3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le rôle des larmes comme mécanisme naturel de régulation émotionnelle.
Vous vous êtes déjà retenu de pleurer ? Moi, oui. Des centaines de fois. Dans mon cabinet à Saintes, je vois des adultes qui arrivent en disant : « Je n’arrive pas à pleurer, même quand ça va mal. » Ou pire : « J’ai pleuré et je me suis senti ridicule. »
Pourtant, pleurer est l’un des mécanismes les plus intelligents que notre corps ait inventés. Pas une faiblesse. Pas un caprice. Une soupape de sécurité biologique.
Je vais vous raconter pourquoi vos larmes ne sont pas un signe de fragilité, mais un outil de régulation nerveuse que vous utilisez peut-être mal — ou pas assez.
Quand vous êtes submergé par une émotion intense — tristesse, colère, frustration, même joie — votre système nerveux bascule en mode survie. Le système sympathique s’active : cœur qui s’emballe, respiration courte, tension musculaire. Vous êtes prêt à fuir ou à combattre. Mais dans la vie moderne, vous ne pouvez pas toujours fuir votre patron ou combattre votre conjoint. Alors l’énergie reste bloquée.
C’est là que les larmes entrent en jeu.
Les larmes émotionnelles (pas celles du vent ou de l’oignon) contiennent des hormones de stress : l’ACTH (hormone corticotrope) et les endorphines. En pleurant, votre corps évacue physiquement ces substances. C’est une détox chimique. Une étude de 1983 du Dr William Frey (un pionnier dans ce domaine) a montré que les larmes émotionnelles contiennent 20 à 30 % de protéines en plus que les larmes réflexes. Votre corps ne se contente pas de pleurer : il nettoie.
Un jour, un patient m’a dit : « Je sens que j’ai besoin de pleurer, mais ça ne vient pas. » Il avait appris, enfant, que pleurer était « pour les filles » ou « pour les faibles ». Son corps avait désactivé ce réflexe. Résultat : il vivait avec un niveau de stress chronique élevé, des tensions dans le dos, et une irritabilité constante.
Quand j’ai travaillé avec lui pour rétablir la connexion entre son corps et ses émotions, il a pleuré pour la première fois depuis des années. Sa réaction ? « Je me sens plus léger. Comme si on avait enlevé un poids. »
C’est exactement ça. Pleurer, c’est votre système nerveux qui se réinitialise.
Retenir ses larmes, c’est comme appuyer sur la pédale de frein avec le moteur qui tourne à plein régime. Vous ne résolvez rien, vous accumulez.
Quand vous sentez les larmes monter et que vous les bloquez, votre cortex préfrontal (la partie rationnelle du cerveau) entre en conflit avec votre système limbique (le centre émotionnel). Vous dites à votre corps : « Non, ne fais pas ce pour quoi tu es programmé. » Cette inhibition forcée consomme énormément d’énergie. Et elle laisse le système nerveux en état d’alerte.
Résultat concret :
Je vois souvent des sportifs dans mon accompagnement en préparation mentale. Des coureurs, des footballeurs. Certains arrivent avec des performances en baisse, des blessures à répétition, une fatigue inexplicable. Quand on explore leur rapport aux émotions, beaucoup disent : « Je ne pleure jamais, ça sert à rien. » Pourtant, leur corps parle. Il crie, parfois.
Un footballeur que j’ai suivi — appelons-le Julien — avait des crampes récurrentes aux ischio-jambiers. Aucune cause physique claire. En travaillant sur son histoire, on a découvert qu’il retenait une profonde tristesse liée à la perte de son père, jamais pleurée. Quand il a enfin laissé sortir cette émotion, les crampes ont diminué de 70 % en trois semaines. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Retenir ses larmes, c’est retenir une partie de votre vie. Et votre système nerveux s’épuise à maintenir ce barrage.
Vous connaissez peut-être quelqu’un qui dit : « Je ne pleure jamais. » Ou vous êtes cette personne. Ce n’est pas un hasard. C’est souvent le résultat d’un apprentissage précoce.
Les enfants pleurent naturellement. C’est leur principal moyen de communication. Mais selon leur environnement, ils apprennent vite que pleurer est mal vu, dangereux, ou inutile. « Arrête de pleurer, tu es grand maintenant. » « Si tu pleures, je te donne une raison de pleurer. » « Les garçons ne pleurent pas. »
Ces messages s’impriment dans le système nerveux. Ils deviennent des croyances automatiques : « Pleurer est une faiblesse. » « Pleurer ne changera rien. » « Pleurer fait honte. »
À l’âge adulte, le corps a appris à inhiber ce réflexe. Mais l’émotion, elle, reste présente. Elle trouve d’autres voies d’expression : irritation, fatigue chronique, addictions, troubles alimentaires, douleurs physiques inexpliquées.
Je reçois une patiente, Sophie, qui n’avait pas pleuré depuis quinze ans. Elle était cadre dans une grande entreprise, performante, mais épuisée. Elle disait : « Je gère tout. Je n’ai pas le temps de pleurer. » En séance, on a exploré son histoire. Petite, elle avait été punie plusieurs fois pour avoir pleuré. Son père lui disait : « Arrête de faire ta comédie. » Elle avait intégré que pleurer était une manipulation, un signe de faiblesse.
Quand elle a enfin pleuré en séance, elle a eu peur. Puis soulagée. Puis elle m’a dit : « Je ne savais pas que ça pouvait être doux. »
Pleurer, ce n’est pas s’effondrer. C’est se reconnecter.
