3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un guide simple pour s'affirmer en douceur.
Tu poses ton téléphone après avoir dit oui à une sortie que tu n’as pas envie de faire. Tu raccroches après avoir accepté un dossier de plus au travail, alors que ta charge est déjà pleine. Tu te retrouves à préparer le repas de famille parce que « ça arrange tout le monde », même si toi, tu aurais juste besoin d’une soirée calme.
Et là, au fond de toi, quelque chose serre. Une petite voix qui dit : « Pourquoi tu n’as pas su dire non ? » Et juste après, une autre, plus insistante : « Mais si tu avais dit non, tu aurais été égoïste. »
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois souvent des personnes qui viennent parce qu’elles n’en peuvent plus de cette culpabilité qui les ronge après chaque refus. Elles sont gentilles, fiables, disponibles. Mais elles sont épuisées. Et elles ont l’impression que dire non, c’est trahir les autres.
Alors, est-ce qu’on peut apprendre à dire non sans se sentir coupable ? Oui. Mais pas en devenant dur ou froid. Plutôt en comprenant ce qui se joue en nous, et en s’affirmant en douceur.
Quand on m’a posé la question pour la première fois en séance, j’ai demandé à la personne : « Qu’est-ce qui se passe dans ton corps quand tu penses à refuser quelque chose ? » Elle a fermé les yeux une seconde et m’a répondu : « Une boule dans le ventre, une pression dans la poitrine, et une envie de m’excuser par avance. »
Ce n’est pas un hasard. Cette réaction est ancrée dans notre histoire. Depuis l’enfance, on apprend qu’être aimé, c’est être agréable. On nous félicite quand on partage, quand on cède, quand on fait passer les autres avant nous. On nous dit : « Sois gentil », « Ne fais pas de vague », « Pense aux autres ». Et petit à petit, notre cerveau associe le fait de dire non à un risque : celui de perdre l’amour, l’approbation, la sécurité.
En hypnose ericksonienne, on appelle ça une « réponse apprise ». C’est un réflexe émotionnel qui s’est construit avec le temps. Il n’est pas mauvais en soi : il a été utile pour survivre socialement. Mais aujourd’hui, il te dessert. Parce que tu n’es plus un enfant qui dépend des autres pour vivre. Tu es un adulte qui peut choisir.
L’IFS (Internal Family Systems), que j’utilise beaucoup, voit les choses autrement. Dans cette approche, on considère qu’il y a en nous différentes « parties ». Une partie qui veut dire oui pour éviter les conflits, une partie qui se sent coupable, et une partie qui a besoin de repos mais n’ose pas le demander. Ces parties ne sont pas des ennemis. Ce sont des protecteurs. Elles ont pris ce rôle parce qu’à un moment, elles ont estimé que c’était la seule façon de te protéger. Mais leur stratégie est devenue trop rigide.
« La culpabilité après un non, ce n’est pas une preuve que tu as mal agi. C’est une partie de toi qui crie qu’elle essaie encore de te protéger d’un danger qui n’existe plus. »
Quand tu comprends ça, la culpabilité devient un signal, pas une condamnation. Elle te dit : « Attention, une partie de toi a peur. » Et cette peur, tu peux l’écouter sans lui obéir.
Un des plus gros obstacles pour dire non sans culpabilité, c’est cette idée qu’il y aurait des « bons » refus et des « mauvais » refus. On se met à évaluer, à jauger, à peser le pour et le contre. « Est-ce que ma raison est valable ? » « Est-ce que je suis légitime à dire non ? » « Et si je dis non, est-ce que je vais passer pour quelqu’un de désagréable ? »
Je vois souvent des personnes qui n’osent pas dire non parce qu’elles pensent que leur besoin n’est pas assez important. Par exemple, un patient me disait : « Je n’ai pas envie d’aller à l’anniversaire de mon collègue, mais ce n’est pas une urgence, je n’ai rien de mieux à faire. Alors je me force. »
Mais attends. Est-ce que ton besoin de repos, de calme, ou simplement de ne pas faire quelque chose que tu n’as pas envie de faire, n’est pas légitime en soi ? Est-ce que tu dois avoir une « bonne excuse » pour avoir le droit de dire non ?
