3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Une méthode douce pour dialoguer avec vos parts.
Vous êtes là, à lire ces lignes, et peut-être que quelque chose en vous s’agite. Une tension dans le ventre, une pensée qui tourne en boucle, une voix intérieure qui vous dit « ça ne va pas le faire ». Cette part de vous qui a peur, vous la connaissez bien. Elle est là depuis longtemps, parfois discrète, parfois envahissante. Et vous avez tout essayé pour la faire taire : la raison, l’évitement, l’action frénétique, ou même la colère contre vous-même. Mais si je vous disais que le problème n’est pas d’avoir peur, mais la façon dont vous traitez cette peur ?
Je reçois régulièrement des personnes comme vous dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui fonctionnent bien, qui tiennent debout, mais qui portent en silence un poids intérieur. L’un d’eux, Marc, 42 ans, cadre commercial, est venu me voir parce qu’il « n’en pouvait plus d’avoir peur de tout rater ». Il avait des angoisses avant chaque réunion, des insomnies, et surtout une fatigue immense de lutter contre cette peur. « Je la combats depuis vingt ans, Thierry, et elle est toujours là, plus forte. » Marc ne le savait pas encore, mais sa peur n’était pas une ennemie à abattre. C’était une part de lui qui essayait désespérément de l’aider, mais avec des moyens archaïques.
C’est là qu’intervient le protocole IFS (Internal Family Systems), ou Système Familial Intérieur. Ce n’est pas une formule magique, mais une manière radicalement différente d’habiter votre monde intérieur. L’idée est simple : vous n’êtes pas un bloc monolithique. Vous êtes composé de multiples « parts » – des sous-personnalités – chacune avec son rôle, son histoire, ses peurs et ses forces. Et au centre de tout ça, il y a un « Soi » – une essence calme, confiante, compatissante. Le protocole IFS consiste à passer de la lutte contre vos parts à une relation d’accueil et de dialogue. Aujourd’hui, je vais vous guider pas à pas pour accueillir votre peur avec bienveillance.
Pourquoi ce protocole change tout ? Parce qu’au lieu de vous épuiser à contrôler votre peur, vous allez apprendre à l’écouter. Et en l’écoutant vraiment, vous découvrirez qu’au fond, elle n’est pas ce que vous croyez. Elle porte un message ancien, souvent une protection, parfois une blessure. Quand vous l’accueillez, elle se détend. Elle n’a plus besoin de hurler pour être entendue. Alors, prêt à faire la paix avec cette part de vous qui a peur ? Commençons ce voyage.
Vous avez déjà remarqué comme la peur revient toujours au pire moment ? Juste avant un entretien, au milieu de la nuit, quand vous êtes sur le point de prendre une décision importante. Et plus vous essayez de la chasser, plus elle s’accroche. C’est normal. Ce n’est pas un défaut de caractère, ni un signe de faiblesse. C’est le mécanisme même de votre psyché qui se met en route.
D’un point de vue IFS, la peur est souvent portée par ce qu’on appelle un protecteur. C’est une part qui a pris un rôle très tôt dans votre vie – parfois à l’enfance – pour vous protéger d’une menace réelle ou perçue. Imaginez un enfant de 5 ans qui se fait gronder sévèrement pour une bêtise. Pour ne plus revivre cette humiliation, une part en lui décide : « Je vais être parfait, prévoir tous les risques, ne jamais faire d’erreur. » Cette part devient un « manager » hyper-vigilant, qui anticipe le danger en permanence. Sauf qu’à 40 ans, ce manager continue de fonctionner comme si vous aviez encore 5 ans, dans un environnement peut-être très différent.
Cette peur tenace n’est donc pas un dysfonctionnement. C’est la preuve qu’une part de vous est restée bloquée dans le passé, à un moment où elle a dû se protéger. Et elle ne sait pas que vous avez grandi, que vous avez des ressources, que le danger n’est plus le même. Elle continue son travail, loyalement, sans relâche. Plus vous lui résistez, plus elle se durcit. C’est comme si vous disiez à un chien de garde : « Tais-toi ! », mais que lui, entendant votre colère, se mettait à aboyer encore plus fort pour vous préserver d’un danger qu’il croit imminent.
Prenons l’exemple de Sophie, 35 ans, enseignante. Elle venait pour une peur panique de décevoir les autres. Chaque fois qu’elle devait dire non, une angoisse la paralysait. En explorant avec elle, nous avons découvert une part qui, à 7 ans, avait appris que « si elle n’était pas gentille et disponible, ses parents se fâchaient et elle se retrouvait seule ». Cette part, depuis, faisait tout pour éviter le rejet. À l’âge adulte, elle la poussait à accepter des surcharges de travail, à ne jamais poser ses limites. La peur était tenace parce qu’elle protégeait une vulnérabilité ancienne : la peur de l’abandon. Comprendre ça, c’est déjà un premier pas immense. Ce n’est plus « j’ai un problème de peur », mais « une part de moi a peur pour de bonnes raisons, mais avec des moyens dépassés ».
