3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Un protocole simple pour traverser cette transition.
Tu as passé des années à construire cette identité. « Je suis infirmière », « je suis cadre commercial », « je suis artisan ». Ces mots, tu les as répétés tellement de fois qu’ils sont devenus une seconde peau. Puis un jour, tout bascule : un licenciement, une maladie, une reconversion forcée, ou simplement cette sensation tenace que ce que tu fais ne te correspond plus. Et là, tu te retrouves face à un vide. Qui es-tu, si tu n’es plus ce métier ? Cette question, elle te hante le matin sous la douche, elle te réveille la nuit. Tu n’es pas seul. Cette perte d’identité professionnelle, je la vois presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes qui ne reconnaissent plus leur propre reflet. Mais voici une bonne nouvelle : il existe un chemin pour traverser cette transition sans t’effondrer. Un protocole simple, en cinq étapes, que j’ai vu fonctionner des dizaines de fois.
Avant de plonger dans les étapes, arrêtons-nous une seconde sur ce qui se joue vraiment. Tu penses peut-être que tu perds juste un salaire ou un poste. Mais en réalité, tu perds bien plus que ça. Ton métier, c’est un repère social. Quand quelqu’un te demande « tu fais quoi dans la vie ? », tu sors ce titre comme une carte d’identité. C’est pratique, rassurant. Ça te donne une place dans le monde. Ensuite, il y a les routines. Le café du matin avec tes collègues, les projets qui rythment tes semaines, les compétences que tu as développées pendant des années. Tout ça, c’est un cadre. Et quand ce cadre disparaît, c’est comme si le sol se dérobait sous tes pieds.
Je pense à Paul, un ingénieur que j’ai accompagné il y a deux ans. Il avait passé vingt ans dans la même boîte, à concevoir des pièces mécaniques. Son identité, c’était ça : « Je suis celui qui résout les problèmes techniques impossibles ». Quand son entreprise a fermé, il s’est retrouvé non seulement sans travail, mais sans raison d’être. Il me disait : « Thierry, je ne sais même plus qui je suis quand je ne résous rien. » Ce qu’il vivait, ce n’était pas juste une perte d’emploi. C’était une déconstruction de tout ce qu’il croyait être.
Ce phénomène s’explique parce que ton cerveau a tendance à confondre ce que tu fais avec ce que tu es. C’est une fusion. Et quand le « faire » s’arrête, le « être » vacille. L’hypnose ericksonienne et l’IFS (Internal Family Systems) m’ont appris que cette fusion n’est pas une fatalité. Tu peux apprendre à dissocier ton identité profonde de ton rôle professionnel. Mais pour ça, il faut accepter de traverser l’inconfort. Et c’est exactement la première étape.
La première réaction face à une perte d’identité professionnelle, c’est souvent la panique. Tu veux tout de suite une solution. Un nouveau job, une nouvelle formation, un nouveau projet. Tu te jettes sur LinkedIn, tu envoies des CV à la pelle, tu passes des heures à chercher une réponse. Pourtant, plus tu forces, plus tu te sens vide. Pourquoi ? Parce que tu essaies de combler un trou avec un pansement qui ne correspond pas.
L’étape 1, c’est d’apprendre à t’asseoir avec le chaos. Pas pour t’y noyer, mais pour l’observer. En hypnose, on appelle ça la « dissociation thérapeutique » : tu prends un peu de recul sur ce que tu ressens, comme si tu regardais un film. Tu te dis : « Tiens, là je ressens de la peur. Là, de la honte. Là, un vide énorme. » Et tu ne juges pas. Tu accueilles.
Je me souviens de Sophie, une cheffe de projet marketing qui avait été poussée vers la sortie après un restructuration. Elle est arrivée dans mon cabinet avec une liste de trente actions à faire pour « s’en sortir ». Je lui ai demandé de poser la liste. Elle a eu du mal. Pendant les premières séances, on a juste travaillé sur sa respiration. Sur le fait de rester présente avec cette boule au ventre. Elle me disait : « Mais ça ne sert à rien, je perds mon temps ! » Puis, au bout de trois semaines, elle a compris. En arrêtant de fuir, elle a commencé à entendre une voix intérieure qu’elle avait étouffée depuis des années. Une voix qui disait : « Tu sais, tu n’as jamais aimé le marketing. Tu aimais la créativité, mais pas la pression des objectifs. »
Accueillir le chaos, ce n’est pas abandonner. C’est arrêter de lutter contre la tempête pour pouvoir entendre ce qu’elle a à te dire.
Concrètement, comment faire ? Chaque jour, pendant dix minutes, installe-toi dans un endroit calme. Ferme les yeux. Pose une main sur ton ventre. Et laisse venir les sensations, les émotions, les pensées. Ne les chasse pas. Dis juste : « Je te vois. Je t’accueille. » Tu n’as pas à les résoudre. Juste à les reconnaître. C’est tout. Cette pratique, en apparence simple, est le socle de tout le reste. Parce que tant que tu fuis, tu ne peux pas construire du neuf.