En réalité, ce piège repose sur une confusion : confondre le fait de dire non avec un jugement sur l’autre. Dire non à une invitation, ce n’est pas dire que la personne n’est pas importante. C’est dire que toi, à ce moment-là, tu as besoin d’autre chose. C’est une déclaration sur ton état intérieur, pas une évaluation de la demande.
En Intelligence Relationnelle, on travaille beaucoup cette nuance. L’idée, c’est que dire non, ce n’est pas rejeter l’autre. C’est poser une limite claire, tout en restant en lien. Et ça, ça change tout. Parce que quand tu refuses avec douceur, l’autre ne se sent pas attaqué. Il peut même comprendre.
Alors arrête de te demander : « Est-ce que je suis légitime ? » La question est plutôt : « De quoi j’ai besoin, là, maintenant ? » Si tu as besoin de dire non, tu es légitime. Point.
Parlons concret. Tu es au travail. Un collègue te demande de l’aider sur un projet qui n’est pas le tien. Tu es déjà en retard sur tes propres tâches. Tu sens la pression monter. Tu veux dire non, mais les mots ne sortent pas. Tu dis oui, et tu regrettes.
Alors comment faire ? Voici une structure simple, inspirée à la fois de l’hypnose conversationnelle et de l’Intelligence Relationnelle. Elle repose sur trois temps : reconnaître, nommer, proposer.
1. Reconnaître la demande de l’autre Tu ne passes pas par-dessus. Tu montres que tu as entendu. Exemple : « Je vois que tu as besoin d’aide sur ce dossier. »
2. Nommer ta réalité Tu exprimes ton besoin ou ta limite, sans te justifier excessivement. Exemple : « En ce moment, j’ai déjà une charge de travail complète, et je ne peux pas m’engager sur autre chose sans compromettre la qualité. »
3. Proposer une alternative (si tu le souhaites) Tu restes en lien, sans te sacrifier. Exemple : « Je ne peux pas t’aider aujourd’hui, mais je peux te donner un retour sur ton plan demain matin si ça t’aide. »
Ce n’est pas un refus froid. C’est un refus clair, respectueux, et qui garde la relation intacte. Et surtout, tu n’as pas besoin de t’excuser d’exister. Un « non » accompagné d’un sourire et d’une voix calme est souvent mieux reçu qu’un « oui » forcé et plein de ressentiment.
En hypnose ericksonienne, on utilise aussi la notion de « oui intérieur ». Avant de dire non à l’autre, dis oui à toi-même. Ce « oui » intérieur, c’est l’affirmation de ton besoin. Il te permet de poser le non avec une énergie différente, moins défensive, plus posée.
« Un non posé depuis un oui intérieur n’est pas une fermeture. C’est une porte clairement indiquée, pour que les deux personnes sachent où elles en sont. »
Tu as dit non. Tu as utilisé une formulation douce. Tu as proposé une alternative. Mais la culpabilité est là, tenace, comme une vieille compagne. Elle te chuchote : « Tu aurais dû faire un effort. » « Tu es égoïste. » « Les autres vont mal penser de toi. »
C’est normal. La culpabilité ne disparaît pas en un jour. Elle est comme un muscle qui a été entraîné pendant des années à réagir d’une certaine façon. Quand tu commences à dire non, ce muscle proteste. Il a peur du changement.
Mais voici ce que j’observe avec les personnes que j’accompagne : la culpabilité diminue quand on cesse de la combattre. Quand on l’accueille, un peu comme on accueille une partie de soi qui a peur. En IFS, on dirait : « Accueille cette partie coupable. Demande-lui ce qu’elle craint. Écoute-la sans la suivre aveuglément. »
Pose-toi ces questions :
Souvent, la culpabilité est un feu de paille. Elle brûle fort au début, puis elle s’éteint. Le ressentiment, lui, est un feu couvert. Il peut durer des semaines, des mois, et abîmer la relation bien plus qu’un non clair.
Alors laisse la culpabilité être là. Ne la chasse pas. Mais ne la laisse pas conduire. Respire. Dis-lui : « Je t’entends, je sais que tu veux me protéger, mais cette fois, je choisis autre chose. »
Tu n’as pas besoin d’attendre d’être parfait pour commencer. Voici un petit exercice que tu peux faire dès cette semaine. Il est inspiré de l’hypnose et de l’Intelligence Relationnelle, et il est conçu pour être progressif.
