3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un parcours intime avec l’IFS et la théorie de Bowlby.
Je m’appelle Julien, j’ai 42 ans, et pendant presque toute ma vie d’adulte, j’ai cru que j’étais « trop sensible », « trop dépendant », « trop anxieux ». Dans mes relations, je passais mon temps à analyser les silences, à interpréter les regards, à anticiper les abandons. Une dispute avec ma compagne, et c’était la fin du monde. Un message qui tarde, et je me sentais rejeté. Un collègue un peu froid, et je passais la journée à ruminer. Je vivais dans une vigilance permanente. Et je pensais que c’était ma personnalité, que je devais juste « m’endurcir » ou « apprendre à m’en foutre ».
Sauf que ça ne marchait pas. Plus j’essayais de ne pas être anxieux, plus je l’étais. Jusqu’au jour où j’ai découvert l’IFS (Internal Family Systems) et la théorie de l’attachement de Bowlby. Ça a changé ma vie en trois mois. Pas une guérison magique, pas une formule miracle. Mais un travail patient, concret, qui m’a permis de comprendre pourquoi je réagissais comme ça, et comment arrêter de tourner en rond.
Je partage mon témoignage ici parce que je sais que vous êtes nombreux à vivre la même chose. Ce sentiment d’être piégé à l’intérieur de vous-même, de vouloir vous rapprocher des autres tout en ayant peur qu’ils vous fassent du mal. Si ça vous parle, continuez à lire. Je vais vous raconter comment j’ai fait.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut que je vous parle de ce déclic. Pendant des années, je voyais mon anxiété relationnelle comme un ennemi. Un truc qui m’empêchait d’être normal, qui me rendait needy, qui faisait fuir les gens. Je me disais : « Pourquoi tu es comme ça ? Pourquoi tu ne peux pas être détendu comme les autres ? »
Et puis un jour, en séance avec Thierry, il m’a posé une question qui m’a retourné : « Et si cette anxiété était une partie de toi qui essaie de te protéger ? » J’ai d’abord ri intérieurement. Protéger ? Mais elle me détruit, cette anxiété ! Sauf que Thierry m’a fait faire un petit exercice. Il m’a demandé de fermer les yeux et de placer mon attention sur la sensation d’anxiété dans mon corps. Une boule au creux du ventre, une tension dans la mâchoire. Puis il m’a dit : « Demande-lui ce qu’elle craint qu’il arrive si elle se calmait. » La réponse est venue immédiatement, presque sans que je la contrôle : « Si je me calme, je vais être abandonné. »
C’était un choc. Mon anxiété n’était pas une erreur de fabrication. C’était un système d’alarme hypersensible, installé depuis l’enfance, qui avait pour mission de m’empêcher de vivre la pire des choses : être rejeté, laissé seul. Et comme elle faisait bien son boulot, elle ne me lâchait jamais. Plus je la combattais, plus elle s’activait, parce qu’elle interprétait ma résistance comme un danger supplémentaire.
« L’anxiété relationnelle n’est pas un ennemi à abattre. C’est une sentinelle qui a appris à crier trop fort. Le problème n’est pas son existence, mais le fait qu’elle soit restée coincée dans un mode d’alerte permanent. »
Ce premier pas – arrêter de me battre contre mon anxiété et commencer à l’écouter – a tout changé. J’ai compris que je n’étais pas « anxieux » dans mon essence. J’avais simplement une partie de moi qui était en état d’alerte, et qui avait besoin qu’on la rassure, pas qu’on la réprime.
Quand Thierry m’a parlé de Bowlby et de la théorie de l’attachement, j’ai d’abord eu une réaction sceptique. « Encore une étiquette. Je vais me faire coller un style d’attachement, et après ? » Mais en réalité, ça a été une clé de compréhension immense.
Bowlby, c’est ce psychiatre qui a observé que les humains, comme les autres mammifères, ont un besoin inné de créer des liens d’attachement sécurisants. Quand on est bébé, on a besoin de savoir que notre figure d’attachement (souvent la mère) est disponible, réactive, stable. Si elle l’est, on développe un attachement « sécure ». On explore le monde en sachant qu’on a une base de sécurité où revenir. Si elle ne l’est pas – absente, imprévisible, rejetante – on développe des stratégies pour s’adapter. C’est ça, l’attachement « insécure ».
Il existe principalement deux formes d’insécurité : l’attachement anxieux (peur de l’abandon, besoin de réassurance constante, hypervigilance) et l’attachement évitant (distance émotionnelle, peur de l’intimité, autonomie forcée). Moi, j’étais clairement dans le premier cas. Et comprendre ça a été libérateur. Je n’étais pas « anormal ». J’avais simplement appris, enfant, que l’amour était conditionnel, que la présence de l’autre n’était jamais garantie. Ma mère était aimante mais débordée, souvent absente émotionnellement, parfois imprévisible. Alors mon cerveau s’était adapté : il avait développé une hypervigilance pour détecter le moindre signe de rejet, pour essayer de contrôler l’incontrôlable.
