3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comment ces approches se complètent.
Tu te souviens de cette conversation avec ton conjoint où, en une phrase, tu es passé de « tout va bien » à « je ne me sens pas compris » ? Ou ce collègue qui, par une simple remarque, a réussi à te faire bouillir intérieurement pendant trois jours ? Nous avons tous ces moments où nos relations ressemblent à un champ de mines émotionnelles. On voudrait réagir avec calme et clarté, mais quelque chose en nous s’emballe, se ferme ou attaque.
J’ai vu ça des centaines de fois dans mon cabinet à Saintes. Des adultes intelligents, empathiques, qui se retrouvent piégés dans des schémas relationnels répétitifs. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des outils pour sortir de là. Et deux d’entre eux, combinés, forment un duo particulièrement efficace : l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems). Laisse-moi te montrer comment ces approches se complètent pour apaiser tes relations, en commençant par la plus importante : celle avec toi-même.
Imagine un instant : tu es dans une réunion de travail. Ton responsable fait une remarque sur un dossier que tu as préparé. Rien de méchant, juste une suggestion. Pourtant, à l’intérieur, c’est la tempête. Ton cœur s’accélère, tes épaules se tendent, et une voix intérieure crie : « Il ne me fait pas confiance, je ne suis pas à la hauteur. »
Ce qui se passe là, ce n’est pas un choix conscient. C’est une réaction automatique, pilotée par une partie de toi que l’IFS appelle un « protecteur ». Cette partie a été formée il y a longtemps – peut-être quand tu avais huit ans et que tu as été critiqué devant toute la classe. À l’époque, cette réaction de vigilance ou de fuite était adaptée. Aujourd’hui, elle est devenue un réflexe qui parasite tes relations.
L’hypnose ericksonienne intervient ici de manière très concrète. Elle permet de contourner ce réflexe en accédant directement à ton inconscient. Par la relaxation, la suggestion indirecte et les métaphores, l’hypnose crée un espace où ces parties protectrices peuvent se détendre un peu. Je ne te fais pas entrer dans un état de sommeil profond. Tu restes conscient, mais ton esprit critique s’apaise, et tu deviens plus réceptif à de nouvelles façons de percevoir une situation.
Prenons l’exemple de Marc, un quadragénaire que j’ai accompagné. Chaque fois que sa femme lui demandait « Tu as pensé à… ? », il interprétait cela comme un reproche. Il se fermait, répondait sèchement, puis culpabilisait. En hypnose, nous avons travaillé sur l’image mentale qu’il associait à cette question. Progressivement, son inconscient a créé une nouvelle association : la question de sa femme n’était plus une attaque, mais une invitation à collaborer. Cela n’a pas effacé son histoire, mais cela a modifié la réaction immédiate.
L’hypnose ne contrôle pas ton esprit. Elle te donne accès à la partie de toi qui peut choisir autrement, même quand l’ancienne programmation s’active.
Le piège serait de croire qu’une seule séance d’hypnose suffit à transformer une relation. Ce n’est pas le cas. L’hypnose ouvre une porte, mais il faut ensuite comprendre ce qui se cache derrière. C’est là que l’IFS devient indispensable.
L’IFS, ou Internal Family Systems, repose sur une idée simple mais puissante : tu n’es pas un bloc monolithique. Tu es composé de plusieurs « parties » – des sous-personnalités qui ont chacune leur histoire, leurs émotions et leurs stratégies. Il y a la partie qui veut tout contrôler, celle qui cherche à plaire, celle qui se retire quand ça chauffe, et celle qui explose de colère. Toutes ces parties sont là pour te protéger, même si leurs méthodes peuvent sembler contre-productives dans tes relations.
Le problème, c’est que ces parties agissent souvent en conflit. Une partie veut dire ce que tu penses vraiment, mais une autre partie, plus peureuse, te fait avaler tes mots. Résultat : tu sors d’une conversation frustré, avec l’impression de t’être trahi.
L’IFS t’apprend à identifier ces parties et à dialoguer avec elles, depuis un état que l’on appelle le « Self ». Le Self, c’est ton essence : calme, curieuse, compatissante, confiante. Quand tu es en Self, tu peux écouter la partie qui s’énerve sans t’identifier à elle, et comprendre ce qu’elle craint vraiment.
