3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
L'histoire de Claire, une maman transformée.
Je m’appelle Claire, j’ai 34 ans, deux enfants de 6 et 8 ans, un mari que j’aime et un boulot que j’aime moins. Pendant des années, j’ai été cette maman qui crie. Pas par méchanceté, pas parce que je ne les aimais pas assez. Non. Je criais parce que je n’avais plus rien d’autre. Parce qu’à la fin de la journée, j’étais lessivée, et que la seule chose qui me restait pour poser une limite, c’était la voix qui monte, les mots qui partent, et le regard de mes enfants qui se ferme. Je criais sur mes enfants. Sur mon mari. Parfois même sur la caissière du supermarché. Et après, je pleurais. Je me détestais. Je me promettais que demain serait différent. Et demain, je recommençais.
Un jour, mon fils de 6 ans m’a dit : « Maman, pourquoi tu es toujours fâchée ? » Il n’avait pas dit « pourquoi tu cries », il avait dit « pourquoi tu es toujours fâchée ». Cette phrase, elle m’a traversée comme une lame. Je n’étais pas fâchée tout le temps. Mais pour lui, mon visage, ma voix, ma tension, c’était devenu mon état normal. C’est là que j’ai compris que je ne pouvais plus continuer. J’ai cherché des solutions. J’ai lu des livres sur la parentalité positive. J’ai essayé de respirer avant de parler. J’ai compté jusqu’à dix. Ça marchait… deux jours. Et puis la cocotte-minute explosait de plus belle.
C’est une amie qui m’a parlé de l’hypnose. Au début, j’ai rigolé. « Tu veux que je me fasse endormir pour arrêter de crier ? » J’étais sceptique. Très sceptique. Mais j’étais aussi tellement fatiguée de moi-même que j’étais prête à essayer n’importe quoi. Je suis allée voir Thierry. Sans vraiment y croire. Et voilà ce qui s’est passé. Aujourd’hui, je veux vous raconter mon histoire, parce que je sais qu’il y a d’autres mamans (et papas) qui vivent la même chose. Qui se couchent chaque soir avec la honte d’avoir encore craqué. Qui ne savent plus comment faire autrement.
Avant de vous raconter comment l’hypnose m’a aidée, il faut qu’on parle de ce qui se passe dans notre tête quand on crie. Parce que ce n’est pas un choix. Si vous pouviez décider de ne pas crier, vous le feriez. Personne ne se lève le matin en se disant : « Tiens, aujourd’hui, je vais traumatiser mes enfants avec ma voix stridente. » Personne. Alors pourquoi on le fait ?
Notre cerveau fonctionne avec deux grands systèmes : le système de la raison (le cortex préfrontal) et le système de l’alerte (le cerveau limbique, avec l’amygdale au centre). Le cortex, c’est celui qui réfléchit, qui prend du recul, qui dit « calme-toi, c’est juste une tache de ketchup sur le canapé neuf ». L’amygdale, c’est celle qui détecte les menaces. Le problème, c’est que quand vous êtes à bout, fatiguée, sous pression, votre amygdale devient hypervigilante. Un verre renversé, un jouet qui traîne, un refus catégorique de mettre les chaussures : pour votre amygdale, ce n’est plus un incident mineur. C’est une menace existentielle. Elle active alors le mode survie : combat, fuite ou figement. Pour la plupart d’entre nous, le mode combat, ça sort par la voix. On crie.
Le pire, c’est que ce mécanisme se renforce. Chaque fois que vous criez et que ça marche (l’enfant obéit, le mari s’excuse), votre cerveau enregistre : « Le cri = solution efficace. » Il crée une autoroute neuronale. La prochaine fois, vous crierez plus vite, plus fort, avec moins de culpabilité juste avant. C’est un cercle vicieux neurologique. Et c’est pour ça que les bonnes résolutions et les techniques de respiration toutes seules ne suffisent pas toujours. Parce que vous luttez contre le câblage de votre cerveau. Ce n’est pas une question de volonté. C’est une question de reprogrammation.
« Je croyais que j’étais une mauvaise mère. En fait, j’étais juste une mère dont le cerveau était en mode survie permanent. L’hypnose m’a aidée à sortir de ce mode. »
Quand j’ai rencontré Thierry, je m’attendais à un truc un peu spectacle, avec une montre qui se balance. Pas du tout. Il m’a d’abord parlé. Pendant une heure. De ma vie, de mon stress, de mon enfance. Et là, j’ai compris un truc important : je ne criais pas que parce que mes enfants étaient fatigants. Je criais parce que je n’avais jamais appris à gérer mes émotions autrement. Mes parents criaient. Ma mère était une reine du hurlement. J’avais grandi dans un environnement où la colère était la seule émotion exprimée, et où les autres émotions (la tristesse, la peur, la frustration) étaient soit ignorées soit punies. J’avais reproduit ce modèle. Pas par choix. Par héritage émotionnel.