Entrons un peu dans la mécanique. Pas trop technique, promis.
Votre système nerveux autonome a deux branches principales :
Pleurer active le système parasympathique. C’est un signal puissant : « Je peux me détendre maintenant, je suis en sécurité. »
Le processus se déroule en plusieurs étapes :
C’est pour ça qu’après avoir pleuré, vous pouvez vous sentir fatigué, mais aussi plus clair. Votre cerveau a traité l’émotion. Il n’a plus besoin de la garder en mémoire active.
Pleurer, ce n’est pas s’effondrer. C’est permettre à votre système nerveux de dire : « Je peux lâcher prise maintenant. »
Un patient sportif, marathonien, m’a raconté qu’après avoir pleuré suite à une déception sportive, il avait mieux dormi cette nuit-là que depuis des semaines. Son corps avait relâché la pression.
Beaucoup de personnes me disent : « Je pleure pour rien. » Une publicité, une chanson, un film, un regard. Et elles se jugent. « Je suis trop sensible. » « Je ne contrôle rien. »
En réalité, ces larmes « gratuites » sont un signal précieux. Elles indiquent que votre système nerveux accumule une charge émotionnelle non traitée. Une petite goutte d’eau fait déborder le vase, mais le vase était déjà plein.
Quand vous pleurez pour une scène de film, vous ne pleurez pas pour le film. Vous pleurez pour quelque chose en vous que le film a réveillé. Une vieille peine, une frustration non exprimée, un besoin non entendu.
Un jour, une patiente a pleuré en voyant un chiot dans une pub. Elle s’est sentie ridicule. En explorant, on a découvert que ce chiot lui rappelait son chien d’enfance, mort quand elle avait 10 ans. Elle n’avait jamais pleuré cette perte. Sa famille lui avait dit : « C’est juste un chien. » Mais pour elle, c’était un ami, un confident.
Ces larmes « pour rien » sont des portes d’entrée vers des émotions plus profondes. Au lieu de les juger, vous pouvez les accueillir. Vous dire : « Mon corps a besoin de libérer quelque chose. Je vais le laisser faire. »
Pleurer est un outil puissant, mais ce n’est pas une baguette magique. Si vous pleurez tous les jours depuis des semaines, si vos larmes sont accompagnées d’un sentiment de vide ou de désespoir, il est possible que vous soyez en dépression. Dans ce cas, pleurer ne suffit pas. Il faut consulter un professionnel de santé.
De même, si vous pleurez mais que la cause profonde n’est pas adressée, les larmes deviennent une routine. Un défouloir qui ne résout rien. C’est comme prendre un antidouleur sans traiter la blessure.
Pleurer est un processus de régulation, pas de résolution. Il vous aide à évacuer le trop-plein, mais il ne change pas la situation. Pour cela, vous avez besoin d’autres outils :
Dans mon accompagnement, je combine l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems). L’hypnose permet d’accéder à l’état de calme du système nerveux, et l’IFS aide à dialoguer avec les parties de vous qui retiennent ou qui pleurent. C’est un travail en profondeur, pas juste une soupape.
Un patient, après plusieurs séances, m’a dit : « Avant, je pleurais et je me sentais encore plus mal. Maintenant, je pleure et je me sens libéré. » La différence ? Il avait appris à accueillir ses larmes sans les juger, et à comprendre ce qu’elles lui disaient.
Vous voulez essayer ? Voici un exercice simple que vous pouvez faire chez vous, quand vous êtes seul.
Cet exercice n’est pas une thérapie. Mais il peut vous aider à rétablir une connexion avec votre corps émotionnel. Si vous sentez une résistance forte, si vous ne pouvez pas pleurer, ce n’est pas grave. Essayez simplement d’accueillir ce qui vient, même si ce n’est que de la tension ou de l’agacement.
Un sportif que j’accompagnais a fait cet exercice tous les soirs pendant une semaine. Au début, rien. Puis au troisième jour, il a pleuré. Il m’a dit : « Je ne savais pas que j’avais ça en moi. » Il a ensuite mieux dormi, et ses performances ont progressé. Simple coïncidence ? Peut-être. Mais je pense que son système nerveux avait enfin trouvé une sortie.
Pleurer n’est pas un signe de faiblesse. C’est un signe que votre corps fonctionne correctement. Que votre système nerveux cherche à s’équilibrer. Que vous êtes vivant, connecté à vous-même.
Si vous vous êtes retenu de pleurer pendant des années, si vous jugez vos larmes, si vous pleurez « pour rien », je vous invite à changer de regard. Vos larmes ne sont pas un problème à résoudre. Elles sont une réponse à quelque chose qui a besoin d’être entendu.
Dans mon cabinet à Saintes, j’accompagne des adultes qui ont perdu ce lien avec leurs émotions. Parfois, il suffit de quelques séances pour rétablir la connexion. Parfois, c’est un travail plus long. Mais à chaque fois, les personnes repartent avec une sensation de légèreté, de clarté.
Si cet article résonne en vous, si vous sentez que votre système nerveux a besoin d’être écouté, je suis là. Vous pouvez me contacter sans engagement, juste pour en parler. Un café, un appel, un message. Je ne vous proposerai pas de solution miracle. Je vous proposerai un espace où vos larmes seront les bienvenues.
Prenez soin de vous.
— Thierry Sudan, praticien à Saintes (2014)
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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