3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un guide pour identifier votre état actuel et retrouver l'équilibre.
Vous êtes peut-être en train de lire ces lignes après une journée épuisante, ou au contraire, dans un moment de calme relatif. Mais je parie qu’en ce moment même, quelque chose en vous cherche à s’ajuster. Peut-être une tension dans vos épaules, un souffle un peu court, ou cette impression de ne pas être tout à fait « là ». C’est normal. Votre système nerveux fait son travail, souvent sans que vous le sachiez. Pourtant, il est le chef d’orchestre silencieux de votre bien-être. Depuis 2014, dans mon cabinet à Saintes, j’accompagne des adultes qui viennent me voir pour des angoisses, des burn-out, des douleurs chroniques ou simplement ce sentiment de ne pas réussir à « décrocher ». Et presque toujours, derrière ces difficultés, il y a un système nerveux qui est coincé dans un état inadapté. Aujourd’hui, je vais vous aider à reconnaître ces trois états – survie, connexion ou repos – et à comprendre comment retrouver votre équilibre.
Votre système nerveux n’est pas une machine à penser, mais un détecteur de sécurité. Il scanne en permanence votre environnement interne et externe, à la recherche de signaux de danger ou de sécurité. Ce mécanisme s’appelle la neuroception, un terme inventé par le psychologue Stephen Porges. Concrètement, votre cerveau primitif (le tronc cérébral) analyse des indices infimes : une intonation de voix, un battement de cils, une sensation corporelle, une odeur. Il ne raisonne pas, il réagit. S’il perçoit un danger, il vous plonge en mode survie. S’il perçoit une sécurité, il vous ouvre à la connexion et au repos.
Le problème, c’est que votre système nerveux peut se tromper. Il peut interpréter un email stressant comme un prédateur, ou un silence dans une conversation comme une menace. Et quand il reste bloqué dans un état, vous perdez votre flexibilité. Vous n’êtes plus capable de passer de la survie au repos, ou du repos à l’action. Vous êtes comme une voiture dont la boîte de vitesses serait bloquée sur une seule vitesse. Les trois états sont : la survie (avec ses deux facettes : combat/fuite et figement/effondrement), la connexion (engagement social) et le repos (récupération). Chacun a une fonction précise, mais seul l’équilibre entre eux permet la santé.
Prenons un exemple concret : Claire, 42 ans, cadre dans une entreprise de logistique. Elle venait me consulter pour des insomnies et une irritabilité constante. Elle disait : « Je n’arrive pas à m’arrêter, même le week-end. Dès que je m’assois, je pense à tout ce que je dois faire. » Son système nerveux était bloqué en mode survie, avec une activation permanente de combat/fuite. Elle ne pouvait pas accéder à la connexion (elle évitait les soirées entre amis) ni au repos (elle se réveillait plusieurs fois par nuit). Pendant des années, elle a cru que c’était juste son caractère. Mais c’était son système nerveux qui criait à l’aide.
Ce que vous devez retenir, c’est que ces états ne sont pas des choix conscients. Vous ne décidez pas d’être en mode survie. C’est votre système nerveux qui le fait pour vous, en fonction de ce qu’il perçoit. Et la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez apprendre à l’influencer. Pas en le forçant, mais en lui envoyant des signaux de sécurité.
L’état de survie est le plus ancien de notre histoire évolutive. Il se déclenche lorsque votre système nerveux perçoit un danger immédiat ou imminent. Il a deux sous-états : le combat/fuite (sympathique) et le figement/effondrement (dorsal vagal). Chacun a une signature physique et émotionnelle distincte.
Le combat/fuite est celui que vous connaissez sans doute le mieux. Votre cœur s’accélère, votre respiration devient rapide et superficielle, vos muscles se tendent, votre digestion ralentit, votre attention se focalise sur la menace. Vous êtes prêt à agir. Dans la vie moderne, cela se manifeste par de l’anxiété, de l’irritabilité, de l’hypervigilance, des pensées qui tournent en boucle, ou encore une envie de tout contrôler. Julien, un footballeur amateur que j’accompagne en préparation mentale, était dans cet état avant chaque match. Il disait : « Je suis stressé, je transpire, je n’arrive pas à me concentrer sur mes gestes. » Son système nerveux le préparait à fuir un lion, pas à jouer au football.
