3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Découvrez les indices pour sortir du triangle infernal.
Vous n’êtes pas obligé de lire cet article jusqu’au bout. Mais si vous le faites, peut-être que quelque chose va changer dans la façon dont vous voyez vos disputes, vos frustrations ou vos silences.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je reçois des adultes qui viennent souvent avec la même plainte : « Je n’en peux plus de ces histoires qui se répètent. » Au début, ils pensent que le problème vient de l’autre – le conjoint, le collègue, le parent. Mais au fil des séances, une autre vérité émerge : ils jouent un rôle dans une pièce dont ils ne connaissent pas le scénario.
Ce n’est pas de leur faute. C’est un mécanisme. Et il s’appelle le triangle dramatique.
Avant d’aller plus loin, une précision : je ne parle pas ici de manipulation délibérée ou de mauvaise foi. Je parle de ces schémas relationnels que nous reproduisons sans le savoir, comme un disque rayé. Et la bonne nouvelle, c’est qu’une fois qu’on les reconnaît, on peut arrêter de danser.
Voici trois signes qui montrent que vous êtes peut-être en train de jouer un rôle dans un jeu psychologique.
C’est le signe le plus fréquent, et aussi le plus trompeur. Vous avez l’impression que tout vous tombe dessus. Votre conjoint ne vous écoute pas, votre patron vous surcharge, votre ami vous déçoit. Vous rentrez chez vous épuisé, en vous disant : « Pourquoi toujours moi ? »
Je reçois souvent des personnes qui décrivent leur vie comme une succession d’injustices. Elles sont sincères. Elles ont vraiment l’impression de subir. Mais à force d’écouter, je remarque un pattern : elles attendent que quelqu’un les sauve.
Un exemple concret. Un homme vient me voir parce qu’il est épuisé par sa relation avec sa mère. Elle lui téléphone tous les soirs pour se plaindre de son père, de sa santé, de ses voisins. Lui, il écoute, il rassure, il propose des solutions. Mais rien ne change. Il me dit : « Je suis coincé, je ne peux pas lui raccrocher au nez. »
Je lui demande : « Que se passerait-il si vous lui disiez que vous ne pouvez pas parler maintenant ? » Il me regarde, surpris. « Elle serait déçue. » Et c’est là que le pièce se dévoile : il se vit comme la victime de l’exigence de sa mère, mais en réalité, il se place dans un rôle qui l’empêche de poser une limite. Il attend que quelqu’un (moi, par exemple) lui donne la permission de dire non.
Le mécanisme est simple : la position Victime, dans le triangle dramatique, n’est pas une position de faiblesse réelle. C’est une position de pouvoir indirect. « Je suis impuissant, donc c’est à toi de faire quelque chose. » Et cette posture attire immanquablement un Sauveur ou un Persécuteur.
Le piège de la victime, ce n’est pas de souffrir, c’est d’attendre que quelqu’un d’autre la sauve. Et cette attente peut durer toute une vie.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je gagne à rester dans cette position ? » La réponse peut être inconfortable : vous gagnez de l’attention, vous évitez de prendre une décision, vous maintenez une forme de lien avec l’autre. Et c’est humain. Mais ça vous coûte votre énergie et votre liberté.
Celui-ci est plus difficile à voir, parce qu’il est socialement valorisé. Être gentil, aider, être disponible, c’est bien, non ? Oui, jusqu’à un certain point. Mais quand l’aide devient une addiction, elle cache autre chose.
Je travaille avec une femme, appelons-la Sophie. Elle est infirmière, mère de trois enfants, et elle s’occupe de ses parents âgés. Tout le monde dit d’elle : « Sophie est formidable, elle donne tout. » Mais Sophie vient me voir parce qu’elle fait des crises d’angoisse. Elle me dit : « Je n’ai pas le droit de craquer, tout le monde compte sur moi. »
Je lui demande : « Et si vous ne sauviez personne pendant une journée, que se passerait-il ? » Elle reste silencieuse longtemps. Puis elle répond : « Je n’existerais plus. »
C’est ça, le piège du Sauveur. Vous n’êtes pas seulement quelqu’un d’utile. Vous êtes quelqu’un qui a besoin d’être utile pour se sentir vivant. Et ce besoin vous pousse à intervenir là où on ne vous demande rien, à résoudre des problèmes qui ne sont pas les vôtres, à vous épuiser pour des gens qui, parfois, ne veulent pas être sauvés.