Blockquote :
« La peur n’est pas un mur qui vous bloque. C’est un messager qui frappe à votre porte. Si vous l’écoutez, il vous montrera ce qui a besoin d’être guéri. Si vous le chassez, il frappera plus fort. »
On nous a appris à être forts. À dominer nos émotions. À « prendre sur soi ». Alors, face à la peur, la réaction naturelle est de la combattre. Vous vous dites : « Je ne dois pas avoir peur, c’est ridicule », « Je vais me raisonner », « Je vais respirer un grand coup et passer outre ». Mais vous avez sans doute constaté que ça ne marche pas sur la durée. Au mieux, ça soulage un instant. Au pire, ça renforce le cycle.
Pourquoi ? Parce que la lutte crée une polarisation. En IFS, on observe que quand vous attaquez une part (en la jugeant, en la rejetant, en la niant), elle se raidit. Elle se sent menacée, donc elle double ses efforts pour faire son job. C’est un peu comme si vous disiez à un collègue anxieux : « Arrête de stresser, tu es ridicule. » Il ne va pas se calmer, il va probablement se sentir incompris et stresser encore plus pour vous prouver qu’il a raison de s’inquiéter.
Prenons un cas concret. J’ai reçu Julien, 29 ans, sportif de haut niveau. Il avait une peur paralysante avant les compétitions. Il s’entraînait comme un fou pour « tuer cette peur ». Il lisait des livres sur la confiance en soi, faisait des exercices de visualisation pour chasser l’anxiété. Résultat ? Sa peur devenait plus intense, plus fréquente. Il était épuisé. Ce qu’il ne voyait pas, c’est que sa peur (portée par un protecteur) avait une fonction : le préparer au pire, le tenir en alerte pour qu’il ne se blesse pas ou qu’il ne déçoive pas. En la combattant, il lui disait : « Tu n’as pas le droit d’exister », ce qui la rendait encore plus insistante. C’est le paradoxe : plus vous voulez être fort, plus vous créez un conflit intérieur qui vous affaiblit.
Ce piège est d’autant plus sournois qu’il est encouragé par notre culture. On valorise le contrôle, la maîtrise de soi. On confond « accueillir » avec « se laisser submerger ». Mais accueillir sa peur, ce n’est pas se vautrer dedans. C’est reconnaître sa présence sans lui donner les commandes. C’est dire : « Je te vois, je sais que tu es là pour une raison. Je ne te combats pas, je ne te suis pas non plus aveuglément. Je t’écoute. » Ce simple changement de posture fait baisser la pression. La part n’a plus besoin de lutter pour exister. Elle peut commencer à se détendre.
Voici le cœur de la méthode. Je vais vous guider pas à pas, comme je le fais avec les personnes que je reçois à Saintes. Prenez le temps de lire chaque étape, et si vous le pouvez, installez-vous confortablement pour pratiquer. Ce n’est pas un exercice à faire en conduisant ou en regardant votre téléphone. C’est un moment pour vous.
Étape 1 : Identifiez la part qui a peur
Asseyez-vous, fermez les yeux, et portez votre attention sur une situation récente qui a déclenché de la peur. Une réunion, un appel, une décision. Laissez monter la sensation. Où est-elle dans votre corps ? Poitrine serrée, ventre noué, gorge qui se serre ? Donnez-lui une forme, une couleur, une température. Puis, posez-vous cette question : « Quelle part de moi ressent cette peur ? » Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Laissez émerger une image, une impression. Peut-être un enfant, un adolescent, ou même une forme abstraite. Dites-lui bonjour mentalement. « Bonjour, je vois que tu es là, que tu as peur. » Pas de jugement. Juste une reconnaissance.
C’est un moment délicat. La peur peut vous sembler immense. Si c’est le cas, dites-lui : « Je suis là avec toi. Je ne te laisse pas seule. » Cette présence calme est déjà un premier cadeau. Vous n’êtes plus en train de la fuir ou de la combattre. Vous êtes en train de l’accompagner.
Étape 2 : Connectez-vous au Soi (le leader calme)
Avant d’interagir avec cette part, prenez un instant pour vous ancrer dans votre « Soi ». Le Soi, c’est votre essence : calme, curieux, compatissant, confiant, créatif, connecté, courageux, clair. Vous n’avez pas besoin d’y croire. Il suffit de le ressentir. Posez votre main sur votre cœur. Respirez lentement. Imaginez une lumière douce au centre de votre poitrine. Dites-vous : « Je suis ici, en sécurité. Je peux accueillir ce qui vient. » Ce n’est pas une performance. Si vous ne sentez rien, c’est ok. L’intention suffit. L’important est de ne pas aborder la part en étant vous-même envahi par une autre part (comme un juge intérieur ou un impatient). Si vous sentez de l’agacement, c’est qu’une autre part est aux commandes. Accueillez-la aussi, puis recentrez-vous.
