3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprenez le mécanisme inconscient qui répète ce schéma.
Vous avez déjà eu cette impression étrange ? Celle de revivre la même histoire, encore et encore, avec des visages différents. Une relation qui commence bien, portée par l’espoir, et qui finit par vous laisser vidé, incompris, rabaissé. Vous vous dites : « Pourquoi est-ce que je tombe toujours sur des personnes qui me prennent pour une serpillère ? »
Je ne peux pas compter le nombre de fois où j’ai entendu cette phrase dans mon cabinet, à Saintes. Des hommes et des femmes intelligents, sensibles, parfois brillants dans leur travail, qui vivent la même rengaine. Ils identifient parfaitement les comportements toxiques chez les autres, mais ils ne comprennent pas pourquoi ils les attirent. Ou plutôt, pourquoi ils les gardent.
Je vais être honnête avec vous : ce n’est pas de la malchance. Ce n’est pas non plus une fatalité. Il y a un mécanisme, un vrai, qui se joue en vous. Et la bonne nouvelle, c’est qu’en le comprenant, vous pouvez sortir de ce cycle. Pas en changeant les autres – vous ne pouvez pas contrôler les manipulateurs du monde – mais en changeant la manière dont vous vous positionnez face à eux.
Alors, asseyons-nous ensemble. Je vais vous raconter comment ça se fabrique, ce schéma, et surtout, comment vous pouvez commencer à le défaire.
Vous êtes quelqu’un de bien. Vous écoutez. Vous vous souciez des autres. Vous faites des efforts pour que les choses fonctionnent. Et on vous a probablement toujours dit que c’était une force. Alors pourquoi est-ce que ça vous attire des ennuis ?
Prenons un exemple. Je reçois Clémence, 34 ans, cheffe de projet dans une entreprise de services. Elle est compétente, appréciée de ses collègues, mais elle vit une relation amoureuse qui la détruit. Son compagnon, Thomas, est imprévisible. Tantôt charmant, tantôt froid et critique. Quand il lui fait une remarque blessante, il finit toujours par dire : « Je dis ça pour ton bien, je veux que tu t’améliores. » Clémence se retrouve à s’excuser. Elle se remet en question. Elle fait plus d’efforts.
Elle me dit : « Thierry, je sais qu’il est toxique. Je le vois. Mais je n’arrive pas à partir. J’ai l’impression que si je suis assez patiente, assez compréhensive, il va changer. »
Voilà le piège. Vous avez intériorisé l’idée que votre valeur dépend de votre capacité à « supporter », à « comprendre », à « réparer ». Vous êtes devenu un expert de l’empathie pour l’autre, mais vous avez oublié d’en avoir pour vous-même.
Quand vous êtes constamment dans l’écoute, dans l’ajustement, dans la recherche de solutions pour l’autre, vous envoyez un signal inconscient : « Je suis là pour toi, même si tu me marches dessus. » Et devinez quoi ? Les personnes qui ont besoin de marcher sur quelqu’un pour se sentir fortes, elles le sentent. Elles vous repèrent comme un radar.
Ce n’est pas de votre faute. Vous avez appris à être comme ça. Peut-être que dans votre enfance, on vous aimait quand vous étiez « sage », quand vous ne posiez pas de problème, quand vous vous occupiez des émotions des adultes. Vous avez survécu en devenant la personne « gentille », « arrangeante », « qui ne dit jamais non ». Et aujourd’hui, ce même mécanisme vous victime.
Ce que vous devez comprendre, c’est que la gentillesse sans limite, ce n’est pas de la bonté. C’est une abdication. Et les prédateurs relationnels ne cherchent pas des adversaires, ils cherchent des territoires sans défense.
Je vais être franc avec vous : les manipulateurs ne sont pas des génies du mal. Ils ne sont pas non plus des lecteurs de pensées. Mais ils ont un don : ils sentent qui doute de lui-même. Et vous, vous doutez.
Ce n’est pas de l’orgueil que je décris. C’est une faille minuscule, presque invisible, que vous portez en vous. Cette petite voix intérieure qui vous dit : « Je ne suis pas assez. » Pas assez intéressant, pas assez beau, pas assez compétent, pas assez aimable. Et vous passez votre temps à essayer de prouver le contraire.
Un manipulateur, lui, va jouer là-dessus. Il va d’abord vous mettre sur un piédestal. « Tu es la personne la plus incroyable que j’aie jamais rencontrée. » Vous gobez, parce que ça comble ce vide. Puis, progressivement, il va changer de discours. « Tu n’es pas à la hauteur de mon attente. » Et vous, pour retrouver cette sensation grisante du début, vous allez vous plier en quatre.
C’est le cycle classique de la dépendance relationnelle. Idéalisation, dévalorisation, rejet. Et vous restez, parce que vous espérez revenir à la phase d’idéalisation. Vous vous dites : « C’est de ma faute, je dois mieux faire. »
Mais regardez la réalité en face : ce n’est pas vous le problème. Le problème, c’est que vous avez laissé quelqu’un d’autre définir votre valeur. Vous avez remis les clés de votre estime de vous entre ses mains. Et une personne toxique, ça ne sait pas garder les clés. Ça les jette, ça les cache, ça les utilise pour vous faire payer.