Le signe le plus clair ? Vous vous sentez indispensable. Vous pensez que sans vous, tout s’effondre. Et vous avez raison, dans une certaine mesure : si vous arrêtez de jouer votre rôle, le système va effectivement vaciller. Mais c’est précisément ce vacarme qui permettra à chacun de retrouver sa place.
Dans le triangle dramatique, le Sauveur et la Victime sont en miroir. Le Sauveur a besoin d’une Victime pour exister. Et la Victime a besoin d’un Sauveur pour ne pas agir. C’est une danse à deux, souvent inconsciente, qui peut durer des années.
Si vous vous reconnaissez, essayez ceci pendant une semaine : avant d’aider quelqu’un, demandez-vous : « Est-ce qu’on m’a demandé de l’aide ? » Si la réponse est non, ne faites rien. Observez ce qui se passe. Vous allez ressentir une tension, une envie de vous précipiter. C’est normal. C’est le manque de votre rôle. Mais si vous tenez, vous découvrirez peut-être que l’autre peut se débrouiller sans vous.
Celui-ci est le plus tabou. Personne n’aime se reconnaître dans le rôle du Persécuteur. Pourtant, nous y passons tous, parfois sans le savoir. Le Persécuteur, ce n’est pas forcément le méchant de l’histoire. C’est celui qui impose sa vision, qui juge, qui menace, qui fait la morale.
Un exemple. Un père vient me consulter pour son fils adolescent. Il me dit : « Il ne fait rien, il passe son temps sur son téléphone, je dois sans cesse le rappeler à l’ordre. » Je lui demande comment il s’y prend. Il me répond : « Je lui dis que s’il continue, il va rater sa vie. Je lui enlève son téléphone. Je lui fais la leçon. »
Je lui demande : « Et ça marche ? » Il rit jaune. « Non, il s’enferme dans sa chambre et on ne se parle plus. »
Ce père est sincèrement inquiet pour son fils. Il veut son bien. Mais la manière dont il le fait – le contrôle, la menace, la critique – le place en Persécuteur. Et son fils, en retour, se positionne en Victime (ou en Persécuteur à son tour, et le cercle continue).
Le signe que vous êtes en Persécuteur ? Vous utilisez des phrases comme « Tu devrais… », « Si tu ne fais pas ça… », « C’est pour ton bien que je te dis ça… ». Vous avez raison, et vous le savez. Mais votre raison vous isole.
Le Persécuteur, dans le triangle, est souvent un ancien Sauveur ou une ancienne Victime qui a inversé les rôles. Par exemple, une femme qui a longtemps sauvé son mari alcoolique finit par exploser et le traiter de tous les noms. Elle passe de Sauveuse à Persécutrice. Le mari, lui, passe de Victime à… Persécuteur à son tour. Et ainsi de suite.
Le triangle dramatique n’est pas un lieu où l’on reste fixe. C’est une valse à trois temps, et vous changez de rôle sans même vous en rendre compte.
Si vous vous sentez concerné, voici un indicateur fiable : quand vous critiquez, est-ce que vous vous sentez supérieur ? Pas forcément méchant, mais un peu au-dessus ? Si oui, vous êtes probablement en train de jouer le Persécuteur. Et ce qui se joue en dessous, c’est souvent une peur – peur de perdre le contrôle, peur d’être vulnérable, peur de ne pas être à la hauteur.
Vous avez reconnu un ou plusieurs signes ? C’est déjà un grand pas. Beaucoup de personnes passent des années à danser sans savoir qu’il y a une sortie.
