3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Comparez ces deux outils puissants pour choisir le vôtre.
Vous vous êtes déjà demandé pourquoi, malgré toutes vos bonnes résolutions, vous continuez à faire exactement ce que vous ne voulez plus faire ?
C’est le genre de question qui revient dans mon cabinet presque tous les jours. Un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial, vient me voir. Il veut arrêter de fumer. Il a tout essayé : patchs, cigarette électronique, volonté de fer. Il tient trois semaines, puis une réunion stressante, un coup de fatigue, et il craque. Il se sent nul, en échec. « Je ne me comprends pas », me dit-il.
Je l’entends souvent. Et c’est précisément là que le choix de l’outil devient crucial. Faut-il plonger directement dans l’inconscient avec l’hypnose, ou d’abord comprendre et négocier avec les parties de soi qui résistent, via l’IFS ?
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Je travaille avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Je suis aussi préparateur mental sportif. Dans cet article, je vais vous montrer concrètement ce que ces deux approches font et ne font pas, pour vous aider à choisir celle qui correspond à votre situation, à votre rythme, à votre sensibilité.
Je ne vais pas vous vendre une méthode miracle. Je vais vous parler de ce que j’observe, avec des exemples de personnes que j’accompagne.
L’hypnose, c’est un peu comme brancher un logiciel en mode administrateur sur votre ordinateur mental. En temps normal, votre cerveau fonctionne en mode « pilote automatique » : vous réfléchissez, vous jugez, vous analysez. C’est le cortex préfrontal qui dirige. Utile pour résoudre un problème mathématique, moins pour arrêter de fumer ou calmer une anxiété qui vous bouffe.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise, ne vous endort pas. Elle vous met dans un état de conscience modifié, ce qu’on appelle un état hypnotique. C’est un état naturel que vous vivez tous les jours sans le savoir : quand vous êtes absorbé par un film, quand vous conduisez sur l’autoroute sans vous souvenir des dix derniers kilomètres, quand vous rêvassez. Dans cet état, votre esprit critique s’abaisse. Vous devenez plus réceptif aux suggestions.
Concrètement, je ne vous dirai pas « vous allez arrêter de fumer ». Je vais plutôt utiliser des métaphores, des images, des histoires qui vont contourner votre mental rationnel et s’adresser directement à votre inconscient. Ce n’est pas magique. C’est un travail. Mais il est rapide.
Je repense à cette femme qui venait pour une phobie des araignées. Elle ne pouvait pas entrer dans une pièce sans d’abord vérifier les coins. En une séance d’hypnose, j’ai utilisé une métaphore de jardin et de petites bêtes inoffensives. Elle est repartie en rigolant. Trois semaines plus tard, elle avait repeint sa cave, sans peur. C’était spectaculaire, mais c’était aussi le résultat d’une suggestion bien ciblée, adaptée à son langage intérieur.
L’hypnose est idéale pour des symptômes précis : arrêt du tabac, gestion du stress aigu, phobies, douleurs chroniques. Elle agit vite, parce qu’elle travaille directement sur les connexions neuronales automatiques. Vous n’avez pas besoin de « comprendre » pourquoi vous avez peur des araignées pour ne plus en avoir peur. Il suffit de changer la réponse émotionnelle.
Mais là où l’hypnose montre ses limites, c’est quand le problème est plus complexe, plus enraciné dans une histoire de vie. Une phobie, c’est un symptôme isolé. Une dépression, un sentiment d’échec répété, une incapacité à s’engager dans une relation, c’est autre chose. C’est là que l’IFS entre en jeu.
Point clé : L’hypnose est comme un coup de peinture rapide sur un mur. Efficace si la structure est saine. Si le mur est fissuré, il faut creuser.
L’IFS, ou Internal Family Systems, part d’un postulat simple mais puissant : votre esprit n’est pas une seule entité. Il est composé de multiples « parties » ou sous-personnalités. Chacune a sa propre perspective, ses propres émotions, ses propres intentions. Et elles sont souvent en conflit.
Vous avez probablement déjà vécu ça : une partie de vous veut absolument changer de carrière, une autre vous dit « reste, c’est trop risqué ». Une partie veut se remettre en forme, une autre veut rester sur le canapé avec un paquet de chips. On appelle ça l’ambivalence. L’IFS ne cherche pas à éliminer ces parties. Il cherche à les comprendre, à les écouter, à négocier avec elles.
