3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprendre pourquoi on explose et comment la CNV change tout.
Vous ne supportez plus ce ton que vous prenez. Cette voix qui monte, qui se déchire, qui claque comme un coup de fouet. Après, vous culpabilisez. Vous vous promettez que la prochaine fois, vous resterez calme. Et puis la prochaine fois arrive, et ça explose à nouveau. Comme un orage qui éclate toujours au même endroit.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je ne suis pas quelqu’un de violent, mais je ne maîtrise plus rien quand je crie. » Le problème, ce n’est pas que vous soyez colérique. Le problème, c’est que vos émotions essaient de se faire entendre, et qu’elles n’ont trouvé qu’un seul volume : le maximum.
Votre colère n’est pas une ennemie. Elle est un signal d’alarme. Le problème, c’est que vous n’avez pas encore appris à lire ce signal avant qu’il ne devienne une alarme incendie.
Je m’appelle Thierry Sudan. Je suis praticien à Saintes depuis 2014, et j’accompagne des adultes qui souffrent de ces tempêtes intérieures. Pas pour les éteindre, mais pour apprendre à les traverser sans tout casser sur leur passage. Aujourd’hui, je vais vous montrer pourquoi la Communication NonViolente (CNV) peut vous aider à vous faire entendre sans crier. Et je vais être honnête : ce n’est pas une baguette magique. C’est un muscle que vous allez devoir entraîner.
Avant de chercher une solution, il faut comprendre ce qui se passe en vous quand la pression monte. Le cri n’arrive jamais par hasard. Il est la dernière étape d’un processus invisible.
Imaginez une cocotte-minute. Vous mettez des aliments, de l’eau, du feu. La vapeur s’accumule. Normalement, la soupape laisse échapper un peu de pression régulièrement. Mais si vous ne l’entendez pas, si vous êtes trop occupé pour y prêter attention, la pression monte. Et à un moment, le couvercle saute.
Crier, c’est votre couvercle qui saute.
Ce qui précède l’explosion, c’est une accumulation de besoins non entendus. Pas des caprices. Des besoins fondamentaux : être respecté, être écouté, avoir du temps, de la reconnaissance, de la sécurité. Chaque petite frustration du quotidien — un enfant qui ne range pas, un collègue qui vous interrompt, un conjoint qui oublie — vient déposer une goutte de plus dans la cocotte.
Le problème, c’est que la plupart d’entre nous n’ont pas appris à nommer ces besoins avant qu’ils deviennent urgents. On les ignore, on les minimise (« ce n’est pas grave »), on les repousse. Jusqu’à ce que le moindre détail fasse déborder le vase.
« Quand vous criez, vous ne communiquez pas votre besoin. Vous communiquez votre impuissance à le faire entendre autrement. »
Un exemple concret. Un père que j’ai accompagné, appelons-le Marc. Il criait régulièrement sur ses enfants le matin, avant l’école. Il se détestait pour ça. En explorant, on a découvert que le vrai déclencheur n’était pas le fait que les enfants traînent. C’était son besoin inassouvi de calme et de préparation avant d’affronter sa journée de travail stressante. Les enfants n’étaient pas le problème. Ils étaient le détonateur d’une bombe qui existait déjà.
Quand vous criez, ce n’est jamais à 100% sur la personne en face de vous. C’est toujours un peu sur tout ce que vous avez retenu avant.
La Communication NonViolente, popularisée par Marshall Rosenberg, n’est pas une technique de « gentillesse » ou un manuel du « bien parler ». C’est un cadre structuré pour exprimer ce qui se passe en vous sans accuser l’autre, et pour entendre ce qui se passe chez l’autre sans vous sentir attaqué.
Son principe de base est simple : toute violence (physique ou verbale) est une expression tragique d’un besoin non satisfait. Quand vous criez, vous exprimez un besoin de manière brutale parce que vous ne savez pas le dire autrement. Quand on vous crie dessus, l’autre exprime également un besoin, même si c’est maladroit.
La CNV repose sur quatre étapes simples à retenir, mais difficiles à appliquer sur le moment. Les voici :
Prenons un exemple. Au lieu de crier : « Tu es un égoïste, tu ne penses jamais à moi ! » (accusation, violence), vous pourriez dire : « Quand tu es arrivé en retard sans prévenir (observation), j’ai ressenti de la tristesse et de l’inquiétude (sentiment), parce que j’ai besoin de considération et de fiabilité dans notre relation (besoin). Est-ce que tu veux bien, la prochaine fois, m’envoyer un message si tu prévois d’être en retard ? (demande). »
Vous voyez la différence ? La première phrase attaque l’autre et le met sur la défensive. Il va se justifier ou contre-attaquer. La deuxième phrase dit la vérité de votre expérience sans faire porter la responsabilité de vos émotions à l’autre. Elle ouvre un dialogue, pas une guerre.
