3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le lien entre tensions physiques et émotions enfouies expliqué simplement.
Vous êtes-vous déjà réveillé un matin avec une nuque verrouillée, sans raison apparente ? Pas de faux mouvement la veille, pas de sport intense, juste une nuit de sommeil normale. Pourtant, votre corps dit non. Il refuse de tourner la tête, comme s’il portait quelque chose d’invisible. Et si ce blocage n’était pas mécanique mais émotionnel ? Je vois régulièrement des personnes dans mon cabinet à Saintes qui viennent pour des douleurs chroniques, des tensions récurrentes, des sensations d’oppression. Elles ont déjà consulté des médecins, des ostéopathes, des kinés. Les examens sont normaux. Les manipulations soulagent un temps, puis la douleur revient. Parce que le problème ne se situe pas là où on le cherche. Le corps garde la mémoire de ce que l’esprit a choisi d’oublier. Et aujourd’hui, je vais vous expliquer pourquoi, et surtout comment commencer à libérer cette mémoire.
Imaginez un instant que vous êtes au volant de votre voiture, sur l’autoroute. Soudain, un événement imprévu vous oblige à freiner brutalement. Votre corps réagit avant même que votre cerveau conscient n’ait analysé la situation : vos mains serrent le volant, vos épaules se tendent, votre respiration se bloque. Une fois l’incident passé, vous relâchez progressivement. Votre système nerveux revient à la normale.
La dissociation, c’est un peu la même chose, mais en version prolongée et invisible. Face à un événement trop intense, trop douloureux ou trop menaçant pour être intégré par votre psychisme, votre esprit prend une décision radicale : il coupe le lien entre ce qui se passe et votre conscience. Il range l’expérience dans un coin, comme on met un dossier « à traiter plus tard » dans un placard. Sauf que ce « plus tard » n’arrive jamais tout seul.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je ne comprends pas, je n’ai aucun souvenir traumatique, je n’ai pas vécu de choses graves. » Pourtant, leur corps parle. Une oppression thoracique qui revient chaque fois qu’elles doivent prendre la parole en réunion. Des douleurs lombaires qui s’installent après une dispute refoulée. Des migraines qui surviennent le week-end, quand le mental ralentit enfin.
La dissociation n’est pas un trouble rare. C’est un mécanisme normal, adaptatif, que nous utilisons tous. Quand vous zappez une scène violente à la télévision. Quand vous vous concentrez sur votre respiration pour ne pas pleurer lors d’une mauvaise nouvelle. Quand vous vous dites « ce n’est pas si grave » alors que tout votre corps crie le contraire. Le problème, ce n’est pas la dissociation en elle-même. C’est quand elle devient chronique, quand elle s’installe comme un mode de fonctionnement par défaut.
« Ce que vous ne laissez pas traverser vous traverse quand même. Mais cette fois, ça traverse votre corps. »
Votre esprit a fait son travail : il vous a protégé de l’insupportable sur le moment. Mais il n’a pas effacé l’information. Il l’a simplement délocalisée. Et le lieu de stockage principal, c’est votre corps.
Vous avez probablement déjà entendu l’expression « avoir des nœuds dans le ventre » avant un examen, ou « avoir la gorge serrée » avant d’annoncer une mauvaise nouvelle. Ce ne sont pas des métaphores. Ce sont des descriptions littérales de ce qui se passe dans votre système nerveux.
Votre corps est doté d’un système d’alerte extrêmement sophistiqué : le système nerveux autonome. Il comporte deux grandes branches. Le système sympathique, celui qui vous prépare à l’action (combat ou fuite). Et le système parasympathique, celui qui vous permet de vous reposer, digérer, récupérer. En situation de stress ou de menace, le sympathique s’active. Vos muscles se tendent, votre cœur s’accélère, votre respiration devient superficielle. C’est normal et temporaire.
Mais quand l’émotion n’est pas exprimée, quand l’événement est dissocié, votre système nerveux ne reçoit jamais le signal de « fin d’alerte ». Il reste en mode survie. Vos muscles continuent de se contracter. Votre diaphragme reste bloqué en position d’inspiration. Vos épaules restent haussées, comme pour protéger votre cou. Au bout de quelques semaines, quelques mois ou quelques années, cette tension devient votre nouvelle normalité. Vous ne la sentez même plus. Jusqu’au jour où une douleur aiguë, une hernie discale, une crise d’angoisse ou une fatigue chronique vous force à vous arrêter.