Maintenant que tu as un peu d’espace avec le chaos, tu peux passer à l’étape 2 : déconstruire cette croyance que « je suis mon métier ». C’est le cœur du travail en IFS. Dans cette approche, on considère que ta personnalité est faite de différentes « parties ». Tu as une partie qui est la professionnelle compétente, une partie qui est la mère ou le père, une partie qui est l’amie fidèle, une partie qui est le sportif, etc. Le problème, c’est qu’une de ces parties a pris toute la place. Elle s’est identifiée à ton Soi tout entier.
Quand tu perds ton métier, cette partie se sent menacée. Elle pense qu’elle va mourir. Et elle te pousse à tout faire pour retrouver une identité de remplacement. Mais ce n’est pas la solution. La solution, c’est de lui dire : « Merci d’avoir pris soin de moi toutes ces années. Maintenant, tu peux prendre un peu de recul. Je ne suis pas seulement toi. »
Prends un carnet. Note sur une page : « Je suis… » et laisse venir tout ce qui te vient à l’esprit. Ne réfléchis pas, écris vite. Tu vas probablement écrire ton métier en premier. Puis peut-être « quelqu’un de fiable », « un parent », « un passionné de musique ». Ensuite, relis-toi. Et demande-toi : « Si je n’avais plus mon métier, qu’est-ce qui resterait sur cette liste ? » Tu verras qu’il reste des choses. Souvent, beaucoup de choses.
J’ai travaillé avec Marc, un artisan boucher qui avait dû fermer sa boutique après un accident. Il était dévasté. « Je suis boucher. Sans ça, je ne suis rien », répétait-il. En séance, on a exploré cette partie « boucher ». On lui a demandé ce qu’elle protégeait. La réponse a été surprenante : elle protégeait le besoin de prendre soin des autres, de leur offrir de la qualité. Une fois que Marc a compris ça, il a pu voir que ce besoin de prendre soin existait en dehors de la boucherie. Aujourd’hui, il fait de la formation pour des jeunes en insertion. Il n’est plus boucher, mais il prend toujours soin. Son identité profonde est restée.
La troisième étape, c’est de passer du « qui j’étais » au « qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ». Ton métier t’a probablement permis d’incarner certaines valeurs : la rigueur, la créativité, l’entraide, la performance. Mais il t’a peut-être aussi éloigné d’autres valeurs que tu avais enterrées. La perte d’identité professionnelle, c’est une opportunité unique de faire le ménage.
Je te propose un exercice simple. Sur une feuille, écris une liste de toutes les valeurs qui te viennent à l’esprit : liberté, sécurité, famille, accomplissement, authenticité, pouvoir, service, etc. Ensuite, entoure les cinq qui résonnent le plus fort en toi aujourd’hui. Pas celles que tu pensais devoir avoir, pas celles que la société valorise. Celles qui te font vibrer quand tu les lis.
Ensuite, pour chaque valeur, demande-toi : « Comment est-ce que je peux vivre cette valeur dans ma vie quotidienne, même sans mon ancien métier ? » Par exemple, si tu as entouré « créativité », tu n’as pas besoin d’être designer. Tu peux cuisiner, jardiner, écrire, bricoler. Si tu as entouré « entraide », tu peux faire du bénévolat, soutenir un voisin, écouter un ami. Le but n’est pas de trouver un nouveau métier tout de suite. Le but est de te prouver que tes valeurs existent en dehors de ton ancien rôle.
Isabelle, une ancienne directrice d’école, était venue me voir en pleine crise. À la retraite anticipée pour raison de santé, elle se sentait inutile. On a fait ce travail sur les valeurs. Elle a réalisé que son moteur principal, c’était la « transmission ». Pas l’autorité, pas le statut. La transmission. Aujourd’hui, elle donne des cours de français à des réfugiés deux fois par semaine. Elle n’est plus directrice, mais elle transmet. Et elle rayonne.
À ce stade, tu as commencé à te détacher de ton ancienne identité. Tu as redécouvert des parties de toi et des valeurs. Mais il y a un piège : le mental veut tout de suite une nouvelle identité fixe. « Je suis coach », « je suis artiste », « je suis entrepreneur ». Attention. Si tu sautes trop vite sur un nouveau rôle, tu risques de reproduire le même schéma de fusion. L’étape 4, c’est d’expérimenter, mais à petite dose, sans pression.
Je compare souvent ça à l’essayage de vêtements. Tu n’achètes pas un costume sans l’essayer, sans voir comment il tombe, sans vérifier qu’il ne gratte pas. Pour ta nouvelle identité professionnelle, c’est pareil. Tu peux tester un domaine qui t’attire, mais sans t’y engager à 100 %. Fais un stage d’une journée. Suis une formation en ligne de deux heures. Propose ton aide bénévolement dans un secteur qui t’intrigue. L’important, c’est d’observer ce que ça te fait. Est-ce que ça te nourrit ? Est-ce que ça épuise ? Est-ce que ça réveille des parties anciennes ?