La première étape, c’est la conscience. Pas le jugement. Vous n’êtes pas un « mauvais » Sauveur, une « faible » Victime ou un « méchant » Persécuteur. Vous êtes un être humain qui a appris, souvent dans l’enfance, à se débrouiller avec ces rôles pour être aimé, pour être en sécurité, pour exister.
La deuxième étape, c’est de reconnaître que vous avez le choix. À chaque instant, vous pouvez décider de sortir du triangle. Mais attention : sortir ne veut pas dire fuir. Cela veut dire changer de posture.
Prenons un exemple concret. Vous êtes au travail, un collègue vient se plaindre pour la énième fois que son chef est injuste. D’habitude, vous le consolez (Sauveur), vous vous indignez avec lui (Victime) ou vous lui dites de se taire et de travailler (Persécuteur). Cette fois, vous essayez autre chose.
Vous dites : « Je t’entends, ça a l’air difficile. Qu’est-ce que tu comptes faire ? »
Cette phrase, en apparence anodine, fait deux choses. Premièrement, elle valide son ressenti (vous ne le niez pas). Deuxièmement, elle lui rend sa responsabilité (vous ne prenez pas le problème à votre compte). Vous quittez le triangle pour entrer dans une position que j’appelle « adulte responsable » ou « centre de la roue », selon le modèle que j’utilise.
C’est la même chose dans une dispute de couple. Votre partenaire vous reproche quelque chose. Au lieu de vous défendre (Victime), de l’accuser (Persécuteur) ou de le consoler (Sauveur), vous dites : « Je comprends que tu sois en colère. De quoi as-tu besoin de ma part ? »
Vous allez voir, ça change tout. Parce que vous ne jouez plus le jeu. Vous arrêtez de danser. Et l’autre, désorienté, va peut-être arrêter aussi.
Je ne vais pas vous proposer une solution miracle. Les jeux psychologiques sont des habitudes profondes, souvent liées à notre histoire. Les reconnaître est un premier pas, mais les défaire demande du temps, de la pratique et parfois un accompagnement.
Voici trois choses concrètes que vous pouvez essayer dès aujourd’hui :
1. Tenez un journal des rôles pendant une semaine. Chaque soir, notez une situation où vous vous êtes senti coincé dans une relation. Demandez-vous : « À ce moment-là, quel rôle ai-je joué ? Victime, Sauveur ou Persécuteur ? » Ne jugez pas. Observez. Vous allez vite repérer vos tendances.
2. Expérimentez la non-intervention. La prochaine fois que quelqu’un se plaint, résistez à l’envie de proposer une solution. Dites simplement : « Je suis là, je t’écoute. » Et taisez-vous. Laissez l’autre chercher sa propre réponse. Vous serez surpris de voir ce qui émerge.
3. Posez une limite, une seule. Choisissez une personne avec qui vous jouez souvent un rôle. Et dites-lui, calmement : « À partir de maintenant, je ne peux plus faire ça pour toi. » Par exemple : « Je ne peux plus écouter tes plaintes sur ton travail après 20 heures. » Ou : « Je ne peux plus gérer les rendez-vous de ta mère à ta place. » La limite n’est pas une attaque, c’est un acte de respect envers vous-même.
Et si vous sentez que ces schémas sont trop profonds, trop ancrés, trop douloureux, sachez que vous n’êtes pas seul. Je reçois des personnes à Saintes, en cabinet, et aussi en visio pour celles qui sont plus loin. L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) sont des outils puissants pour dénouer ces rôles, parce qu’ils ne s’attaquent pas à la personne, mais aux parties d’elle qui ont appris à survivre ainsi.
Vous pouvez réserver un appel gratuit de 20 minutes, sans engagement, juste pour parler de ce qui se joue pour vous. Parfois, mettre des mots sur le schéma suffit à amorcer le mouvement.
Et si vous n’êtes pas prêt, ce n’est pas grave. Gardez simplement cette idée dans un coin de votre tête : vous n’êtes pas obligé de jouer le rôle qu’on vous a attribué. Vous pouvez choisir une autre partition.
À très bientôt, peut-être.
Thierry Sudan
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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