3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Évitez ces pièges quotidiens qui vous fragilisent.
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certaines journées se passent sans accroc, alors que d’autres vous laissent lessivé, irritable ou sur le point de craquer pour une broutille ? Ce n’est pas un hasard. Votre capacité à gérer les hauts et les bas du quotidien dépend d’un concept clé que j’utilise souvent en consultation : la fenêtre de tolérance.
Imaginez cette fenêtre comme une zone de confort psychologique. Quand vous êtes à l’intérieur, vous pouvez penser clairement, ressentir vos émotions sans être submergé, et réagir de façon adaptée. Mais quand des événements – ou vos propres habitudes – la rétrécissent, vous basculez soit dans l’hyperactivation (anxiété, colère, agitation), soit dans l’hypoactivation (engourdissement, déconnexion, fatigue intense). Le problème, c’est que beaucoup de mes clients à Saintes viennent me voir en pensant que leur stress est une fatalité. En réalité, ils commettent chaque jour des erreurs qui réduisent leur fenêtre de tolérance, souvent sans le savoir.
Dans cet article, je vais vous dévoiler les quatre pièges les plus fréquents que j’observe. Mon objectif n’est pas de vous culpabiliser, mais de vous donner des clés simples pour élargir votre capacité à accueillir la vie telle qu’elle est. Et comme toujours, je finirai par une piste concrète que vous pouvez explorer dès maintenant.
Quand je reçois un nouveau client, la première chose qu’il me dit souvent, c’est : « Je veux apprendre à gérer mon stress. » Je comprends l’intention. Personne n’aime se sentir submergé par l’angoisse avant une réunion ou par l’irritation après une dispute. Mais le problème, c’est que beaucoup de personnes confondent « gérer » et « supprimer ». Et c’est là que la fenêtre de tolérance rétrécit en silence.
Prenons un exemple. J’ai accompagné un coureur amateur, appelons-le Marc. Marc est commercial, et il court pour évacuer. Mais il était épuisé malgré son entraînement. En parlant, j’ai compris son mécanisme : dès qu’une émotion désagréable pointait – frustration après un client difficile, tristesse après une dispute –, il la repoussait immédiatement. Il se disait : « Ce n’est pas grave, je vais courir et ça passera. » Sauf que ça ne passait pas. Ça s’accumulait. Son corps encaissait, mais sa fenêtre de tolérance, elle, se réduisait comme une peau de chagrin. Résultat : il se mettait à pleurer sans raison après une course, ou il explosait pour un détail avec sa conjointe.
Pourquoi la suppression est-elle si nocive ? Parce qu’elle envoie un signal à votre système nerveux : « Ces émotions sont dangereuses, il faut les éviter. » Or, votre système nerveux interprète l’évitement comme une menace permanente. Il reste en alerte, prêt à se défendre. Vous passez alors votre vie en mode survie, même quand il n’y a pas de danger réel. Votre fenêtre de tolérance se rétrécit parce que vous n’apprenez jamais à traverser les émotions, seulement à les fuir.
La clé, c’est de distinguer stress et émotion. Le stress est une réaction physiologique – accélération du rythme cardiaque, tensions musculaires – tandis que l’émotion est une information. L’anxiété vous dit peut-être : « Tu as besoin de te préparer. » La tristesse dit : « Tu as besoin de réconfort. » Si vous les supprimez, vous perdez ces informations, et votre système nerveux reste en mode défensif.
Ce que j’ai appris en accompagnant des sportifs de haut niveau : Ce ne sont pas ceux qui ignorent la peur qui performent, mais ceux qui l’accueillent et la nomment. La fenêtre de tolérance s’élargit quand vous cessez de lutter contre ce que vous ressentez.
L’alternative : la prochaine fois qu’une émotion surgit, au lieu de la chasser, essayez de la décrire mentalement avec des mots simples. « Je sens une boule dans la gorge. Mon cœur bat vite. Je ressens de la peur. » Juste nommer l’émotion active votre cortex préfrontal et réduit l’alarme dans l’amygdale. Vous ne supprimez pas, vous accueillez. C’est le premier pas pour élargir votre fenêtre.
Je vois beaucoup de personnes qui viennent me consulter pour des troubles du sommeil, de l’anxiété diffuse ou une fatigue chronique. Quand je creuse, je découvre souvent un mode de vie où la surstimulation est devenue la norme. Et je ne parle pas seulement des écrans, même si c’est un gros morceau.
Parlons d’abord de votre téléphone. Vous le consultez dès le réveil, avant même de sortir du lit. Vous scrollez les actualités, les messages, les notifications. Votre cerveau passe en quelques secondes d’un état de repos à un état d’alerte maximal. Puis vous enchaînez avec la caféine, les emails, les réunions, les trajets en voiture avec la radio, et le soir, une série angoissante sur Netflix. Tout cela, c’est de la stimulation. Votre système nerveux n’a aucun répit.
