3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Quand le chagrin pour Médor est immense.
Tu ne t’y attendais pas. C’est un mardi matin, tu es en train de préparer ton café, et soudain, tu tombes sur une photo de Médor qui traîne sur ton téléphone. Lui, couché en boule sur le canapé, son regard un peu de travers, la truffe humide. Et là, en une fraction de seconde, le vide te rattrape. Pas juste un pincement au cœur. Un véritable poids sur la poitrine. Tu poses la tasse, tu regardes par la fenêtre, et tu te dis : « Mais pourquoi ça fait encore si mal ? »
Peut-être que ça s’est passé il y a trois semaines. Ou trois mois. Peut-être même trois ans. Et pourtant, cette peine est là, aussi vive qu’au premier jour. Et autour de toi, on te dit parfois, avec des mots maladroits : « Ce n’était qu’un chien », « Tu finiras par en prendre un autre », ou pire, « Il faut passer à autre chose maintenant ». Ces phrases, tu les entends, tu les ranges dans un tiroir, mais elles ne calment rien. Au contraire, elles ajoutent une couche de culpabilité à ton chagrin. Comme si pleurer Médor n’était pas un deuil légitime.
Je te reçois régulièrement dans mon cabinet à Saintes pour ce genre de souffrance. Des adultes, des actifs, des parents, des sportifs aussi. Et à chaque fois, je vois la même chose : une peine immense, profonde, souvent cachée ou minimisée. Parce qu’on a appris que le deuil d’un animal, ce n’est pas « sérieux ». Pourtant, quand tu perds un compagnon qui a partagé ton quotidien pendant dix, douze ou quinze ans, tu perds bien plus qu’un animal. Tu perds un rythme. Une présence silencieuse. Un regard qui te comprenait sans mots. Un lien qui ne jugeait pas.
Alors, commençons par une vérité simple : ton chagrin est légitime. Il n’a pas besoin d’être validé par quiconque. Et dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi cette peine est si profonde, comment elle fonctionne, et surtout, comment tu peux commencer à l’apaiser sans trahir l’amour que tu portes à ton compagnon disparu.
« On n’aime pas un animal “un peu”. On l’aime avec tout ce qu’on est. Et quand il part, c’est tout ce qu’on est qui se retrouve sans ancre. »
Tu as peut-être déjà vécu un deuil humain. Tu sais ce que ça fait. Pourtant, la perte d’un animal peut être aussi violente, parfois même plus déstabilisante. Pourquoi ? Parce que la relation que tu avais avec Médor était unique. Elle ne ressemblait à aucune autre.
D’abord, il y a la présence constante. Un animal partage ton espace intime. Il est là quand tu te lèves, quand tu manges, quand tu travailles, quand tu regardes un film, quand tu dors. Il est le témoin silencieux de ta vie ordinaire. Pas de filtre, pas de conflit, pas de double sens. Juste une présence. Alors quand elle disparaît, le silence devient assourdissant. Ce n’est pas seulement Médor qui manque, c’est toute une trame de vie qui se déchire.
Ensuite, il y a la régulation émotionnelle quotidienne. Sans que tu t’en rendes compte, ton animal jouait un rôle dans ta gestion du stress. Le chien qui vient poser sa tête sur tes genoux après une journée difficile. Le chat qui ronronne quand tu es tendu. La caresse qui abaisse ton rythme cardiaque. Ces micro-gestes, répétés des milliers de fois, créent un ancrage émotionnel. Quand ils disparaissent, ton système nerveux se retrouve déséquilibré. Tu te sens plus irritable, plus triste, plus vide.
Enfin, il y a le lien inconditionnel. Avec un humain, il y a toujours des zones d’ombre, des non-dits, des attentes. Avec un animal, c’est simple. Il t’aime sans condition. Il ne te juge pas sur ton poids, ton salaire, tes erreurs. Ce lien est pur. Et le perdre, c’est perdre une forme d’amour que rien ne remplace vraiment.
Je me souviens d’un coureur que j’accompagnais en préparation mentale. Il avait perdu son labrador quelques mois avant une course importante. Il disait : « Avant chaque entraînement, on faisait notre rituel. Lui, il sautait partout, je lui parlais, je le caressais. Maintenant, je m’échauffe dans le silence. Je me sens seul. » Ce n’était pas juste un chien. C’était un coéquipier, un rituel, une énergie.
Alors oui, cette douleur est immense. Et elle est normale.
