3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Faites le lien entre votre passé et vos relations présentes.
Vous avez probablement déjà vécu cette scène : vous vous sentez vidé après avoir passé du temps avec votre conjoint, vous culpabilisez pour tout ce que vous n’avez pas fait pour lui, ou vous passez vos nuits à ressasser ce que vous auriez dû dire ou faire. Pourtant, vous l’aimez sincèrement, et vous voulez que votre relation fonctionne. Mais au fond, vous avez l’impression de porter tout le poids du couple sur vos épaules, comme si votre bien-être dépendait entièrement de son bonheur. Si cette description vous parle, vous êtes peut-être en train de vivre ce qu’on appelle la codépendance.
Je ne parle pas d’un diagnostic clinique, mais d’un schéma relationnel bien réel, qui se manifeste souvent par un besoin excessif de contrôler, de sauver ou de plaire à l’autre, au détriment de vos propres besoins. Et si je vous disais que ce mécanisme ne vient pas de votre relation actuelle, mais de votre enfance ? Que les racines de cette dépendance affective se trouvent dans des expériences que vous avez vécues bien avant de rencontrer votre partenaire ? C’est ce que nous allons explorer ensemble aujourd’hui.
En tant que praticien installé à Saintes depuis 2014, j’accompagne régulièrement des adultes qui, comme vous, se retrouvent piégés dans ces dynamiques. Mon travail avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’a permis de constater à quel point ces schémas sont profondément ancrés, mais aussi combien ils peuvent être transformés. Dans cet article, je vais vous expliquer comment l’enfance façonne ces comportements, pourquoi vous les reproduisez à l’âge adulte, et surtout, comment commencer à vous en libérer.
Commençons par clarifier les choses. La codépendance n’est pas une maladie, ni un défaut de caractère. C’est un ensemble de comportements appris qui visent à gérer un sentiment d’insécurité intérieure. Concrètement, une personne codépendante a tendance à :
Je me souviens d’un patient, appelons-le Julien, un cadre dynamique de 38 ans. Il venait me voir parce que sa relation avec sa femme était au bord de la rupture. Il me disait : « Je fais tout pour elle : je gère les enfants, les finances, je m’occupe de ses humeurs. Mais elle me dit que je l’étouffe, que je ne la laisse pas respirer. » Julien était sincèrement perdu. Il ne comprenait pas que son « amour » était en réalité une tentative de contrôler l’insécurité qu’il ressentait depuis toujours.
La bonne nouvelle, c’est que ces schémas ne sont pas gravés dans le marbre. Ils ont été construits au fil du temps, souvent en réponse à des besoins non satisfaits dans l’enfance. Et ce qui a été appris peut être désappris. Mais pour cela, il faut d’abord comprendre d’où ils viennent.
« La codépendance, c’est comme un vieux manteau que vous portez depuis l’enfance. Il vous a protégé du froid à l’époque, mais aujourd’hui, il vous serre et vous empêche de bouger. Vous pouvez choisir de le poser. »
Pour comprendre pourquoi vous agissez ainsi aujourd’hui, il faut remonter le fil de votre histoire. Les schémas de codépendance se construisent généralement dans l’enfance, dans un environnement où vos besoins émotionnels n’ont pas été suffisamment reconnus ou satisfaits. Ce n’est pas forcément une maltraitance flagrante – souvent, c’est plus subtil.
Prenons quelques exemples concrets :
Dans mon cabinet, j’ai accompagné Claire, une femme de 45 ans, infirmière de profession. Elle venait pour une fatigue chronique et un sentiment de vide. En explorant son histoire, elle s’est souvenue que sa mère était alcoolique et que, dès l’âge de 8 ans, elle devait la border le soir, vérifier qu’elle ne tombait pas, et gérer les crises. Elle avait appris que son rôle était de prendre soin, de contrôler l’ingérable. Aujourd’hui, dans son couple, elle reproduisait exactement ce schéma : elle surveillait les moindres faits et gestes de son mari, anticipait ses besoins, et se sentait responsable de son bien-être. Mais elle en payait le prix : épuisement, anxiété, et une colère rentrée qu’elle n’osait pas exprimer.
