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Les 3 phases du deuil amoureux (et comment les traverser plus vite)

De la sidération à l’acceptation : repères pour ne pas rester bloqué.

TSThierry Sudan
28 avril 202613 min de lecture

Tu viens de vivre une rupture. Ou peut-être es-tu en train de la traverser, cette période où tout semble flou, lourd, insensé. Tu te lèves le matin avec cette boule au ventre, tu vérifies ton téléphone sans savoir pourquoi, tu repenses à des moments anodins qui te vrillent le cœur. Et surtout, tu te demandes : quand est-ce que ça va passer ?

Je ne vais pas te promettre une formule magique. Personne ne traverse une perte amoureuse sans douleur. Mais ce que je peux te dire, c’est qu’il y a un chemin. Un chemin que j’observe depuis des années dans mon cabinet à Saintes, chez des hommes et des femmes qui arrivent épuisés, parfois honteux de “ne pas aller mieux plus vite”. La bonne nouvelle, c’est que ce chemin a des étapes identifiables. Et que tu peux apprendre à les reconnaître, à les accueillir, à ne pas t’y perdre.

Je m’appelle Thierry, je suis praticien en hypnose ericksonienne, thérapie IFS et Intelligence Relationnelle. Ce que je vais te partager ici, ce n’est pas une théorie de plus sur le deuil. C’est une cartographie concrète, issue de centaines d’accompagnements. Les trois phases que je décris ne sont pas linéaires – tu vas sans doute faire des allers-retours – mais les comprendre, c’est déjà retrouver un peu de pouvoir sur ce qui t’arrive.

Alors respire. Pose-toi. On va avancer pas à pas.

La sidération : pourquoi ton cerveau refuse d’y croire

Tu te souviens du moment exact où tu as compris que c’était fini ? Peut-être que c’était une phrase, un silence, un regard. Ou peut-être que ça s’est installé lentement, comme une marée montante. Mais dans les heures, les jours qui ont suivi, tu as fonctionné en mode automatique. Tu as peut-être pleuré, ou au contraire, tu es resté étrangement calme, comme si tu regardais ta vie de l’extérieur.

C’est ça, la sidération. Ce n’est pas “ne pas ressentir”. C’est un mécanisme de survie. Ton cerveau, face à une perte significative – et une rupture amoureuse est une perte aussi réelle qu’un décès pour ton système nerveux – active un protocole d’urgence. Il ralentit, il fige, il te met en veille. Pourquoi ? Parce que l’ampleur de ce qui arrive est trop grande pour être digérée d’un coup. Si ton cerveau laissait toute la douleur affluer en une fois, tu serais submergé, incapable de te nourrir, de travailler, de te protéger.

Je reçois souvent des personnes qui me disent : “Je n’arrive pas à pleurer, je me sens vide, est-ce que je suis anormal ?” Non, tu es en état de choc. C’est une phase protectrice, et elle peut durer de quelques heures à plusieurs semaines. Pendant cette période, ton cerveau limbique – celui des émotions – est en surchauffe, tandis que ton cortex préfrontal – celui de la raison – essaie de garder le contrôle. Résultat : tu passes de l’engourdissement à des flashs de douleur intense, des souvenirs qui reviennent comme des coups de poignard.

Ce que tu peux faire maintenant : ne lutte pas contre cette phase. Tu n’as pas à “forcer” les larmes ni à “rester fort”. Donne-toi la permission de ne pas comprendre. Bois de l’eau, mange quelque chose de simple, dors si tu peux. Ton seul job, c’est de survivre à l’instant présent. Et si tu sens que tu es bloqué dans cette sidération depuis des semaines, que tu ne ressens toujours rien, c’est peut-être le signe que ton système a besoin d’un cadre sécurisé pour commencer à s’ouvrir. L’hypnose ericksonienne peut t’aider à créer ce cadre, mais on y reviendra.

Le deuil amoureux n’est pas une faiblesse. C’est la preuve que tu as aimé. Et aimer, c’est prendre le risque de perdre. La sidération est le premier pas de ce chemin, pas un mur infranchissable.

La phase de recherche : pourquoi tu continues de guetter son message

Quelques jours passent. La sidération s’estompe un peu, et là, une nouvelle vague t’envahit : l’obsession. Tu vérifies son profil Instagram. Tu relis ses vieux messages. Tu passes devant le café où vous alliez, et ton cœur s’emballe. Tu te surprends à imaginer des scénarios où il ou elle revient, s’excuse, te dit que tout était une erreur.

Bienvenue dans la phase de recherche. C’est la plus épuisante, la plus traîtresse. Pourquoi ? Parce que ton cerveau est programmé pour la survie sociale. Perdre un partenaire, c’est, dans l’histoire de l’humanité, perdre un allié, un soutien, une sécurité. Ton système nerveux interprète cette absence comme une menace. Et la première réaction, c’est de chercher à rétablir le lien. C’est un réflexe archaïque, pas un choix conscient.

