3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Histoire vraie d'une reconstruction après la dépendance affective.
Je l’ai vue arriver un mardi matin. Elle s’est assise dans le fauteuil en face de moi, a posé son sac à main sur ses genoux et l’a serré comme si sa vie en dépendait. Elle avait les yeux rouges, mais pas de larmes. Plutôt cette fatigue particulière qu’on voit chez les gens qui n’ont pas dormi depuis des semaines, qui ont tout donné et qui n’ont plus rien.
Elle s’appelle Claire (j’ai changé son prénom, bien sûr). Elle avait 34 ans ce jour-là. Et elle venait de mettre fin à une relation de dix ans. Une relation qu’elle décrivait comme « fusionnelle ». Le mot était posé là, entre nous, comme une évidence. Mais plus elle en parlait, plus je comprenais que « fusionnelle » était un joli mot pour dire « je me suis perdue dans l’autre ».
Ce témoignage, c’est le sien. Mais c’est aussi celui de beaucoup de personnes qui viennent me voir à Saintes. Des hommes et des femmes qui ont confondu amour et dépendance, qui ont donné jusqu’à l’épuisement, et qui un jour se sont réveillés en se demandant : « Mais moi, dans tout ça, où je suis passé ? »
Voici comment elle s’en est sortie. Et comment vous pouvez commencer à le faire aussi.
Claire m’a raconté les débuts comme on raconte un conte de fées. « On était tout l’un pour l’autre, Thierry. On passait nos soirées à parler, on se lisait des poèmes, on partait en week-end sans prévenir personne. Je n’avais jamais vécu ça. Je me suis dit : c’est ça, l’amour. »
Sauf que très vite, le conte a commencé à grincer. « Il avait besoin de moi tout le temps. Si je sortais avec des copines, il m’envoyait des messages toutes les dix minutes. Au début, je trouvais ça mignon. Puis ça m’a pesé. Mais je me suis dit que c’était normal dans un couple amoureux. »
C’est là que le piège se referme. La fusion, dans l’imaginaire collectif, c’est romantique. Deux êtres qui ne font qu’un, qui se comprennent sans parler, qui vivent l’un pour l’autre. Sauf que dans la réalité, la fusion n’a rien de romantique. C’est une prison à deux.
Mécanisme : Quand on parle de relation fusionnelle, on parle en réalité d’une dépendance affective réciproque. L’un a besoin de l’autre pour réguler ses émotions, pour se sentir exister, pour avoir de la valeur. Et l’autre, souvent, se sent indispensable. Le problème, c’est que cette dynamique repose sur une illusion : celle que l’autre peut combler un vide intérieur. Mais un vide intérieur, personne ne peut le remplir à votre place. C’est un travail personnel.
Claire a mis dix ans à comprendre ça. Dix ans à s’oublier, à annuler des soirées, à justifier des comportements toxiques, à se dire « c’est normal, il m’aime trop ». Dix ans à confondre l’intensité avec la profondeur.
« J’ai cru que l’amour, c’était se sacrifier. J’ai confondu l’abandon de soi avec la preuve d’amour. »
Ce blockquote, c’est elle qui me l’a dit, presque en s’excusant. Comme si elle venait de comprendre une évidence que tout le monde savait avant elle. Mais personne ne lui avait jamais expliqué.
Le déclic, pour Claire, n’a pas été une dispute. Ni une trahison. Ni une parole violente. Non, le déclic, ça a été une question anodine posée par une amie.
« Qu’est-ce que tu aimes, toi, en ce moment ? »
Elle s’est entendue répondre : « Ben, je ne sais pas. »
Elle a réalisé qu’elle n’avait plus d’avis sur rien. Plus de musique qu’elle écoutait seule. Plus de série qu’elle regardait sans lui. Plus de hobby. Plus d’opinion sur un film qu’elle n’avait pas vu avec lui. Elle était devenue une extension de son compagnon. Une copie conforme, mais sans original.
Ce moment de lucidité est souvent le plus douloureux. Parce qu’il ne met pas en cause l’autre, mais soi-même. C’est plus facile de se dire « il est toxique, il m’a manipulée » que de se dire « je me suis effacée toute seule, et je ne sais plus qui je suis ».
Claire a pleuré ce jour-là. Pas sur son couple. Sur elle.
Ce que j’observe souvent : Les personnes qui sortent de relations fusionnelles ne pleurent pas toujours la personne qu’elles quittent. Elles pleurent le temps perdu, l’énergie gaspillée, et surtout, elles pleurent la partie d’elles-mêmes qu’elles ont laissée mourir pour faire de la place à l’autre.