Ce qui est frappant, c’est que ces comportements ont été, à l’époque, des stratégies de survie. Ils vous ont permis de gérer un environnement insécurisant. Le problème, c’est qu’ils se sont automatiquement généralisés à l’âge adulte, même dans des contextes où ils ne sont plus nécessaires.
Vous pourriez vous demander : « Mais pourquoi, alors que je sais que ce n’est pas bon pour moi, je continue à agir ainsi ? » C’est une question légitime, et la réponse se trouve dans le fonctionnement de votre cerveau.
Quand vous étiez enfant, votre cerveau a appris une « carte du monde » pour vous sentir en sécurité. Par exemple : « Si je fais tout pour que maman soit heureuse, je ne me sens pas abandonné. » Cette carte a été stockée dans votre mémoire implicite, celle qui fonctionne en arrière-plan, sans que vous en ayez conscience. À l’âge adulte, quand vous êtes dans une relation intime, votre cerveau active automatiquement ces vieilles cartes, car elles lui semblent familières et donc rassurantes, même si elles sont dysfonctionnelles.
C’est ce qu’on appelle le transfert : vous projetez sur votre partenaire des attentes et des peurs qui viennent de vos figures parentales. Par exemple :
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « J’ai l’impression de retomber toujours dans les mêmes relations, même si je jure que la prochaine sera différente. » Et c’est vrai, parce que ce n’est pas la personne que vous choisissez, mais le schéma. Votre cerveau cherche inconsciemment à recréer des situations qui lui sont familières, même si elles sont douloureuses, parce que l’inconnu est terrifiant.
Prenons l’exemple de Marc, un sportif de haut niveau que j’accompagne en préparation mentale. Sur le terrain, il est un leader, il anticipe tout, il contrôle le jeu. Mais dans sa vie personnelle, il est enchaîné à une relation où sa compagne le fait constamment culpabiliser. Il me disait : « Je sais que je devrais partir, mais je ne peux pas. J’ai l’impression que sans elle, je ne vaux rien. » En fouillant son enfance, nous avons découvert que son père était un homme exigeant, qui ne lui montrait de l’affection que quand il gagnait. Marc avait appris que l’amour se méritait, et il reproduisait cela avec sa compagne. Il cherchait à « gagner » son amour en se surpassant, comme il le faisait avec son père.
C’est ici que l’approche IFS (Internal Family Systems) devient particulièrement puissante. L’IFS postule que notre psyché est composée de différentes « parties » ou sous-personnalités, qui ont chacune un rôle et des croyances spécifiques. Dans le cas de la codépendance, vous avez probablement une partie que j’appelle le Sauveur ou le Contrôleur.
Cette partie est celle qui vous pousse à :
Elle a émergé dans votre enfance pour vous protéger d’une menace : le rejet, l’abandon, la colère d’un parent. À l’époque, elle a été utile. Mais aujourd’hui, elle vous épuise et vous empêche de vivre des relations authentiques.
L’objectif de l’IFS n’est pas de combattre cette partie, mais de l’accueillir avec curiosité et compassion. Vous pouvez lui demander : « Quelle est ta peur ? Qu’est-ce qui se passerait si tu arrêtais de contrôler ? » Souvent, la réponse est : « Si j’arrête, je vais être abandonné, rejeté, je ne survivrai pas. » C’est une peur d’enfant, qui n’a plus lieu d’être à l’âge adulte, mais qui reste active.
En travaillant avec l’hypnose ericksonienne, je guide mes patients à entrer en contact avec cette partie, à l’écouter sans jugement, et à lui offrir une nouvelle forme de sécurité. Par exemple, vous pouvez lui dire : « Je vois que tu as peur, et je te remercie de m’avoir protégé toutes ces années. Mais aujourd’hui, je suis un adulte, je peux prendre soin de moi. Tu peux te reposer. »
« Vos parties codépendantes ne sont pas des ennemies. Ce sont des gardiens fatigués qui ont besoin qu’on leur montre qu’ils peuvent lâcher prise. »
Une fois que vous avez commencé à apaiser vos parties intérieures, il est temps de passer à l’action concrète dans vos relations. L’Intelligence Relationnelle est un ensemble de compétences qui vous permet de créer des liens plus sains, basés sur l’interdépendance plutôt que la codépendance.
