3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Une histoire vraie de transformation intérieure.
Je m’appelle Julien, j’ai 34 ans, et pendant longtemps j’ai cru que j’étais juste « mal tombé » en amour. Ma dernière relation s’est terminée il y a deux ans, après six mois d’une valse infernale : rapprochements intenses, puis distanciations glaciales, disputes pour un rien, silences de plusieurs jours. Quand elle a fini par partir, je me suis juré que je ne recommencerais pas. Sauf que le problème, ce n’était pas mes partenaires. C’était moi. J’ai mis du temps à comprendre que je ne savais pas aimer sans fuir. Que dès que quelqu’un s’approchait trop, un truc se déclenchait en moi, une alarme intérieure qui me hurlait de prendre la fuite ou de tout saboter. L’hypnose ne m’a pas transformé en autre personne. Elle m’a simplement permis de voir ce qui se cachait derrière cette alarme. Et aujourd’hui, pour la première fois, j’aime sans avoir un pied dehors.
Je ne me levais pas un matin en me disant : « Tiens, aujourd’hui je vais fuir la personne que j’aime. » Ça ne marchait pas comme ça. C’était plus sournois. Je pouvais passer une semaine merveilleuse avec quelqu’un, à rire, à partager, à me sentir vivant. Et puis, sans raison apparente, je commençais à remarquer des « défauts » chez l’autre. Un rire qui m’agaçait soudainement. Une habitude que je ne supportais plus. Ou pire : une petite voix dans ma tête qui me disait : « Elle va finir par te quitter de toute façon, autant anticiper. »
Je devenais alors distant, critique, parfois froid. Je répondais par monosyllabes, je trouvais des excuses pour ne pas la voir, je me plongeais dans le travail ou le sport pour ne pas penser à elle. Et quand elle me faisait remarquer que quelque chose n’allait pas, je me défendais. Je disais que j’avais besoin d’espace, que j’étouffais. C’était vrai, sur le moment. Ce que je ne disais pas, c’est que j’étouffais parce que l’amour que je ressentais me faisait peur.
« L’amour ne me faisait pas du bien. Il me faisait peur. Et la peur, je ne savais la gérer qu’en partant. »
En y repensant, c’était un mécanisme de survie. Mais un mécanisme de survie dans une situation qui ne menace pas ta vie, ça devient une prison. J’étais coincé dans un schéma : attirance, rapprochement, peur, fuite, culpabilité, solitude. Et puis un nouveau cycle recommençait, avec l’espoir que cette fois ce serait différent. Ça ne l’a jamais été, jusqu’à ce que je comprenne d’où venait cette peur.
Quand j’ai poussé la porte du cabinet de Thierry, je ne savais même pas ce qu’était la théorie de l’attachement. Je pensais juste que j’étais un cas compliqué, un mec qui avait du mal à s’engager. J’avais même envisagé que je n’étais pas fait pour les relations longues. Mais lors de la première séance, Thierry m’a posé une question simple : « Quand tu étais petit, comment faisais-tu pour obtenir l’attention ou la réconfort de tes parents ? »
J’ai d’abord ri. Je ne voyais pas le rapport. Mais en creusant, des souvenirs sont remontés. Mes parents n’étaient pas maltraitants, loin de là. Mais ils étaient distants, absorbés par leur travail, leurs soucis. Quand j’étais triste ou que j’avais besoin d’un câlin, ma mère me disait souvent : « Arrête de pleurer, sois fort, un grand garçon ça ne fait pas d’histoires. » Mon père, lui, était imprévisible : parfois présent et joueur, parfois absent et irritable. Je ne savais jamais sur quel pied danser avec lui.
Thierry m’a expliqué que j’avais développé ce qu’on appelle un attachement évitant. En gros, parce que mes besoins émotionnels n’avaient pas été systématiquement répondu dans l’enfance, j’avais appris tout seul à me débrouiller, à ne pas montrer mes besoins, à compter sur moi-même. Le problème, c’est que ce système de survie, qui m’avait protégé enfant, devenait toxique à l’âge adulte. Dans une relation amoureuse, dès que l’autre commençait à compter pour moi, mon cerveau interprétait ce lien comme une menace. Il activait les mêmes circuits que face à un danger : fuite ou attaque. Comme je n’étais pas agressif de nature, je fuyais.
Cette prise de conscience a été un choc. Je ne fuyais pas parce que mes partenaires étaient « trop » ou « pas assez ». Je fuyais parce que mon système nerveux avait été programmé pour considérer l’intimité comme risquée. La bonne nouvelle, c’est que ce programme n’est pas une fatalité. Il peut se réécrire. Et c’est là que l’hypnose est entrée en jeu.
