3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Une approche pour dialoguer avec vos émotions et libérer les tensions.
Vous avez probablement déjà vécu cette sensation. Vous êtes allongé dans votre lit, le corps vidé par une journée éreintante, et pourtant votre esprit refuse de s’éteindre. Une voix intérieure répète en boucle les mêmes scénarios : « J’aurais dû dire ça », « Et si ça tournait mal demain ? », « Je n’ai pas le contrôle ». Vous essayez de respirer, de compter les moutons, mais rien n’y fait. Le stress s’accroche à vous comme une vieille habitude tenace.
Ce que vous vivez n’est pas un défaut de personnalité. C’est le signe qu’une partie de vous essaie de vous protéger, mais de manière maladroite, voire épuisante. En IFS (Internal Family Systems), nous appelons ces voix intérieures des « parts ». Elles ne sont pas vos ennemies. Ce sont des fragments de votre psyché qui portent des croyances, des émotions et des stratégies de survie. Le problème ? Elles fonctionnent souvent en roue libre, sans que vous sachiez comment les apaiser.
Je suis Thierry Sudan, praticien installé à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois chaque jour des adultes qui viennent avec cette plainte : « Je craque, je n’arrive pas à lâcher prise. » L’IFS est l’un des outils les plus puissants que j’utilise pour les aider à identifier ces parts qui gardent le stress, et à leur redonner une place saine. Aujourd’hui, je vais vous montrer comment cette approche fonctionne, avec des exemples concrets, et vous donner des pistes pour commencer à dialoguer avec vos émotions.
Imaginez votre esprit comme une maison. Dans cette maison, il y a plusieurs pièces. Certaines sont lumineuses, accueillantes. D’autres sont fermées à clé, pleines de poussière et de vieux objets cassés. En IFS, on considère que votre Moi central – votre essence calme, curieuse et connectée – est le propriétaire légitime. Mais souvent, des parts prennent le contrôle. Elles deviennent des gardiens.
Ces gardiens ne sont pas mauvais. Ils ont été créés pour vous protéger d’une menace, réelle ou perçue. Par exemple, une part « perfectionniste » peut vous pousser à tout contrôler pour éviter la honte d’un échec. Une part « alarmiste » peut vous maintenir en état d’alerte pour anticiper le moindre danger. Le problème survient quand ces parts deviennent hyperactives. Elles ne savent plus s’arrêter. Le stress chronique, c’est souvent une part qui crie « Danger ! » alors que le danger est passé depuis longtemps.
Prenons l’exemple de Claire, une consultante en ressources humaines de 42 ans. Elle venait me voir pour des insomnies et une tension constante dans les épaules. En séance, elle m’a raconté une scène banale : son chef lui avait envoyé un mail un peu sec à 18h. Depuis, elle n’arrivait pas à décrocher. Elle avait relu le message dix fois, imaginé des réponses possibles, anticipé une engueulade. Son corps était en mode combat, prêt à se défendre.
En IFS, nous avons identifié une part « hypervigilante ». Cette part était née il y a vingt ans, quand Claire travaillait dans un environnement toxique où un simple regard pouvait annoncer un licenciement. À l’époque, cette part l’avait sauvée : elle l’avait rendue réactive, capable de détecter les signaux faibles. Mais aujourd’hui, dans un contexte sain, cette part continuait à jouer le même rôle. Elle gardait le stress comme un chien de garde trop zélé.
Le stress chronique est souvent le symptôme d’une part qui croit encore que vous êtes en danger. Elle utilise l’anxiété, la rumination ou la tension musculaire comme des signaux d’alarme. Mais ces signaux ne sont plus utiles. Ils deviennent une prison.
« Une part qui garde le stress n’est pas un défaut à éliminer. C’est un protecteur qui a besoin d’être écouté et rassuré. Quand vous l’écoutez vraiment, elle peut lâcher prise. »
L’IFS repose sur une idée simple mais révolutionnaire : votre psyché est composée de multiples parts, et chacune a une intention positive. Même celle qui vous fait ruminer à 3h du matin essaie de vous aider. Mais pour comprendre pourquoi elle agit ainsi, il faut distinguer deux grands types de parts : les protectrices et les exilées.
Les parts protectrices sont celles que vous rencontrez au quotidien. Ce sont les managers (ceux qui organisent, contrôlent, anticipent) et les pompiers (ceux qui réagissent en urgence pour éteindre un feu émotionnel). Les managers, par exemple, peuvent être des parts « perfectionniste », « critique intérieur », « faiseuse de listes ». Les pompiers, eux, sont plus impulsifs : ils peuvent vous pousser à manger du sucre, à boire, à scroller compulsivement, ou à exploser de colère.
