3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Apprenez à offrir une sécurité nouvelle à votre enfant, pas à pas.
Tu veux arrêter de transmettre ce que tu as reçu. Et tu as raison.
Je reçois souvent Anaïs, 38 ans, mère de deux enfants de 6 et 9 ans. Elle s’assoit, pose son sac, et avant même que je dise un mot, elle lâche : « Je fais tout l’inverse de ce que j’ai vécu. Et pourtant, je vois bien que ça coince. »
Elle me raconte les matins. Le petit dernier qui pleure parce qu’elle le dépose à l’école. Elle le prend dans ses bras, le rassure, reste cinq minutes de plus. Puis elle culpabilise de partir. Le soir, elle vérifie trois fois qu’il n’a pas de fièvre. Elle lui répond au moindre appel, même la nuit. Et quand son aîné lui dit « T’es trop collante, maman », elle encaisse, et se demande ce qu’elle fait de travers.
Anaïs ne reproduit pas ce qu’elle a vécu. Ses parents étaient distants, imprévisibles. Elle a grandi en apprenant à se débrouiller seule, sans filet. Aujourd’hui, elle a juré d’être tout le contraire : présente, aimante, disponible 24h/24. Mais au fond, elle est épuisée. Et ses enfants ? Ils ne sont pas plus sereins pour autant. Le petit réclame sans cesse son attention. L’aîné s’est construit une carapace et la repousse.
Ce que vit Anaïs, c’est le piège de la transmission inversée. On croit qu’en faisant l’exact opposé de ce qu’on a subi, on casse le cycle. Mais la réalité est plus subtile. Parfois, on passe d’un extrême à l’autre sans sortir du cadre. On reste dans la réaction. Et la réaction, c’est encore l’emprise du passé.
Si tu te reconnais là-dedans, si tu as cette peur viscérale de répéter les erreurs de tes parents, ou si tu sens que ta relation avec ton enfant est marquée par une tension, une dépendance ou une distance qui ne te convient pas, cet article est pour toi. On va voir ensemble comment l'attachement anxieux se joue dans la parentalité, comment il se transmet, et surtout, comment tu peux, pas à pas, offrir une sécurité nouvelle à ton enfant sans t'épuiser ni te perdre.
L’attachement, c’est le lien qui se tisse entre un enfant et ses figures d’attachement (souvent les parents). C’est un besoin vital. Un bébé a besoin de sentir qu’il y a quelqu’un de fiable à proximité pour survivre, mais aussi pour réguler ses émotions. Quand ce lien est sécurisé, l’enfant explore le monde, revient se ressourcer, repart. Il sait que sa base est sûre.
Quand ce lien est anxieux, c’est autre chose. L’enfant a appris que la réponse de son parent est imprévisible : parfois présente, parfois absente, parfois intrusive, parfois distante. Pour s’adapter, il développe des stratégies. Soit il devient « collant », hypervigilant, cherchant constamment à capter l’attention pour s’assurer que le parent est là. Soit il devient « évitant », se repliant sur lui-même, apprenant à ne pas demander pour ne pas être déçu.
Ces stratégies ne sont pas des choix conscients. Ce sont des adaptations de survie. Et elles peuvent perdurer à l’âge adulte.
En tant que parent, si tu as toi-même un attachement anxieux (ou un pattern d’attachement insécurisé), tes besoins non résolus d’enfant peuvent resurgir dans la relation avec ton enfant. Tu peux avoir besoin qu’il te rassure, qu’il te valide, qu’il soit proche de toi pour te sentir bien. Ou à l’inverse, tu peux être tellement submergé par ses besoins que tu t’effondres ou t’éloignes.
Un parent avec un attachement anxieux n’est pas un mauvais parent. C’est un parent qui porte encore les blessures de son propre enfant intérieur. Et ces blessures parlent plus fort que sa volonté.
Le problème, c’est que ces patterns se transmettent. Pas par la génétique, mais par la répétition des interactions. Ton enfant capte tes micro-expressions, ta tension, ta disponibilité réelle. Il apprend ce qu’est une relation. Et il risque de reproduire ce schéma avec ses propres enfants, ou dans ses relations amoureuses. C’est le cycle.
Mais bonne nouvelle : ce cycle peut être brisé. Pas en faisant le contraire parfait, mais en comprenant ce qui se joue en toi.
Beaucoup de parents me disent : « Moi, j’ai fait tout le chemin inverse. Mes parents étaient absents, donc je suis hyper présent. Mes parents étaient froids, donc je suis hyper tactile. Mes parents ne disaient jamais “je t’aime”, donc je le dis tout le temps. »
Et pourtant, ils constatent que ça ne marche pas comme prévu. Leur enfant ne se sent pas forcément plus en sécurité. Parfois, il est même plus anxieux.
