3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Clarifiez ces émotions pour mieux les apaiser.
Tu passes tes journées à anticiper le pire. Ce matin, en ouvrant tes mails, ton cœur s’est serré avant même d’avoir lu le premier message. Ce soir, en pensant à cette réunion de demain, tu sens une boule dans le ventre, alors que rien ne s’est encore produit. Peut-être que tu te dis : « Je suis quelqu’un d’anxieux, c’est comme ça. » Ou peut-être que tu confonds ces sensations avec de la peur, sans vraiment savoir ce qui les déclenche.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui viennent me dire : « Thierry, j’ai peur de tout, je n’en peux plus. » Mais quand on creuse un peu, ce n’est pas toujours de la peur. Parfois, c’est de l’anxiété. Et la différence n’est pas qu’un détail de vocabulaire : la manière de les apaiser n’est pas la même. Si tu traites l’anxiété comme de la peur, tu risques de t’épuiser à combattre quelque chose que tu ne vois pas. Si tu traites la peur comme de l’anxiété, tu passes à côté de ce qui te protège vraiment.
Alors, comment faire la différence ? Et surtout, comment retrouver un peu de calme dans ce tumulte intérieur ? Je vais te proposer des pistes concrètes, issues de l’hypnose ericksonienne, de l’IFS (Internal Family Systems) et de l’intelligence relationnelle. Mais d’abord, prenons le temps de clarifier ces deux émotions.
La peur, c’est une réaction à quelque chose de précis, ici et maintenant. Tu vois un chien qui aboie en courant vers toi, ton cœur s’accélère, tu transpires, tu as envie de fuir ou de te figer. C’est biologique, ça dure le temps du danger, et ça se calme quand la menace disparaît. La peur te protège. Elle te dit : « Attention, là, tout de suite, il y a un risque. »
L’anxiété, c’est autre chose. Elle n’a pas d’objet concret dans le présent. Tu ressens la même activation physique – cœur qui bat, ventre noué, souffle court – mais tu ne peux pas pointer du doigt ce qui la déclenche. C’est une peur sans cause immédiate, qui flotte dans le temps. Tu anticipes un danger futur, parfois vague : « Et si je rate mon entretien ? », « Et si mon enfant a un accident ? », « Et si je ne suis pas à la hauteur ? » L’anxiété te prépare à un danger qui n’est pas encore là, ou qui n’existe peut-être jamais.
Je reçois des personnes qui me disent : « J’ai peur de prendre la voiture. » Là, on pourrait penser à une peur. Mais quand on creuse, ce n’est pas la voiture qui pose problème, c’est l’idée d’avoir un accident, de perdre le contrôle, ou de se retrouver coincé dans un embouteillage. L’objet est flou. C’est de l’anxiété. La différence est cruciale : avec la peur, tu peux agir. Avec l’anxiété, tu tournes en rond dans ta tête.
Un point clé à retenir : la peur te dit « il y a un danger maintenant », l’anxiété te dit « il pourrait y avoir un danger, un jour, peut-être ». L’une te mobilise, l’autre t’immobilise.
Notre cerveau n’aime pas l’incertitude. Pour survivre, il préfère anticiper le pire plutôt que de se faire surprendre. C’est ce qu’on appelle le biais de négativité. Quand tu vis une situation stressante – un examen, une dispute, un changement professionnel – ton système nerveux s’active. Si le danger est immédiat (un examen dans 10 minutes), c’est de la peur. Mais si l’examen est dans trois semaines, ton cerveau se met à générer des scénarios catastrophes. Il transforme l’incertitude en menace. C’est là que l’anxiété s’installe.
Prenons un exemple concret. Un patient, que j’appellerai Marc, est venu me voir pour ce qu’il appelait « une peur panique de parler en public ». Il avait une présentation importante dans un mois. Chaque soir, il imaginait le pire : oublier son texte, être ridiculisé, perdre son emploi. Son corps réagissait comme s’il était déjà sur scène. Pourtant, il n’y avait aucun danger immédiat. Ce n’était pas de la peur, c’était de l’anxiété anticipatoire. Son cerveau avait créé un film d’horreur dans lequel il était le héros malheureux.
