3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Des exercices rapides à faire chez vous dès ce soir.
Vous avez passé la journée à encaisser. Les mails qui s’empilent, les sollicitations des enfants, cette conversation tendue avec votre conjoint(e) que vous repoussez depuis trois jours. Ce soir, vous êtes posé(e) dans votre canapé, mais votre corps, lui, n’a pas suivi. Votre mâchoire est serrée, vos épaules remontées vers les oreilles, et cette petite voix intérieure vous répète que vous n’en faites jamais assez.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des adultes compétents, responsables, qui viennent me voir parce qu’ils ne savent plus comment éteindre le moteur. Leur système nerveux est resté bloqué en mode « alerte », même quand le danger objectif n’est plus là. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle sont mes outils de prédilection pour les aider à retrouver un état de calme intérieur. Mais avant de pouvoir travailler en profondeur sur les causes, il faut déjà offrir au corps une porte de sortie immédiate.
Voici donc trois protocoles d’hypnose que vous pouvez utiliser chez vous, dès ce soir. Ce ne sont pas des thérapies complètes, mais des premiers secours pour votre système nerveux. Des exercices concrets, rapides, que j’ai testés avec des centaines de personnes. Prenez ce qui vous parle, et laissez tomber le reste.
Avant de plonger dans les protocoles, il est utile de comprendre ce qui se joue. Votre système nerveux autonome fonctionne comme un système de sécurité : il a deux grands modes, le sympathique (l’accélérateur, pour l’action et la fuite) et le parasympathique (le frein, pour le repos et la digestion). Dans une vie idéale, on alterne entre les deux. Mais quand vous vivez des stress répétés – travail, relations, charges mentales, transitions de vie – le sympathique reste allumé. Il s’épuise, mais il ne s’éteint pas.
L’hypnose, dans son approche la plus douce, ne cherche pas à vous forcer à vous détendre. Elle fait un détour par l’inconscient pour donner au corps une expérience sécurisante. Elle lui montre, concrètement, que l’alerte peut être levée. Les trois protocoles qui suivent utilisent des mécanismes différents : la dissociation, l’ancrage sensoriel et la réorganisation des parts internes. Ils sont complémentaires. Vous pouvez les essayer dans l’ordre ou choisir celui qui résonne avec votre état du moment.
Commençons par le plus simple et le plus immédiat. Vous êtes-vous déjà senti(e) complètement collé(e) à votre anxiété ? Comme si elle faisait partie de vous, comme si vous étiez cette boule au ventre, cette tension dans la poitrine ? C’est ce que j’appelle la fusion. Vous êtes tellement identifié(e) à la sensation que vous ne pouvez pas la regarder de l’extérieur.
La double dissociation est un protocole d’hypnose classique, utilisé notamment en traumatologie, mais que j’adapte ici pour un stress quotidien. Le principe est simple : vous allez créer une distance entre vous et votre expérience. Vous allez vous observer en train de vivre votre stress, depuis un point de vue extérieur. Ce n’est pas une fuite, c’est un repositionnement. Cela permet à votre système nerveux de comprendre qu’il n’est pas en danger immédiat, mais qu’il est juste en train de réagir à une perception.
Comment faire ?
Ce que vous pouvez ressentir : Certaines personnes décrivent une sensation de légèreté, comme si un poids s’était levé. D’autres disent que la tension devient juste une information, plus une urgence. Vous pouvez aussi ne rien ressentir de particulier. Ce n’est pas un problème. Le simple fait d’avoir déplacé votre attention modifie déjà l’activité de votre système nerveux.
Pourquoi ça marche ? La double dissociation active les régions préfrontales du cerveau (la partie qui analyse, qui prend du recul) et diminue l’activité de l’amygdale (la centrale d’alarme). C’est comme si vous disiez à votre cerveau : « Regarde, je peux m’observer sans réagir. Ce n’est donc pas une urgence vitale. » C’est un protocole très efficace pour les moments où vous êtes en pleine crise d’angoisse, ou juste après une journée difficile.