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez cette sensation de ne plus savoir ce que vous aimez vraiment, ce qui vous fait vibrer sans que personne ne vous le dicte, alors vous êtes peut-être dans une dynamique similaire. Et ce n’est pas une fatalité.
Claire a quitté son compagnon un soir de novembre. Elle a préparé un sac, a appelé une amie, et elle est partie. « Je n’ai même pas pleuré sur le moment. J’étais en mode survie. C’est après que tout est devenu compliqué. »
Les premières semaines, elle m’a raconté qu’elle se sentait « en apesanteur ». Une sensation étrange, à la fois de libération et de vertige. Elle n’avait plus personne à qui rendre des comptes, plus de messages à vérifier, plus d’humeur à anticiper. Mais en même temps, elle ne savait pas quoi faire de ce silence.
C’est là que le vrai travail commence. Beaucoup de personnes croient que quitter une relation toxique, c’est la fin du problème. En réalité, c’est le début. Parce que la relation s’arrête, mais les schémas, eux, restent.
Claire est venue me voir parce qu’elle se sentait vide. Pas triste. Vide. Comme si elle avait été branchée sur une prise pendant dix ans, et qu’on l’avait débranchée. Elle ne savait plus comment générer sa propre énergie.
Étape par étape, nous avons travaillé sur trois choses :
Faire le deuil de l’illusion. Pas de l’homme, mais de l’idée qu’elle s’était faite de leur histoire. L’idée qu’ils étaient « faits l’un pour l’autre », que leur amour était « unique », que sans lui elle n’était rien. Ces croyances, il a fallu les déconstruire une par une.
Retrouver son propre goût. Littéralement. Je lui ai demandé de noter chaque jour une chose qu’elle avait aimée sans que personne ne l’influence. Un matin, c’était le goût d’un café bu en silence. Un autre, c’était la sensation de l’eau froide sur sa peau en se lavant le visage. Des petites choses. Des choses à elle.
Apprendre à être seule sans être isolée. La solitude, après une relation fusionnelle, fait peur. Parce qu’on a passé des années à croire que l’autre était nécessaire à notre survie émotionnelle. Mais la solitude est un muscle. Elle se travaille.
« J’ai mis six mois à pouvoir regarder un film entièrement sans avoir envie de commenter chaque scène avec quelqu’un. Six mois à supporter le silence de mon salon. Et un jour, ce silence est devenu un allié. »
Ce jour-là, Claire a souri pour la première fois en séance. Pas un sourire de politesse. Un vrai.
Je ne vais pas vous raconter que l’hypnose a tout résolu en trois séances. Ce ne serait pas honnête. Ce que je peux vous dire, c’est que l’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) ont permis à Claire de toucher des parties d’elle-même qu’elle avait enfermées depuis longtemps.
L’hypnose, dans son cas, a servi à deux choses :
L’IFS, ensuite, lui a permis de comprendre pourquoi elle avait choisi cette relation. Parce que oui, on choisit ses relations. Même les plus douloureuses. On les choisit parce qu’elles répondent à quelque chose en nous.
Dans le modèle IFS, on parle de « parties protectrices » et de « parties exilées ». Claire avait développé une partie d’elle-même très tôt : celle qui devait s’occuper des autres pour être aimée. Cette partie s’était activée dans son couple. Son compagnon, lui, avait une partie qui avait besoin d’être rassuré en permanence. Ils formaient une danse parfaite… mais destructrice.
Reconnaître ces parties, les accueillir sans les juger, et leur donner une nouvelle place, ça change tout. Parce que ça permet de ne pas reproduire le même schéma avec la personne suivante.
Et ça, Claire l’a fait. Aujourd’hui, elle est en couple depuis deux ans avec un homme qu’elle décrit comme « stable, présent, mais pas collant ». Elle rit en disant : « Parfois je me demande si ce n’est pas trop calme. Et puis je me rappelle que le calme, c’est ça, la sécurité. »
Une chose que j’ai vue chez Claire, et chez beaucoup d’autres, c’est cette tendance à vouloir tout réparer d’un coup. « Je vais devenir indépendante, je vais apprendre à être seule, je vais me reconstruire, je vais tout changer. »
Problème : on ne se reconstruit pas comme on rénove une maison. On ne démolit pas tout pour reconstruire du neuf. On trie, on garde, on jette, on répare.