Je sais ce que vous pensez : « C’est beau sur le papier, mais dans le feu de l’action, je n’y arriverai jamais. » C’est normal. Au début, c’est comme apprendre une langue étrangère. On bégaie, on cherche ses mots, on se trompe. Mais plus vous pratiquez, plus ça devient naturel.
Pourquoi la CNV est-elle si difficile à mettre en pratique ? Parce que nous sommes piégés par des habitudes de communication bien ancrées. En voici trois qui reviennent systématiquement chez les personnes que j’accompagne.
Piège n°1 : La confusion entre observation et évaluation
Nous avons tendance à mélanger ce que nous voyons avec le jugement que nous en faisons. « Tu es toujours en retard » est une évaluation. L’observation serait : « Tu es arrivé 20 minutes après l’heure convenue. » Quand vous utilisez des mots comme « toujours », « jamais », « tu es », vous évaluez, vous ne décrivez pas. Et l’évaluation provoque la défense chez l’autre.
Piège n°2 : La croyance que vos sentiments dépendent des autres
« Tu me mets en colère », « Tu me rends triste ». Ces formulations sont toxiques. Elles vous placent en victime, et l’autre en coupable. En réalité, personne ne peut « vous mettre » en colère. La colère naît de votre interprétation de la situation, et du besoin qui n’est pas satisfait. Dire « Je ressens de la colère parce que j’ai besoin de respect » vous redonne du pouvoir. Vous n’êtes plus passif.
Piège n°3 : La confusion entre demande et exigence
Une vraie demande est négociable. Elle accepte le « non » comme réponse. Une exigence, elle, est déguisée en demande mais cache une menace : « Si tu ne fais pas ça, je vais me fâcher / je vais te quitter / tu vas voir. » Quand vous formulez une demande, l’autre doit se sentir libre de refuser. Sinon, ce n’est pas une communication, c’est un ultimatum.
« Un des plus grands mensonges que nous nous racontons est : 'Si l’autre changeait, je serais enfin heureux.' La CNV vous invite à regarder ailleurs : vers vos propres besoins inassouvis. »
Ces pièges sont normaux. Nous avons tous été éduqués à communiquer ainsi. Les déconstruire demande du temps et de la pratique. Mais chaque fois que vous les évitez, vous gagnez une occasion de ne pas crier.
Le vrai test, ce n’est pas quand vous êtes calme. C’est quand le sang vous monte à la tête, que votre cœur s’emballe et que les mots fusent avant que vous ayez pu réfléchir. Que faire dans ces moments-là ?
La première chose, la plus importante, c’est de ralentir. La CNV n’est pas une compétition de vitesse. Quand vous sentez la montée de pression, vous avez le droit de prendre un temps. Littéralement. Vous pouvez dire : « J’ai besoin d’un moment pour respirer avant de répondre. » Ou même : « Je sens que je suis en train de m’énerver, je préfère qu’on reparle de ça dans 10 minutes. »
Ce n’est pas une fuite. C’est une stratégie de régulation. Vous reprenez le contrôle de votre système nerveux avant qu’il ne prenne le contrôle de votre bouche.
Ensuite, si vous êtes déjà dans l’échange et que vous sentez le cri monter, essayez de vous concentrer sur une seule chose : respirer et nommer votre besoin intérieurement. Ne dites rien. Juste, dans votre tête : « Qu’est-ce que j’ai besoin en ce moment ? » Parfois, juste le fait de vous poser cette question suffit à faire baisser la pression d’un cran.
Si vous parvenez à parler, utilisez la version minimaliste de la CNV. Vous n’êtes pas obligé de sortir les quatre étapes parfaitement. L’essentiel est de remplacer l’accusation par une expression de votre vécu. Par exemple, au lieu de « Arrête de me parler sur ce ton ! », dites : « Quand tu hausses la voix, je me sens mal à l’aise. J’ai besoin de calme pour qu’on puisse se comprendre. »
Et si vous avez déjà crié ? Ce n’est pas perdu. Vous pouvez revenir après. Vous pouvez dire : « Je suis désolé d’avoir crié tout à l’heure. J’étais submergé. Ce que j’essayais de dire, c’est que j’ai besoin de… » Le retour après la crise est aussi important que la gestion pendant la crise. Il montre à l’autre que vous assumez et que vous cherchez une autre façon de fonctionner.
Beaucoup de personnes viennent me voir en espérant simplement « arrêter de crier sur leurs enfants » ou « ne plus s’énerver au travail ». Et elles repartent avec bien plus que ça.
Le premier bénéfice, c’est la diminution de la culpabilité. Quand vous comprenez que crier est le symptôme d’un besoin non entendu, vous arrêtez de vous considérer comme un « monstre ». Vous devenez quelqu’un qui a besoin d’apprendre à communiquer. La culpabilité laisse place à la responsabilité. Et la responsabilité, c’est le pouvoir de changer.