Prenons un exemple concret. Un patient que j’appellerai Marc est venu me consulter pour une douleur persistante à l’épaule droite. Aucun traumatisme physique. Bilan médical normal. En parlant, il évoque une situation professionnelle difficile : son supérieur le rabaisse régulièrement, mais Marc « ne veut pas faire d’histoires ». Il encaisse, serre les dents, et continue. Son épaule droite, c’est littéralement l’épaule du côté de son bureau, celle qui se lève quand il se prépare à encaisser une nouvelle remarque. Son corps a pris le relais de son mental. Il a transformé l’humiliation en tension musculaire.
Ce mécanisme a un nom scientifique : la somatisation. Le psychisme traduit en symptômes physiques ce qu’il ne peut pas exprimer en mots. Ce n’est pas une faiblesse. C’est une tentative de votre organisme de garder une trace, de maintenir une cohérence. Votre corps se souvient, même si votre esprit a oublié.
À mon cabinet, j’ai appris à lire le corps comme on lirait un livre. Pas pour poser un diagnostic médical – ce n’est pas mon rôle – mais pour comprendre où se cachent les histoires non dites. Chaque zone de tension peut révéler une couche de votre vécu.
Les épaules et la nuque, par exemple, sont souvent le siège de la charge mentale et des responsabilités que vous portez sans les poser. « Porter le monde sur ses épaules » n’est pas une image poétique, c’est une réalité physiologique. Quand vous dites « oui » à tout par peur de décevoir, quand vous vous sentez responsable du bien-être de chacun autour de vous, vos trapèzes se contractent pour soutenir ce poids imaginaire.
La mâchoire serrée, les dents qui grincent la nuit, c’est souvent l’expression d’une colère rentrée. Des mots que vous auriez voulu dire mais que vous avez avalés. Des limites que vous n’avez pas posées. Votre mâchoire devient le gardien silencieux de tout ce que vous n’osez pas exprimer.
Le bas du dos, les lombaires, racontent souvent l’histoire du manque de soutien. Soutien familial, soutien professionnel, soutien affectif. Quand vous avez dû tout porter tout seul depuis longtemps, sans personne sur qui compter, votre dos se raidit. Il devient une armure.
Le ventre, le plexus solaire, c’est le centre de vos émotions viscérales. L’anxiété, la peur, l’insécurité s’y logent. Les nœuds, les ballonnements, les spasmes digestifs sans cause organique sont souvent des indicateurs d’émotions non digérées.
Et puis il y a les zones plus spécifiques. Une patiente que j’ai suivie souffrait d’une douleur chronique au poignet gauche. En explorant, nous avons découvert qu’elle avait vécu une séparation difficile quelques années plus tôt. Son poignet gauche était celui qui portait son alliance. Son corps avait conservé la mémoire de l’attachement, même après que son esprit ait « tourné la page ».
« Le corps n’oublie pas. Il attend juste que vous soyez prêt à écouter. »
Bien sûr, toute tension n’est pas émotionnelle. Une mauvaise posture, un manque d’exercice, une blessure ancienne peuvent aussi créer des douleurs. Mais quand la médecine classique ne trouve pas d’explication, quand les traitements mécaniques ne fonctionnent pas, il est temps de se poser la question : est-ce que mon corps porte quelque chose que mon esprit a dissocié ?
C’est là que des approches comme l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) entrent en jeu. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas de « faire revenir des souvenirs enfouis » ou de « revivre des traumatismes ». Ce serait contre-productif et parfois même dangereux. L’objectif est plus subtil et plus respectueux.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement, permet d’accéder à cet état de conscience modifiée où le mental critique se met en retrait. Vous n’êtes pas endormi, vous n’êtes pas inconscient. Vous êtes simplement dans un état de réceptivité accru, comme juste avant de vous endormir ou quand vous êtes absorbé par un film. Dans cet état, votre système nerveux peut recevoir de nouvelles informations. Il peut apprendre à relâcher des tensions qui étaient verrouillées depuis des années.
Concrètement, je guide la personne à porter son attention sur la zone de tension, sans chercher à la faire disparaître de force. Juste en l’observant, en lui donnant de l’espace. Très souvent, la tension commence à se transformer. Une chaleur apparaît. Des picotements. Parfois une vague d’émotion monte – tristesse, colère, peur – et s’évacue naturellement. Le corps libère ce qu’il avait stocké.