Claire est passée par une phase où elle voulait couper les ponts avec tout ce qui lui rappelait son ex. Les amis communs, les lieux, les musiques. Elle a même voulu changer de métier. Je l’ai freinée. Pas parce que c’était une mauvaise idée. Parce que c’était une réaction de fuite, pas une reconstruction.
La reconstruction, c’est apprendre à rester dans la difficulté sans s’effondrer. C’est pouvoir écouter une chanson qui vous rappelle l’autre et ressentir la tristesse sans vouloir l’éviter à tout prix. C’est pouvoir croiser un ami commun et ne pas avoir besoin de justifier votre séparation.
Claire a mis du temps à comprendre ça. Elle voulait tout contrôler, tout maîtriser, tout prévoir. Comme elle avait contrôlé sa relation. Comme elle s’était contrôlée elle-même pour ne pas déplaire.
Ce que je lui ai proposé : faire une chose par jour qu’elle ne maîtrisait pas. Aller marcher sans itinéraire. Commander un plat qu’elle n’avait jamais goûté. Dire « je ne sais pas » quand on lui demandait son avis. Petit à petit, elle a appris à lâcher prise.
« J’ai cru que la reconstruction, c’était tout maîtriser. En fait, c’est accepter de ne pas tout savoir, de ne pas tout comprendre, et d’avancer quand même. »
Je ne sais pas où vous en êtes. Peut-être que vous venez de quitter une relation fusionnelle. Peut-être que vous y êtes encore et que vous cherchez la force de partir. Peut-être que ça fait des années que c’est fini, mais que les schémas reviennent dans vos nouvelles relations.
Dans tous les cas, voici trois choses concrètes que vous pouvez faire dès aujourd’hui, sans rendez-vous, sans thérapie, sans attendre :
1. Prenez un carnet et écrivez « Ce que j’aime vraiment » Pas ce que votre partenaire aime. Pas ce que vous faisiez ensemble. Vous. Listez cinq choses que vous aimez, même minuscules. Le goût du chocolat noir. L’odeur de la pluie sur le bitume. Le bruit des pages d’un livre qu’on tourne. Si vous n’en trouvez aucune, écrivez « je ne sais pas ». Et demain, cherchez une sensation agréable. Juste une.
2. Passez une heure sans écran, sans parler à personne Asseyez-vous dans votre salon, dans votre jardin, sur un banc. Sans téléphone, sans musique, sans livre. Regardez le monde passer. Écoutez les bruits. Respirez. Si l’angoisse monte, restez. Ne fuyez pas. Vous n’êtes pas en danger. Vous êtes juste en train de réapprendre à être avec vous-même.
3. Posez-vous cette question : « Qu’est-ce que je ressens là, maintenant ? » Et acceptez la réponse, quelle qu’elle soit. Tristesse ? Colère ? Vide ? Soulagement ? Peur ? Ne la jugez pas. Ne la justifiez pas. Dites-vous juste : « Je ressens ça. C’est normal. C’est humain. »
Ces trois exercices ne vont pas tout résoudre. Mais ils vont commencer à desserrer l’étau. Ils vont envoyer un signal à votre cerveau : « Je compte. Mes sensations comptent. Mon existence ne dépend plus de l’autre. »
Claire va bien aujourd’hui. Pas parfaite. Pas guérie comme on guérit d’une grippe. Mais vivante. Présente. Elle a retrouvé le goût de faire des choses pour elle, et elle a appris que l’amour, le vrai, ne demande pas de se sacrifier.
Elle m’a dit un jour : « Je croyais que l’amour fusionnel, c’était la preuve qu’on s’aimait vraiment. Maintenant, je sais que l’amour, c’est deux personnes qui se tiennent la main, mais qui peuvent marcher chacune sur leurs deux jambes. »
Si vous lisez ce texte et que vous vous reconnaissez, sachez que vous n’êtes pas seul. Que ce chemin est possible. Que vous avez le droit de vouloir une relation qui vous nourrit, pas qui vous épuise.
Je reçois à Saintes, dans mon cabinet, depuis 2014. Je travaille avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle. Je ne promets pas de miracles. Je promets un accompagnement honnête, respectueux, et adapté à votre rythme.
Si vous voulez en parler, sans engagement, sans pression, vous pouvez me contacter. Une première séance, c’est juste un espace pour poser les choses. Pour dire « ça ne va pas » sans avoir à se justifier.
Prenez soin de vous. Vous méritez de retrouver qui vous êtes.
— Thierry
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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