3 exercices concrets pour calmer votre critique intérieur
Des outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Libérez ce qui vous empêche d'avancer en douceur.
Vous êtes peut-être en train de lire ces lignes parce que vous sentez que quelque chose coince dans votre vie. Vous avez changé de travail il y a six mois, et pourtant vous vous levez chaque matin avec cette même boule au ventre, ce sentiment de ne pas être à votre place. Ou alors vous avez quitté une relation qui ne vous convenait plus, mais vous traînez une tristesse diffuse qui ne passe pas, comme un brouillard qui empêche de voir la route devant vous. Peut-être encore avez-vous pris une décision importante — déménagement, réorientation professionnelle, mise en projet — et au lieu de l’élan attendu, vous êtes face à un mur invisible, une fatigue étrange, une envie de tout laisser tomber.
Ces situations, je les rencontre presque chaque semaine dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes intelligents, lucides, qui ont fait le bon choix sur le papier, mais dont le corps et les émotions disent autre chose. Ils viennent me voir en me disant : « Je sais ce qu’il faut faire, mais je n’y arrive pas. » Ou : « Je devrais être heureux/heureuse, alors pourquoi je me sens si lourd ? » Derrière ces mots, il y a souvent la même cause : des émotions refoulées qui agissent comme des freins à main dans une voiture. On appuie sur l’accélérateur, le moteur rugit, mais on n’avance pas d’un centimètre.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien en hypnose ericksonienne, en IFS (Internal Family Systems) et en Intelligence Relationnelle. Depuis 2014, j’accompagne des adultes qui traversent des transitions de vie. Aujourd’hui, je veux vous parler de ce mécanisme silencieux qui bloque tant de projets et de transformations. Et surtout, vous donner des pistes concrètes pour commencer à le dénouer.
Commençons par une évidence qui n’en est pas une pour tout le monde : une transition de vie n’est pas un événement purement logique. Ce n’est pas comme cocher des cases sur une liste de courses. Changer de métier, quitter un partenaire, s’installer ailleurs, ou même entreprendre un nouveau projet, c’est d’abord un processus émotionnel. Et ce processus, notre culture occidentale a tendance à le mépriser. On nous apprend à « passer à autre chose », à « positiver », à « avancer coûte que coûte ». On nous vend l’idée que la réussite est une ligne droite.
Mais la réalité est plus complexe. Chaque transition implique une perte. Perte de repères, perte d’identité, perte de sécurité, parfois perte de relations. Et toute perte génère des émotions : tristesse, peur, colère, honte, sentiment d’injustice. Ces émotions, si elles ne sont pas accueillies, ne disparaissent pas. Elles se refoulent. Le refoulement, c’est ce mécanisme psychique automatique qui pousse dans l’inconscient tout ce qui est trop douloureux, trop menaçant, trop inconfortable pour notre conscience.
Le problème, c’est que ces émotions refoulées ne sont pas mortes. Elles sont vivantes, elles travaillent dans l’ombre. Elles deviennent des tensions musculaires chroniques, des pensées récurrentes, des comportements d’évitement, des ruminations, des insomnies, des douleurs inexpliquées. Et surtout, elles deviennent des bloqueuses de transitions. Pourquoi ? Parce que toute transition saine exige un mouvement. Or, une émotion refoulée, c’est une énergie gelée, immobilisée. Elle crée une inertie intérieure. Vous voulez avancer, mais une partie de vous reste accrochée au passé. Vous voulez dire oui au nouveau, mais une partie de vous dit non, par peur, par loyauté, par tristesse non digérée.
Prenons un exemple concret. J’ai reçu il y a quelques mois un homme d’une quarantaine d’années, cadre commercial, brillant. Il avait changé d’entreprise pour un poste plus stratégique, avec plus de responsabilités et un meilleur salaire. Objectivement, c’était une promotion. Mais depuis son arrivée, il était en épuisement. Il n’arrivait pas à s’investir, il se sentait imposteur, il avait des insomnies. En explorant avec lui, nous avons découvert que ce changement réveillait une vieille tristesse : celle d’avoir été éloigné de son fils lors d’un divorce, des années plus tôt. Il n’avait jamais pleuré cette perte. Il avait « serré les dents », « avancé ». Mais cette tristesse non accueillie était devenue un poids invisible. Chaque fois qu’il essayait de s’ancrer dans son nouveau poste, cette émotion refoulée lui renvoyait un message : « Ne t’attache pas, tu vas perdre encore. » Résultat : il sabotait inconsciemment sa propre transition.
Ce n’est pas le changement qui est difficile, c’est ce que vous n’avez pas fini de ressentir du changement précédent.
Avant de pouvoir libérer ces émotions, il faut déjà les identifier. Et ce n’est pas toujours évident, car le refoulement est justement fait pour nous cacher l’émotion. Elle se déguise. Voici quelques signes qui peuvent indiquer que vous êtes dans cette situation.
