3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Deux troubles qui se ressemblent mais ne se traitent pas pareil.
Tu es peut-être en train de lire ces lignes parce que, depuis des mois, tu ressens une espèce de vide. Une fatigue qui ne passe pas. Une impression de ne plus rien ressentir, ou alors un brouillard émotionnel qui t’empêche de nommer ce qui se passe en toi. Et si tu es comme beaucoup de personnes qui viennent me voir à Saintes, tu t’es peut-être déjà dit : « Je suis peut-être déprimé. » Ou alors, on te l’a dit. Un médecin, un proche, ou même toi-même, en cherchant sur Internet.
Mais voilà : parfois, ce qui ressemble à une dépression n’en est pas une. Ou du moins, pas uniquement. Il existe un trouble moins connu, plus discret, qui peut imiter la dépression, mais qui ne se traite pas de la même manière : l’alexithymie. Le mot est compliqué, je te l’accorde. Mais le phénomène, lui, est très concret. Et si tu te reconnais dans ce qui suit, cela pourrait changer ta façon de comprendre ta souffrance – et surtout, t’ouvrir une porte vers un mieux-être que tu pensais inaccessible.
Alors, comment faire la différence entre une dépression et une alexithymie ? Et pourquoi est-ce crucial de ne pas les confondre ? Je vais t’expliquer cela simplement, à partir de ce que je vois dans mon cabinet, avec des exemples réels (anonymisés, bien sûr), et en te donnant des pistes concrètes pour avancer.
Commençons par une définition claire. L’alexithymie, littéralement, c’est « absence de mots pour les émotions ». Ce n’est pas une maladie mentale au sens classique, mais plutôt un trait de fonctionnement – un mode d’être au monde. Les personnes alexithymiques ont du mal à identifier, nommer et exprimer leurs émotions. Ce n’est pas qu’elles n’ont pas d’émotions, c’est qu’elles n’y ont pas accès de manière consciente et claire.
Imagine-toi devant un tableau abstrait. Tu vois des couleurs, des formes, des textures. Tu sens que « quelque chose se passe », mais tu es incapable de dire si c’est de la tristesse, de la colère, de la joie ou de la peur. C’est un peu ça, l’alexithymie : les émotions sont là, mais elles restent floues, indifférenciées, souvent vécues comme des sensations physiques plutôt que comme des sentiments. Une boule dans le ventre, une tension dans les épaules, une fatigue soudaine – mais pas de mots pour dire « je suis en colère » ou « je suis triste ».
Un exemple concret : Paul, 42 ans, coureur amateur, est venu me voir pour une « perte de motivation ». Il ne comprenait pas pourquoi il n’arrivait plus à s’entraîner. Il se décrivait comme « vide », « sans énergie ». En discutant, il m’a dit : « Je ne sais pas ce que je ressens. Je sais juste que je suis fatigué. » Pourtant, dans sa vie, il y avait des sources évidentes de stress : un conflit au travail, une séparation récente. Mais pour Paul, ces événements n’étaient pas reliés à des émotions. Il les vivait comme des faits, des problèmes à résoudre, sans accès à la couche émotionnelle. C’est ça, l’alexithymie : une déconnexion entre le corps et le langage émotionnel.
Cette difficulté n’est pas un choix. Ce n’est pas que la personne est « froide » ou « insensible ». C’est un mécanisme qui s’installe souvent dans l’enfance, parfois en réaction à un environnement où les émotions n’étaient pas accueillies, ou alors par un tempérament naturel. L’alexithymie toucherait environ 10 % de la population générale, mais ce chiffre monte à 30-50 % chez les personnes souffrant de troubles comme la dépression, l’anxiété ou les addictions. C’est pourquoi la confusion est si fréquente.
Point clé : L’alexithymie, ce n’est pas l’absence d’émotions. C’est l’incapacité à les reconnaître et à les exprimer. Les émotions sont là, mais elles restent muettes, souvent somatisées.
De l’autre côté, la dépression est un trouble de l’humeur bien documenté. Elle se caractérise par une tristesse profonde, une perte d’intérêt ou de plaisir (anhédonie), une fatigue persistante, des troubles du sommeil ou de l’appétit, et souvent des pensées négatives sur soi-même, le monde et l’avenir. Contrairement à l’alexithymie, une personne dépressive sait généralement qu’elle est triste, qu’elle se sent vide ou désespérée. Elle peut nommer cette tristesse, même si elle ne voit pas d’issue.