L’hypnose, dans mon cas, n’a pas été une baguette magique qui a effacé ma colère. Elle a plutôt été comme un logiciel qui nettoie votre disque dur. Elle m’a aidée à désactiver les programmes automatiques qui tournaient en fond. Voici comment ça s’est passé concrètement.
La première séance, Thierry m’a guidée dans un état de relaxation profonde. Je n’étais pas endormie. J’entendais tout. Je pouvais parler si je voulais. C’était plutôt comme être dans cet état juste avant le sommeil, quand le corps est lourd et que l’esprit flotte. Dans cet état, il m’a proposé d’aller visiter une « pièce » dans ma tête. Celle où je stockais toutes les fois où j’avais crié. Au début, j’ai eu peur. Je ne voulais pas revoir ces moments. Mais il m’a rassurée : on n’allait pas revivre la scène. On allait juste regarder la pièce, voir comment elle était éclairée, quelle odeur elle avait. C’était gris, humide, froid. Et puis, petit à petit, il m’a proposé d’imaginer que je pouvais ouvrir une fenêtre dans cette pièce. Pour laisser entrer la lumière et l’air.
Ça peut sembler farfelu dit comme ça. Mais ce que cette visualisation a fait, c’est qu’elle a changé mon rapport à mes souvenirs. Je n’étais plus piégée dedans. Je pouvais les observer de l’extérieur. C’est ce qu’on appelle la dissociation thérapeutique. Ça m’a donné une perspective. J’ai vu que ces moments de cris n’étaient pas toute mon identité. C’étaient juste des événements. Et que je pouvais les ranger autrement.
Ensuite, il m’a appris un « geste ressource ». À chaque fois que je sentais la colère monter, je devais poser ma main sur mon ventre et respirer en imaginant une couleur. Pour moi, c’était le bleu. Le bleu du ciel quand il est calme. Ça paraît bête, mais le geste physique ancre l’état mental. Pendant les séances, on a répété ce geste des dizaines de fois, en état hypnotique, jusqu’à ce que mon cerveau fasse l’association : main sur le ventre = calme.
Le vrai travail, c’était entre les séances. Thierry m’avait donné un enregistrement audio de 15 minutes. Je devais l’écouter tous les soirs avant de dormir. Au début, je m’endormais avant la fin. Mais au bout d’une semaine, j’ai commencé à remarquer des choses. Le matin, je mettais plus de temps à m’énerver. Le déclic était moins rapide. C’était comme si une couche de ouate s’était déposée entre le stimulus (un bol de céréales renversé) et ma réaction (le cri). J’avais un dixième de seconde de plus pour choisir. Ce dixième de seconde, c’était tout.
Après trois séances et un mois d’écoute quotidienne, les choses ont vraiment basculé. Je vais être honnête : je ne suis pas devenue une mère parfaite. Il m’arrive encore d’élever la voix. Mais la différence, c’est que ce n’est plus automatique. C’est choisi. Et quand ça arrive, je m’arrête. Je respire. Je m’excuse. Avant, je ne m’excusais jamais. J’avais trop honte. Maintenant, je dis à mes enfants : « Maman a crié, ce n’était pas bien. Je suis fatiguée, j’ai réagi trop fort. Je vous aime. » Et vous savez quoi ? Ils me regardent différemment. Mon fils ne me demande plus si je suis fâchée.
Le premier déclic concret, c’était un mardi soir. Mon fils refusait de ranger sa chambre. Mon mari était en retard. Le chien avait vomi sur le tapis. L’ancienne moi aurait hurlé pendant 10 minutes, pleuré, et fini par ranger moi-même en maudissant tout le monde. Ce soir-là, j’ai senti la vague monter. J’ai mis ma main sur mon ventre. J’ai imaginé le bleu. Et j’ai dit : « Je suis trop fatiguée pour crier. Je vais dans ma chambre 5 minutes. On en reparle après. » Je suis montée, je me suis allongée, j’ai écouté mon enregistrement sur mon téléphone. Cinq minutes plus tard, je suis redescendue. Mon fils avait commencé à ranger. Tout seul. Parce que je n’avais pas crié. Parce que je n’avais pas alimenté la bataille.
Ce petit miracle du quotidien, je ne l’avais jamais vécu. J’ai compris que mon cri n’était pas un outil de discipline. C’était un carburant pour l’escalade. En l’enlevant, j’avais désamorcé la bombe. Mes enfants n’étaient pas plus sages. Ils étaient juste moins stressés. Et moi aussi.
