3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Une technique concrète pour apaiser l'anxiété de transition.
Tu viens de changer de boulot. Ou tu t’apprêtes à quitter une relation. Peut-être que tu as déménagé, ou que tu as arrêté de boire, ou que tu as lancé ce projet qui te tenait à cœur depuis des années. Et là, au lieu de la fierté ou du soulagement attendu, tu ressens une espèce de tempête intérieure. Un mélange d’angoisse, de doutes, d’impatience, de fatigue. Parfois même une envie de tout arrêter et de revenir en arrière.
Ce n’est pas un signe que tu as fait le mauvais choix. C’est le signe que tu es en train de changer. Et le changement, même quand il est positif, même quand tu l’as choisi, génère un chaos intérieur. Une partie de toi veut avancer, une autre veut rester dans le familier. C’est normal. Mais ça peut devenir épuisant, voire paralysant.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes. Depuis 2014, j’accompagne des adultes qui traversent ces transitions. Que ce soit avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) ou l’Intelligence Relationnelle. Et ce que j’observe, c’est que le problème n’est pas le changement en lui-même. Le problème, c’est le chaos émotionnel qu’il déclenche. Et l’hypnose peut t’aider à calmer ce chaos. Pas en l’effaçant, mais en le transformant en une énergie plus stable, plus claire.
Alors comment faire ? Je vais te montrer une technique concrète, pas à pas. Mais d’abord, il faut comprendre ce qui se joue dans ta tête quand tu changes.
Tu as probablement déjà vécu ça : tu es sur le point de prendre une décision importante, ou tu viens de la prendre, et soudain, tout devient flou. Tu te réveilles la nuit avec des scénarios catastrophes. Tu remets en question tes choix. Tu te sens irritable, ou au contraire, complètement éteint.
Ce n’est pas une faiblesse. C’est un mécanisme de survie.
Ton cerveau est programmé pour la sécurité. Il aime ce qui est prévisible, connu, répété. Quand tu changes de situation, tu sors de cette zone de confort. Pour ton système nerveux, c’est potentiellement dangereux. Il ne sait pas si ce nouveau territoire est sûr. Alors il active l’alarme : anxiété, hypervigilance, pensées en boucle.
Prenons un exemple. Un client, appelons-le Julien, cadre commercial depuis 15 ans, a décidé de se lancer dans une reconversion comme artisan. Il avait tout préparé : formation, trésorerie, clients potentiels. Mais dès qu’il a donné sa démission, il a été submergé par des nuits blanches, des crises d’angoisse, et une voix intérieure qui lui répétait : « Tu vas tout perdre. »
Ce que Julien vivait, ce n’était pas un défaut de préparation. C’était le choc entre son élan de vie (la partie qui voulait créer) et son système de survie (la partie qui voulait le protéger de l’échec). Ce choc, c’est le chaos intérieur.
Le problème, c’est que ce chaos n’est pas juste désagréable. Il peut te faire prendre des décisions précipitées. Tu peux abandonner ton projet pour retrouver du calme. Ou au contraire, t’acharner dans une direction sans écouter les signaux d’alerte. L’un comme l’autre te mènent à une impasse.
Alors comment faire pour que ce chaos ne prenne pas le volant ? Comment apaiser la tempête sans étouffer ta motivation ?
L’hypnose ericksonienne ne va pas te « programmer » pour être calme. Elle va t’aider à retrouver un état de ressource intérieure, à partir duquel tu peux accueillir le changement sans être submergé.
Voici une technique que j’utilise souvent avec les personnes que j’accompagne. Elle s’appelle l’Ancrage de Transition. Elle est simple, mais puissante si tu la pratiques régulièrement.
Avant de pouvoir apaiser le chaos, il faut d’abord que tu aies accès à un état de calme. Pas un calme forcé, mais un état que ton corps reconnaît comme sécurisé.
Trouve un endroit où tu ne seras pas dérangé pendant 10 minutes. Assieds-toi confortablement, les pieds à plat sur le sol. Ferme les yeux. Prends trois respirations longues et lentes. Pas besoin de forcer. Juste une inspiration douce, une expiration plus longue.
Puis, laisse ton attention se poser sur une sensation agréable dans ton corps. Peut-être la chaleur de tes mains, le contact de ton dos contre la chaise, ou la sensation de tes pieds sur le sol. Reste avec cette sensation pendant quelques secondes.
Ensuite, imagine un lieu réel ou imaginaire qui te procure un sentiment de sécurité ou de paix. Cela peut être une plage, une forêt, un coin de ton salon. Ne cherche pas à le voir parfaitement. Laisse venir des impressions, des couleurs, des sons, des odeurs. Accueille ce lieu comme s’il était là, autour de toi.
Reste dans ce lieu intérieur pendant une minute. Laisse ton corps s’imprégner de cette sensation de calme.