Prenons l’exemple de Marie, 35 ans, venue pour une « fatigue chronique ». Elle pleurait facilement en consultation. Elle disait : « Je me sens nulle, je n’arrive plus à rien, tout est noir. » Elle identifiait clairement sa tristesse et son sentiment d’impuissance. Elle avait perdu le goût de cuisiner, de voir ses amis, de faire du sport. Les critères de la dépression étaient présents : humeur dépressive, anhédonie, troubles du sommeil, perte d’estime de soi. Pour Marie, le problème n’était pas de reconnaître ses émotions, mais de les vivre comme une souffrance continue.
La différence fondamentale est là : dans la dépression, l’émotion est présente et reconnue (même si elle est douloureuse). Dans l’alexithymie, l’émotion est absente de la conscience, ou alors vécue comme un vague malaise physique. C’est pourquoi certaines personnes alexithymiques peuvent sembler « déprimées » sans pour autant répondre aux critères d’un épisode dépressif majeur. Elles ont un vide intérieur, mais ce vide n’est pas une tristesse identifiable – c’est plutôt une incapacité à ressentir quoi que ce soit de précis.
Mais attention : les deux peuvent coexister. Beaucoup de personnes dépressives développent une alexithymie secondaire, comme une protection contre une douleur trop forte. Et inversement, l’alexithymie peut favoriser la dépression, car ne pas comprendre ses émotions empêche de les réguler, ce qui crée un stress chronique. C’est un jeu de miroirs dangereux, et c’est pour ça qu’un diagnostic précis est essentiel.
Si tu te demandes encore pourquoi la confusion est si fréquente, regardons les symptômes qui se chevauchent.
Je me souviens de Lucas, 28 ans, footballeur amateur. Il venait pour des « crises d’angoisse » avant les matchs. Il décrivait une tension énorme, des palpitations, une boule dans la gorge. Mais quand je lui demandais ce qu’il ressentait émotionnellement, il répondait : « Je ne sais pas, je suis juste stressé. » En creusant, il s’est avéré qu’il ne pouvait pas distinguer la peur de la colère, ou l’excitation de l’anxiété. Tout était « stress ». Il n’était pas déprimé, mais il était alexithymique. Et ce stress non reconnu le paralysait.
Le piège, c’est que les traitements classiques de la dépression (antidépresseurs, thérapies cognitivo-comportementales) peuvent ne pas fonctionner sur l’alexithymie, ou même l’aggraver. Parce que le problème n’est pas de « remonter l’humeur » ou de « changer les pensées négatives », mais d’apprendre à ressentir et à nommer ce qui est là. C’est un travail de fond, presque un réapprentissage émotionnel.
Si tu consultes pour une dépression et que tu es en réalité alexithymique (ou les deux), le risque est de tourner en rond. J’ai vu des patients qui avaient suivi des thérapies classiques pendant des années sans amélioration. Ils avaient appris à « positiver », à « restructurer leurs pensées », mais rien ne changeait. Parce que le vrai problème n’était pas dans le contenu de leurs pensées, mais dans l’absence de connexion à leur vécu émotionnel.
Prenons un exemple : on dit souvent à une personne dépressive de « se forcer à faire des activités agréables ». C’est une technique efficace pour relancer la dopamine. Mais si tu es alexithymique, tu ne sais même pas ce qui est « agréable » pour toi. Tu vas faire les choses mécaniquement, sans ressenti, et tu risques de te sentir encore plus vide. La prescription devient une corvée.
Autre exemple : les thérapies qui encouragent l’expression émotionnelle (« dis-moi ce que tu ressens ») peuvent être vécues comme une pression insupportable pour une personne alexithymique. Elle ne peut pas répondre. Elle se sent nulle, incomprise, et abandonne la thérapie en se disant « je suis un cas désespéré ». Alors que le problème n’est pas elle, mais l’approche. Il faut d’abord lui apprendre à écouter son corps, à distinguer les sensations, avant de pouvoir mettre des mots dessus.