Pourquoi ? Parce que la transmission ne se fait pas par le contenu, mais par la forme. Ce n’est pas ce que tu fais qui compte, mais comment tu le fais. Si tu es hyper présent parce que tu as peur qu’il ne se sente pas aimé, ta présence est teintée d’anxiété. L’enfant le sent. Il capte que tu n’es pas pleinement là, que tu es en train de vérifier si tu fais bien, que tu as besoin de sa réaction pour te rassurer. Ce n’est plus une présence offerte, c’est une présence conditionnée par ton propre manque.
Je prends un exemple. Quand Anaïs prend son petit dans les bras le matin, elle le fait avec une tension intérieure : « Il faut que je le rassure, il faut qu’il arrête de pleurer, il faut que je sois une bonne mère. » Elle n’est pas dans l’accueil de son émotion, elle est dans la tentative de contrôle. L’enfant, lui, ne reçoit pas de la sécurité. Il reçoit de l’inquiétude. Du coup, il pleure plus. Et le cycle s’auto-alimente.
Autre exemple : un parent qui a grandi avec une mère intrusive et qui, pour ne pas reproduire, devient hyper permissif et distant. Il laisse son enfant faire tout ce qu’il veut, ne pose pas de cadre. L’enfant, lui, ne se sent pas contenu. Il cherche des limites, les teste, et se sent insécurisé. Le parent a voulu faire l’inverse, mais il a créé un autre déséquilibre.
Briser le cycle, ce n’est pas faire le contraire. C’est se libérer de la réaction. C’est arrêter de piloter la relation à partir de tes blessures. C’est devenir capable d’être présent à ton enfant sans que ton passé ne vienne parasiter ton geste.
Comment savoir si ton propre attachement anxieux est en train de jouer dans ta relation avec ton enfant ? Voici quelques signes. Ils ne sont pas tous présents, mais si tu en reconnais plusieurs, c’est un indicateur.
1. Tu as besoin que ton enfant te rassure. Tu cherches constamment des signes d’affection, des câlins, des « je t’aime ». S’il est distant, tu te sens rejeté, tu paniques intérieurement. Tu peux même le solliciter plus, le forcer à interagir.
2. Tu es hypervigilant. Tu anticipes ses besoins avant même qu’il les exprime. Tu es en permanence en train de scanner son état : est-il triste ? en colère ? fatigué ? Tu ne supportes pas qu’il soit mal, et tu fais tout pour que ça cesse. Mais cette vigilance est épuisante. Et elle lui apprend qu’il n’a pas besoin de ressentir ou de communiquer, puisque tu le fais à sa place.
3. Tu as du mal à poser un cadre. Dire non, fixer une limite, c’est insupportable pour toi. Tu as peur qu’il se fâche, qu’il ne t’aime plus, qu’il se sente rejeté comme toi tu t’es senti. Du coup, tu cèdes, tu négocies, tu expliques à l’infini. Résultat : ton enfant ne se sent pas contenu.
4. Tu es submergé par ses émotions. Quand il pleure, tu pleures. Quand il est en colère, tu es en colère. Tu n’arrives pas à rester calme, à être un contenant. Tu es comme aspiré dans son tourbillon émotionnel. Parce que ses émotions réveillent les tiennes, celles que tu n’as pas pu exprimer enfant.
5. Tu culpabilises en permanence. Tu te demandes si tu es un bon parent. Tu compares avec les autres. Tu as l’impression de toujours faire des erreurs. Cette culpabilité te pousse à compenser, à en faire trop, à te justifier. Mais elle t’empêche d’être simplement là.
6. Tu as peur de l’abandon. Si ton enfant est chez ses grands-parents, tu stresses. S’il part en colonie, tu angoisses. Tu as besoin de contrôler les situations où il pourrait être séparé de toi. Parfois, tu le retiens inconsciemment, en étant trop présent ou en dramatisant les séparations.
7. Tu es dans le contrôle. Pour ne pas être débordé par l’imprévu, tu organises tout, tu planifies, tu anticipes. Mais cette rigidité empêche l’enfant de développer sa propre autonomie. Il apprend que le monde est dangereux et que seul le contrôle le rassure.
Si tu te reconnais dans plusieurs de ces points, ne panique pas. Ce n’est pas un diagnostic définitif. C’est un signal. Un signal que ton système d’attachement est encore en alerte. Et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut travailler dessus.
Briser le cycle ne signifie pas devenir parfait. Cela signifie devenir conscient et intentionnel dans ta relation avec ton enfant. Voici une approche concrète, basée sur ce que je pratique avec les parents que j’accompagne.
Avant de changer quoi que ce soit, il faut que tu puisses regarder en face ce que tu as vécu. Pas pour accuser tes parents, mais pour comprendre le système dans lequel tu as grandi.
Prends un moment. Demande-toi : « Comment était la relation avec mes parents quand j’étais enfant ? Étais-je rassuré ? Avais-je peur de les perdre ? Étais-je libre d’explorer ? Pouvais-je exprimer mes émotions sans être jugé ou rejeté ? »
Tu peux même écrire. Pas pour analyser, juste pour poser les mots. Ce n’est pas un exercice intellectuel, c’est un exercice de présence à toi-même.