Le deuxième protocole est celui que j’utilise le plus souvent avec les sportifs que je prépare mentalement. Un coureur avant un départ, un footballeur avant un penalty : leur système nerveux s’emballe, ils partent dans le futur (la peur de l’échec) ou dans le passé (une erreur précédente). L’ancrage sensoriel les ramène instantanément dans le moment présent, là où le corps peut agir.
Pour vous, ce protocole est parfait quand vous sentez que votre esprit s’emballe. Vous ruminez, vous anticipez, vous stressez pour quelque chose qui n’est pas encore arrivé. Votre corps n’est plus dans la pièce : il est dans un scénario mental. L’ancrage, c’est le rappel à l’ordre.
Comment faire ?
Pourquoi ça marche ? L’ancrage sensoriel utilise le principe du conditionnement classique, celui de Pavlov. Vous associez un stimulus (le toucher, l’objet) à une réponse de détente (la respiration lente, l’intention). Au bout d’un moment, le simple fait de toucher votre ventre ou votre caillou déclenchera une baisse de votre rythme cardiaque et une activation de votre parasympathique. C’est un outil discret, utilisable partout. Je connais des entrepreneurs qui le font en réunion, des parents qui le font en préparant le dîner.
Exemple anonymisé : Un de mes patients, commercial, stressé avant chaque appel client. Il a choisi un petit galet noir qu’il garde dans sa poche. Avant chaque appel, il le touche, respire 3 fois, et se dit : « Je suis compétent, je suis calme. » Au bout de deux semaines, il m’a dit que le simple fait de voir le galet sur son bureau le détendait. Son système nerveux avait appris.
Les deux premiers protocoles sont très utiles pour calmer le système nerveux à chaud. Mais parfois, le stress revient toujours, parce qu’il est porté par des parts de vous-même qui ont des bonnes raisons de vous alerter. C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) devient passionnant.
L’IFS postule que notre psyché est composée de multiples « parts » ou sous-personnalités. Vous avez une part qui veut tout contrôler, une part qui a peur, une part qui se sacrifie, une part qui juge. Ces parts ne sont pas vos ennemies : elles essaient de vous protéger, souvent avec des stratégies qui datent de votre enfance. Par exemple, une part qui vous pousse à en faire toujours plus le fait pour que vous soyez aimé(e) ou pour éviter un conflit. Mais cette protection épuise votre système nerveux.
L’auto-hypnose IFS consiste à entrer en contact avec une de ces parts, à l’écouter, et à lui offrir ce dont elle a besoin pour se détendre. C’est une forme d’hypnose très douce, où vous n’êtes pas en transe profonde, mais dans un état de conscience modifiée léger, juste assez pour dialoguer avec votre intérieur.
Comment faire ?
Pourquoi ça marche ? Le stress est souvent maintenu par des parts qui ne se sentent pas entendues. Quand vous entrez en contact avec elles avec curiosité et compassion, leur intensité diminue. Vous ne les combattez pas, vous les accueillez. Et l’accueil calme le système nerveux beaucoup plus que la lutte. C’est un travail plus profond, qui peut prendre quelques minutes ou une demi-heure. Mais il est très efficace pour les stress récurrents, ceux qui reviennent en boucle.
Ce que j’observe en séance : Une patiente, cadre dynamique, stressée par son besoin de tout contrôler au travail. Nous avons rencontré sa part « contrôleuse ». Cette part lui a dit : « Si je ne contrôle pas tout, tout le monde va se rendre compte que tu es incompétente, et tu vas perdre ton travail. » En la remerciant et en lui promettant qu’elle pourrait rester vigilante mais pas envahissante, la patiente a senti une détente immédiate dans ses épaules. Le stress n’avait pas disparu, mais il avait changé de nature. Il était devenu une information, non une urgence.
Vous avez maintenant trois outils. Mais un outil qui reste dans la boîte ne sert à rien. Voici comment les utiliser concrètement dans votre vie.
Je veux être honnête avec vous. Ces trois protocoles sont puissants, mais ce ne sont pas des baguettes magiques. Ils ne vont pas effacer les causes profondes de votre stress : un travail toxique, une relation difficile, un deuil, une
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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