Ce mécanisme s’auto-alimente. Plus tu anticipes, plus tu t’entraînes à avoir peur de l’avenir. Et plus ton cerveau devient sensible à tout ce qui pourrait ressembler à une menace. Tu finis par vivre dans un état d’alerte permanent, sans même savoir pourquoi. C’est épuisant.
Voici un petit test que je propose souvent à mes patients. Prends un papier et un stylo, ou juste un moment pour toi. Pense à ce qui te préoccupe en ce moment. Note-le en une phrase. Maintenant, pose-toi ces questions :
Un autre indice : la peur te pousse à l’action (fuir, combattre, te figer). L’anxiété te pousse à la rumination (tourner en rond dans ta tête, imaginer des scénarios, chercher des solutions sans en trouver). Si tu passes des heures à rejouer mentalement une conversation ou à préparer des plans B pour des situations improbables, tu es dans l’anxiété.
Je me souviens d’une patiente, Sophie, qui était convaincue d’avoir peur des ascenseurs. Elle ne montait plus dans ceux de son immeuble. En discutant, on a découvert que ce n’était pas l’ascenseur qui la terrifiait, mais l’idée de rester bloquée, seule, sans pouvoir appeler à l’aide. L’ascenseur n’était que le déclencheur. La peur réelle, c’était l’isolement et l’impuissance. En identifiant cela, on a pu travailler sur l’anxiété sous-jacente, pas sur l’objet.
La peur, quand elle est ponctuelle et liée à un danger réel ou perçu, se gère avec des outils qui ramènent ton attention dans le présent. Ton corps est en alerte, ton système nerveux est en mode survie. L’objectif est de lui dire : « C’est bon, tu peux te calmer, le danger est passé ou il n’est pas si grave. »
Voici ce que je propose à mes patients :
La respiration en boîte : Inspire pendant 4 secondes, retiens 4 secondes, expire 4 secondes, pause 4 secondes. Recommence 5 fois. Ça force ton système parasympathique à s’activer. C’est simple, mais ça marche parce que tu donnes un rythme à ton corps.
L’ancrage sensoriel : Regarde autour de toi et nomme 5 choses que tu vois, 4 choses que tu touches, 3 choses que tu entends, 2 choses que tu sens, 1 chose que tu goûtes. Ça te sort de ta tête et te ramène dans l’instant présent.
Le mouvement : Si tu as peur, ton corps veut bouger. Fais 20 pas rapides, secoue tes mains, sautille sur place. Ça libère l’adrénaline accumulée.
Ces techniques sont efficaces pour une peur aiguë. Mais si tu es dans l’anxiété chronique, elles ne suffiront pas. Elles sont comme un pansement sur une plaie qui ne cicatrise pas.
L’anxiété, elle, ne se calme pas avec une simple respiration. Parce qu’elle n’est pas liée à un danger immédiat, elle est alimentée par des croyances, des histoires intérieures, des parties de toi qui essaient de te protéger. C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) est précieux.
L’IFS considère que notre psyché est composée de différentes « parties » – des sous-personnalités qui ont chacune un rôle et une intention positive, même si leurs méthodes sont parfois contre-productives. Par exemple, une partie anxieuse peut essayer de te protéger en te faisant anticiper tous les dangers. Elle pense : « Si je te prépare au pire, tu ne seras pas surpris. » Mais en réalité, elle te fait souffrir.
Quand tu ressens de l’anxiété, au lieu de la combattre ou de la fuir, je t’invite à faire ceci :
Je l’ai fait avec un patient, Antoine, qui avait une anxiété terrible avant chaque rendez-vous professionnel. Sa partie anxieuse était comme un gardien qui lui montrait sans cesse des images de lui en train de bafouiller. En dialoguant avec elle, il a découvert qu’elle avait peur qu’il soit rejeté, comme il l’avait été enfant. Une fois qu’il a reconnu son rôle protecteur, l’anxiété a baissé de moitié.