Prenons l’exemple de ce cadre commercial qui veut arrêter de fumer. Avec l’hypnose, je pourrais lui suggérer que la cigarette a un goût dégoûtant. Ça marche pour certains. Mais pour lui, ça n’a pas fonctionné. Pourquoi ? Parce qu’une partie de lui, que j’appelle le « Protecteur », utilise la cigarette pour gérer le stress des réunions. Cette partie croit sincèrement que sans cigarette, il va craquer, perdre son emploi, être submergé.
L’IFS consiste à entrer en contact avec ce Protecteur. Pas pour le combattre, mais pour lui demander : « Qu’est-ce que tu crains vraiment ? Que se passerait-il si tu arrêtais de fumer ? » Et là, la partie répond souvent : « Si tu arrêtes de fumer, tu vas exploser de colère pendant les réunions, et tu vas te faire virer. » C’est une croyance profonde, souvent liée à une expérience passée.
Une fois que le Protecteur se sent écouté et compris, il peut se détendre. Il accepte alors de laisser la place à une autre partie, plus calme, plus confiante. On appelle ça le « Self ». Le Self est votre essence profonde, votre centre de compassion, de curiosité et de calme. Tout le monde en a un. L’IFS est un chemin pour y accéder.
Ce processus n’est pas rapide. Il peut prendre plusieurs séances. Mais il est profond. Il ne s’attaque pas seulement au symptôme (la cigarette), mais à la cause (le stress, la peur de l’échec, le besoin de contrôle). Et souvent, en travaillant sur une addiction, on découvre d’autres parties blessées, d’autres schémas. C’est un travail de déminage intérieur.
Une de mes patientes, une jeune femme de trente ans, venait pour une anxiété sociale paralysante. Elle ne pouvait pas parler en réunion sans rougir, sans bégayer. L’hypnose l’avait aidée sur le moment, mais l’anxiété revenait. Avec l’IFS, nous avons découvert une partie « Exilée », une petite fille de huit ans, qui avait été humiliée par un enseignant devant toute la classe. Cette partie portait encore la honte. Le Protecteur, lui, était une partie « Manager » qui la poussait à être parfaite, à ne jamais se faire remarquer, pour éviter toute nouvelle humiliation.
Nous n’avons pas effacé le souvenir. Nous avons simplement écouté la petite fille, nous l’avons consolée, nous lui avons dit qu’elle était en sécurité maintenant. Et le Manager a pu lâcher prise. Aujourd’hui, elle prend la parole en réunion sans trembler. Elle dit : « Je ne suis plus en guerre contre moi-même. »
Alors, comment choisir ? Il n’y a pas de recette universelle, mais il y a des indicateurs.
L’hypnose est souvent plus adaptée quand :
L’IFS est souvent plus adapté quand :
Je reçois aussi beaucoup de sportifs. Pour un footballeur qui a un blocage sur les penalties, l’hypnose est parfaite. On travaille la visualisation, la suggestion de confiance, la gestion du stress en une ou deux séances. Pour un coureur qui vit le marathon comme une punition et qui se sabote systématiquement dans les derniers kilomètres, l’IFS peut être plus pertinent. On va chercher la partie qui a peur de réussir, qui croit qu’il ne mérite pas de gagner.
Moment fort : Un de mes patients, un triathlète, ne pouvait plus nager en eau libre sans crise de panique. L’hypnose a calmé la crise immédiate. Mais l’IFS a révélé une partie qui associait l’eau à un traumatisme d’enfance. Sans l’IFS, le symptôme serait revenu.
Je ne travaille pas qu’avec l’hypnose et l’IFS. J’utilise aussi l’Intelligence Relationnelle. Pourquoi ? Parce que souvent, ce qui nous fait souffrir, c’est la relation aux autres. Et cette relation est le reflet de notre relation à nous-mêmes.
L’Intelligence Relationnelle, c’est la capacité à comprendre vos émotions, à les exprimer, à écouter l’autre sans vous perdre. C’est apprendre à dire non sans culpabiliser, à demander sans honte, à recevoir sans devoir.
Je me souviens d’un homme, la cinquantaine, dirigeant d’une PME. Il venait pour un épuisement professionnel. L’hypnose l’a aidé à se détendre, à mieux dormir. L’IFS a révélé une partie « Sauveur » qui devait tout porter, tout contrôler, pour se sentir indispensable. Mais c’est l’Intelligence Relationnelle qui lui a appris à déléguer, à faire confiance à ses collaborateurs, à accepter de ne pas être parfait.