Ces protectrices ne sont pas vos ennemies. Elles tentent de vous éviter la douleur. Mais elles le font souvent en maintenant le stress à un niveau élevé, comme une alarme qui ne s’éteint jamais.
Sous les protectrices se cachent les parts exilées. Ce sont des parties plus jeunes, souvent blessées, qui portent des émotions brutes : honte, peur, tristesse, solitude. Elles ont été « exilées » parce que leur douleur était trop intense à un moment donné. Par exemple, une part exilée peut être celle de l’enfant qui s’est senti rejeté à l’école, ou celle de l’adolescent humilié par un parent.
Les protectrices travaillent dur pour que vous ne sentiez pas ces exilées. Le problème ? Pour y parvenir, elles doivent maintenir un état de stress permanent. C’est un peu comme si vous vissiez le couvercle d’une cocotte-minute en laissant le feu allumé. À un moment, ça explose.
Prenons l’exemple de Marc, un commercial de 38 ans. Il venait pour des crises d’angoisse soudaines, surtout avant des réunions importantes. En IFS, nous avons rencontré une part protectrice « hyper-performante ». Elle lui disait : « Tu dois être parfait, sinon tu vas te faire virer. » Sous cette part, nous avons trouvé une exilée : un petit garçon de 8 ans, terrifié à l’idée de décevoir son père, un homme exigeant qui ne montrait jamais de satisfaction.
Quand Marc a pu écouter cette exilée, lui offrir de la compassion, la protectrice a pu se détendre. Le stress lié aux réunions a diminué de façon spectaculaire. Non pas parce que Marc avait « contrôlé » son anxiété, mais parce qu’il avait compris son origine.
L’IFS vous apprend à ne pas vous identifier à vos protectrices. Vous n’êtes pas votre stress. Vous êtes celui ou celle qui peut observer ces parts avec curiosité. Et c’est là que la libération commence.
Vous n’avez pas besoin d’être en séance pour commencer à expérimenter l’IFS. Voici une méthode en trois étapes que vous pouvez essayer chez vous, dans un moment calme. Prenez cinq minutes, installez-vous confortablement, et respirez.
Étape 1 : Accueillir la sensation ou l’émotion sans jugement
Quand le stress monte, ne cherchez pas à le chasser. Au contraire, portez votre attention sur la sensation physique ou l’émotion. Où se situe-t-elle dans votre corps ? Dans la poitrine, la gorge, le ventre ? Quelle forme a-t-elle ? Une boule, une tension, une chaleur ? Donnez-lui un nom simple : « Cette tension dans les épaules », « Cette boule dans l’estomac ».
Ne cherchez pas à l’analyser. Restez simplement présent. Vous pouvez dire intérieurement : « Je te vois, je sens ta présence. » Ce geste d’accueil est déjà un changement radical. Au lieu de lutter contre le stress, vous l’incluez dans votre expérience. Cela crée un espace de sécurité.
Un patient, Julien, me racontait qu’avant chaque rendez-vous client, il sentait une pression dans la poitrine. Au lieu de l’ignorer, il a commencé à poser sa main sur son sternum et à dire : « D’accord, je sens cette pression. » Résultat ? La sensation s’est atténuée en quelques secondes. Pourquoi ? Parce que la part qui générait cette pression a été reconnue. Elle n’avait plus besoin de crier.
Étape 2 : Poser des questions à la part comme à une personne
Une fois que vous avez accueilli la sensation, vous pouvez dialoguer avec elle. Imaginez que cette part est une personne assise en face de vous. Posez-lui des questions ouvertes, avec curiosité, sans attente de réponse précise. Vous pouvez dire ou penser :
Ne forcez pas la réponse. Parfois, elle vient sous forme de mots, parfois d’images, de souvenirs ou de sensations. L’important est de rester dans une attitude d’écoute bienveillante. Si une critique intérieure vous dit « C’est stupide », accueillez cette critique aussi. C’est une autre part.
Isabelle, une enseignante de 45 ans, a fait cet exercice pour une angoisse qui montait chaque dimanche soir. En posant la question « Que veux-tu que je sache ? », elle a vu une image : elle, enfant, debout devant une classe vide, terrifiée à l’idée de ne pas être à la hauteur. La part stressée n’était pas une ennemie. C’était une petite fille qui avait besoin d’être rassurée.
Étape 3 : Offrir de la compassion et demander ce dont la part a besoin
Une fois que vous avez entendu la part, vous pouvez lui répondre avec douceur. Dites-lui : « Je te vois, je te comprends. Merci de me protéger. » Ensuite, demandez-lui : « De quoi as-tu besoin maintenant ? »
Souvent, la part a besoin de quelque chose de simple : être reconnue, être rassurée, ou savoir que vous, adulte, êtes capable de gérer la situation. Parfois, elle a besoin que vous preniez une action concrète (par exemple, envoyer un mail pour clarifier une situation). D’autres fois, elle a juste besoin que vous restiez présent.