1. Observe tes « oui » automatiques Pendant trois jours, note chaque fois que tu dis oui sans vraiment le vouloir. Ne change rien. Observe juste. Tu peux le faire mentalement ou dans un carnet. Demande-toi : « Qu’est-ce qui s’est passé dans mon corps juste avant de dire oui ? Qu’est-ce que j’ai ressenti ? »
2. Choisis une situation à faible risque Ne commence pas par le refus d’une grosse demande au travail ou en famille. Choisis quelque chose de simple : dire non à un verre de l’apéro que tu n’as pas envie de prendre, refuser une proposition de sortie que tu n’as pas le courage de faire. Quelque chose où l’enjeu est faible.
3. Utilise la formulation en trois temps Répète-toi la structure : « Je vois que… / En ce moment, j’ai besoin de… / Je te propose… » Entraîne-toi à voix haute, devant un miroir si besoin. La première fois, ça peut sembler artificiel. C’est normal.
4. Observe la culpabilité sans agir Après avoir dit non, reste avec la culpabilité une minute. Ne la fuis pas. Ne la justifie pas. Observe-la comme une météo intérieure. Elle va passer. Et si elle ne passe pas, demande-toi : « Qu’est-ce que cette partie de moi a peur de perdre ? »
5. Célèbre ton non Oui, célèbre-le. Tu as posé une limite. C’est un acte de respect envers toi-même. Tu n’as pas à t’excuser d’exister. Dis-toi : « Je viens de faire un pas pour moi. » Même si c’est petit, c’est énorme.
Je veux être honnête avec toi. L’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne vont pas effacer ta culpabilité en un claquement de doigts. Elles ne vont pas transformer la personne en face de toi si elle est toxique ou manipulatrice. Elles ne vont pas faire que tout le monde accueille ton non avec le sourire.
Mais elles vont t’aider à :
L’hypnose ericksonienne, par exemple, ne va pas te « programmer » pour dire non. Elle va t’aider à accéder à des ressources que tu as déjà, mais que tu n’utilises pas toujours. Une meilleure confiance en toi, une capacité à rester calme sous pression, une clarté sur ce que tu veux vraiment.
L’IFS, elle, va t’aider à dialoguer avec ces parties qui te freinent. Tu vas apprendre à être le leader de ton système intérieur, pas un esclave de tes peurs.
Et l’Intelligence Relationnelle va te donner des outils concrets pour communiquer sans violence, sans soumission, et sans fuite.
Je ne vais pas te mentir : lire un article, c’est un bon début. Mais pour certaines personnes, les schémas sont profonds. La culpabilité est liée à des histoires familiales, à des croyances anciennes, à des blessures. Et seule une lecture ne suffit pas toujours à les dénouer.
Si tu reconnais que tu passes ta vie à dire oui pour éviter les conflits, que tu es épuisé de porter les besoins des autres, que tu ressens une colère sourde envers ceux qui profitent de ta gentillesse, alors peut-être qu’un accompagnement individuel pourrait t’aider.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui viennent pour ça. On travaille en hypnose, en IFS, en Intelligence Relationnelle. On ne va pas te forcer à devenir quelqu’un d’autre. On va t’aider à retrouver ta propre voix, celle qui sait ce qui est bon pour toi.
Tu peux aussi me contacter pour un premier échange, sans engagement. Juste pour voir si ça résonne avec toi. Parfois, le simple fait de parler à quelqu’un qui comprend ces mécanismes, c’est déjà un soulagement.
« Dire non, ce n’est pas fermer une porte. C’est ouvrir un espace pour ce qui est vraiment important pour toi. »
Alors voilà. Tu as le droit de dire non. Tu as le droit de poser des limites. Tu as le droit d’être fatigué, de vouloir du calme, de ne pas avoir envie. Et tu n’as pas à t’excuser pour ça.
Commence petit. Observe. Respire. Et un jour, tu verras : dire non, ce n’est pas un échec. C’est un acte d’amour envers toi-même. Et c’est peut-être la chose la plus importante que tu puisses faire pour être vraiment présent pour les autres, quand tu choisis de dire oui.
Si cet article t’a parlé, si tu sens que quelque chose bouge en toi, je t’invite à me contacter. On peut se rencontrer, en vrai à Saintes ou en visio. Pas pour que je te dise quoi faire, mais pour que tu retrouves ta propre boussole.
Prends soin de toi. Vraiment.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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