C’est là que des approches comme l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) ou l’Intelligence Relationnelle entrent en jeu. Elles ne partent pas du postulat que tu « sais » déjà ce que tu ressens. Elles t’aident à le découvrir. L’hypnose, par exemple, permet de contourner le mental analytique et d’accéder à des sensations corporelles, des images, des souvenirs émotionnels. L’IFS, lui, travaille avec les « parties » de toi qui bloquent ou protègent l’accès aux émotions. L’Intelligence Relationnelle, enfin, t’apprend à lire les signaux de ton corps et à les relier à des mots précis, dans un cadre sécurisé.
Point clé : Une erreur de diagnostic peut mener à des années de traitements inefficaces. Distinguer alexithymie et dépression, c’est choisir la bonne clé pour ouvrir la bonne porte.
Alors, comment savoir si tu es plutôt dans une dynamique dépressive, alexithymique, ou les deux ? Voici quelques questions à te poser, honnêtement. Ce n’est pas un diagnostic, mais un point de départ.
Si tu réponds « oui » à plusieurs de ces questions, surtout les 1, 2, 3 et 5, il est probable que l’alexithymie joue un rôle dans ta souffrance. Attention : cela ne signifie pas que tu n’as pas aussi une dépression. Mais cela signifie qu’un travail spécifique sur la reconnaissance émotionnelle pourrait être la pièce manquante.
Un autre indice : dans la dépression classique, les émotions sont souvent « négatives » mais claires. Dans l’alexithymie, elles sont absentes ou confuses. Par exemple, une personne dépressive peut dire « je suis triste et en colère contre moi-même ». Une personne alexithymique dira « je me sens bizarre, j’ai mal partout, je ne sais pas pourquoi ».
Si tu te reconnais dans ce portrait, sache qu’il y a des chemins pour sortir de ce brouillard. Ces trois approches que j’utilise à Saintes sont particulièrement adaptées, car elles ne te demandent pas d’avoir déjà un langage émotionnel. Elles t’aident à le construire.
L’hypnose ericksonienne : elle permet de créer un état de conscience modifié où le mental critique se calme. Dans cet état, on peut explorer les sensations corporelles sans pression. Par exemple, je peux te guider pour que tu portes attention à une tension dans ton épaule, et que tu laisses venir des images ou des mots associés. Peu à peu, ton corps devient un traducteur de tes émotions. Un patient m’a dit un jour : « Pendant l’hypnose, j’ai senti une boule dans ma gorge, et j’ai compris que c’était de la colère que je n’avais jamais exprimée. » C’est ce genre de découverte qui change tout.
L’IFS (Internal Family Systems) : cette approche considère que notre psyché est faite de « parties » – des sous-personnalités qui ont des rôles et des émotions. Certaines parties peuvent bloquer l’accès aux émotions pour te protéger (par exemple, une partie « contrôle » qui empêche de ressentir la tristesse, de peur que tu t’effondres). En IFS, on apprend à dialoguer avec ces parties, à les comprendre et à les apaiser. Petit à petit, la partie protectrice accepte de laisser place à l’émotion retenue. C’est un travail doux, respectueux, qui ne force jamais.
L’Intelligence Relationnelle : c’est un cadre plus structuré, basé sur la psychologie humaniste, qui t’apprend à identifier et à exprimer tes émotions de manière progressive. On commence par des exercices simples : tenir un journal des sensations corporelles, nommer une émotion par jour, ou encore utiliser des listes de mots émotionnels (il en existe des centaines). On travaille aussi sur la communication avec les autres, pour que tu puisses dire « je ressens une tension » au lieu de « je ne sais pas ». C’est un apprentissage, comme une langue étrangère.
Ces trois approches ne sont pas magiques. Elles demandent du temps, de la régularité, et une certaine curiosité envers toi-même. Mais elles offrent une issue là où les approches classiques peuvent échouer. Elles ne cherchent pas à « guérir » une dépression en te donnant des outils, mais à te reconnecter à toi-même, à ton corps, à tes émotions.
Si tu arrives à la fin de cet article, c’est peut-être parce que tu cherches une réponse à une souffrance qui dure, qui résiste, qui te semble incompréhensible. Peut-être que tu as déjà consulté, déjà essayé des choses, sans résultat. Peut-être que tu te sens seul(e) dans ce brouillard.
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À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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