Maintenant, sans quitter complètement cet espace de calme, ramène à la conscience la transition que tu vis. Pas besoin de te plonger dedans. Juste effleure-la. Peut-être que tu sens une tension quelque part dans ton corps, une boule dans le ventre, une pression dans la poitrine, une agitation dans les jambes. Ou peut-être que ce sont des images, des mots qui reviennent.
Observe ce chaos comme si tu regardais un orage depuis ta fenêtre. Tu n’es pas dans l’orage. Tu es à l’abri, dans ton espace de calme, et tu regardes la pluie tomber. Tu n’essaies pas de la faire cesser. Tu la regardes, simplement.
Le chaos intérieur est rarement monolithique. Il est composé de différentes « parties » de toi. Une partie veut avancer, une autre veut rester, une troisième a peur, une quatrième est impatiente.
Dans ton espace de calme, tu peux inviter ces parties à s’exprimer, une par une. Pas en les laissant prendre le contrôle. Mais en leur donnant une voix, depuis ta position d’observateur bienveillant.
Demande à chaque partie : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? » La partie peureuse veut ta sécurité. La partie impatiente veut que tu vives pleinement. La partie qui veut rester veut te protéger de l’inconnu. Aucune n’a tort. Chacune a une intention positive.
Tu peux même les remercier. Dire à la partie peureuse : « Merci de vouloir me protéger. Je t’entends. » Cela ne fait pas disparaître la peur. Cela la désamorce, parce qu’elle se sent reconnue.
Quand tu sens que le dialogue intérieur s’apaise, même légèrement, reviens à la sensation de calme de la première étape. Les pieds au sol, la respiration douce, le lieu de paix.
Puis, associe cette sensation de calme à un geste simple : serrer le poing droit, ou toucher ton pouce et ton index. Refais ce geste plusieurs fois, en restant dans l’état de calme. Tu es en train de créer un ancrage : un déclencheur qui pourra te ramener à cet état plus tard.
Quand tu es prêt, ouvre les yeux. Bouge doucement les doigts, les orteils. Reviens à la pièce.
Cette technique, si tu la pratiques 5 à 10 minutes par jour pendant une transition, peut réduire significativement l’intensité du chaos. Elle ne va pas supprimer les difficultés. Mais elle va te permettre de les traverser sans te noyer.
Le calme n’est pas l’absence de tempête. C’est la capacité de rester stable au milieu d’elle.
L’hypnose ericksonienne, celle que j’utilise dans mon cabinet à Saintes, ne cherche pas à contrôler ton esprit. Elle cherche à créer un état de réceptivité où tu peux accéder à tes propres ressources. Ces ressources sont déjà en toi. Mais le stress, l’habitude, les croyances limitantes les bloquent.
Quand tu es en hypnose, ton cerveau ralentit. Les ondes cérébrales passent en mode alpha ou thêta. C’est un état similaire à celui de la rêverie, juste avant de t’endormir. Dans cet état, le filtre critique qui dit « c’est impossible », « tu n’y arriveras pas », « c’est trop risqué » s’assouplit. Pas pour disparaître, mais pour laisser passer d’autres informations.
Tu peux alors accéder à des souvenirs de moments où tu as réussi à traverser un changement. Tu peux contacter une partie de toi qui est plus sage, plus calme, plus confiante. Et tu peux ancrer cette ressource pour la mobiliser dans le présent.
C’est ce qui est arrivé à Sophie. Elle venait de quitter une relation toxique après des années. Elle savait que c’était la bonne décision. Mais elle était envahie par un sentiment de vide et de peur. Elle se demandait si elle n’avait pas fait une erreur.
En séance, nous avons fait un travail d’hypnose sur son « lieu sûr intérieur ». Elle a pu contacter une version d’elle-même, plus âgée, qui lui disait : « Tu es en train de guérir. Ce vide n’est pas un manque, c’est un espace pour toi. » Ce n’était pas une illusion. C’était une connexion avec une ressource profonde.
Après quelques séances, Sophie a rapporté que le chaos s’était transformé. La peur était toujours là, mais elle n’était plus au premier plan. Elle pouvait la regarder, la reconnaître, et continuer à avancer.
Ce que l’hypnose fait, ce n’est pas de te rendre insensible au changement. C’est de te donner un point d’ancrage stable. Une base à partir de laquelle tu peux naviguer dans l’incertitude sans être ballotté par toutes les vagues.
Il y a des erreurs courantes que je vois chez les personnes qui traversent une transition. Les connaître peut t’éviter de perdre du temps ou de l’énergie.
Premier piège : vouloir tout contrôler. Tu veux que tout soit parfait, que le plan soit clair, que les risques soient nuls. Mais le changement, par définition, échappe au contrôle. Plus tu forces, plus tu génères de la résistance. L’hypnose t’apprend à lâcher prise sur le résultat immédiat pour te concentrer sur le processus.