Tu as sans doute déjà vécu cette scène : tu te confies à un collègue ou à un ami, et la réponse tombe, presque automatique : « Oh, je suis désolé… mais tu sais, c’est la vie, il était vieux. » Ou pire : « Tu veux que je t’aide à en trouver un autre ? » Ces phrases, bien intentionnées parfois, sont comme des petites piqûres. Elles disent en creux : « Ton chagrin n’est pas à la hauteur. »
La société a du mal à reconnaître le deuil animalier comme un vrai deuil. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de rituel socialement codifié. Pas d’enterrement officiel, pas de congé de deuil, pas de carte de condoléances standardisée. On ne sait pas quoi faire, quoi dire. Alors on minimise, on évite, on détourne le regard.
Pourtant, les études en psychologie montrent que l’intensité du deuil animalier peut être comparable à celle d’un deuil humain, surtout quand l’animal était un soutien émotionnel majeur. Une étude publiée dans Society & Animals a même révélé que les personnes en deuil d’un animal ressentent souvent un sentiment d’isolement plus fort que dans d’autres deuils, précisément à cause de ce manque de reconnaissance.
Et toi, tu te retrouves coincé entre ta peine réelle et le message implicite que tu devrais « aller mieux plus vite ». Tu finis par te censurer. Tu ne parles plus de Médor. Tu ranges ses gamelles. Tu évites de pleurer devant les autres. Mais la tristesse, elle, reste.
Ce manque de reconnaissance sociale a un effet concret : il ralentit le processus de deuil. Parce que le deuil, pour se faire, a besoin d’être exprimé, entendu, validé. Sans cette validation, tu risques de rester bloqué dans une phase de tristesse ou de culpabilité.
Je te propose un petit test : la prochaine fois que tu entends quelqu’un te dire « Ce n’était qu’un animal », réponds-toi intérieurement : « C’était un être vivant qui a partagé ma vie. Mon chagrin est à la mesure de cet amour. » Tu n’es pas obligé de le dire à voix haute si tu n’en as pas la force. Mais dis-le-toi. Pour toi.
« La légitimité d’une peine ne se mesure pas à l’espèce de l’être perdu, mais à la profondeur du lien qui unissait. »
Si tu as l’impression que ce deuil est différent des autres, c’est parce qu’il l’est. Il active des mécanismes psychologiques très spécifiques.
C’est presque systématique. Tu te demandes : « Est-ce que j’aurais dû l’emmener plus tôt chez le vétérinaire ? », « Est-ce que j’ai bien fait de le laisser seul ce jour-là ? », « Est-ce que j’ai assez profité de lui ? » Cette culpabilité est normale, mais elle peut devenir un piège. Elle te maintient dans un lien douloureux avec le passé, au lieu de te permettre d’honorer le présent de la relation.
Souviens-toi : tu as fait de ton mieux avec les informations et les ressources que tu avais à ce moment-là. Un animal ne mesure pas le temps en quantité, mais en qualité. Les moments de câlins, de balades, de jeux, de silence partagé : c’est ça qui compte. Pas les jours où tu étais fatigué ou débordé.
Ton cerveau adore les routines. Elles le sécurisent. Quand Médor disparaît, c’est tout un système d’habitudes qui s’effondre. Le réveil sans la truffe humide. Le repas sans les yeux qui mendient. La promenade sans la laisse. Ces micro-perturbations créent une sensation de désorientation. Tu peux te retrouver à faire les gestes machinalement, puis à t’arrêter au milieu du couloir, désemparé.
C’est ce qu’on appelle la désorganisation du deuil. Ton cerveau doit réapprendre à vivre sans ces repères. Ça prend du temps. Et ce n’est pas une faiblesse.
Sans que tu t’en rendes compte, ton animal était un objet transitionnel au sens large. Un peu comme le doudou d’un enfant. Il t’aidait à réguler tes émotions. Sa présence physique apaisait ton système nerveux. Quand tu le caressais, ton corps sécrétait de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement. Quand il n’est plus là, ton cerveau doit trouver d’autres sources de réconfort. Et ça ne se fait pas en un claquement de doigts.
Tu te sens peut-être plus anxieux, plus irritable, plus vulnérable. C’est normal. Tu es en manque d’une présence régulatrice. Et c’est une vraie perte, physiologiquement parlant.
Je ne vais pas te dire que ça va passer vite. Ce serait mentir. Mais je vais te proposer des chemins pour traverser cette période avec plus de douceur envers toi-même.
Pleurer n’est pas un signe de faiblesse. C’est une libération émotionnelle. Ton corps a besoin d’évacuer cette tristesse. Si tu sens les larmes monter, ne les retiens pas. Trouve un endroit calme, pose-toi, respire. Laisse couler. C’est une forme de respect pour ce que tu as vécu.