Ne vous attendez pas à ce que la part disparaisse. Elle peut rester, mais avec moins d’intensité. L’objectif n’est pas de tuer le stress, mais de le transformer en une présence apaisée.
Ces trois étapes sont un début. Plus vous les pratiquerez, plus vous développerez une relation de confiance avec vos parts. Le stress ne sera plus un ennemi à combattre, mais un messager à écouter.
Vous avez probablement déjà essayé la respiration profonde, la méditation, ou le sport pour gérer votre stress. Et ça a marché… un temps. Puis le stress est revenu, parfois plus fort. Pourquoi ? Parce que ces techniques agissent sur les symptômes, pas sur la cause.
La relaxation est comme un cachet d’aspirine. Elle calme la douleur, mais si la source est une infection, l’aspirine ne guérit pas. L’IFS, elle, va à la source. Elle identifie la part qui produit le stress, et elle transforme la relation que vous entretenez avec elle.
Prenons l’exemple de Sophie, une infirmière de 35 ans. Elle pratiquait la cohérence cardiaque deux fois par jour. Ça la calmait sur le moment, mais dès qu’elle entrait dans le service, la tension revenait. En IFS, nous avons découvert une part « sauveuse » qui croyait qu’elle devait sauver tout le monde, sinon elle ne valait rien. Cette part était épuisée. La cohérence cardiaque ne faisait que masquer son épuisement. En dialoguant avec elle, Sophie a pu lui dire : « Tu n’es pas seule. Tu peux lâcher prise. » La tension a diminué durablement.
Une autre limite des techniques de relaxation : elles peuvent renforcer la lutte contre le stress. Vous vous dites : « Je dois me calmer, sinon je vais craquer. » Cette injonction est elle-même une source de stress. L’IFS, au contraire, vous invite à arrêter de lutter. Vous accueillez la part stressée, vous l’écoutez, et elle se calme d’elle-même.
Enfin, l’IFS vous donne un cadre pour comprendre pourquoi vous réagissez comme vous le faites. Ce n’est pas une boîte à outils aléatoire. C’est une carte de votre psyché. Une fois que vous savez que votre stress est lié à une part protectrice qui a peur de l’échec, vous pouvez agir sur cette peur, pas seulement sur la tension.
Je ne dis pas que la relaxation est inutile. Elle peut être un excellent complément. Mais si vous voulez une transformation profonde et durable, l’IFS est plus puissante. Elle ne vous promet pas de supprimer le stress, mais de le rendre moins envahissant, plus facile à accueillir.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une crise pour repérer vos parts de stress. Voici quelques signes courants qui indiquent qu’une protectrice est aux commandes :
Quand vous repérez un de ces signes, arrêtez-vous une seconde. Posez-vous la question : « Quelle part est là en ce moment ? » Ne cherchez pas à la changer. Observez-la. Souvent, le simple fait de nommer la part crée un espace de liberté.
Un patient, Antoine, avait l’habitude de se lever plusieurs fois par nuit pour vérifier ses mails. C’était une part « hyper-responsable » qui craignait de manquer une information cruciale. En la reconnaissant, il a pu lui dire : « Je sais que tu veux bien faire. Mais je peux gérer mes mails demain matin. » La part a accepté, et ses nuits se sont améliorées.
Si vous lisez cet article, c’est probablement parce que le stress pèse sur votre quotidien. Peut-être que vous vous sentez fatigué, irritable, ou que vous avez l’impression de ne jamais pouvoir vous arrêter. Je veux vous dire une chose importante : vous n’êtes pas votre stress. Vous n’êtes pas cette voix intérieure qui vous pousse à tout contrôler, ni cette tension qui vous serre la poitrine.
Ces sensations et ces pensées sont des parts de vous. Elles ont été créées pour vous protéger, souvent dans un passé lointain. Aujourd’hui, elles peuvent apprendre à se détendre. Mais pour cela, elles ont besoin de vous. Elles ont besoin que vous les écoutiez, que vous les compreniez, que vous leur offriez de la compassion.
L’IFS n’est pas une baguette magique. Ce n’est pas une technique qui efface le stress en cinq minutes. C’est un chemin, une relation que vous construisez avec vous-même. Plus vous pratiquez, plus vous devenez capable de reconnaître vos parts, de les accueillir, et de les apaiser. Le stress ne disparaît pas complètement – ce serait irréaliste – mais il devient moins envahissant. Vous retrouvez une capacité à respirer
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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