Le deuxième bénéfice, c’est l’amélioration des relations. Pas parce que les autres changent, mais parce que vous changez votre façon de leur parler. Quand vous cessez d’accuser, l’autre cesse de se défendre. Les conflits deviennent des conversations. Les incompréhensions deviennent des occasions de mieux se connaître. Un patient m’a raconté que sa femme, après des années de disputes, lui a dit : « Je ne sais pas ce que tu fais, mais je n’ai plus peur de te parler. » C’est ça, le vrai cadeau de la CNV.
Le troisième bénéfice, que je trouve magnifique, c’est l’auto-empathie. Apprendre la CNV, ce n’est pas seulement apprendre à parler aux autres. C’est apprendre à se parler à soi-même avec bienveillance. Quand vous êtes dur avec vous-même, que vous vous dites « Je suis nul, je n’y arriverai jamais », vous pouvez appliquer la même grille. Observer (j’ai crié), sentir (je ressens de la honte), besoin (j’ai besoin d’être accepté même imparfait), demande (je peux essayer de faire mieux la prochaine fois). Vous devenez votre propre allié.
« La CNV ne vous rendra pas parfait. Elle vous rendra plus présent. Et la présence, c’est ce qui permet de choisir votre réponse au lieu de subir votre réaction. »
Un dernier bénéfice, plus subtil : la clarification de ce qui compte vraiment pour vous. En identifiant vos besoins, vous découvrez ce qui est essentiel dans votre vie. Vous réalisez peut-être que vous criez parce que vous avez besoin de reconnaissance, alors que vous pensiez avoir besoin que vos enfants rangent leur chambre. Le rangement n’était qu’une demande. Le besoin profond, c’était de se sentir vu et respecté. Cette prise de conscience peut transformer votre vie entière.
Je ne veux pas vous vendre un rêve. La CNV a des limites, et il est important que vous les connaissiez.
Elle ne changera pas les autres. Vous pouvez communiquer de la manière la plus propre du monde, l’autre peut rester toxique, manipulateur, ou simplement fermé. La CNV ne garantit pas une réponse positive. Elle vous garantit juste d’avoir fait votre part du chemin avec intégrité.
Elle ne vous rendra pas « gentil » en permanence. Certaines personnes confondent non-violence avec non-affirmation. Ce n’est pas ça. Vous avez le droit d’être ferme, de dire non, de poser des limites. La CNV vous aide à le faire sans agressivité, mais avec force. Vous pouvez dire : « Je ne suis pas d’accord avec cette décision, et j’ai besoin qu’on en reparle car cela impacte mon sentiment de justice. » Ce n’est pas mou. C’est clair.
Elle ne supprimera pas vos émotions. La colère ne disparaîtra pas. Elle sera juste mieux accueillie et mieux exprimée. La tristesse, la peur, la frustration resteront. La CNV vous offre un contenant pour les accueillir, pas une éponge pour les effacer.
Elle demande de l’entraînement. C’est le point le plus important. Lire un article ou un livre ne suffit pas. C’est comme lire un manuel de natation et sauter dans le grand bain : vous allez boire la tasse. Il faut pratiquer, se tromper, recommencer. C’est un apprentissage qui prend des mois, parfois des années. Mais chaque petit pas compte.
Vous n’allez pas changer du jour au lendemain. Et ce n’est pas grave. Voici trois choses que vous pouvez faire dès aujourd’hui pour poser les premières pierres.
1. Tenez un journal des besoins.
Pendant une semaine, chaque fois que vous sentez une émotion forte (colère, frustration, tristesse, impatience), prenez 30 secondes pour écrire : « Je ressens [émotion] parce que j’ai besoin de [besoin]. » Ne cherchez pas à agir sur le besoin. Juste à le nommer. Vous allez découvrir des motifs récurrents. Par exemple : « Je ressens de l’impatience parce que j’ai besoin de temps pour moi. » C’est le début de la conscience.
2. Entraînez-vous sur les petites choses.
Ne commencez pas par le conflit majeur avec votre conjoint ou votre patron. Commencez petit. Quand le serveur se trompe de commande. Quand un inconnu vous bouscule dans la rue. Essayez de formuler mentalement une observation, un sentiment, un besoin. Pas besoin de le dire à voix haute. Juste l’exercice mental. Ça muscle votre cerveau à penser en CNV.
3. Utilisez la technique du « message-Je » version express.
Quand vous sentez que vous allez crier, remplacez « Tu » par « Je ». « Tu es en retard » devient « Je suis contrarié par le retard ». « Tu ne m’écoutes pas » devient « J’ai besoin de me sentir écouté ». Ce n’est pas parfait, mais c’est un premier pas énorme pour désamorcer l’attaque.
Et si vous sentez que vous avez besoin d’un accompagnement plus personnalisé, sachez que vous n’êtes pas seul. Je reçois des personnes qui viennent avec cette même difficulté. On ne travaille pas toujours directement la CNV. Parfois, on explore d’abord ce qui se cache derrière la colère avec l’hypnose ou l
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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