Reprends l’exemple de la remarque au travail. Avec l’IFS, nous explorons : « Quelle partie de toi réagit ? Que craint-elle ? » Souvent, la réponse est : « Je crains d’être rejeté ou jugé incompétent. » Derrière ce protecteur colérique se cache souvent une partie plus jeune, vulnérable, qui a déjà vécu ce rejet. L’IFS permet de décharger la souffrance de cette partie blessée, sans avoir à revivre le traumatisme en détail.
Ce qui est fascinant, c’est que l’hypnose rend ce processus plus fluide. Quand une partie est très verrouillée – par exemple, une partie qui refuse absolument de lâcher la colère parce qu’elle pense que c’est la seule façon de te protéger – l’hypnose peut l’aider à se détendre un peu. Elle offre un cadre sécurisé pour que le Self puisse entrer en contact avec les parties les plus rigides.
J’ai accompagné une jeune femme, Élise, qui vivait des relations amoureuses toxiques en série. Elle attirait des partenaires distants, puis s’épuisait à essayer de les retenir. En IFS, nous avons découvert une partie d’elle, une petite fille, qui croyait que pour être aimée, elle devait se sacrifier. Cette partie était très jeune et très convaincue. L’hypnose a permis de créer un lieu sûr où cette petite fille pouvait se sentir écoutée sans être submergée par l’émotion. Ensuite, le Self d’Élise a pu lui montrer qu’elle méritait de l’amour sans conditions. Ses relations ont changé, non pas parce qu’elle a appris des techniques de communication, mais parce qu’elle n’avait plus besoin de répéter ce schéma.
Tu commences peut-être à voir la complémentarité. L’hypnose ericksonienne, c’est comme un lubrifiant pour le système. Elle assouplit les mécanismes de défense, calme le mental analytique, et permet d’accéder à des ressources inconscientes. L’IFS, c’est la carte qui te guide ensuite à travers ton paysage intérieur. Sans hypnose, l’IFS peut parfois buter sur des parties très résistantes. Sans IFS, l’hypnose peut offrir un soulagement temporaire, mais sans résoudre les causes profondes des conflits relationnels.
Concrètement, voici comment je les combine souvent en séance. Nous commençons par un temps d’échange pour identifier la situation relationnelle qui pose problème. Puis, je propose une courte induction hypnotique – quelques minutes de recentrage sur la respiration, une focalisation sur une sensation agréable. L’objectif est d’amener la personne dans un état de présence détendue, où son esprit critique se met en veille. Ensuite, je l’invite à se tourner vers l’intérieur et à contacter la partie qui réagit dans cette relation. « Où la sens-tu dans ton corps ? Quelle émotion domine ? » À partir de là, le travail IFS commence : dialoguer avec cette partie, comprendre son rôle, découvrir ce qu’elle protège.
Ce qui rend ce duo si puissant pour les relations, c’est qu’il t’apprend à faire deux choses essentielles. D’abord, à reconnaître quand une partie de toi prend le contrôle. Ensuite, à revenir en Self pour répondre au lieu de réagir. Et devine quoi ? C’est exactement ce dont tes relations ont besoin. Quand tu peux rester en Self face à un conjoint en colère ou un collègue anxieux, tu ne te laisses plus aspirer dans leur tempête. Tu deviens un point d’ancrage.
Quand tu changes à l’intérieur, les relations autour de toi changent. Non pas parce que l’autre devient différent, mais parce que toi, tu n’interagis plus avec son fantôme.
Je pense à un couple que j’ai suivi, Sébastien et Carine. Leur dispute type était toujours la même : elle se plaignait qu’il ne l’écoutait pas, il se renfermait. Chacun réagissait avec sa partie protectrice : elle attaquait, il fuyait. Après quelques séances individuelles – car je travaille souvent d’abord séparément – ils ont tous deux appris à reconnaître leurs parties. Carine a compris que son agressivité cachait une peur de l’abandon. Sébastien, que son silence protégeait une partie blessée par les critiques de son enfance. L’hypnose les a aidés à apaiser ces parties, et l’IFS à leur redonner une place juste. Aujourd’hui, quand une tension monte, ils peuvent dire : « Là, c’est ma partie qui parle, pas moi. » Ce simple recul change tout.