Ces trois approches ne sont pas concurrentes. Elles sont complémentaires. L’hypnose peut préparer le terrain en calmant le mental. L’IFS peut dénouer les conflits internes. L’Intelligence Relationnelle peut vous outiller pour vivre concrètement les changements dans votre vie quotidienne.
Si vous êtes dans une transition de vie – changement de carrière, séparation, départ à la retraite, deuil – vous avez probablement besoin des trois. La transition, ce n’est pas juste un changement extérieur. C’est un remaniement intérieur. Vous devez dire adieu à une partie de vous-même pour laisser place à une autre. Ça fait peur. Ça bouscule.
J’ai vu des personnes passer des années à « essayer » des thérapies sans jamais avancer. Pourquoi ? Parce qu’elles attendaient que le thérapeute les « répare ». Ce n’est pas comme ça que ça marche.
Piège n°1 : Chercher la méthode miracle. L’hypnose n’est pas une baguette magique. L’IFS n’est pas une solution en trois séances. Si quelqu’un vous promet une guérison rapide et définitive, méfiez-vous. Le changement demande du temps, de l’engagement, et parfois de l’inconfort.
Piège n°2 : Vouloir absolument choisir entre les deux. Ce n’est pas un choix binaire. Beaucoup de praticiens (dont moi) intègrent les deux. Vous pouvez commencer par l’hypnose pour gérer un symptôme urgent, puis passer à l’IFS pour travailler en profondeur. L’important est que le praticien s’adapte à vous, pas l’inverse.
Piège n°3 : Croire qu’il faut « guérir » pour être heureux. Le but de l’IFS n’est pas d’éliminer vos parties. C’est de les comprendre, de les aimer. Vous ne serez jamais « guéri » de votre histoire. Vous apprenez simplement à danser avec elle. L’hypnose ne supprime pas les souvenirs, elle change leur charge émotionnelle.
Piège n°4 : Négliger le corps. Le mental et le corps sont liés. Si vous êtes épuisé, si vous ne dormez pas, si vous mangez mal, aucune approche ne sera pleinement efficace. Le travail psychologique ne remplace pas une hygiène de vie de base. Je le rappelle souvent à mes sportifs : un mental fort sur un corps fatigué, ça ne tient pas.
Piège n°5 : Se comparer aux autres. Votre chemin est unique. Ce qui a fonctionné pour votre ami, pour votre voisin, pour un influenceur, n’est pas forcément fait pour vous. Écoutez votre intuition. Si une approche vous parle, si elle vous fait sentir en confiance, c’est un bon signe.
La question n’est pas seulement « quelle approche est la meilleure ? » mais « où en êtes-vous ? »
Vous êtes peut-être prêt pour l’hypnose si :
Vous êtes peut-être prêt pour l’IFS si :
Je reçois souvent des personnes qui viennent avec une demande précise : « Je veux arrêter de fumer ». Après un premier entretien, je sens que le problème est plus vaste. Le tabac est un symptôme d’un mal-être plus profond : un sentiment d’inutilité, une peur de l’avenir, une colère rentrée. Dans ce cas, je propose souvent de commencer par l’hypnose pour gérer le symptôme immédiat, et d’ouvrir la porte à l’IFS si la personne le souhaite.
Moment fort : L’hypnose peut être une porte d’entrée vers l’IFS. Elle vous montre que votre inconscient est accessible, que vous pouvez dialoguer avec lui. Ensuite, l’IFS vous donne le langage pour le faire consciemment.
Vous l’avez compris, il n’y a pas de réponse unique. L’hypnose et l’IFS sont deux outils puissants, mais ils ne font pas la même chose. L’un agit comme un scalpel précis sur un symptôme, l’autre comme une sonde qui explore les profondeurs.
Mon rôle, en tant que praticien, n’est pas de vous imposer une méthode. C’est de vous écouter, de vous observer, et de vous proposer ce qui me semble le plus adapté à votre situation, à votre personnalité, à votre rythme. Parfois, je combine les deux. Parfois, je commence par l’un, puis je bascule sur l’autre. Parfois, je vous oriente vers un autre professionnel si je sens que ce n’est pas ma place.
Ce qui compte, c’est que vous fassiez le premier pas. Que vous arrêtiez de tourner en rond dans votre tête, de vous répéter les mêmes histoires, de souffrir en silence. Vous méritez de vivre une vie qui
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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