3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le lien entre vos premières expériences et vos schémas adultes.
Tu as sans doute déjà remarqué ce drôle de phénomène : tu rencontres quelqu’un de gentil, de fiable, qui semble tout à fait “normal”, et pourtant… quelque chose cloche. Tu te sens mal à l’aise, tu as envie de fuir, ou au contraire, tu t’accroches à une relation qui te fait souffrir. Parfois, tu te dis bêtement : “C’est à cause de mon enfance”. Mais tu te demandes si ce n’est pas une excuse trop facile.
Pourtant, ce n’est pas une excuse. C’est une piste concrète.
Je reçois des hommes et des femmes de tous âges dans mon cabinet à Saintes. Des parents, des célibataires, des sportifs de haut niveau. Tous partagent une même interrogation : “Pourquoi je répète toujours les mêmes schémas ?” Et presque toujours, la réponse se trouve dans leur histoire d’attachement.
Pas pour les blâmer, ni pour les enfermer dans le passé. Mais pour comprendre, et ensuite, choisir autrement.
Alors, si tu te reconnais dans cette question, on va plonger ensemble dans ce que la théorie de l’attachement peut t’apprendre sur tes relations aujourd’hui.
La théorie de l’attachement a été développée par le psychiatre John Bowlby dans les années 1950-60. Son idée est simple : les humains naissent avec un besoin biologique de créer des liens forts avec leurs premiers caregivers – généralement les parents. Ces premiers liens ne sont pas juste “agréables”, ils sont vitaux. Un bébé qui n’a pas de figure d’attachement sécurisante ne se développe pas correctement, même s’il a à manger et à boire.
Ce que Bowlby a découvert, c’est que la qualité de ces premiers liens façonne un “modèle interne” que tu emportes dans toutes tes relations futures. Ce modèle est comme une carte routière émotionnelle : il te dit qui tu peux être en relation, à qui tu peux faire confiance, et comment tu réagis quand les choses se compliquent.
Tu n’as pas choisi cette carte. Elle s’est construite dans tes premières années, de manière totalement inconsciente, en réponse à la disponibilité et à la réactivité de tes parents. Si, enfant, tu te sentais en sécurité, vu, écouté, tu as probablement développé un attachement “sécure”. Tu te sens capable de donner et de recevoir de l’amour, tu gères les conflits sans t’effondrer, et tu n’as pas peur de l’intimité.
Mais si, comme beaucoup, tu as vécu des moments où tes besoins n’étaient pas compris, où tu étais ignoré, ou pire, rejeté, tu as peut-être développé un attachement “insécure”. Et c’est là que les choses se compliquent dans tes relations adultes.
Blockquote : “La petite fille qui attend que sa mère la regarde devient la femme qui attend que son partenaire la devine. Le petit garçon qui apprend à se débrouiller seul devient l’homme qui ne sait pas demander de l’aide.”
Imaginons deux scénarios que je vois souvent dans mon cabinet.
Le premier : Lucie, 34 ans, vient me voir parce qu’elle “craque” dans son couple. Elle explique : “Dès que mon compagnon s’éloigne un peu – pour son travail, pour voir des amis – je panique. Je l’imagine me quitter, j’ai besoin de le rassurer mille fois par jour.” Lucie est intelligente, elle sait que c’est irrationnel, mais elle ne peut pas s’en empêcher.
En remontant dans son histoire, on découvre que sa mère était très instable émotionnellement. Parfois présente, parfois absente pendant des jours après une dispute. Lucie a appris très tôt que l’amour était conditionnel et imprévisible. Pour survivre, elle a développé une hypervigilance : elle guettait le moindre signe de rejet. Aujourd’hui, elle reproduit ce schéma avec son compagnon. C’est un attachement anxieux.
Le deuxième : Marc, 42 ans, est un cadre sportif que j’accompagne en préparation mentale. Il est performant, indépendant, et il dit souvent : “Je n’ai besoin de personne”. Il a eu des relations, mais il les quitte dès que ça devient trop sérieux. “Je ne supporte pas qu’on ait besoin de moi, ça m’étouffe”, confie-t-il.
Marc a grandi avec un père très exigeant et une mère qui le surprotégeait. Il a appris que montrer ses besoins était dangereux (son père le punissait) ou inutile (sa mère faisait tout à sa place). Alors il a construit une carapace : “Je me débrouille seul”. C’est un attachement évitant.
Ces deux styles – anxieux et évitant – sont les plus fréquents. Il existe aussi un style “désorganisé” (mélange des deux, souvent lié à des traumatismes), mais on y reviendra. L’important, c’est de comprendre que ces styles ne sont pas des “défauts”. Ce sont des stratégies de survie que ton cerveau a mises en place pour te protéger quand tu étais vulnérable. Elles ont marché à l’époque. Mais aujourd’hui, elles te limitent.
Voilà ce qui est fascinant et frustrant : ton cerveau cherche toujours à confirmer ce qu’il connaît. C’est le principe de la “prophétie auto-réalisatrice”. Si tu as grandi en pensant que “les gens finissent par partir”, tu vas inconsciemment choisir des partenaires instables, ou tu vas agir de manière à les faire fuir (par jalousie, froideur, etc.). Et quand ils partent, tu te dis : “Tu vois, j’avais raison.”
C’est un cercle vicieux.
Dans mon travail avec les sportifs, je vois souvent ce mécanisme : un coureur qui a peur de l’échec va saboter son entraînement la veille d’une compétition, puis confirmer qu’il “n’est pas fait pour ça”. C’est la même logique.
Dans les relations, ça se manifeste par des patterns que tu connais peut-être :
Ces schémas ne sont pas “ta faute”. Ils sont le résultat de ton histoire. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’ils ne sont pas une fatalité.