Tu vas donc ruminer. Tu vas analyser chaque mot, chaque geste, chaque silence. Tu vas te demander ce que tu aurais pu faire différemment. “Si j’avais été plus attentionné, si j’avais moins parlé, si j’avais été plus drôle…” Cette rumination n’est pas une faiblesse morale. C’est ton cerveau qui essaie de résoudre un problème : comment récupérer ce qui a été perdu. Le problème, c’est que ce problème n’a pas de solution. La relation est finie. Et plus tu cherches, plus tu creuses le trou de la douleur.

Je vois souvent des personnes qui restent bloquées des mois, voire des années, dans cette phase. Elles entretiennent un espoir secret, elles gardent des objets, elles suivent la vie de l’autre à distance. C’est une forme de dépendance émotionnelle. Ton cerveau a sécrété de la dopamine, de l’ocytocine, de la sérotonine pendant la relation. Maintenant, ces circuits sont en manque. Tu cherches ta “dose” dans n’importe quel indice de retour possible.

Ce que tu peux faire maintenant : la première étape, c’est de nommer ce que tu vis. Dis-toi : “Je suis en phase de recherche, mon cerveau cherche à combler un manque chimique.” Ensuite, mets en place une règle simple : une seule vérification par jour, à un moment fixe, et pas plus de cinq minutes. Note l’heure. Puis ferme l’appli. Tu vas ressentir une montée d’angoisse. C’est normal. Respire. Cette angoisse diminue si tu ne la nourris pas. Le sevrage est inconfortable, mais il est nécessaire.

Si tu sens que tu ne peux pas arrêter, que l’obsession prend toute la place, c’est peut-être qu’une partie de toi a besoin d’être entendue. En thérapie IFS, on appelle ça une “partie chercheuse” – elle essaie de te protéger de la douleur du vide en te maintenant dans l’espoir. Mais cet espoir est un piège. Il faut apprendre à dire à cette partie : “Je te vois, je comprends que tu veux m’aider, mais cette stratégie ne fonctionne plus.”

La phase de douleur et de colère : quand tout remonte

C’est la phase que tout le monde redoute, mais que personne ne peut éviter. Après la sidération et la recherche, la douleur arrive. Et elle arrive souvent avec une amie : la colère. Tu vas pleurer, tu vas crier, tu vas détester cette personne, puis l’aimer à nouveau, puis la haïr, puis pleurer parce que tu l’aimes encore. C’est le chaos émotionnel pur.

Laisse-moi être clair : cette phase est normale. Elle est même saine. La douleur est le signe que ton système commence à intégrer la perte. La colère, elle, est une énergie qui te permet de te désengager émotionnellement. Beaucoup de personnes confondent colère et agressivité. La colère est une émotion légitime qui dit : “Ce qui s’est passé n’est pas acceptable.” Elle peut être dirigée contre l’autre, contre toi-même, contre le destin. L’important, ce n’est pas de la supprimer, c’est de l’exprimer sans faire de dégâts.

Dans mon cabinet, j’encourage les gens à écrire des lettres qu’ils n’enverront jamais. À crier dans un oreiller. À taper un coussin. À dessiner leur colère. Pourquoi ? Parce que la douleur non exprimée se transforme en dépression ou en anxiété chronique. La colère non canalisée devient amertume ou culpabilité. Tu n’es pas en train de “devenir fou”. Tu es en train de traverser un orage. Et les orages finissent toujours par passer.

Attention : il y a une différence entre traverser la douleur et s’y installer. Certaines personnes restent des années dans la colère, ruminant l’injustice, refusant de lâcher prise. C’est une forme de protection – tant que tu es en colère, tu es encore connecté à l’autre, tu n’as pas à faire face au vide. Mais ce vide, il faut bien l’affronter un jour. La colère chronique te maintient prisonnier du passé.

Ce que tu peux faire maintenant : accorde-toi un temps de colère dédié. Par exemple, 15 minutes par jour, à heure fixe. Pendant ce temps, laisse-toi aller : écris, crie, pleure. Quand le temps est écoulé, arrête. Tu reprends le contrôle. C’est un peu comme un exutoire programmé. Et si la colère devient trop envahissante, si elle déborde sur tes relations ou ton travail, c’est le moment de demander de l’aide. L’hypnose peut t’aider à apaiser le système nerveux pour que tu puisses ressentir sans être submergé.

L’acceptation : ce n’est pas ce que tu crois

Quand on parle d’acceptation, on imagine souvent une forme de résignation triste. “J’accepte que c’est fini, je me fais une raison, je tourne la page.” Mais l’acceptation, dans le processus de deuil, est bien plus active que ça. Ce n’est pas “ça va mieux”. C’est “je peux regarder ce qui s’est passé sans que ça me détruise”.

L’acceptation, c’est quand tu peux penser à cette personne sans que ton cœur s’emballe. Quand tu peux passer devant ce restaurant sans avoir besoin de traverser la rue. Quand tu te surprends à rire d’un souvenir, au lieu de pleurer. Ça arrive progressivement. Un jour, tu réalises que tu n’as pas pensé à elle ou lui de toute la matinée. Et tu te sens coupable – “est-ce que j’ai déjà oublié ?” – mais non. C’est juste que la blessure a commencé à cicatriser.

