3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprendre l’attraction répétitive et en sortir.
Tu es assis en face de moi dans mon cabinet à Saintes, et tu me dis : « Thierry, je ne comprends pas. Je jure que je veux quelqu’un de stable, de doux, de présent. Et pourtant, je finis toujours avec des gens qui me font douter, qui disparaissent, ou qui me mettent sous pression. » Tu soupires. Tu es fatigué de ce scénario qui se répète. Tu te demandes si tu as un problème de jugement, ou pire, si tu es condamné à revivre la même histoire en boucle.
Rassure-toi : tu n’es pas seul. Et tu n’es pas bête. Ce qui se joue là, c’est un mécanisme bien plus ancien que ta volonté. Ça s’appelle l’attachement, et ça commence bien avant ta première relation amoureuse. Je vais t’expliquer pourquoi tu choisis toujours le même type de partenaire, et surtout, comment tu peux sortir de ce manège.
Quand tu me dis que tu « choisis » toujours le même type de partenaire, je t’arrête tout de suite. Le mot « choisir » laisse penser que tu es libre, que tu poses des options sur une table et que tu prends la meilleure. Dans la réalité, ce qui se passe est bien moins conscient.
Ton cerveau, et surtout ton système nerveux, est programmé pour chercher ce qui lui est familier. Pas ce qui est bon pour toi. Pas ce qui est sain. Ce qui est familier. Et qu’est-ce qui est familier ? Les schémas relationnels que tu as intériorisés pendant ton enfance, avec tes figures d’attachement principales (parents, grands-parents, éducateurs). Si tu as grandi avec un parent imprévisible, distant, ou au contraire envahissant, tu as appris que l’amour ressemble à ça. Ton corps a enregistré que la proximité émotionnelle est associée à l’anxiété, au manque ou au contrôle. Résultat : à l’âge adulte, tu es attiré par des partenaires qui reproduisent cette même danse. Pas parce que tu es maso, mais parce que ton système nerveux cherche à valider ce qu’il connaît. C’est ce que le psychologue John Bowlby, père de la théorie de l’attachement, appelait les modèles internes opérants : des scripts inconscients qui guident tes attentes et tes comportements en relation.
Prenons un exemple concret. J’ai reçu un coureur de fond, il y a quelques mois, qui se plaignait de toujours tomber sur des partenaires qui le critiquaient sur son poids, son rythme, sa façon de s’entraîner. Il me disait : « Je fuis les gens qui jugent, et pourtant je me retrouve toujours avec eux. » En discutant, on a découvert que sa mère était une ancienne sportive de haut niveau, exigeante et rarement satisfaite. Il avait passé son enfance à chercher son approbation sans jamais l’obtenir. Aujourd’hui, il recrée inconsciemment cette quête d’un regard qui ne valide jamais. Ce n’est pas de la malchance. C’est un script.
Ce que tu cherches vraiment derrière cette attirance répétitive, ce n’est pas une personne. C’est une opportunité de guérir. Mais pour l’instant, tu ne fais que rejouer la blessure sans le savoir. Tu espères que cette fois, le partenaire imprévisible deviendra fiable, que le distant s’ouvrira, que le critique deviendra bienveillant. Tu espères réécrire la fin de l’histoire. Mais sans conscience, tu restes coincé dans le premier acte.
« Tu ne choisis pas tes partenaires par hasard. Tu choisis des miroirs qui reflètent ce que tu n’as pas encore appris à voir en toi. »
La théorie de l’attachement distingue plusieurs styles. Je vais te les présenter simplement, pour que tu puisses reconnaître le tien.
Le style sécure : environ 50% de la population. Ces personnes ont eu des figures d’attachement disponibles, cohérentes, réconfortantes. Elles se sentent dignes d’amour et pensent que les autres sont fiables. En couple, elles communiquent, demandent de l’aide, et gèrent les conflits sans s’effondrer. Ce sont les partenaires stables que tu croises parfois et que tu trouves « ennuyeux » (parce que justement, il ne se passe rien de dramatique).
Le style anxieux (environ 20%) : tu as grandi avec un parent imprévisible, parfois chaleureux, parfois froid. Tu as appris que l’amour est conditionnel, qu’il faut le mériter, et que l’autre peut disparaître à tout moment. En adulte, tu es hypervigilant : tu guettes les signes de rejet, tu as besoin de réassurance constante, et tu as tendance à t’accrocher à des partenaires distants. Tu es attiré par les personnes qui te font douter, parce que leur comportement réactive ton système d’alarme, et que tu confonds excitation avec amour.