Si tu veux sortir de ce cercle, la première étape est de reconnaître quel style d’attachement domine chez toi. Attention : on n’est pas “un style” de manière rigide. Tu peux être anxieux dans une relation et plus sécurisé dans une autre. Mais il y a souvent une tendance générale.
Voici quelques indicateurs :
Si tu es plutôt anxieux :
Si tu es plutôt évitant :
Si tu es plutôt sécurisé :
Bien sûr, il y a des nuances. Beaucoup de personnes anxieuses finissent en couple avec des personnes évitantes, et ça crée une dynamique infernale : plus l’un se rapproche, plus l’autre s’éloigne, et plus l’un s’éloigne, plus l’autre panique. C’est ce qu’on appelle la “danse de l’attachement”.
Blockquote : “Quand l’un tire, l’autre pousse. Mais au fond, les deux ont peur de tomber. Le problème, c’est qu’ils ne le savent pas.”
Tu te demandes peut-être : “Ok, je reconnais mon schéma. Mais comment je fais pour en sortir ?”
C’est là que les approches que j’utilise – l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle – entrent en jeu.
L’IFS, ou “système familial intérieur”, part du principe que tu n’es pas un bloc homogène. Tu es composé de plusieurs “parts” en toi. Par exemple, tu as une part qui veut s’attacher, une part qui a peur de l’abandon, une part qui se protège en restant froide, etc. Ces parts ne sont pas des ennemis. Elles sont des stratégies de survie qui tentent de te protéger, souvent de manière maladroite.
Dans mon cabinet, quand quelqu’un vient avec un schéma anxieux, on ne cherche pas à “supprimer” cette part anxieuse. On l’écoute. On lui demande : “Qu’est-ce que tu crains si tu arrêtes de t’inquiéter ?” Souvent, la réponse est : “Je vais être abandonné”. Et en remontant plus loin, on découvre un petit enfant qui a vraiment vécu un abandon. Cette part a besoin d’être rassurée, pas combattue.
L’Intelligence Relationnelle, c’est l’art de comprendre les dynamiques entre toi et l’autre. Elle t’apprend à repérer quand tu es dans un “pattern” (une répétition automatique) et à faire un pas de côté. Concrètement, ça peut être :
Ce n’est pas magique. Ça demande de l’entraînement. Mais ça permet de passer de “subir” tes relations à “choisir” comment tu veux être en relation.
La réponse courte : oui. Mais pas en un claquement de doigts.
Le style d’attachement est un modèle profond, mais il n’est pas figé. Ce n’est pas un diagnostic à vie. Tu peux le faire évoluer, notamment grâce à :
Dans mon travail avec les sportifs, je vois exactement ce même principe : un coureur qui a peur de l’échec ne va pas changer du jour au lendemain. Mais en travaillant sur sa “part” qui a peur, en la rassurant, et en mettant en place des routines mentales, il finit par courir plus librement.
Pour les relations, c’est pareil. Tu ne vas pas devenir “sécurisé” en une semaine. Mais tu peux commencer à faire de petits choix différents. Par exemple : la prochaine fois que tu sens la panique monter dans ton couple, au lieu d’envoyer 10 messages ou de te fermer, tu prends 5 minutes pour respirer, et tu dis : “J’ai besoin qu’on en parle, mais pas maintenant.”
Si tu arrives jusqu’ici, c’est que tu es prêt à faire quelque chose. Pas juste comprendre, mais agir. Voici trois pistes concrètes que tu peux mettre en place dès maintenant.
1. Tiens un “journal des relations” pendant une semaine.
Pas pour écrire des pages et des pages. Juste chaque soir, note une interaction relationnelle qui t’a marqué (avec ton conjoint, un ami, un collègue). Demande-toi :
Tu vas très vite repérer un pattern.
2. Pratique l’auto-réassurance.
Quand tu sens l’angoisse monter dans une relation (par exemple : ton partenaire ne répond pas, ou tu as l’impression qu’il s’éloigne), au lieu de chercher une réassurance extérieure, essaie de te dire : “Je suis en sécurité maintenant. Je peux gérer cette émotion. Ce n’est pas une urgence.” C’est un peu artificiel au début, mais ça reprogramme ton système nerveux.
3. Ose dire “J’ai besoin de…” sans t’excuser.
Si tu es plutôt évitant, tu peux commencer par de petites choses. Par exemple, dire à ton conjoint : “J’ai besoin de 30 minutes seul après le travail pour décompresser”. Si tu es anxieux, tu peux dire : “J’ai besoin d’un message quand tu arrives à destination, ça me rassure”. Ces phrases ne sont pas des faiblesses. Ce sont des signes de maturité relationnelle.
Ton enfance n’est pas une prison. C’est un point de départ. Les schémas que tu as construits pour survivre ont peut-être été utiles, mais ils ne te servent plus aujourd’hui. Tu n’es pas obligé de les répéter indéfiniment.
Le travail sur l’attachement, c’est un peu comme apprendre à conduire sur une route que tu croyais unique. Tu découvres qu’il y a d’autres chemins, d’autres façons d’être en relation, avec toi-même et avec les autres.
Si tu sens que ces schémas te pèsent, si tu veux comprendre comment ils se manifestent dans ta vie quotidienne, je suis là pour t’accompagner. Que ce soit en hypnose, en IFS ou en préparation mentale, l’objectif est toujours le même : que tu puisses choisir, plutôt que de subir.
Tu n’as pas à traverser ça seul. Un simple message ou un appel peut être le premier pas vers une relation plus apaisée – avec les autres, et surtout avec toi-même.
Prends soin de toi.
Thierry
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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