Quand Thierry m’a parlé d’hypnose pour travailler sur l’attachement, j’étais sceptique. Je voyais ça comme un spectacle de foire, avec des montres et des gens qui se réveillent en caquetant. Il m’a rassuré : l’hypnose ericksonienne, c’est tout l’inverse. C’est un état de conscience modifié, très naturel, dans lequel on est plus réceptif aux suggestions, plus connecté à son inconscient. Pas de perte de contrôle, pas d’amnésie. Juste un accès plus direct aux parties de soi qui ont besoin d’être entendues.
Nous avons travaillé en plusieurs étapes. D’abord, apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs de la fuite. Dans ma vie quotidienne, cela se manifestait par une sensation d’oppression dans la poitrine, une envie subite de m’isoler, une irritabilité grandissante. En hypnose, Thierry m’a appris à accueillir ces sensations sans les juger, à les observer comme des nuages qui passent. Pas pour les faire disparaître, mais pour ne plus réagir automatiquement.
Ensuite, nous sommes allés plus profondément. En état d’hypnose, il m’a guidé vers une scène de mon enfance où je m’étais senti rejeté ou ignoré. Je n’ai pas revécu la scène en détail, c’était trop brutal. J’ai plutôt « vu » la situation de loin, avec une distance de sécurité. Et là, Thierry m’a invité à parler à ce petit garçon que j’étais, à lui dire que ce n’était pas sa faute, que ses besoins étaient légitimes, qu’il avait le droit de demander du réconfort. Ça peut sembler cucul, mais sur le moment, j’ai senti une vague d’émotion monter, une tristesse ancienne se libérer. Ce n’était pas magique. C’était juste vrai.
« La peur de l’abandon et la peur de l’intimité sont souvent les deux faces d’une même médaille : celle d’un attachement insécure. »
Une autre séance a été décisive. Thierry m’a fait visualiser une relation amoureuse sécurisante. Pas une relation parfaite, mais une relation où je me sentais suffisamment en confiance pour rester, même quand l’autre avait ses propres besoins. Dans mon imagination, j’ai « ressenti » ce que ça faisait d’être aimé sans avoir à fuir. Mon corps s’est détendu, ma respiration s’est ralentie. C’était comme si mon système nerveux enregistrait une nouvelle donnée : « L’intimité peut être safe. » J’ai répété cet exercice plusieurs fois, chez moi, en auto-hypnose. Petit à petit, la peur a perdu de son intensité.
Le premier déclic est venu trois semaines après le début du travail. Je sortais avec une femme que je fréquentais depuis deux mois. Tout se passait bien, trop bien. Et un soir, en rentrant chez moi, j’ai senti le fameux nœud dans la poitrine, l’envie de prendre mes distances. L’ancien Julien aurait envoyé un message vague du genre : « J’ai besoin de temps pour moi, je te rappelle. » Et il aurait disparu trois jours. Là, j’ai fait une pause. Je me suis assis dans mon canapé, j’ai fermé les yeux, et j’ai respiré. Je me suis demandé : « Qu’est-ce qui est en train de se passer dans mon corps ? » J’ai identifié la peur. Je lui ai dit intérieurement : « Je te vois, je sais que tu es là pour me protéger, mais aujourd’hui je n’ai pas besoin de toi. »
Je n’ai pas appelé cette femme pour lui dire que j’allais mal. Je ne lui ai pas tout expliqué. J’ai juste choisi de rester présent. Je lui ai envoyé un message normal, sans fuir. Et le lendemain, je l’ai vue comme si de rien n’était. La peur était encore là, en fond, mais elle n’était plus aux commandes. Ce jour-là, j’ai compris que l’hypnose ne supprimait pas les émotions. Elle m’apprenait à ne plus leur obéir aveuglément.
Le deuxième déclic a été plus intérieur. J’ai commencé à reconnaître mes besoins sans honte. Avant, demander de l’attention ou de la réassurance me paraissait faible. Je pensais qu’un homme devait être autonome, ne pas montrer ses failles. Avec l’hypnose, j’ai revisité des souvenirs où j’avais été puni pour avoir exprimé un besoin. J’ai pu dissocier la leçon de survie (« ne montre pas tes faiblesses ») de la réalité adulte (« exprimer un besoin est sain »). J’ai appris à dire, simplement : « J’ai besoin de savoir que tu es là pour moi. » Pas en mode reproche, pas en mode supplication. Juste comme une information. Et devine quoi ? La plupart du temps, l’autre était content de pouvoir me rassurer.
Le travail ne s’arrête pas quand on sort du cabinet. J’ai gardé quelques pratiques que je fais régulièrement, surtout dans les moments de doute ou de tension.
La respiration 4-7-8 : Quand je sens mon système nerveux s’emballer (cœur qui s’accélère, envie de fuir), j’inspire par le nez pendant 4 secondes, je bloque ma respiration pendant 7 secondes, j’expire par la bouche pendant 8 secondes. Je répète trois fois. Ça active le système parasympathique, celui qui calme. C’est bête, mais ça marche.