Le premier signe, c’est l’écart entre ce que vous pensez et ce que vous ressentez. Vous vous dites : « C’est une bonne décision, je suis content(e) », mais vous avez une sensation de lourdeur dans la poitrine, une boule dans la gorge, un vide dans le ventre. Votre tête est d’accord, mais votre corps ne suit pas. Cet écart est un signal d’alarme. Il indique qu’une émotion non traitée est présente, souvent une émotion plus ancienne qui a été réactivée par la situation actuelle.
Deuxième signe : la procrastination ou l’évitement. Vous devriez envoyer ce mail, prendre ce rendez-vous, appeler ce contact, mais vous trouvez toujours une bonne raison de remettre à plus tard. Vous remplissez votre agenda de tâches secondaires pour ne pas vous confronter à l’étape clé. Ce n’est pas de la paresse. C’est de la protection. Votre système nerveux, piloté par l’émotion refoulée, cherche à vous éviter une situation perçue comme dangereuse. Le danger n’est pas objectif (envoyer un mail n’est pas risqué), mais il est émotionnel : cette action vous confronte à la peur, à la tristesse, à la honte que vous portez.
Troisième signe : les réactions disproportionnées. Vous vous surprenez à pleurer pour une broutille, à vous énerver pour un commentaire anodin, à avoir une peur panique d’une situation banale. Ces réactions sont des fenêtres. Elles indiquent que l’émotion du passé a été activée. Par exemple, une personne qui a vécu une trahison peut réagir de façon excessive à un simple retard d’un collègue. Ce n’est pas le retard qui déclenche la colère, c’est la trahison refoulée qui cherche une sortie.
Quatrième signe : les symptômes physiques récurrents. Maux de tête, tensions cervicales, douleurs lombaires, troubles digestifs, fatigue chronique. Le corps est le grand réceptacle des émotions non exprimées. Une étude de l’Université de Harvard (2019) a montré que 80% des consultations pour douleurs chroniques sont liées à des facteurs émotionnels non résolus. Si votre médecin ne trouve pas de cause organique, interrogez-vous sur ce que votre corps pourrait être en train de dire à votre place.
Cinquième signe : la répétition de schémas. Vous changez de partenaire, mais vous retrouvez toujours les mêmes problèmes relationnels. Vous changez de travail, mais vous vous heurtez au même type de conflit avec votre supérieur. Vous déménagez, mais vous recréez le même isolement. Ces répétitions sont des indices puissants. Elles montrent qu’une émotion refoulée (souvent de l’enfance) organise votre réalité à votre insu. Le cadre change, mais le scénario intérieur reste le même.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, il est fort probable que des émotions refoulées entravent votre transition. La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de les libérer. Pas en les combattant, mais en les accueillant.
C’est ici que mon approche prend tout son sens. L’hypnose ericksonienne, que j’utilise quotidiennement, est un outil remarquable pour travailler avec la partie inconsciente de nous-même, celle qui stocke justement ces émotions refoulées.
Pourquoi l’hypnose ? Parce que le refoulement est un processus inconscient. Vous ne pouvez pas décider consciemment de « dérefouler » une émotion. C’est comme essayer de forcer un coffre-fort dont vous ne connaissez pas la combinaison. La volonté seule ne suffit pas. Au contraire, plus vous essayez de contrôler, plus vous renforcez le refoulement. L’hypnose, elle, permet de créer un état de conscience modifié où la censure du mental critique s’assouplit. Dans cet état, vous pouvez accéder à ce qui est stocké dans l’inconscient sans le traumatisme de la confrontation directe.
L’hypnose ericksonienne est particulièrement douce et respectueuse. Elle ne cherche pas à arracher l’émotion, mais à créer les conditions pour qu’elle puisse se révéler d’elle-même, quand vous êtes prêt(e). C’est un peu comme dégivrer un congélateur : on ne casse pas la glace à coups de marteau (ce serait violent et inefficace), on éteint l’appareil, on ouvre la porte, et on laisse la glace fondre naturellement.
Concrètement, en séance, je vais vous guider vers un état de relaxation profonde. Puis, en utilisant des métaphores, des suggestions indirectes et des questions ouvertes, je vais aider votre inconscient à identifier l’émotion bloquée et à lui offrir un espace d’expression sécurisé. Parfois, l’émotion émerge sous forme d’une image, d’une sensation corporelle, d’un souvenir oublié. Parfois, elle se libère simplement par une respiration, un soupir, une larme. L’important, c’est que ce processus soit respectueux de votre rythme.
Je me souviens d’une femme, professeure des écoles, qui n’arrivait pas à prendre sa retraite. Elle avait tout préparé, mais chaque fois qu’elle approchait de la date, elle tombait malade. En hypnose, elle a revécu une scène de son enfance où sa mère, en partant travailler, lui disait : « Tu es responsable de ta petite sœur. » À 8 ans, elle avait dû devenir adulte trop tôt, refoulant sa peur et sa colère. La retraite, pour elle, signifiait inconsciemment « abandonner mes responsabilités », ce qui réactivait cette vieille émotion. En accueillant cette petite fille en elle, en lui redonnant le droit de jouer et de ne pas être responsable, la transition est devenue possible. Elle a pris sa retraite sereinement six semaines plus tard.