Concrètement, voici ce que cela implique :
Apprendre à dire non : Cela peut sembler simple, mais pour une personne codépendante, dire non est un acte de bravoure. Commencez par de petites choses : refuser un café que vous n’avez pas envie de boire, décliner une invitation qui ne vous convient pas. À chaque fois que vous dites non, vous dites oui à vous-même.
Identifier vos propres besoins : La codépendance vous a appris à ignorer vos besoins. Prenez un carnet et notez chaque jour : « De quoi ai-je besoin aujourd’hui ? » Cela peut être du repos, de la solitude, une activité créative, ou simplement de l’air. Puis, accordez-vous ce besoin.
Pratiquer l’écoute active sans sauver : Quand votre partenaire exprime une difficulté, votre réflexe est de proposer des solutions ou de prendre en charge. Essayez plutôt de dire : « Je t’entends, c’est difficile. Je suis là pour toi. » Sans rien ajouter. Laissez-le vivre son émotion sans la porter à sa place.
Créer des limites claires : Les limites ne sont pas des murs, ce sont des portes que vous ouvrez et fermez consciemment. Par exemple : « Je suis disponible pour t’écouter ce soir, mais après 21h, j’ai besoin de temps pour moi. » Ou encore : « Je ne peux pas gérer tes problèmes de travail, je te fais confiance pour trouver une solution. »
Je me souviens d’une patiente, Sophie, qui avait l’habitude de répondre aux appels de son mari à toute heure, même en pleine nuit, pour le rassurer sur ses angoisses. Elle en était épuisée. En travaillant sur ses limites, elle a appris à lui dire : « Je t’aime, mais je ne peux pas répondre après 22h. Si tu as besoin, tu peux appeler ton ami ou écrire dans ton journal. » Au début, son mari a été surpris, puis il a commencé à gérer ses propres angoisses. Sophie a retrouvé de l’énergie et une estime d’elle-même qu’elle avait perdue.
L’Intelligence Relationnelle, c’est aussi apprendre à communiquer vos besoins sans accuser. Au lieu de dire « Tu ne fais jamais attention à moi », essayez : « J’ai besoin de me sentir écouté. Est-ce qu’on peut prévoir un moment pour parler ce week-end ? » La différence est subtile, mais elle change tout.
Se libérer de la codépendance est un processus, pas un événement. Il y aura des rechutes, des moments de doute, et c’est normal. Voici quelques pièges dans lesquels vous pourriez tomber, et comment les éviter :
Un patient me disait récemment : « J’ai l’impression d’être sur des montagnes russes. Parfois, je me sens libre, et parfois, je replonge dans mes vieilles habitudes. » Je lui ai répondu : « C’est exactement ça. La guérison n’est pas une ligne droite, c’est une spirale. Vous repasserez par des points familiers, mais à chaque fois, vous serez un peu plus haut. »
Je ne vais pas vous promettre que tout sera réglé après avoir lu cet article. Ce serait mentir. Mais je peux vous donner des actions concrètes que vous pouvez mettre en place dès aujourd’hui pour amorcer le changement.
Prenez un moment pour vous, ce soir. Asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux, et posez-vous cette question : « Quelle est la peur qui se cache derrière mon besoin de contrôler ou de sauver mon partenaire ? » Notez la première réponse qui vient, sans la juger. C’est souvent une peur d’enfant : peur de l’abandon, peur de ne pas être aimé, peur de l’échec.
Identifiez une limite que vous aimeriez poser. Choisissez une situation précise où vous vous sentez souvent débordé ou utilisé. Par exemple : « Je ne veux plus répondre aux appels de mon collègue
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.