Je travaille beaucoup avec des sportifs de haut niveau, des coureurs et des footballeurs. Et je vois exactement le même mécanisme chez eux. Un joueur qui doute de lui va attirer un entraîneur qui le rabaisse, soi-disant pour « le faire progresser ». Le joueur accepte, parce qu’il pense que cette souffrance est nécessaire pour devenir meilleur. Mais en réalité, il s’enfonce.
La faille, c’est cette croyance que l’amour et la reconnaissance se méritent par la souffrance. Que si vous en bavez assez, vous finirez par être aimé. C’est faux. L’amour ne se gagne pas à la sueur de votre front. Il se reçoit, ou il ne se reçoit pas. Et quand vous acceptez de payer le prix fort pour un peu d’attention, vous attirez ceux qui sont prêts à vous faire payer toujours plus.
« Ce n’est pas parce que vous avez été habitué à être maltraité que vous devez y rester. Votre histoire n’est pas une condamnation à perpétuité. »
Je ne vais pas vous faire un cours de psychanalyse à deux balles, mais je vais vous poser une question : à qui vous fait penser la personne qui vous victimise ? Pas physiquement, mais dans la manière dont elle vous traite ?
Prenez un moment. Respirez. Laissez venir.
Souvent, la réponse est un parent. Un père qui critiquait tout, une mère qui vous faisait sentir que vous n’étiez jamais à la hauteur, un grand frère qui se moquait de vous. Et vous avez grandi avec cette empreinte. Vous avez appris que pour être en relation, il fallait accepter une part de souffrance. Que l’amour était conditionnel.
Alors, inconsciemment, vous recréez ce scénario. Vous cherchez des personnes qui ressemblent à ces figures d’attachement, parce que c’est familier. Le familier, même douloureux, est rassurant. Il vous donne l’illusion que vous maîtrisez la situation, parce que vous savez quoi faire : vous adapter, encaisser, espérer.
Je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « Je ne comprends pas, mon père était violent, et je jure que je ne serai jamais avec quelqu’un comme lui. » Et pourtant, elles se retrouvent avec des partenaires autoritaires, froids, ou instables. Ce n’est pas un hasard.
Votre cerveau a enregistré un script. Dans ce script, l’amour ressemble à ça : il faut faire ses preuves, il faut se battre, il faut accepter de ne pas être prioritaire. Et tant que vous n’aurez pas réécrit ce script, vous continuerez à attirer des acteurs pour jouer les mêmes rôles.
Le premier pas, c’est de reconnaître que ce n’est pas votre identité. Ce n’est pas « qui vous êtes ». C’est une histoire que vous avez apprise. Et les histoires, ça se réécrit.
Attention, je ne dis pas que vous êtes responsable de ce qu’on vous fait. Un manipulateur est responsable de ses actes. Point. Mais vous avez une part de responsabilité dans le fait de rester dans la relation, et dans la manière dont vous réagissez.
Vous participez activement à votre victimisation de plusieurs façons, sans même vous en rendre compte. La première, c’est l’excuse. Quand quelqu’un vous manque de respect, vous trouvez des justifications. « Il est fatigué. » « Elle a eu une enfance difficile. » « C’est parce qu’il tient à moi. » Vous transformez la maltraitance en preuve d’amour.
La deuxième, c’est l’invisibilité. Vous effacez vos besoins pour ne pas déranger. Vous ne dites pas non. Vous ne posez pas vos limites. Vous espérez que l’autre devinera, mais il ne devine pas. Et quand vous finissez par exploser, on vous dit que vous êtes « trop sensible » ou « hystérique ». Et vous vous excusez encore.
La troisième, c’est le sauvetage. Vous pensez que vous pouvez guérir l’autre. Que votre amour, votre patience, votre compréhension vont finir par le transformer. C’est une illusion. Les personnes toxiques ne changent que si elles le veulent, et souvent, elles ne le veulent pas. Vous n’êtes pas un centre de rééducation pour âmes abîmées.
Je vais vous donner un exercice simple. La prochaine fois que vous sentez que vous vous pliez en quatre pour quelqu’un, posez-vous cette question : « Si je faisais ça pour moi, est-ce que je trouverais ça acceptable ? » Si la réponse est non, c’est que vous êtes en train de vous trahir.
Alors, comment on fait pour en sortir ? Je ne vais pas vous promettre que ce sera facile. Changer un schéma qui dure depuis des années, ça prend du temps. Mais le premier pas, il est à votre portée.
Il s’appelle : la pause.
Vous avez l’habitude de réagir immédiatement. Quelqu’un vous critique, vous vous justifiez. Quelqu’un vous demande quelque chose, vous dites oui. Quelqu’un vous fait du mal, vous cherchez à comprendre pourquoi. Votre réflexe, c’est l’action, l’ajustement, la réparation.