J’ai accompagné un footballeur amateur qui avait dû arrêter sa carrière après une blessure. Il ne savait plus qui il était sans le ballon. Il a testé plusieurs choses : commentateur sportif sur une radio locale, entraîneur d’enfants, préparateur mental (c’est d’ailleurs comme ça que j’ai croisé sa route). Chaque test lui donnait des informations. Il a fini par comprendre que ce qu’il aimait, ce n’était pas le jeu lui-même, mais la transmission de la passion. Il a créé une petite structure d’accompagnement pour jeunes sportifs blessés. Mais il n’y est pas arrivé du premier coup. Il a fallu des mois d’essais.
Pendant cette phase, sois indulgent avec toi-même. Tu as le droit de te tromper. Tu as le droit de dire « ça ne me plaît pas ». Chaque erreur est une information précieuse. En hypnose, on dit que le cerveau apprend mieux par l’expérience que par la réflexion. Alors, expérimente. Et observe.
La dernière étape, c’est de consolider ce que tu as appris pour construire une identité qui ne s’effondrera pas à la prochaine transition. Parce que oui, dans une vie, il y aura d’autres pertes. D’autres changements. L’objectif n’est pas de trouver une identité définitive, mais d’apprendre à danser avec le changement.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que tu arrêtes de te définir par un seul rôle. Tu deviens quelqu’un qui incarne plusieurs choses à la fois. Tu n’es pas « coach ». Tu es quelqu’un qui a des compétences en accompagnement, mais aussi une passion pour la randonnée, un talent pour le dessin, et un amour pour les discussions profondes. Chaque contexte peut révéler une facette différente de toi. Tu deviens fluide.
En IFS, on appelle ça vivre depuis le « Soi ». Le Soi, c’est cette partie de toi qui est calme, curieuse, compatissante et confiante, et qui peut observer toutes tes différentes parties sans s’identifier à aucune. C’est un espace de liberté immense. Quand tu vis depuis le Soi, tu peux perdre un job sans perdre ton identité. Tu peux changer de cap sans crise existentielle. Tu sais que tu es bien plus que ce que tu fais.
Comment cultiver ça au quotidien ? Une pratique que je recommande, c’est le « check-in » régulier avec toi-même. Trois fois par jour, pose-toi cette question : « Quelle partie de moi est aux commandes en ce moment ? » Est-ce que c’est la partie anxieuse qui veut tout contrôler ? La partie fière qui veut prouver sa valeur ? La partie curieuse qui explore ? En prenant conscience de ça, tu crées un espace. Et dans cet espace, tu choisis comment réagir, au lieu de réagir automatiquement.
Je pense à Claire, une cheffe d’entreprise qui a vendu sa société après vingt ans. Elle est venue me voir en disant : « J’ai peur de me perdre dans la retraite. » On a travaillé sur cette identité fluide. Aujourd’hui, elle se définit comme « une exploratrice de possibles ». Elle passe trois mois à voyager, puis trois mois à monter un projet social, puis trois mois à se former à la sculpture. Chaque fois, elle change de rôle, mais son identité profonde reste stable. Elle n’est plus « cheffe d’entreprise ». Elle est elle-même.
Si tu suis ce protocole, ne t’attends pas à un miracle en une semaine. C’est un chemin. Mais je peux te dire ce que tu vas gagner. D’abord, tu vas arrêter de te sentir en impasse. Chaque étape te donne un levier d’action, même petit. Ensuite, tu vas développer une relation plus paisible avec toi-même. Tu ne seras plus en guerre contre tes émotions ou contre les parties de toi qui veulent rester dans le passé. Enfin, tu vas construire une fondation solide pour l’avenir. Peu importe ce qui arrivera, tu sauras que ton identité ne dépend pas d’un titre ou d’un poste.
Tu vas aussi probablement surprendre ton entourage. Tes proches te verront moins dans la plainte, plus dans l’exploration. Certains comprendront, d’autres non. Ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est que toi, tu saches où tu vas.
Prends cinq minutes, tout de suite après avoir lu ces lignes. Va chercher un carnet ou une feuille blanche. Note juste une phrase : « Aujourd’hui, je choisis d’accueillir ce que je ressens sans le juger. » Puis, pose-toi dans un endroit calme. Respire. Laisse venir. Si tu sens de la peur, de la tristesse, ou même un espoir timide, c’est bien. Tu es en train de faire le premier pas.
Si tu sens que tu as besoin d’un cadre pour traverser cette transition, sache que je reçois en consultation à Saintes et en visio. On peut travailler ensemble avec l’hypnose, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle pour dénouer ce qui bloque et te reconnecter à ce qui compte vraiment pour toi. Il n’y a pas d’urgence. Juste une invitation à prendre soin de to
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Ces indices subtils qui bloquent votre quotidien sans le savoir.
Des outils pratiques à tester dès aujourd’hui chez vous.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.