Je veux être honnête avec toi, car la transparence est la base d’une relation de confiance. L’hypnose et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne feront pas disparaître les conflits, ne rendront pas l’autre personne plus facile à vivre, et ne te transformeront pas en bouddha imperturbable en trois séances.
Ce qu’elles font, c’est te donner une nouvelle liberté intérieure. La liberté de choisir ta réponse, même quand la pression est forte. La liberté de ne plus être esclave de tes réactions automatiques. Mais cela demande un engagement de ta part. Tu devras accepter de rencontrer des parties de toi que tu as peut-être ignorées ou jugées. Tu devras apprendre à les accueillir avec curiosité plutôt qu’avec colère.
Un autre point important : ces approches ne t’encouragent pas à tout pardonner ou à accepter des comportements toxiques. Au contraire, en renforçant ton Self, elles te donnent la clarté et la force de poser des limites saines. Tu n’es plus dans la réaction (fuir ou agresser), mais dans l’action choisie : « Je ne peux pas accepter cela, et je le dis calmement. »
J’ai un client, David, qui était harcelé par un manager. Avant, il subissait en silence, puis explosait chez lui. Après notre travail, il a pu dire à son manager, d’un ton calme mais ferme : « Je ne peux pas travailler dans ces conditions. Je souhaite qu’on en parle avec les RH. » Il n’a pas changé son manager, mais il a changé sa relation à la situation. Il s’est respecté, et cela a apaisé son stress et sa vie de famille.
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour expérimenter ces principes. Voici trois choses que tu peux mettre en place maintenant.
La première, c’est d’observer tes réactions comme si tu regardais un film. La prochaine fois que tu sens une tension monter dans une conversation, prends une respiration plus longue que d’habitude. Juste une. Et demande-toi, intérieurement : « Quelle partie de moi réagit en ce moment ? » Ne cherche pas à la changer, juste à la nommer. « Ah, c’est ma partie qui a peur d’être rejetée. » Ou « C’est ma partie qui veut avoir raison. » Ce simple acte de nommer crée un petit espace de recul.
La seconde, c’est de pratiquer un court moment d’hypnose informelle chaque jour. Trouve un endroit calme, ferme les yeux, et porte ton attention sur ta respiration. Puis, imagine un lieu où tu te sens en sécurité – une plage, une forêt, un coin de ton salon. Reste là quelques instants, sans essayer de faire quoi que ce soit. Cela entraîne ton esprit à se détendre volontairement, ce qui rendra les séances plus efficaces.
La troisième, c’est de tenir un petit journal relationnel. Note une interaction qui t’a marqué dans la journée. Décris la réaction que tu as eue, et l’émotion derrière. Puis, écris ce que tu aurais aimé dire ou faire si tu avais été complètement calme et centré. Cela te donne une piste pour la prochaine fois.
Ces gestes simples ne remplacent pas un accompagnement personnalisé, mais ils plantent des graines. L’hypnose et l’IFS sont des compétences qui s’apprennent et se renforcent. Chaque petit pas compte.
Je sais ce que tu peux te dire : « C’est intéressant, mais est-ce que ça marchera pour moi ? » C’est une question légitime. Chaque parcours est unique. Ce qui est vrai, c’est que les personnes que j’accompagne à Saintes depuis 2014 – et certaines venues de plus loin – retrouvent progressivement une fluidité dans leurs relations. Pas une perfection, mais une authenticité. Ils cessent de jouer des rôles. Ils osent dire ce qu’ils ressentent sans craindre de perdre l’autre.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS sont des outils. Le vrai changement vient de toi, de ta volonté de regarder à l’intérieur avec un regard neuf. Si tu sens que le moment est venu d’apaiser une relation qui te pèse – avec un partenaire, un parent, un collègue, ou même toi-même – je t’invite à me contacter. Nous prendrons le temps de parler de ta situation, sans pression. Parfois, une simple conversation suffit à y voir plus clair.
Tu n’es pas seul face à ces schémas. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il y a un chemin. Un chemin qui passe par toi, par tes parties, par ton Self. Un chemin où l’hypnose et l’IFS marchent main dans la main pour que tu retrouves la paix dans tes relations. Alors, prêt à faire le premier pas ?
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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