses relations.
Ce signe est souvent lié à un trauma complexe ou à un attachement insécure. Mais il n’est pas une condamnation à vie. L’IFS est particulièrement efficace ici, parce qu’il permet de dialoguer avec ces différentes parties, de comprendre leur rôle, et de les aider à se détendre. L’objectif n’est pas de supprimer les émotions, mais de créer un leadership intérieur, une partie « Soi » qui peut accueillir toutes les autres sans être submergée.
Avant d’aller plus loin, je veux être clair sur un point : reconnaître ces signes ne fait pas de vous un « cas » ou un « malade ». La dysrégulation émotionnelle est une question de degré, pas de nature. Tout le monde a des moments où il réagit de manière disproportionnée ou se sent submergé. La différence, c’est l’intensité et la fréquence.
Ces signes ne sont pas non plus une excuse. Ils expliquent, mais ne justifient pas tout. La responsabilité de vos actes vous appartient toujours. Mais comprendre le mécanisme, c’est vous donner une chance d’agir sur la cause, pas seulement sur les symptômes.
Enfin, ces signes peuvent être amplifiés par d’autres facteurs : manque de sommeil, alimentation déséquilibrée, consommation d’alcool ou de drogues, isolement social. Si vous êtes dans une phase aiguë de stress, commencez par prendre soin de votre hygiène de vie de base. C’est le socle.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, voici ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui, sans attendre une séance :
Observez sans juger. Pendant les prochains jours, notez simplement les moments où vous sentez une réaction disproportionnée, ou un changement d’état brutal. Notez la situation, la sensation dans le corps, et l’émotion si vous arrivez à la nommer. Pas pour vous critiquer, juste pour cartographier votre territoire émotionnel.
Respirez en rallongeant l’expiration. C’est un outil immédiat pour activer le frein parasympathique. Inspirez sur 4 temps, expirez sur 6 ou 8. Faites-le 5 fois de suite, plusieurs fois par jour, surtout dans les moments de tension.
Parlez à vos émotions comme à des invités. Quand une émotion forte arrive (colère, peur, tristesse), essayez de lui dire intérieurement : « Je te vois, je te ressens, tu es la bienvenue. Tu peux rester un moment. » C’est étrange au début, mais ça change la relation. Vous passez de « je suis en colère » à « j’ai une partie de moi qui ressent de la colère ». La nuance est immense.
Ces trois gestes ne résoudront pas tout, mais ils créent un espace. Un espace entre le stimulus et la réponse, entre l’émotion et l’action. Et c’est dans cet espace que se trouve votre liberté.
Si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus profond, sachez que je suis là. L’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle sont des outils puissants pour remettre de l’ordre dans ce chaos intérieur. On ne vise pas à supprimer vos émotions – elles sont la couleur de votre vie – mais à vous redonner le volant.
Je vous reçois à Saintes, en cabinet, ou en visio si vous êtes plus loin. La première séance est souvent un temps d’écoute, pour poser les choses, sans pression. Prenez soin de vous, un signe à la fois.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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