L’IFS, lui, propose une lecture différente. Il considère que notre psyché est composée de plusieurs « parties », comme des sous-personnalités qui ont chacune un rôle et une histoire. Une partie de vous veut guérir, une autre partie protège vos vulnérabilités, une troisième partie garde les émotions douloureuses à distance. La tension physique est souvent le signe qu’une partie protectrice est en alerte. Au lieu de lutter contre cette tension, on entre en dialogue avec elle. On demande à cette partie : « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si tu relâches ? » Et la réponse est souvent surprenante.
J’ai accompagné un coureur de fond, préparé mentalement pour un ultra-trail. Il souffrait d’une contracture récurrente au mollet droit, qui le freinait systématiquement en compétition. En explorant cette tension avec l’IFS, une partie de lui s’est révélée : c’était celle qui avait peur d’aller trop vite, de brûler les étapes, de s’effondrer comme lors d’une course précédente où il avait dû abandonner. Son mollet se contractait pour le ralentir, pour le protéger d’un nouvel échec. Une fois cette partie reconnue et rassurée, la contracture a disparu.
Je veux être clair, parce que j’ai vu trop de personnes venir avec des attentes irréalistes. L’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne remplacent pas un suivi médical. Si vous avez une douleur, consultez d’abord un médecin pour écarter toute cause organique. Ce n’est pas « dans votre tête » au sens péjoratif du terme, mais parfois la cause est structurelle et nécessite un traitement physique.
Ces approches ne vous feront pas « revivre » un traumatisme de manière violente. Un bon praticien sait doser, respecter votre rythme, ne jamais forcer une porte que vous n’êtes pas prêt à ouvrir. Le travail est progressif, doux, respectueux.
Elles ne vous guériront pas en une séance. Certaines tensions anciennes demandent du temps pour se dénouer. Comme un nœud complexe, il faut parfois plusieurs passages pour le démêler complètement.
Et surtout, elles ne vous promettent pas une vie sans émotion. Au contraire, le but est de vous reconnecter à votre sensibilité, à votre capacité à ressentir pleinement. Cela signifie que vous pourrez pleurer, vous énerver, avoir peur. Mais ces émotions passeront, comme des vagues, au lieu de s’enkyster dans vos muscles.
Vous n’avez pas besoin d’attendre un rendez-vous pour amorcer ce travail. Voici une pratique simple que je donne à tous mes patients, sportifs ou non, dès la première séance. Elle prend cinq minutes et peut se faire n’importe où.
Installez-vous confortablement, assis ou allongé. Fermez les yeux si vous le pouvez. Portez votre attention sur votre respiration, sans la modifier. Puis, lentement, parcourez votre corps des pieds à la tête. Pas pour chercher quelque chose, juste pour être présent. Quand vous arrivez sur une zone de tension, de raideur, d’inconfort, arrêtez-vous. Ne cherchez pas à la changer. Posez-lui simplement une question silencieuse : « Qu’est-ce que tu portes pour moi ? » ou « Depuis quand es-tu là ? »
Vous n’aurez peut-être pas de réponse verbale. Mais vous pourrez ressentir une sensation, une image, un mot qui émerge. Accueillez-le sans jugement. Remerciez cette partie de votre corps d’avoir tenu si longtemps. Et si vous sentez une envie de bouger, de vous étirer, de soupirer, laissez faire.
Cette pratique, répétée régulièrement, crée un pont entre votre conscience et votre corps. Elle vous apprend à distinguer une tension mécanique (un faux mouvement, une mauvaise posture) d’une tension émotionnelle (une charge invisible). Et surtout, elle vous redonne un sentiment de pouvoir sur ce qui se passe en vous.
« Votre corps n’est pas votre ennemi. Il est votre allié le plus fidèle, celui qui n’a jamais cessé de vous parler. »
Si vous sentez que ce message résonne en vous, si vous reconnaissez dans votre propre vie ces tensions qui ne partent pas, ces douleurs qui reviennent, cette fatigue qui n’a pas d’explication, je vous invite à aller plus loin. Pas forcément avec moi – l’important est que vous trouviez une personne avec qui vous vous sentez en confiance. Mais ne laissez pas votre corps continuer à porter seul ce qui mérite d’être entendu.
Je reçois à Saintes, en consultation individuelle, pour de l’hypnose, de l’IFS ou de la préparation mentale. Et je propose aussi des séances à distance si vous êtes loin. Ce n’est jamais grave de prendre soin de soi. C’est même le premier pas vers une vie plus légère, où votre corps n’est plus un poids mais un guide. Si vous avez des questions, si vous hésitez, vous pouvez simplement me contacter. Je réponds personnellement. Parfois, il suffit d’un premier mot pour que tout commence à se dénouer.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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