Étape 3 : Dialoguez avec la part (sans forcer)
Maintenant, adressez-vous à la part qui a peur, comme vous le feriez avec un ami fragile. Posez-lui des questions ouvertes, avec curiosité. Pas pour la faire changer, mais pour la comprendre. Voici quelques questions que j’utilise souvent :
Écoutez la réponse qui vient, sans l’analyser. Elle peut être un mot, une image, une sensation. Par exemple, Marc, le commercial, a eu cette réponse : « J’ai peur qu’on me voit comme un imposteur. » Sa part avait 12 ans, l’âge où il avait été humilié par un professeur. En dialoguant, il a compris que sa peur le poussait à sur-préparer ses réunions pour ne jamais être pris en défaut. C’était un protecteur fidèle. Remerciez-la pour son travail. « Merci d’avoir veillé sur moi toutes ces années. Je ne savais pas. »
Étape 4 : Demandez ce dont elle a besoin
Une fois que la part se sent écoutée, elle se détend souvent un peu. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu aimerais que je fasse pour toi maintenant ? » ou « De quoi as-tu besoin pour te sentir en sécurité ? » Parfois, la réponse est simple : « Que tu me reconnaisses », « Que tu arrêtes de me juger », « Que tu prennes soin de moi ». Parfois, elle demande quelque chose de plus symbolique : un câlin, une promesse de ne pas l’abandonner, un espace pour pleurer. Laissez faire. Si une demande vous semble impossible (ex : « Je veux que tu quittes ton travail »), ne la rejetez pas. Dites : « Je t’entends. Je ne peux pas faire ça tout de suite, mais je peux être là avec toi. » L’important est de créer une relation de confiance.
Étape 5 : Accueillez la part exilée (si elle se montre)
Parfois, derrière la peur protectrice, se cache une part plus vulnérable, qu’on appelle un « exilé » en IFS. C’est une part qui porte une blessure ancienne : honte, tristesse, solitude, abandon. Quand le protecteur se détend, l’exilé peut émerger. Si cela arrive, ne paniquez pas. Restez dans votre Soi. Accueillez-la avec la même bienveillance. « Je te vois, tu es en sécurité maintenant. Je suis là. » Vous pouvez lui offrir ce dont elle a besoin : une présence, des mots doux, un geste symbolique. Ne cherchez pas à « réparer » tout de suite. Le simple fait d’être vu et accueilli est déjà profondément guérissant. Si l’émotion est trop forte, ralentissez. Respirez. Revenez à votre Soi. Et si besoin, arrêtez l’exercice. Ce n’est pas un test. C’est un chemin.
Comme toute pratique, l’IFS a ses petits pièges. Les connaître vous évitera de vous décourager. Le premier, c’est vouloir aller trop vite. Vous avez peut-être envie que votre peur disparaisse tout de suite. C’est normal, mais ce n’est pas ainsi que ça marche. L’IFS n’est pas une technique de suppression, c’est une pratique de relation. Les changements durables viennent par la confiance, pas par la force. Si vous sentez de l’impatience, c’est une autre part qui parle. Accueillez-la aussi : « Bonjour l’impatiente, je sais que tu veux que ça aille mieux. On y va doucement. »
Deuxième piège : confondre accueillir et fusionner. Accueillir sa peur, ce n’est pas devenir sa peur. Ce n’est pas se laisser submerger par elle au point d’annuler votre vie. C’est lui donner un espace, mais en restant vous-même le leader. Vous pouvez dire à la part : « Je t’accueille, je t’écoute, mais c’est moi qui décide des actions. » Par exemple, si votre peur vous dit « n’y va pas », vous pouvez répondre : « Merci de me protéger. Je t’entends. Mais je choisis d’y aller quand même, et je t’emmène avec moi, en te rassurant. » C’est un leadership ferme et doux.
Troisième piège : négliger le Soi. Sans connexion au Soi, le dialogue devient un dialogue entre parts, ce qui peut créer de la confusion. Prenez toujours le temps de vous recentrer, même 30 secondes. Si vous sentez que vous êtes en réaction (colère, jugement, peur), c’est qu’une part est aux commandes. Revenez à votre respiration, à votre centre. Vous n’êtes pas vos parts. Vous êtes celui/celle qui les accueille.
Enfin, ne pas forcer l’émergence d’un exilé. Certaines blessures sont profondes et doivent être abordées avec un professionnel, surtout si elles sont liées à des traumatismes importants. L’IFS est puissant, mais il demande du respect pour vos limites. Si une
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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