Le cycle se brise d’abord à l’intérieur de toi. Pas en contrôlant ton enfant, mais en accueillant l’enfant que tu as été.
C’est un des plus grands pièges de l’attachement anxieux. Tu confonds tes besoins non satisfaits avec ceux de ton enfant. Tu penses qu’il a besoin de toi tout le temps, mais en réalité, c’est toi qui as besoin de lui pour te sentir important, aimé, rassuré.
Pose-toi cette question, plusieurs fois par jour : « Ce geste, cette attention, cette réaction, est-ce que je le fais pour lui ou pour moi ? »
Exemple : ton enfant joue seul dans sa chambre. Tu as envie d’aller le voir, de lui proposer un jeu, de lui faire un câlin. Demande-toi : est-ce qu’il a besoin de moi maintenant, ou est-ce que c’est mon besoin de connexion qui parle ? Si c’est ton besoin, respire. Reste assis. Laisse-le jouer. Tu pourras lui offrir un câlin plus tard, quand ce sera vraiment son besoin.
La contenance, c’est la capacité à accueillir l’émotion de ton enfant sans être submergé par elle. C’est être comme une berge pour une rivière en crue : tu ne l’arrêtes pas, tu ne la juges pas, tu restes stable.
Quand ton enfant pleure, ne cherche pas à arrêter ses larmes. Ne dis pas « c’est rien », « arrête », « calme-toi ». Reste là. Respire. Dis-lui simplement : « Je suis là. Je reste avec toi. » Et respire encore. Si tu sens monter ta propre émotion, pose une main sur ton ventre, ou sur ton cœur. Rappelle-toi que ce n’est pas ton émotion à toi. C’est la sienne. Tu n’as pas à la réparer, juste à l’accompagner.
Le cadre, c’est la sécurité. Un enfant a besoin de savoir que certaines choses sont non-négociables : l’heure du coucher, les règles de sécurité, le respect. Mais le cadre, pour un parent anxieux, c’est terrifiant. Ça peut provoquer un sentiment de rejet, de conflit, de perte d’amour.
Pourtant, c’est essentiel. Commence petit. Choisis une règle simple, que tu vas tenir. Par exemple : « Pas d’écran après 20h. » Quand ton enfant protestera, ne cède pas. Reste calme. Dis : « Je comprends que tu sois fâché. La règle, c’est celle-là. Je suis là, mais je ne change pas d’avis. » Tu verras, au bout de quelques jours, il sera plus apaisé. Parce que le cadre le contient.
C’est le travail le plus profond. Tu ne peux pas offrir à ton enfant une sécurité que tu ne possèdes pas toi-même. Pour être un parent sécurisant, tu dois d’abord être sécurisé en toi.
Cela peut passer par une thérapie, par de l’écriture, par des moments de méditation, ou simplement par le fait de te parler à toi-même avec douceur. Quand tu te sens en stress, quand l’anxiété monte, arrête-toi. Mets une main sur ton cœur. Dis-toi : « Je suis là pour toi. Tu es en sécurité maintenant. Tu n’es plus un enfant. Tu peux gérer. »
Ce n’est pas miraculeux, mais c’est un entraînement. Au fil du temps, ton système nerveux va apprendre à se calmer. Et c’est ce calme que ton enfant va capter.
Dans mon cabinet, j’utilise principalement deux approches pour accompagner les parents qui veulent briser ce cycle : l’IFS (Internal Family Systems) et l’hypnose ericksonienne.
L’IFS, c’est un modèle qui considère que nous sommes tous composés de différentes « parties » en nous. Par exemple, il y a une partie de toi qui veut être parfait, une partie qui a peur de l’abandon, une partie qui se met en colère, une partie qui est vulnérable. Ces parties ne sont pas des ennemis. Ce sont des stratégies de protection que tu as développées pour survivre.
Quand tu es parent, certaines de ces parties peuvent prendre le contrôle. La partie « contrôleuse » veut tout organiser. La partie « sauveuse » veut tout réparer. La partie « enfant blessée » a besoin d’être rassurée par ton propre enfant.
L’IFS permet d’entrer en contact avec ces parties, de les comprendre, de les apaiser. Tu apprends à être le « Soi » de ta propre vie : cette présence calme, curieuse, compatissante qui peut accueillir toutes tes parties sans être submergée. Et c’est ce Soi que tu pourras offrir à ton enfant.
L’hypnose, de son côté, permet de travailler directement avec ton système nerveux inconscient. Elle t’aide à dénouer les schémas automatiques. Par exemple, tu peux apprendre à ressentir la peur de l’abandon sans réagir, à rester calme face aux pleurs, à poser un cadre sans culpabilité. C’est un travail doux, mais puissant.
Ces deux approches ne te rendent pas parfait. Elles te rendent plus libre. Et cette liberté, tu la transmets à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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