Les rituels aident le cerveau à faire le deuil. Tu peux allumer une bougie, écrire une lettre à Médor, planter un arbre, ou simplement regarder ses photos en lui parlant à voix haute. Le geste importe moins que l’intention. Ce rituel, c’est ta façon de dire : « Tu as compté. Tu comptes toujours. Je ne t’oublie pas. »
Si tu sens que ton entourage ne comprend pas, trouve une personne de confiance. Un ami qui a aussi perdu un animal. Un groupe de parole en ligne. Moi-même, dans mon cabinet, je consacre des séances entières à ce deuil. Parce que le fait de nommer, de raconter, de se souvenir, ça allège. Ça donne une place à la perte.
Le deuil est physique. Tu peux ressentir de la fatigue, des tensions, des troubles du sommeil. Prends le temps de marcher, de t’étirer, de respirer profondément. Ton corps a besoin de se réajuster. Une simple promenade sans destination, en laissant tes pensées vagabonder, peut t’aider à relâcher la pression.
La société te pousse à tourner la page. Mais la page, tu peux la garder ouverte. Tu n’es pas obligé de prendre un nouvel animal tant que tu n’es pas prêt. Et si tu le fais un jour, ce ne sera pas une trahison. Ce sera une nouvelle histoire, qui n’effacera pas la précédente.
Il y a une nuance importante à comprendre. Le deuil est normal. Mais il peut parfois se transformer en dépression réactionnelle ou en trouble du deuil prolongé. Comment savoir si tu es dans cette zone ?
Quelques signes d’alerte :
Si tu te reconnais dans plusieurs de ces points, ce n’est pas une honte. C’est un signal que ton système émotionnel a besoin d’un accompagnement. C’est là que l’hypnose ericksonienne, l’IFS ou l’Intelligence Relationnelle peuvent t’aider.
En hypnose, on ne va pas effacer ton chagrin. On va plutôt travailler avec ton inconscient pour trouver une place apaisée pour Médor dans ton cœur. Une place où tu peux penser à lui sans t’effondrer. Où le souvenir devient une source de douceur, pas de douleur.
Avec l’IFS (Internal Family Systems), on explore les parties de toi qui souffrent : la partie triste, la partie coupable, la partie qui a peur d’oublier. On les écoute, on les comprend, on les apaise. Parce que souvent, ce n’est pas la perte elle-même qui fait le plus mal, c’est la façon dont certaines parties de toi la vivent.
Et l’Intelligence Relationnelle t’aide à renouer avec toi-même et avec les autres, à sortir de l’isolement, à reconstruire des liens sans trahir ce que tu as perdu.
« Le deuil n’est pas une maladie à guérir. C’est un paysage à traverser. Parfois brumeux, parfois lumineux. Et tu as le droit de faire des pauses. »
Je ne veux pas te laisser avec des mots en l’air. Alors voici trois choses concrètes que tu peux faire dès aujourd’hui, sans pression.
1. Écris trois souvenirs
Prends un carnet ou une feuille. Note trois moments précis avec Médor. Pas des généralités, mais des détails : l’odeur de son pelage après la pluie, le bruit de ses pattes sur le carrelage, la façon dont il penchait la tête quand tu parlais. Relis-les à voix haute. Ce geste ancre le souvenir dans le présent.
2. Accorde-toi un moment de silence
Avant de dormir, assieds-toi cinq minutes dans le noir. Ferme les yeux. Imagine Médor couché près de toi, comme avant. Sens sa présence imaginaire. Dis-lui ce que tu as sur le cœur. Même si ça te fait pleurer. C’est un adieu actif, pas une fuite.
3. Offre-toi une autorisation
Écris sur un post-it : « J’ai le droit d’être triste. Mon chagrin est légitime. » Colle-le sur ton miroir ou ton frigo. Chaque fois que tu passes devant, lis-le à voix haute. C’est un petit rappel, mais il compte.
Et si tu sens que tu n’y arrives pas seul, si cette peine te paraît trop lourde à porter, sache que je suis là. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des personnes comme toi, qui ont besoin d’un espace où leur chagrin est entendu sans jugement. On ne va pas le faire disparaître. On va l’apprivoiser ensemble.
Tu peux me contacter pour un premier échange, sans engagement. Juste pour parler de Médor, de toi, de ce que tu traverses. Parce que tu mérites d’être accompagné, toi aussi.
Prends soin de toi. Médor veille sur toi, d’une autre manière.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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