L’auto-hypnose du soir : Je m’installe dans un endroit calme, je ferme les yeux, je visualise un lieu sûr (un phare sur une falaise, pour moi). Je laisse mon corps se détendre, et je me répète des phrases comme : « Je suis en sécurité dans cette relation. Je peux rester présent. Mes besoins sont légitimes. » Parfois, je repense à une situation où j’ai fui, et je la « rejoue » mentalement avec une issue différente : je reste, je communique, je me sens bien.
Le journal des signaux : Chaque semaine, je note les moments où j’ai eu envie de fuir ou de saboter. Je note ce qui s’est passé juste avant (un conflit, un moment d’intimité, un silence). Avec le temps, j’ai repéré des déclencheurs récurrents. Par exemple, quand ma partenaire est fatiguée et moins disponible, mon vieux schéma s’active : je me sens rejeté, je veux partir avant qu’elle ne le fasse. Maintenant, au lieu de partir, je lui dis : « Je sens que tu es fatiguée, ça me fait un peu peur, mais je suis là. » Elle ne le prend pas mal. Elle me dit souvent : « Merci de me le dire. »
Ces outils ne sont pas des solutions miracles. Ce sont des béquilles pour les moments où le vieux programme tente de reprendre le dessus. Plus je les utilise, moins j’en ai besoin. C’est comme un muscle qui se renforce.
Je veux être honnête : l’hypnose ne m’a pas transformé en un amoureux parfait. Je ne suis pas devenu un bisounours qui ne ressent jamais de doute. J’ai encore des moments où l’angoisse monte, où j’ai envie de claquer la porte. La différence, c’est que maintenant je ne confonds plus cette angoisse avec la réalité. Je me dis : « OK, Julien, tu as peur. C’est normal. Ça va passer. Reste. »
L’hypnose ne m’a pas non plus évité de faire des erreurs. J’ai encore des disputes, des malentendus, des moments où je dis des choses que je regrette. Mais je ne les utilise plus comme des excuses pour fuir. Je les prends comme des occasions d’apprendre, de réparer, de me rapprocher. Avant, une dispute signifiait pour moi que la relation était foutue. Maintenant, je sais que c’est juste un moment difficile, pas la fin du monde.
Et puis, il y a une chose que l’hypnose m’a appris, que je n’avais pas anticipée : l’importance de l’autre. Avant, je pensais que l’amour était une affaire individuelle, que je devais être parfait tout seul. Maintenant, je sais que la sécurité affective se co-construit. Je ne peux pas tout contrôler. L’autre aussi a son histoire, ses peurs, ses fragilités. L’hypnose m’a aidé à être plus tolérant, plus patient, plus curieux de l’autre. Parce que quand on arrête de fuir, on commence vraiment à rencontrer l’autre.
« Guérir son attachement, ce n’est pas devenir parfait. C’est devenir capable de rester présent, même quand c’est inconfortable. »
Aujourd’hui, je suis en couple depuis un an et demi. Ce n’est pas un conte de fées. On a des hauts et des bas. Mais pour la première fois, je ne passe pas mon temps à regarder la sortie de secours. Je suis là, les deux pieds dedans, avec mes peurs, mes doutes, mais aussi avec une joie que je n’avais jamais connue. Quand je la regarde dormir le matin, je ne me dis plus : « Ça ne durera pas. » Je me dis : « Je suis content d’être là, aujourd’hui. » Et ça, c’est une victoire immense.
Si vous lisez ce témoignage et que vous vous dites : « C’est moi, ça. Je fuis tout le temps, je sabote mes relations, je ne sais pas aimer sans avoir peur », sachez que vous n’êtes pas seul. Et surtout, sachez que ce n’est pas une fatalité. Vous n’êtes pas « mal programmé » pour toujours. Votre cerveau a appris un schéma de survie dans l’enfance, mais il peut en apprendre un nouveau à l’âge adulte.
L’hypnose n’est pas une baguette magique. C’est un outil, comme un levier qui vous aide à débloquer une porte que vous pensiez condamnée. Mais le travail, c’est vous qui le faites. C’est accepter de regarder en face des parties de vous que vous avez cachées. C’est apprendre à vous parler avec douceur, à vous donner le droit d’avoir besoin des autres, à faire confiance à quelqu’un sans avoir un plan de fuite.
Si vous avez envie d’explorer cette voie, je vous encourage à prendre contact avec un praticien formé à l’hypnose ericksonienne et sensible à la théorie de l’attachement. Vous n’avez pas à traverser cela seul. Parfois, il suffit d’une main tendue, d’un espace sécurisé pour commencer à dénouer ce qui s’est noué depuis si longtemps.
Et si vous êtes simplement curieux, commencez par une petite chose : ce soir, avant de vous end
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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