3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Des protocoles simples à faire chez vous dès aujourd’hui
Vous marchez dans la rue et soudain, une question vous traverse : « Mais qu’est-ce que je fais de ma vie, au juste ? » Pas une question sur votre to-do list ou votre prochain rendez-vous, non. Une question plus profonde, plus sourde, qui vous prend à la gorge. Vous avez l’impression d’avoir perdu le fil de vous-même. Comme si la personne que vous étiez à 20 ans, ou même il y a cinq ans, s’était évaporée dans les méandres des obligations, des rôles à jouer, des attentes des autres. Vous n’êtes pas seul. Beaucoup de ceux qui franchissent la porte de mon cabinet à Saintes décrivent cette sensation : « Je ne sais plus qui je suis. » Ce n’est pas un caprice, c’est un signal. Un signal que votre identité, cette boussole intérieure, a besoin d’être recalibrée. Alors, concrètement, par où commencer ? Voici trois exercices que vous pouvez faire chez vous dès aujourd’hui, sans matériel, juste avec votre attention.
Avant de plonger dans les exercices, il faut comprendre le mécanisme. Perdre son identité, ce n’est pas un événement soudain. C’est un processus silencieux, qui s’installe comme une routine. Vous avez probablement commencé par vous adapter : au travail, en couple, en famille. Vous avez mis un costume social, puis un autre, puis un troisième. Et à force d’enfiler ces costumes, vous avez oublié ce qu’il y avait en dessous. Je reçois des adultes épuisés, souvent en milieu de vie, qui me disent : « Je fais tout bien, mais je ne ressens plus rien. » Ce n’est pas une dépression au sens clinique du terme, mais une forme d’anesthésie identitaire. Vous avez peut-être sacrifié des parties de vous pour être accepté, pour éviter les conflits, pour tenir le coup. Le problème, c’est que ces parties ne disparaissent pas. Elles restent là, dans l’ombre, et un jour elles frappent à la porte. L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) m’ont appris une chose essentielle : votre identité n’est pas un bloc monolithique. C’est une symphonie de parties, certaines bruyantes, d’autres silencieuses, qui tentent de vous protéger ou de vous faire avancer. Les exercices qui suivent visent à réactiver le dialogue avec ces parties, sans violence, avec douceur.
Cet exercice est un classique de l’Intelligence Relationnelle, mais je l’ai adapté pour le rendre accessible en solo. Prenez une feuille et un stylo. Pas d’écran, c’est important. Le geste d’écrire engage votre cerveau différemment. Dessinez un cercle au centre de la feuille, avec votre prénom à l’intérieur. Autour, tracez d’autres cercles, comme des satellites. Chaque satellite représente un rôle que vous jouez dans votre vie : parent, conjoint, employé, ami, enfant, bénévole, sportif, etc. Soyez exhaustif. N’oubliez pas les rôles que vous ne voyez plus : la personne qui gère les crises familiales, celle qui fait toujours rire les autres, celle qui range la maison à 23h. Une fois que vous avez listé tous ces rôles, prenez un moment pour les regarder. Puis, à côté de chaque satellite, notez deux choses : l’énergie que ce rôle vous demande (de 1 à 10, 10 étant épuisant) et le plaisir qu’il vous procure (de 1 à 10). Maintenant, observez les écarts. Un rôle qui vous coûte 9 d’énergie mais ne vous donne que 2 de plaisir est un signal d’alerte. Ne le supprimez pas tout de suite, ce n’est pas l’objectif. L’objectif, c’est de prendre conscience de ce que vous investissez. Ensuite, fermez les yeux. Respirez profondément trois fois. Visualisez chaque rôle comme une personne qui se tient devant vous. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu attends de moi ? » et « Qu’est-ce que tu me donnes en retour ? » Vous serez surpris des réponses. Une patiente, que j’appellerai Sophie, a découvert que son rôle de « médiatrice familiale » lui demandait une énergie folle, mais qu’il lui donnait un sentiment de contrôle illusoire. En prenant conscience de ce mécanisme, elle a pu choisir de réduire ce rôle, sans culpabilité. Cet exercice n’efface pas vos responsabilités, il vous redonne le choix. Et le choix, c’est le début de l’identité retrouvée.