Un client, footballeur amateur, me disait : « Je ne comprends pas, je dors 8 heures mais je suis crevé. » En observant sa journée, j’ai vu qu’il passait ses soirées à regarder des vidéos de matchs, à répondre à des messages d’équipe, à jouer à des jeux sur son téléphone. Son système nerveux n’avait jamais de phase « descente ». Il restait en hyperactivation permanente. Sa fenêtre de tolérance était tellement rétrécie que le moindre imprévu – un ballon qui ne lui arrive pas comme il veut – le faisait sortir de ses gonds.
Le mécanisme est simple : votre système nerveux a besoin de moments de calme pour se réguler. Quand vous le maintenez en mode « actif », vous épuisez vos ressources. C’est comme si vous laissiez le moteur de votre voiture tourner au régime maximum toute la journée : à un moment, il surchauffe. Et la surchauffe, c’est soit l’explosion (hyperactivation), soit le calage (hypoactivation, fatigue écrasante).
La solution n’est pas de devenir ermite. C’est d’introduire consciemment des micro-pauses de déconnexion. Par exemple : les 30 premières minutes après le réveil sans écran. Un temps de silence dans la journée, sans musique ni podcast. Une promenade sans téléphone. Juste 5 minutes. Votre système nerveux a besoin de ces moments pour redescendre et élargir sa fenêtre. Ce n’est pas du temps perdu, c’est un investissement dans votre capacité à rester solide face aux défis.
J’ai remarqué que mes clients qui intègrent une « heure sans stimulation » avant le coucher – pas d’écran, pas de discussion intense, pas de travail – retrouvent un sommeil réparateur en quelques semaines. Leur fenêtre de tolérance s’élargit, et ils gèrent mieux les imprévus du lendemain.
Celle-ci est peut-être la plus insidieuse, parce qu’elle est silencieuse. Vous êtes tellement habitué à ignorer les signaux de votre corps que vous ne les remarquez même plus. Pourtant, ce sont eux qui vous indiquent que votre fenêtre de tolérance est en train de se rétrécir.
Prenons un exemple concret. Une cliente, que j’appellerai Sophie, venait pour des crises d’angoisse imprévisibles. Elle disait : « Tout va bien, et soudain, je panique sans raison. » En travaillant avec elle, j’ai découvert qu’elle avait des tensions dans les épaules, une mâchoire serrée, et une respiration courte depuis des semaines. Mais elle ne les remarquait pas. Elle les attribuait à « une mauvaise posture » ou à « la fatigue ». En réalité, son corps lui criait que sa fenêtre de tolérance était saturée. Les crises d’angoisse étaient le signal d’alarme final.
Votre corps est un système de détection précoce. Avant que vous ne craquiez, il envoie des signaux : nuque raide, mâchoire serrée, poings fermés, respiration superficielle, digestion perturbée, fatigue soudaine. Mais si vous les ignorez, vous laissez le niveau de stress monter jusqu’au point de rupture. Votre fenêtre de tolérance se rétrécit parce que vous n’intervenez jamais tôt.
Le problème, c’est que notre culture valorise le fait d’ignorer son corps. « Serrer les dents », « tenir le coup », « ne pas s’écouter ». Mais en faisant cela, vous désapprenez à lire les signaux de votre système nerveux. Vous devenez comme un conducteur qui ignorerait le voyant d’huile : un jour, le moteur casse.
La première étape pour élargir votre fenêtre, c’est de réapprendre à écouter votre corps. Je propose souvent un exercice simple à mes clients : trois fois par jour, faites une « scan corporel » de 30 secondes. Arrêtez-vous, fermez les yeux, et posez-vous trois questions : Où est-ce que je sens des tensions ? Est-ce que ma respiration est courte ou profonde ? Est-ce que ma mâchoire est serrée ? Juste prendre conscience. Sans chercher à changer quoi que ce soit. Cette conscience va progressivement vous permettre d’intervenir plus tôt.
Un principe que j’utilise avec les sportifs : « Ce qui est mesuré est géré. » Si vous ne mesurez pas l’état de votre corps, vous ne pouvez pas réguler votre système nerveux. Le simple fait de prendre conscience d’une tension dans vos épaules peut vous permettre de la relâcher et d’empêcher une escalade.
Sophie, après quelques semaines, a commencé à remarquer que sa mâchoire se serrait avant chaque réunion. Au lieu d’attendre la crise, elle prenait 30 secondes pour la détendre et respirer. Ses crises d’angoisse ont diminué de moitié. Parce que sa fenêtre de tolérance s’élargissait à mesure qu’elle intervenait tôt.
Celle-ci est particulièrement fréquente chez les personnes que je reçois, surtout les sportifs et les cadres dynamiques. On vous a appris que la force, c’est d’encaisser. De ne pas montrer ses faiblesses. De « passer à autre chose » rapidement. Mais cette croyance est un piège qui rétrécit votre fenêtre de tolérance.