L’acceptation implique aussi de faire la paix avec les parties de toi qui ont souffert. En IFS, on dit que chaque émotion, chaque réaction, chaque blocage vient d’une “partie” de toi qui a une intention positive. La partie qui t’a maintenu dans l’espoir voulait te protéger de la douleur. La partie qui était en colère voulait préserver ta dignité. La partie qui était triste voulait honorer l’amour que tu as vécu. Accepter, ce n’est pas rejeter ces parties. C’est les remercier et leur dire : “Vous avez fait votre travail. Maintenant, je peux avancer sans vous.”

Concrètement, l’acceptation se manifeste par des décisions. Tu ranges les affaires de l’autre. Tu changes un trajet habituel. Tu oses dire “je suis célibataire” sans avoir l’impression de trahir. Et surtout, tu commences à te tourner vers l’avenir. Pas avec l’urgence de “trouver quelqu’un d’autre”, mais avec la curiosité de découvrir qui tu es sans cette relation.

Ce que tu peux faire maintenant : écris une lettre à ton futur toi. Décris ce que tu espères ressentir dans six mois, dans un an. Pas une nouvelle relation, mais une version de toi qui a traversé ça. Quels sont les signes que tu auras accepté ? Peut-être sourire en repensant à un souvenir. Peut-être avoir une nouvelle routine le dimanche matin. Peut-être oser un hobby que tu avais abandonné. Cette lettre, tu la liras quand tu sentiras que tu es en train de t’enliser. Elle te rappellera que l’acceptation est un processus, pas une destination.

L’acceptation n’est pas la fin de l’amour. C’est le début de ta liberté. Tu n’oublies pas – tu intègres. La relation a existé, elle t’a transformé, mais elle ne définit plus qui tu es aujourd’hui.

Pourquoi certaines personnes restent bloquées

Tu as peut-être déjà entendu dire que le deuil amoureux dure en moyenne un an. C’est une approximation, pas une règle. Certaines personnes traversent ces phases en quelques mois, d’autres y restent des années. Pourquoi ? Ce n’est pas une question de “force de caractère” ou de “temps de guérison”. C’est une question de stratégie émotionnelle.

Les personnes qui restent bloquées ont souvent des schémas anciens qui se réactivent. Une rupture réveille des blessures d’attachement : abandon, rejet, trahison. Si tu as vécu une enfance où tu as dû “mériter” l’amour, ou où les départs étaient brutaux, cette rupture va taper exactement sur ces points sensibles. Ton cerveau ne fait pas la différence entre la perte d’un parent et la perte d’un partenaire – le système d’attachement est le même.

Deuxième cause de blocage : l’absence de rituel. Dans les deuils classiques, il y a des funérailles, des cérémonies, un cadre social pour pleurer. Dans une rupture, tu es souvent seul. Personne ne t’apporte de lasagnes, personne ne te dit “je suis désolé pour ta perte”. Tu dois inventer tes propres rituels. Et beaucoup de gens ne le font pas. Ils restent dans l’informel, dans le flou, et le deuil s’éternise.

Troisième cause : la culpabilité. “J’aurais dû faire mieux”, “c’est de ma faute”, “si j’avais été différent”. La culpabilité est une émotion qui verrouille le processus. Elle te maintient dans l’illusion que tu aurais pu contrôler l’issue. Or, une rupture est rarement la faute d’une seule personne. C’est un système relationnel qui s’effondre. Accepter sa part de responsabilité, oui. Mais se flageller, non.

Ce que tu peux faire maintenant : interroge-toi sur ton histoire. Y a-t-il des pertes anciennes que tu n’as jamais pleurées ? Une séparation parentale, un déménagement brutal, un ami perdu ? Si oui, cette rupture actuelle en est peut-être l’écho. Et c’est là que l’accompagnement professionnel peut faire la différence. L’hypnose ericksonienne permet de contourner les défenses du cerveau pour aller travailler directement sur ces mémoires. L’IFS t’aide à dialoguer avec les parties blessées. L’Intelligence Relationnelle t’apprend à repérer tes schémas pour ne pas les reproduire.

Comment l’hypnose et l’IFS peuvent t’aider à accélérer le processus

Je ne suis pas là pour te vendre une méthode miracle. Mais je suis là pour te dire ce que j’observe depuis 2014 dans mon cabinet. Les personnes qui traversent un deuil amoureux avec un accompagnement adapté ne “guérissent” pas plus vite dans le sens où elles ne sautent pas les étapes. Mais elles les vivent différemment. Elles souffrent moins longtemps, avec moins d’intensité, et elles en sortent plus solides.

L’hypnose ericksonienne, concrètement, permet de calmer le système nerveux. Quand tu es en pleine phase de recherche ou de douleur, ton corps est en état d’alerte permanent : cortisol élevé, sommeil perturbé, tension musculaire. L’hypnose t’apprend à descendre dans un état de détente profonde où ton cerveau peut commencer à retraiter les informations. Ce n’est pas un sommeil, c’est un état de conscience modifié où tu es à la fois détendu et alerte. Dans cet état, tu peux revoir les

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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