L’hypnose est un formidable outil d’accès, mais pour comprendre et intégrer ce qui se libère, j’utilise souvent l’IFS (Internal Family Systems). C’est un modèle thérapeutique qui part d’une idée simple et puissante : notre psyché n’est pas monolithique. Elle est composée de multiples « parties », des sous-personnalités qui ont chacune leur propre perspective, leurs propres émotions, leurs propres rôles.
Quand vous vivez une transition bloquée, il y a presque toujours une partie de vous qui résiste. Cette partie, l’IFS nous apprend à ne pas la diaboliser. Au contraire, elle a une intention positive. Par exemple, une partie qui vous dit « Tu n’y arriveras pas » cherche en réalité à vous protéger de l’échec et de la honte. Une partie qui vous pousse à procrastiner cherche à vous éviter la surcharge et l’épuisement. Le problème, c’est que ces parties, souvent formées dans l’enfance pour faire face à des situations difficiles, utilisent des stratégies devenues inadaptées à l’âge adulte.
En IFS, je vais vous aider à entrer en dialogue avec ces parties. Pas pour les combattre, mais pour les comprendre et les rassurer. C’est un travail de négociation interne, de médiation. Vous allez apprendre à reconnaître la partie qui a peur, la partie qui est triste, la partie qui est en colère. Vous allez comprendre leur histoire. Et progressivement, vous allez pouvoir libérer le « Self », votre essence profonde, calme, curieuse, connectée, qui peut alors prendre les rênes de votre vie.
Prenons l’exemple d’un footballeur que j’ai accompagné en préparation mentale. Il devait changer de club, un grand pas dans sa carrière. Mais il n’arrivait pas à signer le contrat. Il trouvait des excuses, il retardait. En travaillant avec lui, nous avons identifié une partie qu’il appelait « le petit garçon sage ». Cette partie était née à l’adolescence, quand il avait dû quitter sa famille pour intégrer un centre de formation. Pour survivre à la séparation, il avait refoulé sa tristesse et était devenu « fort, indépendant, ne dérangeant personne ». Aujourd’hui, cette partie voyait le nouveau club comme une nouvelle séparation, un nouvel abandon. Elle bloquait la signature pour le protéger de cette tristesse qu’elle connaissait si bien. En dialoguant avec elle, en la remerciant pour sa protection, et en lui montrant que l’adulte d’aujourd’hui pouvait gérer la séparation, la transition a pu se faire.
La résistance n’est pas une ennemie. C’est une partie de vous qui cherche à vous protéger d’une douleur que vous avez déjà vécue.
Dans ce travail, il y a des écueils fréquents. Je veux être honnête avec vous : libérer des émotions refoulées n’est pas une promenade de santé. C’est un processus qui demande du courage et de la patience. Voici les pièges les plus courants.
Le premier piège, c’est de vouloir aller trop vite. Vous avez identifié une émotion refoulée ? Vous voulez la libérer maintenant, tout de suite, pour passer à autre chose. C’est compréhensible, mais contre-productif. Les émotions refoulées se sont construites sur des années, parfois des décennies. Les dénouer demande du temps. Si vous forcez, vous risquez de vous retraumatiser. L’approche que je propose est progressive. On va par étapes, on respecte le rythme de votre système nerveux.
Le deuxième piège, c’est de confondre libération et catharsis brutale. Certaines approches proposent de « crier sa colère », de « pleurer toutes les larmes de son corps » en une seule séance. C’est spectaculaire, mais souvent peu durable. La vraie libération émotionnelle n’est pas un défouloir. C’est un processus d’intégration. Il s’agit de faire de la place à l’émotion, de la comprendre, de la ressentir dans son corps, et de lui permettre de se transformer. Pas de la rejeter violemment.
Le troisième piège, c’est de croire qu’une fois l’émotion libérée, tout sera magiquement résolu. La libération émotionnelle est une étape cruciale, mais ce n’est pas la seule. Une fois que vous avez dégagé le frein à main, il faut encore apprendre à conduire la voiture. C’est-à-dire que vous devez construire de nouvelles compétences, de nouveaux repères, de nouvelles façons d’être en relation. C’est là que l’Intelligence Relationnelle entre en jeu, pour vous aider à mettre en place des comportements alignés avec votre nouvelle réalité intérieure.
Le quatrième piège, c’est de s’isoler. Travailler sur ses émotions refoulées peut être confrontant. Vous allez peut-être traverser des moments de vulnérabilité, de tristesse, de colère. C’est normal. Mais il est essentiel d’être accompagné(e) par un profession
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes outils simples pour apaiser la voix sévère en vous.
Ces indices subtils qui bloquent votre quotidien sans le savoir.
Des outils pratiques à tester dès aujourd’hui chez vous.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.