Concrètement, ça se traduisait dans ma vie d’adulte par des comportements automatiques. Quand ma compagne était fatiguée et moins présente, je ne me disais pas « elle est fatiguée ». Je me disais « elle s’éloigne, elle va me quitter ». Et mon anxiété montait en flèche. Je devenais collant, demandeur, parfois accusateur. Et plus je faisais ça, plus elle s’éloignait. Un cercle vicieux parfait.
La théorie de Bowlby m’a donné une carte. Elle m’a dit : « Voilà d’où tu viens, voilà le pattern que tu reproduis. » Mais elle ne m’a pas donné la solution. C’est là que l’IFS est entrée en jeu.
L’IFS, ou Internal Family Systems, a été développé par Richard Schwartz. L’idée de base est simple : notre psyché n’est pas monolithique. Elle est composée de différentes « parties », comme une famille intérieure. Il y a des parties protectrices (qui gèrent le quotidien, qui nous poussent à être parfaits, qui nous rendent anxieux pour nous protéger), et des parties exilées (des parties plus vulnérables, souvent blessées dans l’enfance, qu’on a appris à cacher). Et au centre de tout ça, il y a un Self, notre essence originelle, qui est calme, curieuse, confiante, compatissante.
Mon anxiété relationnelle, c’était une partie protectrice. Thierry m’a appris à ne pas l’identifier, mais à dialoguer avec elle. Concrètement, ça se passait comme ça. Je ressentais une montée d’anxiété. Au lieu de paniquer ou de me juger, je fermais les yeux et je me disais : « Je sens une partie de moi qui est très inquiète. Est-ce que je peux aller vers elle avec curiosité ? » Et je lui posais des questions : « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive ? Quel âge as-tu ? Que veux-tu que je sache ? »
Les réponses étaient toujours surprenantes. La plupart du temps, ma partie anxieuse me disait : « J’ai peur que tu sois rejeté, comme quand papa est parti. » Ou : « Je veux que tu sois parfait pour qu’on ne te critique pas. » Ou encore : « Si tu n’es pas en alerte, tu vas être vulnérable et on va te faire du mal. » C’était une enfant, cette partie. Une enfant qui avait pris un rôle de protectrice parce que personne ne l’avait rassurée à l’époque.
L’IFS m’a appris à remercier cette partie pour son travail, puis à lui montrer que maintenant, j’étais adulte, que je pouvais gérer. Je ne dis pas que c’était facile. Au début, ma partie anxieuse ne me croyait pas. Elle disait : « Tu vas m’oublier, tu vas me laisser tomber. » Alors je devais lui prouver, par des actes, que je prenais soin d’elle. Je lui consacrais du temps chaque jour. Je méditais avec elle. Je lui disais : « Je suis là, je t’écoute. Tu peux baisser la garde. »
« Le paradoxe de l’IFS, c’est que plus on écoute ses parties anxieuses, moins elles ont besoin de crier. La guérison ne passe pas par le silence des symptômes, mais par la présence consciente à ce qui les anime. »
Je vais être honnête : les trois premiers mois, je n’ai pas vu de résultats immédiats. Il y a même eu des moments de découragement, où je me disais que ça ne marchait pas, que j’étais trop abîmé. Mais j’ai tenu bon, parce que Thierry m’avait prévenu : la guérison n’est pas linéaire. Ce qui a fait la différence, ce sont trois pratiques que j’ai intégrées à mon quotidien, et qui, mises bout à bout, ont littéralement changé la chimie de mon cerveau.
1. La pause du matin avant de consulter mon téléphone
Pendant des années, mon premier geste le matin était de prendre mon téléphone pour voir si ma compagne m’avait écrit. Et si elle n’avait pas écrit, mon anxiété démarrait immédiatement. J’ai inversé ça. Chaque matin, avant de toucher à mon téléphone, je passais cinq minutes en silence, la main sur le cœur, à respirer. Je me disais : « Je suis là, en vie, en sécurité. Rien de ce qui va arriver aujourd’hui ne me menace fondamentalement. » C’est con, mais ça a créé un ancrage. Mon système nerveux apprenait qu’il pouvait être calme avant même d’avoir eu des nouvelles de l’autre.