Le figement/effondrement est moins connu, mais tout aussi fréquent. C’est l’état où votre corps se fige, comme un animal qui fait le mort. Votre rythme cardiaque ralentit, votre respiration devient faible, vous vous sentez lourd, vidé, déconnecté. Vous pouvez avoir l’impression d’être dans du coton, ou de regarder votre vie de l’extérieur (dépersonnalisation). Dans le quotidien, cela ressemble à de la fatigue chronique, de la dépression, un manque de motivation, ou une tendance à « subir » les événements sans réagir. Sophie, 35 ans, assistante sociale, venait me voir pour ce qu’elle appelait « une fatigue qui ne passe pas ». Elle passait ses soirées allongée sur le canapé, sans énergie pour parler à son conjoint. Elle n’était pas paresseuse : son système nerveux était en mode figement, un mécanisme de protection après des années de stress intense.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que ces deux états ne sont pas des ennemis. Ils ont sauvé la vie de nos ancêtres. Mais quand ils deviennent chroniques, ils vous épuisent. Vous passez d’un état à l’autre, parfois dans la même journée : le matin, vous êtes en combat/fuite (vous courez après le temps), le soir, vous vous effondrez devant la télévision. Ce cycle est épuisant, et il vous empêche d’accéder à la connexion et au repos.
Point clé : L’état de survie n’est pas un défaut de caractère. C’est une réponse biologique à une perception de danger. La première étape pour en sortir est de reconnaître que vous êtes dedans, sans vous juger.
L’état de connexion est celui que Stephen Porges appelle l’engagement social. Il est activé par le système nerveux parasympathique ventral vagal. C’est l’état dans lequel vous êtes capable d’être en relation avec les autres de manière authentique, calme et sécurisée. Votre visage est détendu, votre voix est modulée, vous pouvez écouter et parler sans tension. Votre système nerveux envoie des signaux de sécurité à l’autre, et reçoit les siens.
Cet état est essentiel pour la santé, mais il est souvent négligé. Dans notre société de performance, on valorise l’action (survie) et on oublie la connexion. Pourtant, c’est dans cet état que vous pouvez résoudre des conflits, créer des liens profonds, ressentir de l’empathie, et même guérir de traumatismes. Quand vous êtes en connexion, votre corps produit de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement, qui abaisse le cortisol (l’hormone du stress) et calme votre système nerveux.
Comment reconnaître cet état ? Vous le savez peut-être déjà : vous êtes avec un ami, vous parlez tranquillement, vous riez, vous vous sentez compris. Votre respiration est régulière, vos épaules sont basses, vous n’avez pas besoin de vous justifier. C’est un état de présence, sans hypervigilance. Mais il peut être difficile à atteindre si votre système nerveux est habitué à la survie. C’est le cas de Marc, 50 ans, chef d’entreprise. Il venait me voir pour des crises d’angoisse. Il disait : « Je n’arrive plus à être avec ma femme. Dès qu’elle me parle, je me sens attaqué. » En réalité, son système nerveux restait en mode combat, même dans un contexte sécurisé. Il percevait une intonation de voix comme une menace.
L’état de connexion ne se commande pas. Vous ne pouvez pas décider d’être connecté. Mais vous pouvez créer les conditions pour que votre système nerveux se sente en sécurité. Par exemple, en ralentissant, en regardant l’autre dans les yeux (sans forcer), en parlant plus doucement, ou en faisant des gestes apaisants. Le simple fait de sourire (même si vous ne le sentez pas) peut envoyer un signal de sécurité à votre cerveau.
Un signe que vous êtes en connexion ? Vous ne cherchez pas à fuir, à combattre ou à vous figer. Vous êtes simplement « là », avec l’autre, sans agenda. C’est un état rare dans notre monde moderne, mais il est accessible.
L’état de repos est souvent confondu avec le sommeil, mais il est plus large. C’est l’état dans lequel votre système nerveux peut se régénérer, digérer, réparer les tissus, et traiter les émotions. Il est activé par le système parasympathique, mais pas par la branche ventrale (connexion) : c’est une forme de repos profond, sans vigilance sociale. Vous êtes seul, ou avec quelqu’un en qui vous avez une confiance absolue, et vous n’avez rien à prouver.
Dans cet état, votre rythme cardiaque est bas, votre respiration est lente et abdominale, votre tension artérielle diminue, votre digestion fonctionne pleinement. Vous pouvez ressentir une sensation de lourdeur, de chaleur, ou d’ancrage. C’est l’état dans lequel vous êtes après une bonne sieste, ou lorsque vous êtes allongé dans l’herbe sans penser à rien. C’est aussi l’état dans lequel votre cerveau traite les informations de la journée, consolide la mémoire et régule les émotions.
Le problème, c’est que beaucoup de personnes n’accèdent jamais vraiment au repos. Elles confondent « ne rien faire » avec « être en repos ». Mais regarder votre téléphone, scroller sur les réseaux sociaux, ou même lire ce texte (si vous êtes tendu) n’est pas du repos. Ce sont des activités qui maintiennent une activation légère. Le vrai repos, c’est l’immobilité sans distraction. C’est difficile, car cela implique de faire face à vos sensations corporelles et à vos émotions. Certaines personnes évitent le repos parce qu’elles ont peur de ce qu’elles ressentiront (tristesse, vide, anxiété).
Je me souviens de Paul, 60 ans, retraité, qui venait pour une fatigue persistante. Il me disait : « Je suis à la retraite, je ne fais rien, mais je suis épuisé. » En réalité, il passait ses journées à faire des activités (jardinage, bricolage, télévision) sans jamais s’arrêter vraiment. Son système nerveux était toujours en mode « faire ». Le repos, pour lui, était menaçant. Il fallait apprendre à s’autoriser à ne rien faire, sans culpabilité.