Le style évitant (environ 25%) : tu as grandi avec un parent rejetant ou très indépendant. Tu as appris très tôt à te débrouiller seul, à ne pas montrer tes besoins, à considérer la dépendance comme une faiblesse. En adulte, tu valorises ton autonomie par-dessus tout. Tu es attiré par des partenaires qui ne demandent pas trop d’intimité. Mais souvent, tu te retrouves avec des personnes anxieuses qui veulent se rapprocher, ce qui te fait fuir. Le cycle classique : l’autre se plaint que tu es distant, tu te sens étouffé, tu t’éloignes, l’autre s’accroche, et tu finis par rompre.
Le style désorganisé (environ 5%) : c’est le plus complexe, souvent lié à des traumatismes ou des négligences graves. Tu as peur de l’intimité et peur de l’abandon en même temps. Tu es attiré par des relations chaotiques, instables, parfois violentes émotionnellement. Tu passes de l’idéalisation à la dévalorisation, sans zone de répit.
Maintenant, voici le piège : tu ne tombes pas amoureux de n’importe qui. Tu tombes amoureux de personnes dont le style d’attachement vient confirmer le tien. Un anxieux est magnétiquement attiré par un évitant. Pourquoi ? Parce que l’évitant, par sa distance, réactive chez l’anxieux la quête de réassurance qu’il a connue enfant. Et l’évitant, lui, est attiré par l’anxieux parce que son besoin de rapprochement lui permet de se sentir désiré sans avoir à s’investir lui-même. C’est une danse toxique, mais extrêmement familière. Et le familier, pour ton cerveau, c’est la sécurité, même si c’est douloureux.
Je reçois souvent des sportifs de haut niveau, notamment des footballeurs, qui vivent ce schéma. Ils sont habitués à la performance, à l’effort, à la discipline. Et ils reproduisent ça en amour : ils choisissent des partenaires qui leur résistent, qui les mettent au défi, parce que c’est comme ça qu’ils ont appris à mériter l’amour. Mais un partenaire qui te résiste n’est pas un défi sportif. C’est une relation qui t’épuise.
Tu pourrais me dire : « Thierry, si je sais que c’est mauvais pour moi, pourquoi je continue ? » Excellente question. La réponse est dans ton système nerveux. Quand tu rencontres quelqu’un, ton cerveau ne fait pas un calcul logique : « Est-ce que cette personne est bonne pour moi ? » Il fait un scan inconscient : « Est-ce que cette personne ressemble à ce que j’ai connu ? » Et si oui, il libère de la dopamine et de l’ocytocine, les hormones de l’attachement et de la récompense. Tu te sens attiré, excité, vivant. C’est ce que les neuroscientifiques appellent le « piège de la familiarité ».
Le problème, c’est que la familiarité n’est pas la sécurité. Tu peux te sentir intensément attiré par quelqu’un qui est mauvais pour toi, et ne rien ressentir pour quelqu’un de sain, parce que le sain te semble « fade », « sans étincelle ». Pourquoi ? Parce que ton système nerveux n’a pas été calibré pour la stabilité. Il a été calibré pour le manque, l’imprévisibilité, l’effort. Alors quand tu rencontres quelqu’un de fiable, de présent, de constant, tu ne ressens rien. Tu trouves ça ennuyeux. Tu te dis : « Il manque quelque chose. » Et tu repars vers l’imprévisible.
Il y a aussi un autre mécanisme : la boucle de la réparation. Tu as peut-être grandi avec un parent que tu ne pouvais pas « réparer ». Tu as passé ton enfance à essayer de le rendre heureux, de le calmer, de le rendre disponible. Et tu n’y es jamais arrivé. Aujourd’hui, tu choisis des partenaires que tu veux réparer. Tu te dis : « Si j’arrive à l’aimer assez fort, il va changer. » Mais ça ne marche pas. L’autre ne change pas parce que tu l’aimes. Il change parce qu’il décide de le faire. Toi, tu épuises ton énergie à essayer de combler un vide qui n’est pas le tien.