« On ne perd pas son identité d’un coup. On la dilue dans des rôles qu’on n’a pas choisis. La première étape, c’est de les voir. Ensuite, on peut décider ce qu’on garde et ce qu’on laisse partir. »
Voici un exercice qui peut sembler étrange, mais qui est incroyablement puissant. Installez-vous dans un endroit calme, avec une feuille et un stylo. Vous allez écrire une lettre à la personne que vous étiez il y a exactement 10 ans. Pas une lettre de conseils, pas une liste de reproches. Une lettre de description. Décrivez-lui votre vie actuelle sans la juger. Dites-lui ce que vous faites, où vous vivez, avec qui, ce qui vous préoccupe. Utilisez le présent. Par exemple : « Je travaille dans un bureau, je gère une équipe, je me lève à 6h30, j’ai des enfants, je me sens parfois fatigué. » Ensuite, dans un second temps, répondez à cette lettre depuis la perspective de votre moi d’il y a 10 ans. Qu’est-ce que ce moi ressent en lisant votre vie ? Est-il surpris ? Déçu ? Fier ? Triste ? Laissez émerger les émotions sans les censurer. Ce que cet exercice révèle, c’est l’écart entre qui vous étiez et qui vous êtes devenu. Parfois, cet écart est source de tristesse. Vous avez peut-être abandonné des rêves. Parfois, il est source de soulagement : vous avez quitté des situations toxiques. Mais l’important, c’est de constater que vous avez changé. Ce n’est pas une perte, c’est une évolution. Le problème, c’est que vous n’avez pas pris le temps de faire le deuil de certaines versions de vous-même. En écrivant cette lettre, vous créez un espace pour accueillir ces versions. Vous leur dites : « Je te vois, je t’entends, et je continue. » En IFS, on appelle ça « reconnaître les parties exilées » – ces parties de vous que vous avez mises de côté parce qu’elles étaient trop douloureuses ou trop encombrantes. Un coureur que j’accompagne en préparation mentale a fait cet exercice et a découvert que son moi d’il y a 10 ans était sidéré par son manque de spontanéité. Ce constat l’a aidé à réintroduire du jeu dans son entraînement, sans perdre en performance. Faites-le chez vous, maintenant. Prenez 20 minutes. Personne ne lira cette lettre. Elle est pour vous.
Celui-ci est plus avancé, mais vous pouvez le faire seul si vous êtes à l’aise avec l’introspection. L’IFS postule que nous avons tous des « parties » qui nous protègent ou nous bloquent. Par exemple, une partie qui vous dit « tu n’y arriveras pas » ou « ne prends pas de risques ». Cette partie n’est pas votre ennemie. Elle essaie de vous protéger d’une peur ancienne. Pour cet exercice, identifiez d’abord une situation où vous vous sentez bloqué dans votre vie actuelle : un projet que vous n’osez pas lancer, une conversation que vous évitez, une décision que vous reportez. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, et respirez. Demandez à votre corps : « Où est-ce que je ressens ce blocage ? » Peut-être une tension dans la poitrine, un nœud dans le ventre, une lourdeur dans les épaules. Restez avec cette sensation sans vouloir la changer. Ensuite, posez-lui une question, intérieurement : « Quelle est ta fonction ? Que veux-tu pour moi ? » Ne forcez pas la réponse. Elle peut venir sous forme de mots, d’images ou de sensations. Souvent, la réponse est surprenante. Un patient, footballeur amateur, ressentait une peur paralysante avant chaque match. En dialoguant avec cette partie, il a découvert qu’elle voulait le protéger de la honte d’échouer devant son père. Une fois cette peur reconnue, la partie a pu se détendre. Elle n’avait plus besoin d’être aussi vigilante. Le protocole complet d’IFS est plus long, mais voici une version simplifiée en 5 étapes :
Cet exercice ne résout pas tout du premier coup. Parfois, il faut le répéter plusieurs jours. Mais il instaure un dialogue. Et ce dialogue, c’est le fondement de l’identité retrouvée. Vous n’êtes plus en guerre contre vous-même. Vous êtes en négociation, en écoute. C’est un changement de posture radical.