L’état de repos est essentiel pour la santé à long terme. Sans lui, vous accumulez du stress, vous inflammatoire, vous vieillissez plus vite, et vous perdez votre capacité à être en connexion. C’est un cercle vicieux : plus vous êtes en survie, moins vous accédez au repos, et plus vous restez en survie.
Avant de chercher à changer, il faut savoir où vous êtes. Voici un petit exercice que je propose souvent à mes patients. Prenez une minute pour vous poser ces questions, sans chercher à modifier quoi que ce soit. Observez simplement.
Votre respiration : Est-elle rapide, superficielle, dans la poitrine ? (survie combat/fuite). Ou lente, faible, presque absente ? (survie figement). Ou régulière, profonde, dans le ventre ? (connexion ou repos).
Votre corps : Avez-vous des tensions dans la mâchoire, les épaules, les poings ? (combat/fuite). Ou une sensation de lourdeur, de froid, d’engourdissement ? (figement). Ou une sensation de chaleur, de détente, de présence ? (connexion/repos).
Votre mental : Avez-vous des pensées qui s’accélèrent, des scénarios catastrophes, une envie de tout contrôler ? (combat/fuite). Ou un brouillard mental, une difficulté à vous concentrer, une sensation de vide ? (figement). Ou une clarté calme, une capacité à être dans l’instant ? (connexion).
Votre relation aux autres : Avez-vous envie de fuir, de vous isoler, ou au contraire d’être agressif ? (survie). Ou êtes-vous capable d’écouter, de sourire, de ressentir de l’empathie ? (connexion). Ou n’avez-vous besoin de personne, juste de silence ? (repos).
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs signes de survie, ne vous inquiétez pas. C’est le lot de beaucoup de personnes. L’important est de commencer à observer, sans jugement. Vous pouvez même noter votre état sur une échelle de 1 à 10, plusieurs fois par jour. Cela vous aidera à repérer des patterns.
Par exemple, une patiente, Élise, 38 ans, enseignante, a découvert qu’elle était en mode combat/fuite tous les matins avant d’aller en classe, puis en figement chaque soir après le dîner. Cette simple prise de conscience a été un déclic. Elle a cessé de se dire « je suis nulle, je n’ai pas d’énergie » et a commencé à se dire « mon système nerveux est en mode survie, j’ai besoin de signaux de sécurité ».
Vous ne pouvez pas forcer votre système nerveux à changer d’état, mais vous pouvez lui envoyer des signaux de sécurité. Voici trois exercices que vous pouvez faire dès maintenant, sans matériel, et qui agissent directement sur votre neuroception.
1. La respiration longue et lente (pour calmer le combat/fuite). Asseyez-vous confortablement. Expirez complètement par la bouche (comme si vous souffliez dans une paille). Puis inspirez doucement par le nez pendant 4 secondes. Retenez votre souffle 2 secondes. Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes (plus long que l’inspiration). Répétez 5 fois. Pourquoi ça marche ? L’expiration longue active le nerf vague, qui est le frein de votre système nerveux. Cela envoie un signal à votre cerveau : « Tout va bien, tu peux ralentir. »
2. Le regard latéral (pour sortir du figement). Si vous vous sentez engourdi, vide, ou dans le brouillard, le figement peut être un état de survie. Une façon douce d’en sortir est d’activer votre système d’engagement social. Sans bouger la tête, regardez lentement à gauche, puis à droite, en balayant votre environnement. Faites-le pendant 30 secondes. Ce mouvement oculaire stimule le nerf vague et envoie un signal de curiosité à votre système nerveux. Vous pouvez aussi tourner doucement la tête, comme si vous regardiez quelque chose d’intéressant. Cela réveille votre état de connexion.
3. L’auto-contact (pour activer le repos). Posez une main sur votre cœur et l’autre sur votre ventre. Ressentez la chaleur de vos mains. Respirez doucement, en imaginant que votre souffle passe sous vos mains. Restez ainsi 1 à 2 minutes. Ce geste simple active le système parasympathique et envoie un signal de sécurité à votre cerveau. C’est un peu comme si vous vous disiez : « Je suis là pour toi, tu peux te détendre. » Beaucoup de mes patients trouvent cet exercice étonnamment puissant.
Ces exercices ne sont pas magiques. Ils ne vont pas effacer un traumatisme ou une dépression. Mais ils peuvent vous aider à retrouver un peu de flexibilité. Faites-les plusieurs fois par jour, surtout dans les moments de stress. Au fil du temps, votre système nerveux apprendra à s’autoréguler plus facilement.
Vous vous demandez peut-être : si ces états sont naturels, pourquoi est-il si difficile de trouver l’équilibre ? La réponse tient en un mot : l’hab
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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