Un exemple : une de mes patientes, une préparatrice mentale que j’accompagnais pour son anxiété, me racontait qu’elle tombait toujours sur des hommes qui « avaient besoin d’elle ». Des artistes dépressifs, des entrepreneurs stressés, des gens en crise. Elle les écoutait des heures, les soutenait, les aidait à rebondir. Et au bout de quelques mois, ils partaient. Elle se sentait utilisée. En travaillant sur son histoire, on a vu qu’elle avait été l’enfant « parentifiée » d’une mère dépressive. Elle avait appris que son amour valait par ce qu’elle donnait, pas par ce qu’elle était. Aujourd’hui, elle recréait ce schéma : elle donnait tout, et l’autre finissait par prendre et partir. Le piège de la réparation.
« Tu n’es pas attiré par les gens qui te correspondent. Tu es attiré par les gens qui te confirment ce que tu crois de toi. Et si tu crois que tu dois te battre pour être aimé, tu trouveras toujours des relations où il faut se battre. »
Comment savoir si tu es dans ce piège ? Voici quelques indicateurs concrets :
Si tu te reconnais dans plusieurs de ces points, ne panique pas. C’est une bonne nouvelle : tu commences à voir le schéma. La conscience, c’est le premier pas. Le deuxième, c’est de comprendre d’où ça vient. Et le troisième, c’est d’apprendre à faire autrement.
Je ne vais pas te promettre que tu vas changer du jour au lendemain. Les schémas d’attachement se sont construits pendant des années, ils ne se défont pas en une semaine. Mais tu peux commencer à poser des fondations solides.
Étape 1 : Identifie ton style d’attachement et celui de tes partenaires Prends un carnet. Note les trois dernières relations significatives que tu as eues. Pour chacune, décris le comportement de l’autre : était-il distant, envahissant, imprévisible, fuyant, stable ? Ensuite, regarde ton propre comportement : étais-tu anxieux, accrocheur, évitant, en retrait ? Tu vas vite repérer une tendance. Si tu es anxieux, tu choisis souvent des évitants. Si tu es évitant, tu choisis des anxieux. Si tu es désorganisé, tu choisis le chaos.
Étape 2 : Apprends à tolérer l’ennui relationnel C’est l’étape la plus difficile. Quand tu rencontres quelqu’un de stable, tu vas ressentir un manque d’excitation. Ne fuis pas. Reste. Observe ce qui se passe en toi. Demande-toi : « Est-ce que cette personne est vraiment ennuyeuse, ou est-ce que c’est mon système nerveux qui n’est pas habitué à la sécurité ? » La sécurité relationnelle, ça s’apprend. Au début, ça peut sembler fade. Mais avec le temps, tu découvres une profondeur que le drame ne donne jamais.
Étape 3 : Change ton critère de sélection Arrête de te demander : « Est-ce que je ressens une attirance forte ? » Pose-toi plutôt ces questions :
Étape 4 : Travaille la régulation émotionnelle Quand tu es en relation, ton système nerveux s’emballe : palpitations, anxiété, besoin de contrôle. Apprends à te calmer. La respiration, la cohérence cardiaque (5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration, pendant 5 minutes), ou la visualisation peuvent t’aider. En hypnose, j’utilise des inductions de sécurité pour aider mes patients à ancrer un état de calme intérieur. Tu peux le faire seul : ferme les yeux, imagine un lieu où tu te sens totalement en sécurité, et ancre-le avec une sensation physique (la main sur le cœur, par exemple).
Étape 5 : Accepte que tu ne peux pas réparer l’autre C’est une libération. Tu n’es pas responsable du bonheur de ton partenaire. Tu es responsable de ton propre bonheur. Si tu es avec quelqu’un qui ne va pas bien, tu peux le soutenir, mais tu ne peux pas le guérir. Et si tu passes ton temps à le guérir, tu oublies de vivre ta propre vie. Fixe une limite : « Je peux t’écouter, mais je ne peux pas résoudre tes problèmes à ta place. »
Dans mon cabinet, j’utilise l’IFS (Internal Family Systems) pour aider mes patients à comprendre les parties d’eux-mêmes qui les poussent vers des partenaires inadaptés. L’IFS part du principe que ta psyché est composée de plusieurs « parties » : des protecteurs, des exilés, des managers. Par exemple, tu as peut-être une partie « pompier » qui s’active quand tu te sens seul et qui te pousse à contacter un ex toxique. Ou une partie « manager » qui te dit : « Il faut que tu sois parfait pour être aimé. » En IFS, on ne lutte pas contre ces parties. On les accueille, on les remercie, et on libère la partie blessée (l’exilé) qui est en dessous. C’est un travail en douceur, qui permet de se réconcil
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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