Un autre changement, c’est la qualité de mon sommeil. Avant, je me réveillais la nuit en sursaut, avec des flashs des moments où j’avais crié. Le cerveau rejoue les scènes pour essayer de les « traiter ». C’est ce qu’on appelle la rumination. Avec l’hypnose, j’ai appris à mettre ces pensées dans une boîte, à les ranger pour la nuit. Je dors mieux. Et une maman qui dort mieux, c’est une maman qui crie moins. C’est mécanique.
Je veux être claire, parce que j’ai vu des articles qui vendent l’hypnose comme une solution miracle. Ce n’est pas ça. L’hypnose n’a pas effacé ma colère. La colère est une émotion humaine, utile parfois. Elle me signale qu’une limite a été franchie, que j’ai besoin de repos, que quelque chose ne va pas. L’hypnose ne m’a pas transformée en bouddha imperturbable. Non.
Ce qu’elle a fait, c’est qu’elle m’a donné un espace entre le stimulus et la réaction. Un espace que je n’avais pas avant. C’est tout. Mais ce tout, c’est énorme. Parce que dans cet espace, j’ai le choix. Avant, je n’avais pas le choix. C’était l’amygdale qui décidait pour moi. Maintenant, c’est mon cortex qui reprend la main. Je peux dire : « Je sens la colère, mais je choisis de ne pas crier. Je choisis de parler doucement. Je choisis de sortir de la pièce. » Ce n’est pas de la répression. C’est de la régulation émotionnelle. Et ça s’apprend.
L’hypnose m’a aussi aidée à comprendre l’origine de ma colère. On a travaillé sur mon histoire familiale, sur les messages que j’avais reçus étant petite. « Les enfants, ça se dresse. » « Si tu cèdes, tu perds ton autorité. » « Pleurer, c’est pour les faibles. » Ces croyances, elles étaient dans mon corps, dans mes réactions automatiques. L’hypnose m’a permis de les interroger. Est-ce que je les crois encore ? Non. Est-ce qu’elles sont vraies ? Non. Mais elles étaient tellement profondes que la simple discussion ne suffisait pas à les déloger. Il fallait un travail au niveau du cerveau émotionnel. C’est exactement ce que l’hypnose fait : elle parle directement au cerveau limbique, sans passer par le filtre du cortex rationnel.
« L’hypnose ne vous enlève pas votre colère. Elle vous rend les clés de votre propre volant. Avant, je roulais dans une voiture sans freins. Maintenant, j’ai un frein à main, un rétroviseur et un klaxon. Je ne suis pas devenue une conductrice parfaite, mais au moins, je ne fonce plus dans le mur. »
Ça fait maintenant huit mois que j’ai commencé ce travail. Je ne vois plus Thierry toutes les semaines. Je fais des séances de rappel tous les deux mois, pour consolider. Mais j’ai gardé des outils que j’utilise au quotidien. Je vais vous les partager, parce que certains peuvent vous aider même sans hypnose.
Le geste ressource : La main sur le ventre, la respiration, la couleur. Je l’utilise partout. Dans les embouteillages. Au bureau. À la caisse du supermarché quand la file est trop longue. C’est devenu un réflexe. Mon corps sait qu’à ce geste, il peut se calmer. C’est une ancre, comme l’appellent les praticiens en PNL. Un déclencheur de calme.
Le « temps mort positif » : Avant, je disais « va dans ta chambre ! » comme une punition. Maintenant, je dis : « Maman a besoin de 5 minutes dans sa chambre pour se calmer. Je reviens. » Je ne punis plus mes enfants pour mes émotions. Je prends soin de moi. Et ça leur apprend que les émotions, ça se gère, ça ne se refoule pas.
Le journal des déclics : Chaque soir, j’écris un moment où j’ai senti la colère monter et où j’ai réussi à la gérer. Même tout petit. « Aujourd’hui, j’ai senti la moutarde me monter au nez quand mon fils a renversé son verre, mais j’ai pris une grande inspiration avant de parler. » Ce journal renforce les nouvelles connexions neuronales. Il dit à mon cerveau : « Voilà, ça, c’est le nouveau chemin. Prends-le. »
Les enregistrements : J’ai toujours mon audio sur mon téléphone. Je l’écoute dans les moments de stress, ou juste avant de dormir. C’est comme un rappel. Mon cerveau a besoin de répétition pour consolider les nouveaux apprentissages. C’est comme un sportif qui répète son geste technique. L’hypnose, c’est l’entraînement mental.
Je ne suis pas thérapeute. Je suis juste une maman qui a arrêté de crier. Mais je suis passée par là, et je sais à quel point c’est dur de se sentir prisonnière de ses propres réactions. Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez, si vous avez cette boule au ventre le soir, si vous vous promettez chaque jour d’être plus calme et que chaque jour vous échoue, sachez une chose : ce n’est pas de votre faute. Ce n’est pas un défaut de caractère. C’est un conditionnement. Et les conditionnements, ça se déconditionne.
L’hypnose n’est pas la seule voie. Il y a la
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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