« La partie qui vous bloque n’est pas votre ennemie. Elle est un gardien fatigué qui a oublié de prendre congé. Votre travail n’est pas de la chasser, mais de la remercier et de lui montrer que vous pouvez marcher seul. »
J’entends souvent : « Je devrais être plus fort, plus stable. » Cette culpabilité vous enferme. Perdre son identité, ce n’est pas un échec. C’est une adaptation à un environnement qui a changé. Peut-être avez-vous traversé un deuil, une séparation, un licenciement, un départ des enfants. Peut-être avez-vous simplement accumulé des années de compromis. L’identité n’est pas un objet fixe qu’on possède. C’est une construction vivante, qui se réinvente à chaque étape. Les exercices que je vous propose ne sont pas des solutions miracles. Ils ne vont pas vous redonner une identité clé en main. Mais ils vont vous remettre en mouvement. Et le mouvement, c’est ce qui permet à la sève de circuler. En hypnose ericksonienne, on utilise souvent la métaphore du jardin. Votre identité, c’est un jardin. Si vous laissez les ronces des rôles imposés et des attentes extérieures pousser sans rien faire, le jardin disparaît. Mais si vous commencez à désherber une parcelle, même petite, la lumière arrive. Les trois exercices sont des outils de désherbage. Ils ne transforment pas le jardin en une nuit, mais ils créent un espace pour que quelque chose de nouveau puisse germer. Vous avez peut-être peur de ce que vous allez trouver en vous. C’est normal. La peur est souvent le signe que vous touchez quelque chose d’important. Ne la fuyez pas. Accueillez-la comme une partie de vous qui a besoin d’être rassurée.
La tentation, quand on commence ce travail, c’est de vouloir tout faire, tout de suite. Résistez. Un seul exercice par semaine suffit. Le piège, c’est de transformer la quête d’identité en une nouvelle performance. « Je dois retrouver qui je suis avant la fin du mois. » Non. Ce n’est pas un projet avec un deadline. C’est un processus. Voici comment procéder concrètement :
Si un exercice vous semble trop difficile, ne forcez pas. Revenez-y plus tard. Parfois, le simple fait de savoir qu’il existe amorce un changement. J’ai vu des personnes qui, après avoir fait la cartographie, ont spontanément changé leur manière de répondre au téléphone. Sans effort conscient. Le cerveau a intégré l’information et a commencé à réorganiser les priorités. C’est le propre de l’hypnose et des approches comme l’IFS : elles agissent à un niveau plus profond que la volonté. Vous n’avez pas à vous battre. Vous avez à vous écouter.
Je veux être honnête avec vous. Ces exercices ne remplacent pas un accompagnement thérapeutique si vous traversez une dépression sévère, un traumatisme complexe ou des idées suicidaires. Si vous êtes dans cette situation, consultez un professionnel. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une intelligence de prendre le bon outil. Ces exercices sont conçus pour des personnes qui ressentent une perte de repères, une fatigue identitaire, mais qui tiennent le quotidien. Ils vous aident à remettre un pied devant l’autre, pas à guérir des blessures profondes qui nécessitent un cadre sécurisé. Par ailleurs, ne vous attendez pas à des révélations spectaculaires à chaque fois. Parfois, l’exercice ne produit qu’un léger décalage, un soupir de soulagement. C’est déjà beaucoup. Le changement durable est fait de micro-ajustements, pas de grands soirs. En préparation mentale sportive, je vois souvent des athlètes qui veulent un déclic immédiat. La réalité, c’est que les vrais progrès viennent de la répétition de gestes simples, presque ennuyeux. C’est pareil pour l’identité.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que quelque chose en vous cherche à se reconnecter. Peut-être une petite voix, ténue, qui dit : « Il est temps. » Ne l’ignorez pas. Les trois exercices que je vous ai donnés sont des clés. Mais une clé ne sert à rien si elle reste dans la serrure sans être tournée. Alors, prenez une décision maintenant. Pas dans une heure, pas demain. Maintenant. Choisissez l’un des trois exercices – celui qui vous parle le plus – et engagez-vous à le faire dans les prochaines 24 heures. Notez-le sur votre téléphone, sur un post-it, dans votre agenda. Faites-le pour vous, sans attente de résultat. Juste pour le geste.
Et si vous sentez que vous avez besoin d’un cadre pour aller plus loin, sachez que je reçois à Saintes depuis 2014. Que ce soit en consultation individuelle pour explorer ces questions en profondeur avec l’hypnose ericksonienne ou l’IFS, ou en préparation mentale si vous cherchez à aligner votre identité avec votre performance sportive, je suis là. Pas pour vous dire qui vous devez être, mais pour vous accompagner dans la découverte de ce que vous êtes déjà. Parfois, il suffit d’un regard extérieur pour que les pièces du puzzle s’assemblent. Si vous êtes prêt, contactez-moi. On trouvera un chemin, ensemble. En attendant, commencez par un exercice. Le premier pas est souvent le plus difficile, mais c’est aussi celui qui change tout.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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