L’anxiété, souvent, est liée à la manière dont tu te perçois dans tes relations. Tu as peur du regard des autres, de ne pas être à la hauteur, d’être abandonné. L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à comprendre et gérer tes émotions dans le lien avec les autres.
Un exercice que je trouve puissant : quand tu sens l’anxiété monter dans une interaction, pose-toi la question : « Qu’est-ce que je ressens vraiment ? » Pas « Qu’est-ce que je devrais ressentir ? » Mais « Qu’est-ce qui est là ? » Souvent, derrière l’anxiété, il y a une émotion plus précise : de la tristesse, de la colère, de la honte. L’anxiété est comme un écran de fumée.
Par exemple, une patiente, Claire, était anxieuse à l’idée de décevoir ses collègues. En travaillant, on a vu que derrière cette anxiété se cachait une colère rentrée : elle en avait marre d’en faire toujours plus sans reconnaissance. Une fois qu’elle a pu exprimer cette colère de manière constructive, l’anxiété a diminué.
L’intelligence relationnelle, c’est aussi apprendre à poser des limites. Dire non, c’est un acte anti-anxiété. Parce que quand tu dis oui à tout, tu accumules de la charge mentale et de l’anticipation négative. Si tu veux un premier pas concret, cette semaine, refuse quelque chose de petit. Une invitation, une tâche supplémentaire. Observe comment ton anxiété réagit.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise régulièrement, est particulièrement adaptée pour l’anxiété. Pourquoi ? Parce qu’elle travaille avec l’inconscient, cette partie de toi qui génère les scénarios anxieux sans que tu le contrôles. En hypnose, on ne combat pas l’anxiété, on lui offre un nouveau contexte.
Je vais te donner un exemple d’une séance type. Un patient arrive, tendu, avec une anxiété généralisée. On ne va pas chercher à supprimer cette anxiété. On va plutôt installer une ressource. Par exemple, je peux l’inviter à se souvenir d’un moment où il s’est senti calme, en sécurité, compétent. En état d’hypnose, on va associer cette ressource à un geste ou un mot. Ensuite, quand l’anxiété revient, ce geste ou ce mot peut déclencher un retour au calme.
Ce qui est intéressant, c’est que l’hypnose permet de modifier la relation à l’émotion. Au lieu de dire « J’ai peur », tu peux apprendre à dire « Une partie de moi a peur, et je peux l’écouter sans me laisser submerger ». C’est un changement de posture qui fait toute la différence.
Un moment important : l’hypnose ne fait pas disparaître l’anxiété comme par magie. Elle t’apprend à danser avec elle. À ne plus être son esclave, mais à lui donner une place, sans qu’elle prenne toute la pièce.
Je ne veux pas que tu partes d’ici sans quelque chose de concret. Voici ce que tu peux mettre en place dès cette semaine :
Parfois, malgré ces outils, l’anxiété reste très présente. Elle peut être liée à des traumatismes anciens, à des schémas familiaux profonds, ou à un contexte de vie très stressant. Dans ce cas, un accompagnement professionnel peut faire une grande différence.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui en ont marre de vivre dans l’anticipation permanente. On travaille avec l’IFS pour apaiser les parties anxieuses, avec l’hypnose pour installer des ressources, et avec l’intelligence relationnelle pour retrouver une place plus juste dans leurs relations. Ce n’est pas un chemin linéaire, mais il est possible.
Si tu te reconnais dans ce que j’ai décrit, si tu sens que cette distinction entre peur et anxiété t’éclaire, peut-être que c’est le moment de prendre rendez-vous. Pas pour « guérir » de toi-même, mais pour apprendre à mieux te connaître. Je ne promets pas que
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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