2. L’auto-réassurance en pleine crise
Quand l’anxiété montait – un message sans réponse, un ton un peu sec – j’avais l’habitude de me jeter sur mon téléphone pour demander des comptes, ou de ruminer pendant des heures. J’ai remplacé ça par un dialogue intérieur. Je me disais : « Je sens une partie de moi qui a peur. Je la remercie de me protéger. Maintenant, je vais respirer et me rappeler que je suis un adulte capable de gérer l’incertitude. Je n’ai pas besoin de tout savoir tout de suite. » Parfois, je devais le répéter vingt fois dans la même journée. Mais à force, la boucle s’est affaiblie.
3. La reconnexion à mes besoins non satisfaits
L’anxiété relationnelle, j’ai compris, cache souvent un besoin non comblé. Besoin de sécurité, de reconnaissance, d’être vu. Mais on attend que l’autre le comble. Et c’est ça qui crée la dépendance. J’ai appris à me demander : « Qu’est-ce que cette partie de moi attend de l’autre ? » Et ensuite : « Comment puis-je me donner ça à moi-même, au moins en partie ? » Parfois, c’était juste besoin d’être rassuré. Alors je me parlais doucement. Parfois, c’était besoin de sentir que j’avais de la valeur. Alors je faisais quelque chose que j’aimais, seul. Ça n’a pas remplacé l’amour des autres, mais ça a réduit l’urgence.
Au bout de trois mois, quelque chose a basculé. Ma compagne m’a dit un jour : « Tu es différent. Tu es plus présent, moins dans l’attente. Je me sens moins sous pression. » Et c’était vrai. Je n’avais plus besoin qu’elle me rassure constamment. Je pouvais être avec elle sans chercher à combler un vide. L’anxiété n’avait pas disparu, mais elle avait perdu son pouvoir. Elle était devenue une visiteuse, pas une occupante.
Le plus beau dans tout ça, ce n’est pas seulement la disparition des crises d’angoisse. C’est la transformation profonde de ma manière d’être en relation. Avant, j’étais dans une posture d’attente. J’attendais que l’autre me donne la sécurité, la validation, l’amour. C’était épuisant pour moi, et étouffant pour l’autre. Maintenant, je suis capable de me connecter à ma propre sécurité intérieure. Je sais que je peux survivre à un désaccord, à un silence, à une distance temporaire. Je sais que l’amour n’est pas une ligne continue, mais une danse faite de rapprochements et d’éloignements.
Au travail, ça a aussi changé. J’étais quelqu’un qui avait constamment besoin d’être apprécié, de plaire, de ne pas décevoir. Je passais des heures à analyser les emails de mon chef, à interpréter le moindre silence. Maintenant, je suis capable de dire non, de poser des limites, de supporter le conflit sans m’effondrer. Je ne suis plus en fusion avec l’autre. Je suis moi, et l’autre est l’autre.
Bien sûr, tout n’est pas parfait. Il m’arrive encore de retomber dans de vieux schémas. La différence, c’est que je les repère beaucoup plus vite. Avant, je pouvais passer une semaine entière dans l’anxiété sans comprendre pourquoi. Maintenant, au bout de quelques minutes, je sens la partie qui s’active, et je peux lui dire : « Je te vois, je t’écoute, mais on ne va pas refaire le même film. » C’est ça, la guérison : pas l’absence de souffrance, mais la capacité à la traverser sans se perdre.
Si mon témoignage vous parle et que vous avez envie de vous lancer, je voudrais vous éviter les erreurs que j’ai faites. La première, c’est de vouloir guérir tout seul. L’IFS, c’est puissant, mais c’est mieux accompagné. Sans un thérapeute qui sait tenir l’espace, on peut se perdre dans ses parties, ou les utiliser pour se juger encore plus. Thierry a été un guide précieux, pas parce qu’il avait des solutions, mais parce qu’il savait poser les bonnes questions au bon moment.
La deuxième erreur, c’est de vouloir des résultats rapides. La guérison ne se fait pas en ligne droite. Il y a des jours où on a l’impression d’avoir tout compris, et des jours où on retombe dans les mêmes angoisses. C’est normal. Le cerveau met du temps à se reprogrammer. La clé, c’est la persévérance, pas la perfection.
La troisième, c’est de croire que l’anxiété va disparaître complètement. Elle ne disparaît pas. Elle se transforme. Elle devient moins intense, moins fréquente, moins envahissante. Parfois, elle réapparaît dans des situations nouvelles. Mais on apprend à l’accueillir sans s’identifier à elle. On devient le ciel, pas le nuage.
« Guérir de l’anxiété relationnelle, ce n’est pas devenir invulnérable. C’est apprendre à être vulnérable sans s’effondrer. C’est accepter que la sécurité ne vient pas de l’autre, mais de la relation qu’on entretient avec soi-même. »
Aujourd’hui, en écrivant ce témoignage, je mesure le chemin parcouru. Il y a un an, je n’aurais jamais imaginé pouvoir être en paix avec moi
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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