Le premier changement, c’est de ne rien faire. De prendre une pause. De respirer.
Quand vous sentez que vous êtes en train de glisser dans votre rôle de victime, arrêtez-vous. Mettez une main sur votre ventre. Ressentez votre corps. Et dites-vous : « Je n’ai pas à répondre maintenant. »
Cette pause, elle vous permet de sortir du pilote automatique. Elle vous redonne un espace de choix. Et dans cet espace, vous pouvez décider ce qui est bon pour vous, et non ce que l’autre attend de vous.
Ensuite, il y a un autre geste, plus profond. C’est de reconnaître que vous avez le droit de partir. Vous avez le droit de dire non. Vous avez le droit de ne pas être aimé de tout le monde. Vous avez le droit de décevoir. Ce ne sont pas des crimes.
Je travaille souvent avec l’IFS (Internal Family Systems) pour aider les personnes à identifier la partie d’elles-mêmes qui croit qu’elle doit rester dans la souffrance. Cette partie, elle a été formée pour vous protéger, autrefois. Mais aujourd’hui, elle vous enferme. Vous pouvez la remercier pour son service, et lui dire que désormais, vous allez prendre les choses en main.
Je pratique l’hypnose ericksonienne depuis des années, et je vois à quel point elle peut être efficace pour ces schémas relationnels. Pourquoi ? Parce que le problème n’est pas dans votre tête consciente. Vous savez déjà que vous devriez partir, que vous devriez dire non, que vous valez mieux que ça. Le problème, il est dans votre inconscient. Dans ces automatismes qui vous poussent à répéter les mêmes comportements.
L’hypnose, ce n’est pas un pouvoir magique. C’est un outil pour dialoguer avec votre inconscient. Pour lui montrer qu’il peut apprendre de nouvelles réponses.
Prenons un exemple. Vous êtes en pleine dispute avec votre partenaire. Il vous dit quelque chose de blessant. Normalement, vous vous effondrez intérieurement, vous cherchez à vous excuser, vous faites tout pour apaiser. En hypnose, on peut travailler à installer un nouveau réflexe : au lieu de vous effondrer, vous vous redressez. Vous respirez. Vous dites : « Je ne suis pas d’accord avec ce que tu dis, et je ne vais pas me justifier. »
Ça paraît simple, mais c’est le fruit d’un travail de reprogrammation. On va chercher l’origine du schéma, souvent une scène d’enfance, et on va la revisiter avec les ressources d’aujourd’hui. On va montrer à votre inconscient que vous n’êtes plus cet enfant impuissant. Vous êtes un adulte, avec des choix, avec une force.
Je ne dis pas que trois séances d’hypnose vont tout régler. Mais c’est un accélérateur puissant. Combiné à de la prise de conscience et à des exercices concrets, ça permet de sortir du cercle vicieux en quelques mois, là où certaines personnes tournent en rond pendant des années.
Je ne veux pas vous laisser avec des concepts, je veux vous donner du concret. Alors voici trois choses que vous pouvez faire, dès aujourd’hui, pour commencer à changer la donne.
Première chose : tenez un journal de vos relations. Pendant une semaine, notez les moments où vous vous êtes senti rabaissé, ignoré, ou utilisé. Ne cherchez pas à analyser, juste à décrire. Ce journal va vous faire prendre conscience de la fréquence de ces situations. Vous verrez peut-être un motif apparaître.
Deuxième chose : entraînez-vous à dire non. Pas sur des choses importantes, sur des petites choses. Refusez un café. Dites que vous n’êtes pas disponible pour un appel. Vous verrez que le monde ne s’écroule pas. Petit à petit, votre cerveau va intégrer que dire non, c’est possible, et que ça n’a pas de conséquences catastrophiques.
Troisième chose : identifiez une personne saine dans votre vie. Un ami, un collègue, un parent qui vous respecte vraiment. Passez plus de temps avec elle. Imprégnez-vous de ce que ça fait d’être traité avec considération. Votre système nerveux a besoin de connaître autre chose que la tension et l’insécurité. Il a besoin d’apprendre ce qu’est une relation apaisée.
Et si vous sentez que vous n’y arrivez pas seul, que le schéma est trop profond, trop ancré, venez me voir. Je ne vais pas vous juger. Je ne vais pas vous dire que vous êtes faible. Je vais vous aider à comprendre ce qui se joue, et à trouver vos propres solutions.
Vous n’êtes pas condamné à attirer des personnes qui vous victimisent. Vous avez juste appris un rôle. Et les rôles, ça se change. Il suffit de décider que l’histoire ne vous convient plus, et de commencer à écrire la suivante.
Si cet article résonne en vous, si vous reconnaissez ce mécanisme dans votre vie, je vous invite à prendre un rendez-vous. On parlera de vous, de votre histoire, de ce que vous voulez vraiment pour vos relations. Pas de jugement, pas de méthode miracle. Juste un accompagnement, pas à pas, pour vous remettre au centre de votre propre vie.
Je suis là, à Saintes, pour ça.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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