Deuxième piège : nier le chaos. Tu te dis : « Je suis fort, je vais ignorer mes émotions et avancer. » Mais les émotions refoulées ne disparaissent pas. Elles s’expriment par des insomnies, des tensions, des douleurs. Ou bien elles explosent au mauvais moment. Accueillir le chaos, ce n’est pas s’y complaire. C’est le reconnaître pour qu’il se dissipe.
Troisième piège : rester isolé. Le changement, surtout quand il est important, te confronte à des peurs profondes. Tu peux avoir honte de douter, de faiblir. Mais partager ce que tu vis avec une personne de confiance, ou avec un professionnel, réduit l’intensité du chaos. La parole libère.
Quatrième piège : se comparer aux autres. Tu vois des gens qui semblent traverser les transitions avec aisance. Mais tu ne vois pas leur chaos intérieur. Chacun a sa propre manière de vivre le changement. La comparaison ne fait qu’ajouter une pression inutile.
L’hypnose, en tant qu’outil, t’aide à éviter ces pièges. Elle te ramène à l’intérieur, à ce qui est vrai pour toi, sans te laisser happer par les injonctions extérieures.
Voilà un point crucial, et peut-être contre-intuitif. Le chaos intérieur n’est pas toujours un problème à résoudre. Parfois, c’est un signal. Un indicateur que quelque chose demande ton attention.
Dans l’approche IFS (Internal Family Systems), nous considérons que chaque émotion, chaque pensée, chaque réaction est une « partie » de toi qui a une intention positive. La peur veut te protéger. La colère veut poser une limite. La tristesse veut t’aider à digérer une perte.
Quand tu traverses un changement, ces parties peuvent s’activer fortement. Elles ne sont pas tes ennemies. Elles sont comme des enfants qui crient parce qu’ils ont peur. Si tu les ignores, elles crient plus fort. Si tu les écoutes, elles se calment.
L’hypnose te permet d’écouter ces parties sans être submergé. Tu peux leur demander : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » Et parfois, la réponse est surprenante.
Un client, Marc, a quitté un poste sécurisé pour créer sa boîte. Il était rongé par l’angoisse. En hypnose, il a contacté la partie angoissée. Elle lui a dit : « Je ne veux pas que tu échoues comme ton père. » C’était la clé. Cette angoisse n’était pas une réaction au présent, mais une protection liée à une vieille blessure. Une fois reconnue et comprise, l’angoisse a changé de nature. Elle est devenue une vigilance saine, pas une paralysie.
Alors, au lieu de vouloir faire taire le chaos, demande-toi : « Qu’est-ce que ce chaos essaie de me dire ? » La réponse peut être un guide précieux.
La technique de l’Ancrage de Transition que je t’ai donnée plus haut est un point de départ. Mais pour qu’elle soit efficace, il faut la pratiquer. Pas une fois, mais régulièrement. Voici comment l’intégrer dans ta vie.
Choisis un moment fixe. Le matin au réveil, ou le soir avant de dormir. Même 5 minutes suffisent. L’important, c’est la régularité.
Utilise ton ancrage. Le geste que tu as associé au calme (serrer le poing, toucher les doigts) peut être utilisé dans la journée, dès que tu sens le chaos monter. Avant une réunion importante, un appel, ou juste au milieu d’une pensée anxieuse. Cela te reconnecte à ton espace de calme.
Note ce que tu observes. Après chaque pratique, écris une phrase sur ce que tu as ressenti. Pas besoin d’un journal intime. Juste une observation. « Tension dans les épaules. » « Pensée récurrente : je vais échouer. » Cela te permet de suivre l’évolution.
Sois patient. Le changement intérieur ne se fait pas en un jour. Le chaos ne disparaît pas d’un coup. Mais à force de pratiquer, tu remarqueras que tu réagis différemment. Tu es moins emporté, plus présent.
Et si tu sens que le chaos est trop fort, que tu n’arrives pas à le calmer seul, n’hésite pas à demander de l’aide. Ce n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de courage.
Le changement fait partie de la vie. Il est inévitable. Mais la souffrance liée au changement ne l’est pas. Tu peux apprendre à traverser les transitions avec plus de clarté, de calme, et même de curiosité.
L’hypnose ericksonienne, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle sont des outils que j’utilise depuis des années pour aider des adultes comme toi à retrouver une stabilité intérieure, même en pleine tempête. Ce ne sont pas des baguettes magiques. Ce sont des chemins concrets vers une relation plus apaisée avec toi-même.
Si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, si tu sens que le chaos intérieur prend trop de place, je t’invite à prendre contact. On peut échanger sur ta situation, sans engagement. Juste pour voir si une approche comme la mienne peut t’aider
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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