J’ai accompagné un footballeur, Lucas, qui était considéré comme « le roc » de son équipe. Il encaissait les critiques, les défaites, les blessures, sans broncher. Mais il venait me voir parce qu’il avait des insomnies et des douleurs musculaires inexpliquées. En travaillant avec lui, j’ai compris qu’il confondait résilience et endurcissement. Il ne se permettait jamais de ressentir la tristesse après une défaite ou la colère après une injustice. Il les enfouissait. Son système nerveux, lui, n’oubliait pas. Il stockait tout. Sa fenêtre de tolérance devenait de plus en plus étroite, jusqu’à ce que le moindre petit stress le fasse sortir de ses gonds.
La résilience, ce n’est pas l’absence d’émotion. C’est la capacité à traverser l’émotion, à la ressentir pleinement sans être submergé, et à revenir à un état d’équilibre. L’endurcissement, c’est l’inverse : on construit une carapace, mais on se coupe de soi-même. Et une carapace, ça finit par craquer.
Le mécanisme est simple : chaque fois que vous évitez une émotion, vous envoyez un message à votre cerveau que cette émotion est trop dangereuse pour être vécue. Votre fenêtre de tolérance se rétrécit parce que vous devenez de plus en plus sensible à cette émotion. À l’inverse, quand vous l’accueillez, votre cerveau apprend que vous pouvez la vivre sans mourir. La fenêtre s’élargit.
L’alternative, c’est d’apprendre à dire « oui » à vos émotions, même les plus inconfortables. Pas pour y rester, mais pour les laisser passer. Un outil que j’utilise souvent, c’est l’auto-compassion. Quand vous ressentez une émotion difficile, posez-vous la question : « Qu’est-ce qu’un ami bienveillant me dirait dans cette situation ? » Puis dites-vous la même chose. Par exemple, après une erreur : « C’est dur, tu as le droit d’être déçu. Ça ne fait pas de toi un raté. » Cette simple phrase permet à votre système nerveux de s’apaiser, parce qu’il se sent soutenu.
Ce que j’ai compris en travaillant avec l’IFS (Internal Family Systems) : Les parties de nous qui semblent faibles ou vulnérables ne sont pas des problèmes à éliminer. Ce sont des messagers. Quand vous les accueillez avec compassion, votre système nerveux se détend, et votre fenêtre de tolérance s’élargit naturellement.
Lucas, en acceptant de ressentir sa tristesse après une défaite, a découvert qu’elle durait quelques minutes, puis passait. Il n’en est pas mort. Au contraire, il a dormi mieux, et ses performances sur le terrain se sont améliorées. Parce qu’il n’était plus en train de lutter contre lui-même.
Maintenant que vous connaissez ces quatre erreurs, vous vous demandez peut-être : « Par où commencer ? » Mon conseil, c’est de ne pas tout changer d’un coup. Choisissez UNE erreur que vous reconnaissez chez vous, et concentrez-vous sur elle pendant une semaine.
Si vous avez tendance à supprimer vos émotions, essayez de nommer une émotion par jour. Juste la reconnaître, sans la juger. « Je ressens de la frustration. » « Je ressens de la fatigue. » Notez-la sur un carnet si ça vous aide.
Si vous êtes en surstimulation, instaurez une micro-pause de 5 minutes sans écran dans votre journée. Pas de téléphone, pas de musique, pas de conversation. Juste vous et votre respiration.
Si vous ignorez votre corps, faites trois scans corporels par jour, comme je l’ai décrit plus haut.
Si vous confondez résilience et endurcissement, offrez-vous un moment d’auto-compassion le soir. Posez votre main sur votre cœur et dites-vous : « Aujourd’hui a été difficile, mais je suis là. Je fais de mon mieux. »
Le plus important, c’est la régularité. Votre fenêtre de tolérance ne s’élargit pas en un jour. C’est comme un muscle : vous l’entraînez un peu chaque jour. Et au bout de quelques semaines, vous remarquez que vous êtes moins réactif, que vous dormez mieux, que vous avez plus d’énergie.
Je sais que cet article peut sembler simple, presque trop simple. Mais c’est justement dans les choses simples que se cachent les transformations profondes. J’ai vu des dizaines de personnes à Saintes changer leur vie en appliquant ces principes. Pas en lisant des théories complexes, mais en revenant à l’essentiel : écouter leur corps, accueillir leurs émotions, ralentir.
Si vous sentez que votre fenêtre de tolérance est devenue trop étroite, que vous craquez pour un rien, que l’anxiété ou la fatigue vous gâchent la vie, sachez que vous n’êtes pas seul. Et que des solutions existent. L’hypnose ericksonienne, l’IFS ou l’intelligence relationnelle sont des outils puissants pour élargir cette fenêtre. Mais ils ne remplacent pas un premier pas : celui de reconnaître que vous avez besoin d’aide.
Je reçois à Saintes, en cabinet, pour des accompagnements individuels. Je travaille aussi à distance pour ceux qui ne sont pas dans la région. Si cet article a résonné en vous, si vous vous reconnaissez dans une de ces erreurs, je vous invite à prendre contact. Pas pour un engagement, mais pour un premier échange, sans pression. Parfois, poser les mots sur ce qui se passe est déjà un immense soul
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.